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Romaric Godin | 19/10/2012, 16:08 - 647 mots
Ce sommet européen n’aura pas été si vain qu’il y paraît. Non pas sans doute par les raisons qu’en donnent les observateurs et les chefs d’Etat participants: une avancée sur une union bancaire qui est passée simplement, comme le soulignait Mariano Rajoy, de l’état d’idée à celui de possibilité. Mais bien plutôt parce qu’il a clarifié la situation.
Un calendrier électoral qui s’impose à l’Europe
Aussi sait-on désormais ce qui déterminera l’ordre du jour européen au cours de ces prochains mois: l’élection fédérale allemande, et accessoirement l’élection régionale bavaroise, toutes deux prévues en septembre prochain. Le calendrier –ou plutôt l’esquisse de calendrier– sur l’union bancaire en apporte une preuve éclatante. Les modalités techniques de cette union devront être discutées «durant l’année 2013» et l’aide directe du MES aux banques ne pourra devenir réalité qu’après le bouclage de la supervision commune. Autant dire que ce que les Européens ont offert à Angela Merkel ce jeudi 18 octobre n’a pas de prix, c’est la tranquillité jusqu’aux élections fédérales.
Dans un an, le bonheur...
Cette tranquillité est double pour Berlin: il n’y aura aucun besoin de faire appel au MES avant le scrutin et le sujet sensible de la supervision des caisses d’épargne et des banques mutualistes pourra être utilisée comme «bouclier» pour faire traîner au moins jusqu’en septembre les négociations sur la concrétisation de l’union bancaire. Dans l’idée d’Angela Merkel, tout se jouera donc après septembre. C’est également le sens de la déclaration le 12 octobre de Wolfgang Schäuble à Singapour: dans un an, «les incertitudes qui pèsent sur la zone euro seront levées. »
Stratégie de concession et d’attente
Depuis le mois d’août dernier et ses vacances au Tyrol du sud en Italie, la chancelière a établi une stratégie: calmer à tout prix le feu de la zone euro. Non par européanisme convaincu comme l’ont trop souvent cru de nombreux observateurs bruxellois, mais parce qu’un effondrement de la zone euro après deux ans de gestion franco-allemande de la crise aurait été une catastrophe pour la campagne de la chancelière. Forte de sa position dominante au sein de la droite allemande, Angela Merkel a donc accepté d’importantes concessions: intervention de la BCE et assouplissement des contraintes grecques. Mais elle a attendu, en retour, qu’on la laissât en paix, et notamment que le Bundestag n’eût pas, à nouveau, à accorder un nouveau chèque pour le MES. C’est aussi pour cela que Berlin répugne à reprendre l’héritage des banques espagnoles. Si l’on dépasse les 500 milliards d’euros autorisés sur le MES, il faudra en effet en repasser par le Bundestag, comme l’a décidé Karlsruhe en septembre.
Madrid contre Berlin
Angela Merkel veut axer sa campagne sur la défense des intérêts allemands en Europe. Elle ne peut le faire en réclamant un nouvel effort potentiel des contribuables. On le conçoit donc: dans ce cadre, l’intérêt de l’Europe et celui des Etats membres passent au second plan. Le projet d’union budgétaire porté par Wolfgang Schäuble, puis par Angela Merkel, était ainsi un moyen de bloquer le budget fédéral proposé par la commission. Là encore, c’était un moyen de ne rien décider et de ne pas avancer avant les élections. Pourtant, la stratégie de la chancelière est hautement risquée. Elle s’appuie sur la certitude que les deux concessions déjà citées suffiront à calmer pendant un an les marchés. Les investisseurs, persuadés que toute attaque contre l’Espagne sera contrée par la BCE, ne s’y frotteront pas. Et Angela Merkel aura le loisir de mener à bien sa campagne. Mais encore faut-il que Madrid joue le jeu, fasse une demande d’aide classique au MES (dans ce cas, le Bundestag n’a pas à se prononcer en séance plénière) pour pouvoir bénéficier du soutien de la BCE. Mais Mariano Rajoy, qui lui aussi à ses problèmes internes, tergiverse et, in fine, met en péril la stratégie de Berlin. On le voit, plus que jamais, l’Europe est, de plus en plus, une addition d’intérêts particuliers souvent contradictoires.
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Nicolas a écrit le 23/10/2012 à 14:52 :
Pour les naïfs qui s'imaginent qu'il y a un "couple franco-allemand", je vous conseil de lire l'excellent livre de Yvonne Bollmann "Ce que veut l'Allemagne" qui a été écrit bien avant la crise et qui explique très bien a quel point les Français s'illusionnent sur nos "amis allemands" . Regarder la réalité en face ça demande un peu de courage...
jefferso a écrit le 20/10/2012 à 09:10 :
Présenté comme une victoire par FH c'est en réalité un suivi de AM et de l'Allemagne C'est , de toute façon , une solution d'attente heureuse pour la France , n'en déplaise à quelques uns !
ventreachoux a écrit le 20/10/2012 à 00:23 :
..... et l?aide directe du MES aux banques ne pourra devenir réalité qu?après le bouclage de la supervision commune. Version Merkel : avant d´ouvrir les vannes il faut mettre au point une base légale qui permettra la supervision et le contrôle efficace des banques . Or ceci ne se fait pas du jour au lendemain. En aucun cas Angie Merkel ne prendra le risque d´accepter un systeme branleux et incapable de controler efficacement et dont les lourdes consequences devront etre supportés par les contribuables. Ca juste avant les elections ca serait plutot maladroit. Mais il ne faut pas se faire d´illusions. Ni la CSU, le parti frere de Baviere ni le SPD iront a l´encontre de Angela. Tous sont d´accord la dessus : il ne faut pas compter sur une d´ouverture précipitée et incontrolable de de la vanne aux milliard .
GIGI a écrit le 19/10/2012 à 18:34 :
IL EST grand temps en allemagne que l'ont change l'épouventail a moineaux qui dirige ce pays
gerard34 a répondu le 19/10/2012 à 18:59:
je pense que l "épouvantail a mis aux pas nôtres FlambI national et le traité européen a été signé comme l 'avais prévue madame merkel et dans les conditions prévue avec Sarkosy je crois que l 'épouvantail ils n est pas en Allemagne mais bien en France
Corso a écrit le 19/10/2012 à 18:18 :
Merkel laisse passer ses élections avant de reprendre le dossier. Dans cette affaire les grands groupes pillent les petits pays et l'on voudrait que leurs citoyens paient l'addition sous prétexe d'éviter les débordements sur lesquels on a fermé volontairement les yeux. Pas démocratique du tout, on sera contre.
najbar a écrit le 19/10/2012 à 18:04 :
Entre 2002 et 2007, frau merkel avait son petit teckel...La, elle est passée au caniche.... En définitive, nous sommes gouvernés par des petits clébarb qui font beaucoup de bruit pour pas grand chose.
eurofederal a écrit le 19/10/2012 à 18:00 :
Ah si la France savait ce que ELLE voulait, les choses seraient plus "einfach"... l'Allemagne a raison de ne pas vouloir prêter sa "Kredit Karte"....Hollande voudrait le compte en banque de l'"Allemagne mais il ne veut surtout pas s'engager vers le fédéralisme......Il devra pourtant choisr très vite! Cameron l'a fait, ce sera le retroit de l'UE d'ici 2 ou 3 ans....et la France?
Truk a répondu le 19/10/2012 à 21:44:
Et l'Allemagne veut la fixité des parités avec ses plus gros clients (l'Euro) mais ne veut pas payer pour les dégâts que ça cause ailleurs. Les fluctuations monétaires sont la respiration des échanges entre économies différentes : depuis l'Euro, cette respiration ne peut plus se faire entre dix-sept économies très différentes. Les plus compétitifs ne paient plus le prix monétaire de leurs excédents, et les moins compétitifs n'ont plus aucun espoir de rattrapage.
@Truk a répondu le 19/10/2012 à 23:12:
Les moins compétitifs doivent rattraper le retard dû à leur fainéantise par le travail acharné. La monnaie n'a rien à voir à l'affaire. : les fluctuations monétaires n'ont jamais permis à une cigale de se mettre au boulot. Ces fluctuations donnent l'illusion temporaire que tout va bien, qu'on peut continuer à glandouiller. Mais la réalité finit toujours par rattraper la cigale. Quand on joue avec les monnaies, ce qui au départ passait pour une gentille petite inflation se transforme rapidement en hyperinflation destructrice. Alors, la cigale a faim et froid.
Truk a répondu le 19/10/2012 à 23:52:
C'est hélas impossible, car avoir une monnaie trop forte fait fuir les capitaux productifs, donc les emplois. S'il n'y a pas d'emplois, comment voulez vous donc travailler de manière "acharnée" ? Les poncifs sur les fainéants du Sud et les courageux du Nord, l'OCDE leur a fait un sort dans ses rapports. Lisez-les. Quant à l'inflation, mais de quoi parlez-vous ? Je parle de laisser les monnaies fluctuer entre elles, comme cela s'est fait pendant des décennies sans qu'il n'y ait de l'inflation automatique : les plus compétitifs voient juste leur monnaie s'apprécier face à celles des moins compétitifs. Ca ne créé en théorie que de l'inflation sur les biens en provenance des plus compétitifs, toutes choses égales par ailleurs.
Nicolas a répondu le 23/10/2012 à 14:59:
Truk vous êtes vraiment sympathique et je partage votre point de vue mais vous perdez votre temps à vouloir expliquer de manière rationnel l'interet d'une sortie de l'euro. Les fédérastes n'ont pas de raison, ils vivent dans leur illusions, leurs préjugés et a priori. Ils aiment donner des coups de mentons et se pensent comme des êtres supérieurs (pour la Paix, l'Ouverture...). Ils faut nous organiser politiquement et sortir du schéma imposé par les médias et politiques. Si vous voulez vous informer lisez Yvonne Bollmann "Ce que veut l'Allemagne"... très instructif.
Révélation a écrit le 19/10/2012 à 17:24 :
L'Europe est "une addition d?intérêts particuliers souvent contradictoires". Quelle découverte ! Une remarque rafraîchissante ! Le problème, c'est que les intérêts en question sont relatifs aux carrières des joyeux lurons de la politique, pas à ceux des populations. Une preuve de plus de l'impérieuse nécessité de la séparation entre économie et politique qu'il faudra établir fermement un jour ou l'autre. "Que peut-on faire pour vous aider ?" s'obstinent à demander les politiciens. "Laissez-nous faire !" répondent depuis toujours les hommes libres et responsables.
Bastien a écrit le 19/10/2012 à 17:20 :
Tous avec moi pour la construction européenne : ein, zwei, ein, zwei ... N'est-ce pas dans l'édition d'aujourd'hui que l'on apprend qu'un retraité allemand sur quatre vit sous le seuil de pauvreté après le passage de Schröeder ? Bel avenir que l'U.E. ! Ah, une dernière chose, le Figaro d'il y a 72 heures rappelait que le sauvetage de l'euro a déjà coûté 1100 milliards. Alors, stop ou encore ?
@BASTIEN a répondu le 19/10/2012 à 17:40:
Le coût du non sauvetage de la zone euro est bien plus élevé que cela quand on sait que le non sauvetage de la grece couterait 1700 milliards.
Britannicus a répondu le 19/10/2012 à 19:40:
à @Bastien : pourquoi ne parle-t-on jamais de l'Islande, quasiment mise en faillite par la crise et qui, grâce à sa dévaluation, est repartie de plus belle ? L'euro est un carcan stupide : non pas qu'il n'y ait pas d'avantage à partager la même monnaie, mais quand on ne peut pas supporter un différentiel croissant de compétitivité, on s'adapte ou on se suicide. Et là, on cultive le suicide...Les marchés n'ont pas fini de s'amuser. Et nous, de ne pas rire.
déni de réalité a écrit le 19/10/2012 à 17:18 :
Indéniable qu'il y a addition d'intérêts particuliers. Mais cela sera à l'Allemagne de payer la plus grosse partie de l'addition. L'intérêt est général que l'Allemagne en particulier paye pour les autres états membres en crise. Quand on est si chaleureusement invité à payer pour les festivités, on devrait pouvoir choisir une partie du menu?
le sommet europeen a écrit le 19/10/2012 à 17:06 :
votre article est prudent, mais personne ne semble sauf hollande qui sait que le budget 2012 et celui de 2013 ne rentrerons pas dans les clous de l'europe, l'espagne non plus le portugal non plus la grece on sait que se serra un écroulement.......... l'allemagne sous le pretexte d'election a botté en touche et hollande se gargarise... l'économie freine meme en allemagne il faut s'attaquer aux dépenses et fortisimo.................mais là personne ne veut parler de cela dans son pays et si on pouvait donner de l'air (en euros) a la grece et à l'espagne sans que cela se remarque on le ferrait bien... la banque de l'investissement on va prendre l'argent ou...... l'inflation