Angela Merkel en position difficile avant un scrutin régional crucial

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Norbert Röttgens, candidat CDU en Rhénanie du Nord Westphalie, à droite. Copyright AFP
Norbert Röttgens, candidat CDU en Rhénanie du Nord Westphalie, à droite. Copyright AFP
La chambre qui représente les Länder a repoussé largement un projet de baisse des subventions au secteur solaire porté par le ministre de l'environnement, candidat CDU dans le grand Land de l'ouest, la Rhénanie du Nord Westphalie, où l'on vote dimanche. La chancelière pourrait subir une nette défaite à cette occasion.

A deux jours seulement d?élections importantes dans le principal Land d?Allemagne (Rhénanie du Nord-Westphalie), le Bundesrat, la chambre représentant les Länder, a souffleté violemment le gouvernement fédéral d?Angela Merkel. Avec une majorité très nette des deux tiers de ses membres, le Bundesrat a rejeté la réforme des subventions au secteur de l?énergie solaire. Et ce sont non seulement les Länder dirigés par la gauche qui ont voté contre le texte, mais aussi certains Länder de grande coalition CDU-SPD dirigés par la CDU. Jeudi, les Länder dirigés par la gauche avaient déjà bloqué les projets gouvernementaux de baisse des impôts. 

"Affront"

Le projet  rejeté vendredi prévoit de réduire de 30 % les subventions à l?énergie solaire. Les Länder vont désormais défendre en commission paritaire avec le Bundestag une moindre réduction de ces subventions. Mais l?essentiel n?est sans doute pas là. On retiendra surtout de ce vote le geste politique, car le ministre de l?environnement qui défendait ce projet n?est autre que Norbert Röttgen, le candidat CDU en Rhénanie du Nord Westphalie où l?on votera dimanche. Avec ce vote, les Länder envoie un désaveu clair au gouvernement fédéral, « un affront », comme l?a souligné le chef du groupe parlementaire SPD Thomas Oppermann.

Recul de la CDU

Voici qui ne devrait pas améliorer les chances de la CDU ce dimanche. les derniers sondages prévoient en effet un net recul du parti de la chancelière dans ce Land où 13 millions d?électeurs, soit un cinquième du corps électoral allemand, est appelé à renouveler son parlement régional, le Landtag. Les chrétiens-démocrates, qui avait maintenu leur première place de peu en 2010 avec 34,7 % des voix devant le SPD (34,6 %) sont annoncés cette fois avec 30 à 31 % des intentions de vote. Le SPD lui devrait glaner 37 à 38 % des voix.

Quelle majorité ?

La vraie question sera de savoir si l?alliance entre le SPD et les Verts pourra obtenir la majorité absolue. En 2010, il lui avait manqué un siège. Dépendante du soutien du parti de gauche Die Linke, la coalition avait dû jeter l?éponge deux ans plus tard. Cette fois, il n?est pas sûr que Die Linke réussisse à entrer au Landtag, autrement dit à dépasser les 5 % des suffrages exprimés nécessaires, mais les Pirates devrait y parvenir avec 8 % des voix. Et le scénario d?un gouvernement minoritaire pourrait se renouveler.

Affaiblissement d'Angela Merkel

Pour Angela Merkel, concrètement, ces élections devraient ne rien changer. Au Bundesrat, le Land est perdu depuis 2010 et sa coalition a déjà perdu sa majorité absolue, puis relative, à la chambre des Länder. Mais une lourde défaite dans cette « petite élection fédérale » comme on l?appelle outre-Rhin enverrait un signal très négatif. Elle renforcerait le SPD et les Verts avant le vote sur le pacte budgétaire et le Mécanisme européen de stabilité le 25 mai prochain au Bundestag et au Bundesrat où une majorité des deux tiers est nécessaire. Elle donnerait des arguments au nouveau président français, François Hollande, lors de sa rencontre le 15 mai avec la chancelière à propos de la renégociation de ce pacte. 

L'enjeu libéral

Un seul élément pourrait sauver la soirée de dimanche de la chancelière : les libéraux. Si leur parti, le FDP parvient à passer la barre des 5 % nécessaires à l?entrée au Landtag, ils confirmeraient leur score honorable de dimanche dernier dans le Schleswig Holstein et pourraient proclamer qu?ils reviennent à nouveau dans le jeu politique après plusieurs élections où ils avaient enregistré des scores inférieurs à 5 %. Ce serait une nouvelle positive pour Angela Merkel qui retrouverait ainsi, dans la perspective du scrutin fédéral de 2013, un allié possible. Mais le FDP est encore trop faible et, au final, le bilan de ce dimanche électoral risque d?être très négatif pour la chancelière.

 

 

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