Politique régionale

La Catalogne veut sortir de sa crise budgétaire... par l'indépendance

Artur Mars, qui dirige le gouvernement de Catalogne, a calculé qu'avec la moitié du pacte fiscal voulu par sa formation indépendantiste
Artur Mars, qui dirige le gouvernement de Catalogne, a calculé qu'avec la moitié du pacte fiscal voulu par sa formation indépendantiste "la Catalogne aurait en ce moment un déficit zéro » au lieu de 8% de son PIB / Copyright Reuters

Gaëlle Lucas, à Madrid | 25/07/2012, 18:29 - 466 mots

Le Parlement catalan a adopté mercredi grâce à l'abstention des socialistes catalans le projet d'indépendance fiscale qui selon le gouvernement de la région lui permettrait de résoudre sa crise budgétaire alimentée par une dette représentant 21% de son PIB.

Le Parlement catalan a adopté mercredi 25 juillet le projet dit de Pacte Fiscal élaboré par le gouvernement indépendantiste d’Artur Mas, qui défend une plus forte autonomie fiscale de la région la plus riche d’Espagne. Le vote a été obtenu grâce à l'absentention des socialistes catalans. Il s’agit d’obtenir que la Catalogne recouvre et gère tous les impôts et réduise ses apports à l’Etat central, un système proche de celui en vigueur au Pays Basque. Le modèle actuel ne permet aux régions de gérer qu’une partie des impôts et impose aux plus riches, dont la Catalogne, le versement d’un quota dans un fonds commun.

Promesse électorale

L’initiative, promesse électorale, semble paradoxale alors que la veille la Catalogne a annoncé qu’elle sollicitera l’aide du fonds de liquidité autonomique (FLA) créé par le gouvernement central afin de renflouer la trésorerie des régions en difficulté financière. Mais les faits sont ce qu’ils sont, comme le reconnaissait mardi le responsable économique de la région à la BBC, Andreu Mas-Colell : « La Catalogne n’a pas d’autre banque que le gouvernement d’Espagne». Le responsable a nuancé ses propos mercredi en affirmant que la Catalogne accèderait à des financements via le gouvernement ou via les banques.

L’état des finances catalanes ne lui laisse en effet guère le choix : la dette de 42 milliards d’euros (21% de son PIB) est la plus élevée d’Espagne, le déficit de 3,7% en 2011 doit être ramené à 1,5% cette année et les échéances s’élèvent à 5,8 milliards d’euros d’ici fin 2012 alors que les marchés sont fermés.

"La réponse à presque tous les besoins"

Selon Artur Mas, dans ce contexte, le pacte fiscal est « la réponse à presque tous les besoins et inquiétudes des défis actuels ». En effet, avec le modèle de financement actuel, le déficit fiscal de la Catalogne vis à vis de l’Etat espagnol serait en moyenne de 8% de son PIB par an. Mas calcule qu’ “avec la moitié du Pacte fiscal, la Catalogne aurait en ce moment un déficit zéro ». Ce calcul ne l’exempt toutefois pas de sa responsabilité dans l’état des comptes : Madrid apporte elle aussi des fonds au fonds de solidarité régional et ne doit pas, a priori, faire appel au fonds de secours.

Malgré un soutien prévisible du Parlement catalan, il est peu probable que le Parti Populaire de Mariano Rajoy au pouvoir à Madrid soit disposé à négocier un tel pacte fiscal: « Le PP sait que si une région gagne en financement, une autre perd. De plus, sa stratégie actuelle tend plutôt vers une recentralisation des compétences et non l’inverse », rappelle Gonzalo Bernardos, vice-recteur de l’Université de Barcelone. La Catalogne, en mal d’autonomie fiscale, devra quoiqu’il en soit, se soumettre à la surveillance accrue des autorités espagnoles sur ses comptes publics, en échange de l’accès au FLA.

Commentaires

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JB38 a écrit le 18/09/2012 à 15:47 :

"Tous pour un et...chacun pour soi". Ce n'est pas être communiste, comme si souvent évoqué dans les commentaires, que de vouloir établir une péréquation entre les régions riches et celles moins favorisées. @ un exemple: Que serait la Bretagne sans les subventions généreusement attribuées par l'Etat Français? Un beau territoire, certes moins pollué, mais sans infrastructures routières donc sans avenir. La Bretagne a toujours été très bien servie, tant mieux pour elle, il est donc normal qu'elle participe au développement d'autres régions moins favorisées.Quant à l'aspect culturel et linguistique, le "génocide"! Faut pas exagérer, sauf à vouloir imposer sa propre culture, ce qui est une forme de dictature dont l'histoire sait où cela conduit.

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un exemple a écrit le 13/09/2012 à 14:14 :

les catalans, les ecossais sont un exemple a suivre pour des nations viables economiquement comme la bretagne. si la bretagne pouvait gerer son propre budget et lever ses propres impots, ses choix politiques seraient tout autre que ceux de la france, ses investissments plus pertinents.sans parler du genocide culturel et linguistique.il faut en finir avec la pensée unique et monolinguiste jacobine

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sergimoix a écrit le 26/07/2012 à 17:56 :

Madrid si ce n'est pas la capitale de l'Espagne n'aurait pas le résultat financier de fonctionnaires de l'Etat, qui paient entre tous, ou la totalité de leur chiffre d'affaires financier multinationale enregistrée à Madrid, même si les ventes sont en baisse en Catalogne et Valence, par exemple. Bien sûr, la capitale fait, Madrid aurait des soldes budgétaires tendent vers 0. En Espagne, la partie qui paie, pour les routes, aereoports pas de voitures et pas des avions, TGV, ce qui est toujours en crise sont construits pour les régions les plus reculées de la péninsule, etc, sont: Valence, Îles Baléares et la Catalogne. La Catalogne est prêt à payer une solidarité dans l'état de 4% du PIB. En ce qui concerne le retour appelle sa culture et ses habitants: leur nation. La France serait intéressé par ces moments de crise dans cet accord?........................

pas de traduction automatique svp! a répondu le 27/07/2012 à 08:45:

On ne comprend rien!!!!

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Ami de la France a écrit le 26/07/2012 à 13:59 :

Je vous recomande de lire cet article, un parmi beaucoup qui expliquent la très injuste situation dans laquelle se trouve la Catalogne: http://emma-col-cat.blogspot.com.es/2012/07/whats-really-going-on-in-catalonia.html. D'ailleurs je trouve qu'un moyen français, étant donnés les rapports historiques entre la Catalogne et la France (le population catalane est, par exemple, d'origine occitane) devrait être plus sensible à ces questions, qui en somme sont une matière de justice entre les peuples.

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Joanot a écrit le 26/07/2012 à 13:44 :

La Catalogne représente 16% de la population espagnole, 20% du PIB espagnol, et 24% de l'effort fiscal. En "échange", elle perçoit seulement 10% de l'investissement de la part de l?État. En plus, ce même État a bloqué ces deux dernières années plusieurs centaines de millions d'euros qui reviennent à la Catalogne par loi. Ceci a un nom, en Catalogne et ailleurs : spoliation fiscale. Le pacte fiscal que la Catalogne propose est le même dont bénéficient le Pais Basque et la Navarre. Bien entendu, l'Espagne ne l'acceptera pas, car la Catalogne, même en temps de crise, reste une manne pour l?État. Alors il ne nous restera qu'une solution : l'indépendance. Et nous sommes déjà une majorité de Catalans à la souhaiter.

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Catalan de barcelona a écrit le 26/07/2012 à 13:32 :

Les Catalans qui veulent l'indépendance, ils veulent pour trois raisons: la culture, l'économie et la politique.

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Pareil a écrit le 26/07/2012 à 06:01 :

Moi aussi je veux être indépendant et hop, plus de dettes. Simple non ?

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Mois aussi a écrit le 26/07/2012 à 05:11 :

Moi aussi...... mais c'est qui les responsables? pas encore bien compris parce que tous dise que c'est notre fautes bien que j'ai pas de dette personnellement. Mais je me souvient quand on nous à dit que le future étais l'argent avec le plastic est que l'or l?étais réservé aux temps préhistorique. Mais bien sure.... je me souvient maintenant les banquiers qui affirmais cela de haut de leur savoir financier, ils affirmais que l'argent ce multiplies sans limite comme les pains d'une fameuse histoire religieuse. L'unique hic c'est que l'argent c'est bien multiplier dans leurs poches avec nos dettes que on doit payer maintenant.

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simple citoyen a écrit le 25/07/2012 à 21:53 :

Pas si idiot que ça: elle sait que les politiques au pouvoir à Bruxelles sont prêts à tout plutôt que de reconnaître leurs errements (Mario Draghi l'a rappelé il y a peu, dixit:"c'est méconnaître le capital politique que nos dirigeants ont investi dans cette union"). Or la Commission n'a de cesse que de promouvoir la fin des états nations et le leadership des régions, ce qui lui permet entre autre de régner sans partage. Il y a donc fort à parier que tout ce que l'UE compte de zélateurs du fédéralisme et de l'Euro son précurseur obligatoire, soutiendront une telle initiative en la louant de tous les courages et avantages.

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benalmadena a écrit le 25/07/2012 à 21:32 :

La Catalogne a été ruinée par des méchants idéologues absolument minoritaires. Envisager l'indépendance est complètement loufoque et reviendrait à faire payer encore plus le contribuable catalan pour des services ministériels inutiles aujourd'hui car assumé par l'état central. Sans le marché espagnol, la Catalogne vendra ses produits au Maghreb et c'est tout. Au lieu de dépenser des fortunes à obliger le peuple à pratiquer le catalan, le précédent gouvernement socialiste d'une totale incompétence, aurait mieux fait d'économiser et d'investir.

mieux seul que mal accompagné a répondu le 26/07/2012 à 09:57:

Votre raisonnement découle d'une complète ignorance. Le contribuable catalan payerait MOINS s'il n'avait qu'UNE SEULE administration à maintenir. Et puis, il n'y a pas de raison pour que la Catalogne perde le marché espagnol: la Slovaquie, a-t-elle perdu le marché tchèque? Votre affirmation "dépenser des fortunes à obliger le peuple à pratiquer le catalan" démontrent, mis à part une méconnaissance absolue de la réalité de ce pays, un à priori suspect de votre part. Des gènes de conquistador, peut-être?

Captain Obvious a répondu le 09/09/2012 à 03:15:

Et quand les catalans auront perdu le marche espagnol ou iront les espagnols acheter les memes produits?. Chez les allemands, peut-etre?.

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rentier a écrit le 25/07/2012 à 20:28 :

Moi aussi je veux mon indépendance fiscale dans la mesure où je ne suis pas à l'origine de la dette.

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par JB38 le 18/09/2012 à 15:47

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