La Tribune

Après la Grèce, les experts de la troïka s'attaquent au Portugal

Copyright Reuters
Copyright Reuters
Par Sébastien Dubas, Le Temps (Lausanne)  |   -  568  mots
Après la Grèce, les experts de la troïka retournent au Portugal Dès mercredi, les représentants des créanciers publics vont s'assurer de la mise en œuvre des réformes. En jeu: le versement d'une nouvelle aide de 14,9 milliards d'euros. Un article de notre partenaire suisse Le Temps.

Cap sur le Portugal. Alors que le parlement grec a finalement accepté dimanche de recourir à de nouvelles mesures d'économies, les experts de la troïka - Fonds monétaire international, Commission européenne et Banque centrale européenne - vont rejoindre Lisbonne à partir de mercredi.

La visite doit durer quinze jours et permettre aux représentants des créanciers publics d'évaluer la mise en ?uvre des réformes exigées lors de l'octroi, en mai 2011, d'une aide sur trois ans de 78 milliards d'euros. Alors que les deux premières évaluations avaient été jugées satisfaisantes et conduit au versement de près de 40 milliards d'euros, les bailleurs de fonds devront cette fois-ci décider du paiement d'une nouvelle tranche d'aide de 14,9 milliards d'euros. Face à des Grecs régulièrement pointés du doigt par les décideurs européens, le Portugal fait figure de bon élève en matière de coupes budgétaires. Dimanche, dans un entretien à la télévision allemande ARD, le ministre allemand de l'Economie, Philipp Rösler, a loué les efforts de réformes du Portugal et de l'Espagne, «clairement plus engagés que les collègues en Grèce». Comme prévu, le gouvernement portugais a réussi à ramener le déficit budgétaire en dessous de 5,9% du produit intérieur brut (PIB) pour 2011 contre -9,8% un an plus tôt.

Fabrizio Quirighetti, chef économiste à la banque Syz & Co, confirme lui aussi que le Portugal dispose de certains avantages par rapport à la Grèce. «Sa dette est plus petite, un consensus politique a permis de mettre en place des mesures d'austérité avant même que le marché ne les réclame et le pays dispose d'un accès privilégié à certaines économies émergentes telles que l'Angola et le Brésil», explique-t-il. Par ailleurs, alors que la Grèce devra rembourser 14 milliards d'euros rien qu'au mois de mars, le Portugal devra, quant à lui, s'affranchir d'une ardoise de 10 milliards pour toute l'année 2012.

Selon Fabrizio Quirighetti, le Portugal reste néanmoins «le petit frère de la Grèce. Les symptômes et les causes de la crise, avec notamment un déficit public largement financé par l'étranger, sont les mêmes, note-t-il. Ce qui rend les deux pays d'autant plus vulnérables à une baisse de confiance de la part des investisseurs étrangers.» Quant aux mesures d'austérité - hausse d'impôts, diminution des salaires, assouplissement du marché du travail -, elles devraient provoquer un recul du PIB de 3% pour 2012 et aggraver un taux de chômage qui est déjà de 13,6%.

Du coup, de nombreuses voix s'élèvent au Portugal contre des objectifs de retour à la stabilité économique jugés trop ambitieux pour être atteints dans les délais fixés. «La troïka doit prendre l'initiative et faire un réajustement», a ainsi estimé l'ex-ministre des Finances Eduardo Catroga, qui avait négocié, en avril 2011, le premier plan d'aide de la troïka.

La rue se dresse également contre des mesures d'austérité considérées comme injustes. Samedi, «la plus grande manifestation depuis trente ans», selon la principale centrale syndicale du pays (CGTP), a rassemblé 300?000 personnes à travers le pays. Toutefois, si l'hypothèse d'une nouvelle aide financière fait son chemin, elle ne devrait pas être annoncée à la fin d'une visite qui doit porter, avant tout, sur l'évaluation des réformes en cours.

Réagir

Commentaires

jojo  a écrit le 14/02/2012 à 14:10 :

Ils ne sont pas dans la merde! et pour nous c'est pour quand?

hum...  a répondu le 14/02/2012 à 23:18:

je pari sur après mai 2012, avant fin 2012...

linda  a écrit le 14/02/2012 à 12:24 :

Les banques portugaises servent d'intermédiaires pour les européens qui veulent exiler leurs capitaux dans les paradis fiscaux.

hades  a répondu le 14/02/2012 à 14:23:

c'est pas tout a fait ca ... les ressortissants europeens, mais qui a la base sont ou portugais, uo enfants d'immigrés portugais vers les comptes offshor de madere...

jedi64  a écrit le 14/02/2012 à 11:37 :

Prenez , prenez , on va vous prêter pas cher, ne vous occupez de rien, l'Europe c'est la fête !!
Après la fête , la gueule de bois : " - mais vous avez signé là pendant la fête !" ,
" -mais j'étais ivre, et vous m'avez dit que ça couterait rien !" .
Eh oui, classique, on faisait de même pour enrôler les soldats à une époque !

Pierre  a écrit le 14/02/2012 à 10:57 :

ils vont nous amener a la GUERRE!!!!!

Pierre  a écrit le 14/02/2012 à 10:54 :

Ils seront des esclaves de la BETE!!!!!

yvan  a écrit le 14/02/2012 à 10:51 :

Et quelle "excuse", cette fois-ci..? Les Portugais ne payaient pas leurs impôts..? Goldman Sachs les avait aidé à truquer leurs comptes..?? Pour ceux qui connaissent des Portugais, ce sont des bosseurs, donc, là non plus, ça ne fonctionne pas. Quelle propagande allez-vous pouvoir nous servir, cette fois..??

hades  a répondu le 14/02/2012 à 14:24:

merci

jpolyon  a écrit le 14/02/2012 à 10:31 :

Alors on va casquer pour tous les petits pays . Dire qu'avec l'ouverture des marchés européens à , par exemple,l'Espagne, toutes les cultures de pêches , tomates , fruits ont été arrachées . Il y a même une prime à l'arrachage donnée par l'Europe via la France....Et maintenant il faut casquer...il y a des questions à se poser non ?

josee  a écrit le 14/02/2012 à 9:43 :

Avec Hollande se sera pire - Grece, Espagne, Portugal, tunisie, syrie, Cote d'ivoire, ous des socialistes

Alain  a écrit le 14/02/2012 à 9:31 :

La TROÏKA ce nom Barbare que les portugais ne comprennent pas.
Halte au hold-up de la finance en Europe.
Les agences de notation, troïka, spéculation boursière, etc. s' amusent.

Pascual  a écrit le 14/02/2012 à 9:09 :

Le problème c'est que les dirigeants (grec dans ce cas là) qui s'en aperçoivent, démissionnent et sont remplacé par des liquidateurs, en France le liquidateur est déjà en fonction depuis 5 ans minimum!

Onze  a répondu le 14/02/2012 à 12:17:

Erreur, les liquidateurs de l'industrie française sont les socialistes: nationaisations massives pour démolir les grandes entreprises, 35 heures pour démolir l'industrie, retraite à 60 ans pour ruiner la sécu, ISF pour faire fuir les capitaux. Mission" liquidation socialiste" accomplie !

Fetard  a écrit le 14/02/2012 à 8:35 :

Après la fête, il est temps de passer à la caisse. Mais ou est passé l'argent des subventions de l'Europe ?.....aie !!

Terry31  a écrit le 14/02/2012 à 8:19 :

Les pays récalcitrants au sacrifice exigé par les banquiers sont ramenés dans le rang à coups de trique pour coller au sacro-saint modèle allemand, qui n'en est pas un, si l'on regarde plus en détail les chiffres du chômage et le nombre de travailleurs précaires qui cache leur réalité. On ne vous montre que le vernis qui recouvre une matière brute qui s'effrite de partout.

Hug  a écrit le 14/02/2012 à 8:00 :

La troika chercherait-elle a mettre le feu partout?

LEO  a répondu le 14/02/2012 à 11:10:

OUI ils et agences de notation cerchent à détruire l'Europe pour mieux la manger.

hades  a répondu le 14/02/2012 à 14:25:

pourtant l'euro ne s'envole pas... face au dollard notament !
moi j'attends que ca.

hades  a répondu le 14/02/2012 à 14:25:

je me fais avoir tous les soirs !

VOILA  a écrit le 14/02/2012 à 7:51 :

Bravo, la stratégie de mise au pas de tout les pays est en route via de la dette, du grand art et tout le monde y croit dur comme fer. Voilà les Portugais piégés par une Europe qui les a financé sans aucune contrepartie afin de pouvoir les couler ensuite et imposer une dictature, parce que dans la réalité ils n'ont absolument aucunes issues, on est loin des 3 dévaluation Française de Mitterrand. La suite sera surement l'Italie, je me demande s'ils ne vont pas le faire avant l'Espagne. En terme de business c'était la bonne méthode, utiliser les points faibles et l'argent facile était gagné d'avance.

France  a répondu le 14/02/2012 à 23:22:

ouvrez les yeux. Le tour de la France arrive rapidement! l'état sera en faillite avant la fin de l'année!

il fait froid  a écrit le 14/02/2012 à 7:26 :

Tour d' Europe à nos frais pour la troïka, la dictature pointe le bout de son nez. Mais, comme le disait Jean Toussaint Desanti les peuples ne se laisseront pas assassiner sans rien dire et les horreurs du 20 siècle apparaîtront comme une grande kermesse.

Bernier  a répondu le 14/02/2012 à 9:13:

C'est quoi ce truc ? ... grecs, portugais , espagnols .. on leur demande de rembourser ce qu'ils ont emprunte. En quoi est ce " la dictature pointe le bout de son nez" ?

ici aussi  a répondu le 14/02/2012 à 10:11:

Déclaration des Droits de l?Homme et du Citoyen article 35:

"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l?insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."
Tout est dit !

Alain  a répondu le 14/02/2012 à 11:12:

Oui avec des taux d'intérets énormes.

yvan  a répondu le 14/02/2012 à 11:45:

Bernier, au cas où vous le liriez pas la presse, je vous apprends qu'il existe une légère crise économique plus grave que celle de 1929. Soit, les états s'étant endettés pour renflouer les banques, ils ne sont plus capables de rembourser les intérêts de leur dette. Qu'ils doivent donner aux banques, d'ailleurs. C'est magnifique, non?

euh  a répondu le 14/02/2012 à 14:10:

La France n'a pas lâché 1700 milliards aux banques...

@heu  a répondu le 14/02/2012 à 23:26:

c'est clair. Eviter la faillite des banques était indispensable pour éviter la faillite des particuliers. Reste à savoir si tout ça ce n'était simplement reculer pour mieux sauter... dans le gouffre...