Déficit : les Pays-Bas, anciens élèves modèles, contraints de se serrer la ceinture

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Le gouvernement des Pays-Bas a été fermement invité par la Commission européenne à respecter son objectif de réduction du déficit.

Dans une fable de La Fontaine, les Pays-Bas seraient la cigale, qui, ayant chanté tout l'été, se retrouve fort dépourvue... lorsque le déficit gonfle. Prompts à se présenter en parangon de vertu budgétaire, les Pays-Bas se retrouvent à leur tour contraints de faire de nouvelles économies en raison de la détérioration plus importante que prévu de la conjoncture et des pressions de Bruxelles.
Les cartes sont donc rebattues pour les Néerlandais sur la scène européenne. La Commission européenne a invité fermement jeudi le gouvernement du libéral Mark Rutte à respecter son engagement en la matière malgré la publication le même jour par le Bureau central du Plan néerlandais de prévisions économiques revues à la baisse pour le pays.

4,5% de déficit public prévus en 2012

L'institut s'attend dorénavant à une contraction du Produit intérieur brut (PIB) cette année de 0,75%, contre un repli de 0,5% escompté encore en décembre.
Du coup, à politique inchangée, le déficit public devrait s'élever à 4,5% du PIB cette année mais surtout dépasser encore l'an prochain la limite européenne de 3%, ainsi qu'en 2014 (4,1%) et en 2015 (3,3%), selon le Bureau du Plan.

"Nous pensons que les Pays-Bas sont un pays qui s'est fait beaucoup entendre lorqu'il s'est agi de renforcer nos règles de surveillance budgétaire" dans la zone euro au cours des derniers mois, "il est donc normal de penser que les Pays-Bas vont appliquer la même approche à leur propre politique", a déclaré le porte-parole de la Commission pour les questions économiques, Amadeu Altafaj. Une douche froide pour M. Rutte qui s'est jusqu'ici engagé à ramener le déficit l'an prochain dans les clous européens, donc à pas plus de 3%.

De nouvelles mesures de rigueur en préparation

Et ce d'autant que les Pays-Bas ne se sont pas privés depuis deux ans de donner des leçons aux pays de la zone euro dont les déficits ont dérapé, la Grèce en premier lieu, et de faire preuve d'une extrême fermeté à leur égard, n'hésitant pas à envisager une sortie de ce pays de la zone euro.

Dès la semaine prochaine, les partis de gouvernement et le PVV, le parti d'extrême droite qui le soutient de l'extérieur, vont se réunir pour définir les mesures budgétaires correctrices, a annoncé à Bruxelles le ministre néerlandais des Finances Jan Kees de Jager. "Les règles européennes laissent une marge, mais elle n'est pas grande", a-t-il déclaré. "Les règles budgétaires sont strictes, mais ne prescrivent pas des chiffres précis dans tous les cas", a-t-il ajouté, tout en indiquant que "des mesures supplémentaires seront nécessaires".

Mais pas question d'avoir l'air de se plier aux exigences de l'Union européenne. Les Pays-Bas effectueront des coupes budgétaires "pas parce que (le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli) Rehn le veut", mais parce que La Haye trouve cela "important", s'est défendu pour sa part M. Rutte. Cette discipline budgétaire représente une "chance pour créer des emplois et pour avancer économiquement", a-t-il ajouté. Mais il risque d'avoir fort à faire pour convaincre le PVV de Geert Wilders.

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