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En Allemagne, près d'un salarié sur quatre touche un bas salaire

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En Allemagne en 2010, 23,1% des salariés, soit 7,84 millions de personnes, touchaient un salaire qualifié de "bas", inférieur à 9,15 euros bruts de l'heure, selon une étude publiée ce mercredi par l'institut de recherche sur le travail de l'université de Duisbourg-Essen (ouest).

Ce chiffre de 9,15 euros correspond à la définition généralement admise du salaire "bas", c'est-à-dire inférieur aux deux tiers du salaire médian dans un pays.Les auteurs de l'étude soulignent toutefois que cette proportion tend à diminuer depuis un pic atteint en 2007 (24,2%).

Selon cette étude, qui fait la Une du quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung, au moins 1,4 million de personnes en Allemagne ont même touché des salaires de moins de 5 euros bruts de l'heure en 2010. Il s'agit essentiellement de femmes, d'Allemands résidant à l'Est et de personnes effectuant des "mini-jobs", ces petits boulots subventionnés par l'Etat, censés compléter les aides sociales et permettre le retour à l'emploi des chômeurs de longue durée.

Paupérisation des Allemands de l'Ouest

L'étude relève par ailleurs que "l'augmentation du nombre de personnes dans le secteur des bas salaires depuis 1995 est imputable presque en exclusivité à l'Allemagne de l'Ouest". Si l'ex-RDA continue à pâtir d'une situation économique et sociale généralement plus difficile, depuis plusieurs années en Allemagne, contrairement aux clichés, c'est surtout à l'Ouest que des phénomènes de paupérisation et de précarisation sont observés.

L'Allemagne est souvent montrée du doigt en Europe pour la grande modération de ses salaires ces dernières années, ainsi que pour l'augmentation de la précarité dans le pays. Les salaires dans le pays sont généralement fixés par secteur d'activité à l'issue de négociations entre patronat et syndicat, du moins dans les secteurs où les organisations syndicales sont puissantes. Dans les autres, en particulier dans les services, la rémunération dépend du bon vouloir de l'employeur, en l'absence d'un salaire minimum unique.

Création d'un salaire minimum ?

L'étude publiée ce mercredi assure que la création d'un tel salaire minimum unique de 8,50 euros bruts de l'heure conduirait à une augmentation des revenus pour 25% environ des personnes touchant aujourd'hui des bas salaires. Quelques métiers se sont toutefois dotés en Allemagne de salaires minimum, le BTP ou les services de sécurité/gardiennage par exemple.

En outre, les syndicats allemands se sont montrés très revendicatifs ces deux dernières années, et ont négocié des hausses de salaires conséquentes dans plusieurs branches de l'économie. L'an dernier, le coût du travail horaire a connu sa plus forte augmentation en Allemagne depuis 15 ans (+3,2%), a révélé la semaine dernière une statistique officielle.

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Commentaires

z1z1  a écrit le 15/03/2012 à 8:23 :

"En Allemagne, près d'un salarié sur quatre touche un bas salaire"

Chuuuut !

pierre 2  a écrit le 14/03/2012 à 17:15 :


Cet article n?éclaire en rien sur ce que gagnent réellement les salariés dit à « « salaire bas ».En Allemagne 25 % des salariés gagne 800 euros par mois, ce qui est peu. Mais ceci doit s?exprimer en dehors de toute considération du temps de travail, car il y a beaucoup de temps partiels. Par contre en raison de la proximité (concurrence) de l?Allemagne de l?est, on peut se loger pour 150 à 200 euros par mois. Enfin ,la vie est moins chère en Allemagne.
En fait les salariés ne profitent pas de l?extraordinaire capacité d?exportation de leur pays.
Il faut signaler enfin que l?Allemagne est un pays qui ne consomme pas depuis 10 ans.

GERARDC27  a écrit le 14/03/2012 à 15:12 :

Si les allemands ont une balance commerciale largement excédentaire; c'est peut-être parce qu'ils consomment (trop) peu (de produits importés). Ce qui n'est pas notre cas et je pense que pour pertinent qu'il soit cet article montre surtout que tous les secteurs d'activité du modèle allemand ne sont pas logés à la même enseigne de l'opulence et de la redistribution équitable.

billoute  a écrit le 14/03/2012 à 13:55 :

Donc 3/4 des salariés allemands ne touchent pas un salaire bas, et combien d'heures travaillent-ils par semaine ? C'est aussi ça la bonne question ! C'est sur qu'à 35 heures ça ne pèse pas lourd... et encore moins à 32 !

misère  a écrit le 14/03/2012 à 13:14 :

En France 1 sur 4 touche à ne rien faire et on en redemande ! Vive la Suisse qui trie et ne s' exibe pas dans des territoires sans espoirs comme l' Afghanistan .

DERDOM  a écrit le 14/03/2012 à 12:17 :

Un iceberg a toujours une face cachée (2/3 du volume) comme svt indiqué, outre Rhin la vie est correcte pour certains (salariés faisant partie d'un secteur conventioné comme l'atomobile (amont et aval compris) la chimie ( ce qu'il en reste), etc... les autres ne sont pas ou peu ou prou concernés.
L'OCDE vient de rendre public une étude sur les retraites en Allemagne, elle avit avant Davos rendu public une étude sur les salaires allemands les rendant entre autre en partie fautifs de la crise en Europe.
Comme quoi rien n'est rose à gauche comme à droite du Rhin.

GABUZO  a écrit le 14/03/2012 à 11:56 :

l'Allemagne illustre parfaitement le principe du système libéral d'un côté des salariés dans de secteurs en surchauffe qui obtiennet des augmenations de salaires ou des primes (cf les primes VW et porsche) de l'autre des secteurs laissés à la loi de la jungle sans intervention de l'Etat ce phénoméne ne peut que perdurer l'accroissemnt des inégalités générant à terme la violence et la répression qui l'accompagnera. le libéralisme est en train de tuer le capitalisme "Rhénan" au profit du capitalisme US. L'équilibre des sociétés européennes de l'Ouest hérité de la seconde guerre mondiale vole en éclat devant la montée bling bling. Triste constat il faut que le vent de l'histoire souffle mainteant dans l'autre sens mais ce n'est pas du côté de l'Europe de Bruxelles qu'il faut attendre le souffle salvateur!

Inégalités  a répondu le 14/03/2012 à 12:59:

Les inégalités sont bonnes parce qu'elles préservent la nature humaine. Lutter contre elles avec des constructions artificielles est criminel : ça s'appelle le socialisme, la social-démocratie, le fascisme, le communisme, l'écologie politique, le nazisme. Ces idéologies ayant recours à l'illusion de l'Etat providentiel omnipotent imposent des lois liberticides ubuesques et finissent toujours dans la misère et le meurtre.

Tirelire  a répondu le 14/03/2012 à 16:28:

@ Inégalités Faites vous soigner.....ou émigrez rapidement!

JB38  a répondu le 14/03/2012 à 17:23:

INEGALITES....Porte bien son pseudo çui-là. Et le néo-libéralisme? Pas une construction criminelle?

benalex  a écrit le 14/03/2012 à 11:39 :

Cela correspond à 7cts près à notre SMIC 2012....
par contre le salaire annuel brut moyen des salariés travaillant à temps plein dans l'industrie et les services est largement plus élevé en Allemagne qu'en France (43 942 euros en 2008 contre 32 826 euros), soit une différence de 34%

Tom  a répondu le 14/03/2012 à 14:52:

Toutes les études n'aboutissent pas à un différentiel aussi important que celui que vous indiquez, mais, quoi qu'il en soit, il vaudrait mieux comparer des revenus nets après impôts, car l'impôt sur le revenu et les charges sociales (payées par le salarié) ne sont pas similaires dans le deux pays. Une étude récente a d'ailleurs montré que, pour deux cadres de niveau équivalent, l'un allemand et l'autre français, le français avait un revenu net supérieur.

En Allemagne,  a écrit le 14/03/2012 à 11:12 :

plus de trois salariés sur quatre touchent un salaire élevé.

romain  a répondu le 14/03/2012 à 12:25:

Non, plus de trois sur quatre ne touchent pas un bas-salaire, c'est très différent.

gaulois  a répondu le 14/03/2012 à 14:02:

Un salaire qui n'est pas bas est élevé, puisque l'article nous invite à nous conformer à la grille d'analyse socialiste manichéenne. Autre exemple tout aussi obtus du socialisme pratique : celui qui n'est pas pauvre est riche. Un bas salaire : par rapport à quoi, selon quel critère individuel de satisfaction, selon quelles capacités mises en oeuvre par celui qui le touche ? Voilà les bonnes questions que le socialisme égalitariste est incapable de mesurer, ni même de définir.

Laurent  a écrit le 14/03/2012 à 10:36 :

Ça ne veut rien dire si on ne regarde pas le coût de la vie : logement et nourriture principalement.