Cameron relance la question de l'impôt sur les sociétés dans l'UE

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Le Premier ministre britannique David Cameron au sommet du G20 à Los Cabos (Mexique) prêt à accueillir les entreprises françaises / Copyright AFP
Le Premier ministre britannique David Cameron au sommet du G20 à Los Cabos (Mexique) prêt à accueillir les entreprises françaises / Copyright AFP
La boutade du Premier ministre britannique, visant à attirer les entreprises françaises au Royaume-Uni, relance la question des taux d'imposition nationaux.

Alors que la quête de croissance économique est devenue une obsession pour de nombreux gouvernements européens, le Premier ministre David Cameron vient d'ébranler encore un peu plus l'unité de façade des pays de l'Union européenne. En marge du sommet du G20, il n'a pas hésité à affirmer que « chaque pays doit établir ses propres taux d'imposition" et que "dans un monde capitaliste global où nous sommes tous en compétition", il voulait "envoyer un message de soutien aux gens qui créent leur entreprise et la développent. »

En conséquence, a-t-il précisé, « je pense qu'il est mauvais d'avoir un taux d'imposition totalement non compétitif. Si les Français établissent leur taux de 75% pour la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu, nous déroulerons le tapis rouge et accueillerons plus d'entreprises françaises au Royaume-Uni, et elles paieront leurs impôts ici et paieront pour notre service de santé, nos écoles et tout le reste ».

Un taux pas si faible au Royaume-Uni

Actuellement, le taux d'imposition sur les revenus n'est pas aussi faible au Royaume-Uni que certains veulent bien le prétendre. Pour l'année 2012-2013 en cours, chaque résident britannique (le calcul est individuel, pas par foyer) dont le salaire annuel est situé entre £8.105 et £42.475 (soit entre 9.726 et 50.970 euros, soit entre 810 euros et 4.247 euros par mois) sont imposés à 20%, puis 40% jusqu'à £158.105 (189.726 euros, soit 15.810 par mois) et enfin 50% au delà, un taux qui sera réduit à 45% à partir d'avril 2013.

Pour Arnaud Vaissié, le président de la chambre de Commerce française en Grande-Bretagne et cofondateur d'International SOS, si la hausse à 75% du taux plafond d'imposition et les autres mesures annoncées se confirmaient, « ce serait une bombe atomique. La France peut se permettre de ne pas être la mieux disante de ses voisins en termes d'impôts sur le revenu, d'ISF, de cotisations sociales, d'impôts sur les sociétés, d'incitations fiscales et de flexibilité mais elle ne peut pas se permettre d'être la dernière dans tous ces secteurs. (..) Pour David Cameron, c'était avant tout une boutade mais cette boutade est étudiée de près par toutes les entreprises pour bouger vers l'Allemagne et le Royaume-Uni. »

Réduction du taux d'impôt sur les bénéfices des entreprises

Parallèlement, le gouvernement britannique a en effet accéléré la réduction du taux d'imposition de base sur les bénéfices des entreprises. Il était de 28% en 2010-2011, a été ramené à 26% en 2011-2012, est actuellement de 24% et poursuivra sa baisse à 23% en 2013-2014 et à 22% dès avril 2014. Pour les entreprises réalisant moins de £300.000 de bénéfices, le taux est actuellement de 20%.

« Cela signifie que le taux d'imposition britannique sera de moitié supérieur au taux français, de 33,3%, soit un écart gigantesque, » poursuit Arnaud Vaissié. « Surtout que le succès de l'Irlande et de son faible taux d'impôts sur les entreprises montre que l'impact de cette mesure est réel. Ces mesures me semblent nationalistes, comme si le pays était fermé, à l'heure où tout le monde s'accorde à dire que l'Europe n'a jamais été aussi intégrée. »

Les plus importantes entreprises britanniques évitent de payer des millions de livres d'impôts

Ce faible taux d'imposition n'empêche néanmoins pas les entreprises britanniques de vouloir payer toujours moins d'impôts. Alors que de nombreux lobbies réclament une baisse du taux de base 15%, des enquêteurs du service des impôts se sont aperçus que certaines des plus grosses entités du pays, conseillées notamment par PriceWaterhouseCoopers, évitaient de payer des dizaines, voire des centaines de millions de livres d'impôts grâce à l'ouverture de succursales au Luxembourg, où elles bénéficiaient parfois d'accords avec les autorités locales pour payer 0,5% d'impôts sur leurs bénéfices.
 

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Commentaires
a écrit le 20/06/2012 à 12:03 :
A la place de M. Hollande Je ferais la même chose pour attirer les capitaux étrangers.
Le comble ce serait de favoriser l'assistanat pour attirer toute la misère du monde et
taxer les français pour payer ce social non productif.
a écrit le 20/06/2012 à 11:33 :
faut aller plus loin cameron:faut relancer le débat sur les paradis fiscaux comme londres.allez un peu de courage!
Réponse de le 20/06/2012 à 12:05 :
Le débat sur paradis fiscaux ou plutôt sur enfers fiscaux ?
a écrit le 20/06/2012 à 11:15 :
bien sûr les sociétés immigreront au Royaume-Uni .. et qu'est-ce que le britannique moyen en retirera ? Que dalle, comme d'habitude. Car ce que Mr Cameron tente de cacher en jouant les fanfarons, c'est que la vieille Albion vacille au bord du gouffre.
Réponse de le 20/06/2012 à 11:39 :
Vous a tous mis dans la tête que notre système actuel permettra à tous de se faire une place au soleil ??

Navré mais les Seychelles pour tous, 4 smartphones par foyers, les bouquets TV, les écrans 117 cm, les jeans à 200 eurals et la vie sociale animée, la grosse familiale qui fait des bouchons,çà se finance tout çà ! Et pas à crédit...ou plutôt plus à crédit

Du coup certains vont voir leur niveau de vie baisser c est l évidence : le français moyen, l allemand moyen, le britannique moyen, l américain moyen etc
a écrit le 20/06/2012 à 11:01 :
Les Britanniques ont LA manière pour se faire comprendre dans le business : réalisme, sens des chiffres, esprit sportif (la volonté de marquer le point, en tout...), un zeste d'humour, et traduction de leurs propos superflue !
a écrit le 20/06/2012 à 8:49 :
Cameron provoque certes, mais à partir de cette boutade, nos ministres devraient réfléchir sur le fond de cette boutade car elle est riche d'enseignements. Encore faut-il penser que les autres peuvent avoir de bonnes idées.
a écrit le 20/06/2012 à 8:17 :
BRAVO Cameron.Enfin quelqu'un qui peut contrer les socialos malades de taxation.
a écrit le 20/06/2012 à 7:32 :
Non, Cameron ne relance aucun débat puisqu'il ne change pas sa fiscalité. C'est Hollande qui le relance puisqu'il s'est tiré une balle dans le pied et est outré qu'on ose le remarquer. Vite, un tweet, Valérie, pour soutenir David !
a écrit le 20/06/2012 à 7:20 :
La boutade est du même tabac que la mesure ; une énorme conerie il faut dire que le pére françois n'a jamais su trié les valeurs !
a écrit le 20/06/2012 à 7:18 :
La boutade est du mème tabac que
a écrit le 19/06/2012 à 19:55 :
Ils pourront toujours placer leurs argents dans les paradis fiscaux des iles anglo-normandes.
a écrit le 19/06/2012 à 18:05 :
L'UE finira par imploser dans sa configuration actuelle.
a écrit le 19/06/2012 à 17:35 :
L'Europe marche sur la tête, la plus part des pays qui vantent les mérites d'une faible imposition sont en général aussi ceux qui bénéficient des plus grosses contributions nettes de l'Europe, c'est à dire des subsides versés par les idiots des pays à fort taux d'imposition. C'est facile d'être libéral anti-impôts en développant son pays avec les impôts des autres.
Réponse de le 20/06/2012 à 7:48 :
@RPR: sans compter qu'en Grande-Bretagne, il n'y a quasiment pas de soins de santé, ni d'éducation...sauf pour ceux qui peuvent payer.
Réponse de le 20/06/2012 à 11:34 :
Je confirme, j?ai des copains de promos qui sont partis en UK en me vantant ce modèle : faibles taxes, faibles impositions, etc. en gros j?ai été idiot de ne pas les imiter. Il est vrai que tant qu?ils sont restés jeunes, célibataires, et en bonne santé : pas de problème leur niveau de vie était au dessus du mien. Cela se gâte plus tard : se faire soigner et hop vite un passage à Paris, à Londres c?est hors de prix. Se marier et devoir éduquer les enfants, et hop vite les inscrire aux lycées ou à l?université en France : en UK cela coûte deux bras. Et ces exemples on peut les multiplier à l?infini. Sans parler du chômage (cf. la crise en 2008) et hop dehors illico et avant les employés anglais ! Et si pas de matelas personnel pour prendre assurer les remboursements bancaires, dehors et tout de suite. En revenant en France certains étaient même surpris de ne pas avoir droit aux allocations chômages, sans blague !
a écrit le 19/06/2012 à 17:35 :
La question des impôts pose d'abord la question de la TVA qui est contreproductive et doit être portée dans un premier temps (sur une échelle de 15 ans) à 8 % taux unique avant de disparaître progressivement. Comment assurer alors les recettes de l'état ? Par une meilleure observation de ce qu'elles couvrent et des accords public/privé en concessions de service public courtes de 15 ans pour l'application. Ensuite par la réduction drastique voire la supression totale des fonctionnaires : les prestations demandées seront effectuées par des entreprises privées qui depuis cette base pourront exporter leur savoir. Enfin le règlement des prestations sociales : côté médical par une meilleure recherche de "rentabilité" des engagements ce qui permettrait des coupes de plus de moitié réinvesties en partie sur du personnel; côté retraite par une réalité des coûts appliqués aux entreprises une fois organisée la fin du chômage (à zéro) qui est réalisable. Ce qui revient à une augmentation de moitié avec l'arrêt des cotisations chômage. [la notion de garantie d'emploi réservé par statut aux seuls fonctionnaires deviendrait une notion privée bénéficiant à tous, la masse pouvant être variable] Après les recettes secondaires, l'impôt société et personnel serait alors la résultante équilibrée par ratios des besoins comptabilisés par période biannuelle. La discussion actuelle a de manière stupéfiante l'art de placer les choses à l'envers !
Réponse de le 20/06/2012 à 10:32 :
les soldats aussi seraient dans des entités privés?
a écrit le 19/06/2012 à 17:16 :
Ce n'est pas en faisant du moins disant fiscal sur les bénéfices des entreprises que nous résoudrons les problèmes. Ces 30 dernières années le taux moyen en Europe n'a cessé de baisser pour atteindre 25% quand les USA imposaient un taux sur tout le pays de 40%. Eux ont compris que cette course à l'échalotte est sans fin.
www.roosevelt2012.fr
a écrit le 19/06/2012 à 17:04 :
Le dernier paragraphe montre bien que le taux d'imposition n'a rien a voir avec la volonte ou non des entreprises de s'installer,car elles cherchent toujours a en payer moins....Par contre alleger les contraintes administratives en france ca serait bien,pour le reste on n'a pas a rougir de quoi que ce soit....Pourquoi pas 0% d'impots,et plus d'etat car plus de recettes et un pays en guerre civile permanente?
Réponse de le 19/06/2012 à 17:21 :
bien d'accord. aucun pays ne peut vivre sans impôts, prétendre le contraire est au mieux une inepsie, au pire de la bêtise. tout état a des missions régliennes à remplir au bénéfice de ses citoyens. le reste est une histoire de savoir ou placer le curseur sur l'échelle de l'egoïsme.
a écrit le 19/06/2012 à 17:01 :
"Surtout que le succès de l'Irlande et de son faible taux d'impôts sur les entreprises montre que l'impact de cette mesure est réel": Ok,il faudrait peut etre preciser que l'irlande est en recession et sous tutelle de bruxelles et du fmi,justement a cause du manque de recettes de l'etat qui est du a son faible taux d'imposition,qui peu etre qualifie de dumping fiscal a ce niveau la.On est tous europeens,arretons de nous tirer dans les pattes

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