La Tribune

L'Europe du populisme (1/3) : les pays "périphériques" minés par des systèmes politiques en lambeaux

Alexis Tsipras, président de Syriza, a fait grimper son parti à 20% dans les sondages (Grèce)
Alexis Tsipras, président de Syriza, a fait grimper son parti à 20% dans les sondages (Grèce)
Romaric Godin  |   -  1289  mots
Les élections européennes de 2014 vont probablement encore accentuer le rejet des partis traditionnels. Premier volet de notre tour du Vieux continent : la situation chez nos principaux voisins touchés de plein fouet par la crise de la zone euro.

L'Europe fait-elle face à la montée des « populismes » ? Il peut être assez délicat de répondre à une telle question, tant le terme de « populisme » lui-même est sujet à débats. Si l'on prend comme critère de ce mouvement la remise en cause des élites et des partis traditionnellement dominants, sans préjuger par ailleurs des solutions proposées, on doit reconnaître qu'il existe un véritable mouvement de fond sur le vieux continent. Un mouvement qui, souvent, s'appuie sur le rejet de l'euro, conçu comme un instrument imposé par l'establishment. Mais on doit aussi constater que la nature et les causes de ces « populismes » sont aussi diverses que l'Europe elle-même.

Portugal : le système politique traditionnel résiste

Dans un Portugal en crise, le populisme a peu de prise dans le paysage politique. Le rejet de la politique d'austérité du gouvernement de centre-droit du premier ministre Pedro Passos Coelho prend plutôt la forme d'un mouvement de retour au principal parti d'opposition, le parti socialiste (PS), pourtant initiateur de la politique d'austérité en 2010. Les dernières élections municipales du 29 septembre l'ont montré.

Les deux partis d'extrême-gauche : la Coalition unitaire démocratique (CDU) qui regroupe le Parti communiste et les Verts et le Bloc des gauches (BE), regroupement d'anciens partis maoïstes et trotskistes, profitent certes de la situation et représentent, selon les sondages 15 à 20 % de l'électorat. Mais ils pesaient déjà ensemble 12 % en 2011 et les élections municipales du 29 septembre ont été un échec flagrant pour ces formations qui peinent donc à profiter réellement de la situation. En revanche, l'extrême-droite ne perce pas dans un pays qui se souvient encore de « l'Estado Novo » la dictature issue du régime de Salazar qui a duré de 1928 à 1974.

Espagne : les deux grands partis  reculent

En Espagne, l'austérité et la récession qui l'accompagne provoquent une poussée assez modérée du populisme. Il existe clairement un mouvement de rejet des élites traditionnelles. Les deux partis dominants depuis 1982, le PP du premier ministre et le PSOE, ne regrouperaient ainsi plus que 59 % des intentions de vote, contre 75 % des voix glanées en 2011. La Gauche Unie (Izquierda Unida, IU), coalition formée autour du Parti communiste, est le principal gagnant de ce mouvement.

Les sondages prédisent un doublement de ses voix de 6 à 13 %. Également en hausse, le parti Union, Progrès et Démocratie (UyPD) qui pourrait aussi doubler ses voix de 5 à 10 %. Ce parti n'est pas extrémiste, il défend les libertés individuelles et l'Europe fédérale, mais autour d'un projet plus participatif. Son discours rejette la division « droite-gauche » et les partis traditionnels.

Cette poussée se retrouve également au niveau régional avec la percée des républicains catalans de l'ERC lors des élections de 2012 et celle des indépendantistes basques. De fait, PP et PSOE risquent d'avoir des difficultés à constituer un gouvernement uniforme.

Italie : les Grillistes et les Berlusconiens en pointe

En Italie, le gouvernement technique de Mario Monti (novembre 2011- avril 2012) a donné naissance, avec sa politique d'austérité sévère, à un mouvement de rejet des élites traditionnelles qui se retrouve principalement dans le Mouvement 5 Etoiles du blogueur et ex-comique Beppe Grillo. Très anti-européen et anti-austérité, ce parti est aussi très hétérogène et défend une plus grande participation des citoyens aux décisions tout en se montrant parfois proche d'un discours anti-immigrés et de la thématique antifiscale et antiétatique du libertarianisme américain. Aux élections de février 2012, il a glané 25,55 % des voix aux élections à la chambre.

Cette montée du mouvement de Beppe Grillo s'est accompagné par ailleurs d'une « radicalisation » du parti de Silvio Berlusconi, le Peuple de la Liberté (PdL). Dans la foulée de sa condamnation pour fraude fiscale, le « Cavaliere » a repris ses habits de défenseur des « petits » contre les « élites » qu'il avait déjà vêtu dans les années 1990. Durant la campagne électorale de février, il avait déjà développé une rhétorique anti-européenne et anti-élites en visant notamment violemment Mario Monti.

La défaite du Cavaliere au Sénat début octobre est le fruit de la division interne entre l'élément « populiste » pro-berlusconien du PdL et l'élément plus centriste qui souhaitait le maintien du gouvernement Letta. Reste à savoir si le PdL survivra politiquement à la défaite de Silvio Berlusconi.

Grèce : la poussée populiste se manifeste à gauche... et à droite

La Grèce est le pays qui a le plus souffert des « ajustements », mais aussi de son bipartisme. Pasok et Nouvelle Démocratie (ND) qui ont, durant des années, creusé les déficits, organisé le clientélisme et caché ces mêmes déficits. C'est donc logique que ce pays connaisse un des plus forts rejets des partis traditionnels en Europe. ND et Pasok ne pèsent plus désormais que 25 % des intentions de vote.

Le grand gagnant de cette dérive, c'est Syriza, l'alliance de la gauche radicale, issue de la fusion de partis d'extrême-gauche et d'écologistes. Elle est au coude-à-coude dans les sondages avec la ND à plus de 20 % des intentions de vote. Ce parti s'est progressivement modéré, mais il rejette toujours le système politique et économique traditionnel issu de la chute des Colonels en 1994. Il demande une réforme fiscale, l'arrêt de l'austérité, une politique de relance et une annulation des dettes. Autant d'éléments que les deux anciens « grands partis » et l'UE jugent incompatibles avec le maintien du pays dans la zone euro. Mais Syriza ne veut officiellement abandonner ni l'UE, ni l'euro. 

A droite, les Grecs Indépendants sont issus d'une scission de ND et réclament à la fois la sortie de l'austérité, une politique migratoire plus stricte et l'abandon de l'euro. Leur succès est cependant assez faibles (7,5 % en juin 2012, 5 % selon les derniers sondages).

Aube Dorée, parti qui s'inspire assez ouvertement du régime des colonels, et, dans certains cas de l'idéologie fasciste ou national-socialiste, a obtenu près de 7 % des voix en juin 2012. Il est monté dans les sondages à 15 % d'intentions de vote. Son discours violent contre les élites, les immigrés, la gauche et l'Europe ainsi que l'aide organisée aux victimes de l'austérité en ont fait un parti populaire. Le récent assassinat d'un musicien proche du parti communiste (KKE), qui a conduit à une vigoureuse réaction de l'Etat, a terni son image. Mais il reste, selon les derniers sondages, en troisième position avec 7 % des intentions de vote.

En réalité, le rejet du système bipartisan a surtout conduit à une atomisation du paysage politique grec qui s'articule aujourd'hui autour de partis pesant entre 4 et 5 % des voix.

Irlande  : la montée du Sinn Fein

L'Irlande est considérée comme le pays « modèle » de la stratégie européenne de dévaluation interne. Une stratégie qui a eu des effets parfois violents sur la population et les services publics. Le système politique traditionnel, centré autour de l'opposition entre deux partis de centre-droit, Fine Gael et Fianna Fail, montre des signes de faiblesses avec la montée en puissance du Sinn Fein, donné entre 20 et 23 % des intentions de vote dans l'île verte.

Le parti « républicain », bras politique de l'ex-IRA, est très eurosceptique et a toujours appelé à voter contre les choix pro-européens dans les référendums irlandais. Ses positions politiques sont très proches des partis communistes et des partis de gauche non sociaux-démocrates européens : il s'oppose donc très fortement à la politique d'austérité et de baisse des coûts salariaux défendus par les élites irlandaises traditionnelles.

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Commentaires

Volcan explosif  a écrit le 21/10/2013 à 11:38 :

On peut comprendre pourquoi....en France
http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20131018.OBS1755/pourquoi-les-francais-sont-en-colere-le-rapport-secret-des-prefets.html

balzac  a écrit le 19/10/2013 à 12:49 :

article eclairant meme si j'en connaissais déjà par des voyages ce que vous dites , le populisme en europe a toujours existé , les années 20 sont riches dans ces événements , en france on a oublié 1934 a la concorde , les ligues de l'époque qui disparurent a la fin de la guerre comme la plupart des populismes , le renouveau économique après guerre a fait disparaitre le populisme , plus la population se precarise , se sent menacée plus elle capte le populisme dit du bon sens , en allemagne c'est devenu tabou du moins dans la sphère privée , on sort souvent des journaux d'une époque ou le populisme était le maitre de la sphère publique et des photos de personnes de la famille qui on laissé leurs vies dans ces populismes ( a cause du populisme ) on rappelle que les démocraties ne sont pas éternelles , qu'une crise économique fait le jeu des populistes et donc le XXeme siècle est riche de ces événements , meme en asie ,le populisme sera vaincu que si l'Europe s'attaque vraiment a tous les grands assistés économiques , s'attaquer aux grandes multinationales c'est une chose , le faire une autre ...

Constat  a écrit le 18/10/2013 à 18:44 :

les systèmes politiques traditionnels de droite ou de gauche clientélistes et sclérosés, ont gouverné, ronronné plutôt, en se reposant sur les années croissances des trente glorieuses, entre temps la mondialisation et la finance spéculative ont fait des ravages sociaux (plus d'industrie lourde, l'industrie manufacturé délocalisée dans les pays au moins disant social, explosion du chômage, de la précarité), parallèlement l'immigration a augmenté sensiblement ce qui a eu pour effet d'accentuer les difficultés d'intégration, un sentiment de perte d'identité, de valeurs s'en est suivi, pour les populations autochtones qui ont le sentiment, par endroit, d'être envahies, de ne plus être chez elles et de subir l'insécurité (délinquance, violence, trafic de drogues...) d'une partie de ces populations immigrées. Ces populations "ghettorisées" dans des quartiers entiers de grandes villes, et qui parfois importent leur manière de vivre, parlent peu Français et ne s'intègrent pas. La société de consommation, les progrès techniques, l'urbanisation, la bureaucratisation,et récemment les plans d'austérités (Grèce, Espagne Portugal Italie France...). ont également déstabilisés la société, et les repères traditionnels ont volé en éclats.Tous ces problèmes touchant plus ou moins tous les pays Européens, incitent les populations exclues par la crise économique ou morale à se tourner vers les partis nationalistes, les parties politiques traditionnels étant tenus pour responsables de ne pas les avoir préservés, malgré l'alternance, de tous ces bouleversements.

gavroche  a écrit le 18/10/2013 à 17:58 :

Raz le bol des élites autoproclamées dogmatiques bonnes à rien, le peuple veut des dirigeants pragmatiques et populistes au besoin pour avoir des résultats.

balzac  a répondu le 19/10/2013 à 14:02:

je vous comprend mais en allemagne le 26 janvier 1933 ils ont élu un dirigeant qui devait avoir des résultat sur le chômage et les minorités visibles de l'époque , les allemands paierent très cher cet aventurisme sans precedent , la fin de la démocratie après la mort du maréchal hindenburg et le comble après 12 ans de ce régime , l'Allemagne avait perdu 40% de son territoire , des milliers de morts , des familles déplacées , des dettes a plus soif et une occupation étrangère et plus un mur séparant le pays en deux systèmes , alors les résultats ... regardez aussi l'Italie de la meme période , ce fut calamiteux , les résultats sont souvent plus désastreux qu'un peut mieux faire ?..

patatras  a écrit le 18/10/2013 à 17:17 :

Bien évidemment que les électeurs se détourneront de l'Europe de Bruxelles, cette Europe qui devait apporter le plein emploi, un pouvoir d'achat comme n'en avaient jamais connu les peuples européens, la prospérité pour mille ans!.
Le constat d'aujourd'hui est accablant, la misère, paupérisation des peuples, le chômage n'ont jamais été aussi important!.
Les dettes d'états sont tellement importantes aujourd'hui que seule la confiscation d'une grande partie des revenus des travailleurs servent à payer les intérêts de cette dette!.
Les frontières passoires ont permis à des millions d'étrangers à l'Europe d'envahir les pays et d'imposer leurs cultures et mode de vie souvent au détriment des autochtones.
Comment voulez-vous qu'ensuite les peuples ne se détournent pas des "élites" euromondialistes qui par leurs mensonges et leurs égos démesurés, les ont mis dans une panade que seuls les partis souverainistes seront en mesure d'éradiquer ce cancer que constitue cette alliance Européenne.
Oui à une Europe des nations, non à cette Europe communautaire de Bruxelles!.

Kirk  a répondu le 18/10/2013 à 18:23:

patatras La prochaine étape vous retirez le droit de vote,car au niveau européen nous gênons nous les citoyens
européens.

balzac  a répondu le 19/10/2013 à 14:07:

a patatras , sur l'europe , elle c'est bâtie trop vite et on a pas réfléchis a harmoniser les taxes , salaires et impôts , l'Europe des nations ? , c'est déjà fait , l'Allemagne le fait et cela lui réussi car tous les autres états européens sont obligés de suivre son Nein au changement de constitution pour qu'elle intègre un nouveau fédéral de l'Europe qui ferait relever les impôts et salaires dans toute l'Europe , enfin on a intégré des états qui n'étaient pas encore a la hauteur de l'enjeu européen , une monnaie ne fait pas tout et la crise nous le démontre chaque jour , mais sans l'euro je vous rassure ce serait pire encore , il suffit de faire quelques voyages en asie avec les dépréciations monétaires , les asiatiques réfléchissent a faire une zone comme l'Europe avec sans doute a terme une monnaie unique , mais vu l'ampleur de la tache que laisse l'Europe au monde avec sa paralysie vu l'égoïsme de certains , ce sera délicat .. c'est pas les élections européennes qui vont changer quoi que ce soit , non ce sera pire avec les populistes .. profitez encore d'un euro a 1,36 dans vos grandes surfaces , car après les élections européennes .. vous verrez bien

Thargor  a écrit le 18/10/2013 à 15:43 :

Aux élections européennes, ma voix va a des partis européens ie : présents dans plusieurs pays. Les partis UMP/PS/UDI/FDG/FN/... traditionnels étant des partis nationaux, il ne sert à rien de voter pour eux. Aux municipales idem, je vote pour un local et non pour un national. En fait, les grands partis de France qui monopolisent l'attention médiatique n'ont d'utilité que pendant les présidentielles.

Pff  a écrit le 18/10/2013 à 15:03 :

La pauvreté dans la rue augmente... on profite bien dans les bureaux pendant qu on fait du théodule!

Tragicomix  a écrit le 18/10/2013 à 14:52 :

Cette Europe est criminelle en matière d emplois surtout pour les jeunes ! A la mode espagnole parle-t-on du suicide de l économie ou bien des citoyens pour engraisser du vampire ? Si les riches ont de l argent, les fonctionnaires aussi et le salarié précaire voit son usine fermer alors qu on fait trop de papier. Pour notre réunion épulaire, nous aurons la volaille assemblée qui suicide les français sur lieu de travail et qui les stresse comme les poulets, la vigne qui fait de bons ceps. Le pouvoir d achat baisse, on ne fait pas de productivité ni d industrie à la mode sud, ainsi sans offre nous sommes dans les affres et le déficit reste à payer par les riches, ce qui nous laisse entier le problème du chômage, et de la justice contre la population, vox populi vox dei. Quand le paresseux règne, il n y a pas de poule au pot ! Ainsi on bute les français au travail et on fait dans l emploi alimentaire, les papier au lieu de la production. Les sanglots des européens seront longs nous dit-on, comme le PMI ne remonte pas. Dans le sud européen des vampires font sauter l humanité ! n existe-t-il pas une querelle entre les patrons et l administration sur la question du déficit permanent ou bien une querelle de français dans le petit village gaulois, le jeune n a pas sa place, sabre de bois ! Ainsi l Europe sombre dans les ténèbres avec des conflits d extrêmes dont les français sont victimes. Si nous faisons sur l entreprise et le travail, cela rencontre la fureur du peuple dans les sondages. Ainsi on écrase bien les schtrouphs ! Pour la formule du tiercé gagnant aux petits chevaux et pas dans le désordre? au revoir les enfants, les vampires ont soif ! Le système foireux ne fait ni emplois ni social à moins de 25 ans? C est du Tragicomix, le char ne peut pas passer librement ! Le poisson est mauvais et la cantine couteuse !

duglan  a écrit le 18/10/2013 à 13:43 :

les électeurs ne votent pas pour le populisme, ils votent contre les politiques verreux et voyous qui ne pensent qu'à détrousser les Français et à s'en mettre plein les poches.

DEMAIN  a écrit le 18/10/2013 à 11:31 :

LE FN n a pas changé par contre les électeurs OUI .. a qui la faute ? heureusement mr le ministre de l intérieur releve le niveau

clémençeau  a répondu le 18/10/2013 à 17:56:

Non le ministre de l'intérieur ne relève pas le niveau, il relève le menton, (et même donne des coups de menton), comme naguère un certain Nicolas relevait les épaules pour réajuster sa veste.

GABUZO  a écrit le 18/10/2013 à 11:24 :

le problème de l'Europe c'est son caractère anti démocratique. les européens se rendent compte qu'ils n'ont aucun pouvoir sur des décisions qui sont prises en petit comité. On les amuse avec des élections au parlement européen où on leur laisse croire qu'ils ont un certain pouvoir mais il n'en n'est rien en réalité. résultat plus de la moitié d'entre eux ne se déplacent plus pour aller voter et l'autre partie se défoule sur les paris extêmes. Ces élections ne servent donc à rien sauf à entretenir les extrémismes. les seules eléctions qui intéressent les peuples sont celles où il a à donner son mot sur le mécanisme européen mais là les peuples n'ont droit que de dire oui sinon on ne tient pas compte de leur avis. L'Europe c'est le "canada dry "de la démocratie.

BEBEL  a écrit le 18/10/2013 à 11:14 :

Je penses evidemment que la France est dans le lot!

ivanleterrib  a écrit le 18/10/2013 à 10:55 :

Le populisme est l'avenir de l'Europe. Vive Marine.

@ivanleterrib  a répondu le 18/10/2013 à 17:00:

EXACT ! Vive Marine

antar d'aquitaine  a répondu le 18/10/2013 à 18:10:

La seule issue pour éviter que la France ne sombre totalement dans l'abime, c'est de voter FN.

Quatrième-pouvoir  a écrit le 18/10/2013 à 10:32 :

Cher Monsieur Godin, merci sincèrement - en parlant du ''populisme'' - d'opérer une certaine retenue à son égard ! ('' L'Europe fait-elle face à la montée des « populismes » ? Il peut être assez délicat de répondre à une telle question, tant le terme de « populisme » lui-même est sujet à débats. Si l'on prend comme critère de ce mouvement la remise en cause des élites et des partis traditionnellement dominants, sans préjuger par ailleurs des solutions proposées...'') Par ailleurs, l'ensemble de votre article demeure particulièrement instructif. Pour ma part, il me semble également que cet extrait de Noam Chomsky n'est pas dénué d'un certain sens si on le place dans les thèmes de '' la pensée dominante '' et du ''populisme'' : ''...Plus efficace encore que les dictatures, le lavage de cerveaux en liberté (...) Chaque fois qu'on demande à un journaliste vedette ou à un présentateur d'un grand journal télévisé s'il subit des pressions, s'il lui arrive d'être censuré, il réplique qu'il est entièrement libre, qu'il exprime ses propres convictions. Comment fonctionne le contrôle de la pensée dans une société démocratique ? En ce qui concerne les dictatures, nous le savons. Quand des journalistes sont mis en cause, ils répondent aussitôt : « Nul n'a fait pression sur moi, j'écris ce que je veux. ». C'est vrai. Seulement, s'ils prenaient des positions contraires à la norme dominante, ils n'écriraient plus leurs éditoriaux. La règle n'est pas absolue, bien sûr ; il m'arrive moi-même (N.Ch.) d'être publié dans la presse américaine, les Etats-Unis ne sont pas un pays totalitaire non plus. Mais quiconque ne satisfait pas certaines exigences minimales n'a aucune chance d'être pressenti pour accéder au rang de commentateur ayant pignon sur rue.
C'est d'ailleurs l'une des grandes différences entre le système de propagande d'un Etat totalitaire et la manière de procéder dans des sociétés démocratiques. En exagérant un peu, dans les pays totalitaires, l?Etat décide de la ligne à suivre et chacun doit ensuite s'y conformer. Les sociétés démocratiques opèrent autrement. La « ligne » n'est jamais énoncée comme telle, elle est sous-entendue. On procède, en quelque sorte, au « lavage de cerveaux en liberté ». Et même les débats « passionnés » dans les grands médias se situent dans le cadre des paramètres implicites consentis, lesquels tiennent en lisière nombre de points de vue contraires. Le système de contrôle des sociétés démocratiques est fort efficace ; il instille la ligne directrice comme l'air qu'on respire. On ne s'en aperçoit pas, et on s'imagine parfois être en présence d'un débat particulièrement vigoureux. Au fond, c'est infiniment plus performant que les systèmes totalitaires....'' http://www.monde-diplomatique.fr/2007/08/CHOMSKY/14992


Le paysan  a répondu le 18/10/2013 à 11:20:

Quant la pensée unique est attaquée suite à un évènement non prévisible , aussitôt les éditorialistes , en jugent l effet négatif et , retournent par sophisme ou font semblant de ne pas comprendre le problème sous tendu et un clou chassant l autre l évenement tombe très facilement en disgrace médiatique Ex ; qui a empéché Mme Bettencourt d etre soumise à une évaluation, pourquoi , comment.

Poutine7  a répondu le 18/10/2013 à 11:23:

Excellent commentaire.

Les zélites de rouge ont fini de se discréditer (UMPS). Place aux "populistes" : Russie Unie, Union du Centre, FN, MSI etc

popu  a répondu le 18/10/2013 à 11:30:

@4e_pouvoir. Merci pour votre développement. Au fond, nous disons à peu près la même chose: ce que notre système autiste ne veut pas entendre. Une réserve cependant, ma conception du métier de journaliste ou de présentateur TV ne devrait pas l'autoriser à exprimer ses convictions eu égard au devoir de réserve de sa fonction (notion oubliée par la plupart des commentateurs).

popu  a répondu le 18/10/2013 à 14:08:

En somme, si "Dans l?Union Soviétique, le pire crime était d?être anti-soviet", en Europe le pire crime est d'être "populiste" (entendez "anti-TCE"), ce qui constitue un délit d'opinion pour le système dominant.

@popu  a répondu le 18/10/2013 à 14:47:

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=numero&no_revue=&no=41458

popu  a écrit le 18/10/2013 à 10:31 :

Donc, je résume: tout parti qui n'est pas pour le modèle fédéraliste européen en pleine déconfiture est "populiste". Tiens, je remarque que n'entrent pas dans cette catégorie le parti communiste et les indépendantistes catalans (par contre les indépendantistes basques, eux le sont?)? Il serait temps de nettoyer vos lunettes et de réaliser que ce soi-disant modèle de construction européen n'en est plus un pour la majorité des "gens d'en bas" et que le totalitarisme par médias interposés est à l'?uvre sous un faux semblant de démocratie où les citoyens sont avant tout des électeurs et des consommateurs dans le meilleur d'un monde à la Orwell.

Quatrième-pouvoir  a répondu le 18/10/2013 à 12:24:

@Popu : Noam Chomsky ...suite [1] ''Pour reprendre l'expression d'Adam Smith, de gros efforts sont nécessaires pour arriver à rendre les gens « aussi stupide et ignorant qu'il est possible de l'être pour un humain ». Une grande partie du système éducatif est conçu pour ça. Si vous y réfléchissez, il est conçu pour la passivité et l'obéissance. Dès l'enfance, une grande partie est conçue pour empêcher les gens d'être indépendants et créatifs. Si vous êtes de tempérament indépendant à l'école, vous rencontrerez certainement des problèmes très tôt. Ce n'est pas le trait préféré ou encouragé. Quand les gens survivent à tout ça, plus la propagande économique, plus la presse et la masse toute entière, le déluge de distorsion idéologique permanent, ils posent des questions qui d'un autre point de vue sont complètement raisonnables?[2] L'éducation de masse fut conçue pour transformer les fermiers indépendants en instruments de production dociles et passifs. C'était son premier objectif. Et ne pensez pas que les gens n'étaient pas au courant. Ils le savaient et l'ont combattu. Il y eut beaucoup de résistance à l'éducation de masse pour cette raison. C'était aussi compris par les élites. Emerson a dit une fois quelque chose sur la façon dont on les éduque pour les empêcher de nous sauter à la gorge. Si vous ne les éduquez pas, ce qu'on appelle l'« éducation », ils vont prendre le contrôle ? « ils » étant ce qu'Alexander Hamilton appelait la « grande Bête », c'est-à.dire le peuple (...) [3] Alors que la liberté s'accroît, le besoin de forcer et de contrôler l'opinion grandit aussi si vous voulez empêcher la « grande bête » de faire quelque chose de sa liberté?Dans leurs travaux sur le système éducatif américain il y a quelques années, deux économistes, Sam Bowles et Herb Gintis, ont fait remarqué que le système est divisé en morceaux. La partie destinée aux travailleurs et à la population est en effet conçue pour imposer l'obéissance. Mais l'éducation destinée aux élites ne peut être identique. Elle doit permettre la créativité et l'indépendance, sinon ils ne pourront faire leur boulot, c'est à dire faire de l'argent...'' (Que croyez-vous, que l'ensembe du '' système conceptuel du néolibéralisme '' a mis un jour pour contaminer nos sociétés occidentales ? Voyons !) http://www.chomsky.fr/entretiens/guerre02.html


popu  a répondu le 18/10/2013 à 14:26:

@4e pouvoir. Sauf le respect que j'ai pour les thèses de N.Ch, " L?éducation de masse ? conçue pour transformer les fermiers indépendants en instruments de production dociles et passifs." revêt en Europe un caractère particulier: celui d'endoctriner les paysans dociles et passifs pour en faire des soldats porteurs de civilisation. C'est ce que j'ai compris en lisant les cahiers d'école de mon arrière grand-oncle tué au combat en 1916. Était-ce du populisme avant l'heure?

Kirk  a répondu le 18/10/2013 à 16:05:

Quatrième-pouvoir Joli petit texte,ça change de la pensée unique.Bien vu

Dexia  a écrit le 18/10/2013 à 10:15 :

Comme d'habitude avec ce genre d'article on n' apprend rien. Rien de nouveau sous le soleil, dites nous plutôt quand cette merde d'Union européenne va exploser.

ivanleterrib  a écrit le 18/10/2013 à 9:42 :

Généralisation inutile...

Kirk  a écrit le 18/10/2013 à 9:34 :

Le pen et Melenchon sont là pour amuser les c.....Le pouvoir est a Bruxelles,c'est pas la peine de s?époumoner.

détrompe toi  a répondu le 18/10/2013 à 18:15:

".Le pouvoir est a Bruxelles", pas pour longtemps.

Les vrai populiste  a écrit le 18/10/2013 à 9:18 :

Les vrais populistes sont Sarko Fillon hollande Ils mentent en permanence ne réforme rien j ai voté pour les 2 premiers et je suis éc?uré Je voterai pas facho mais il est urgent de virer tous ces nuls avant que lepen arrive

@Les vrai populiste  a répondu le 18/10/2013 à 10:15:

Regardez du côté de François Asselineau (upr). L'offre politique ne se limite pas à celle qui est presentée (choisie) dans les médias de masse.

icietla  a répondu le 18/10/2013 à 10:36:

Je me demande bien pour qui vous allez voter du coup. Les politiques font avant tout le jeux du "peuple" (alors oui ils sont populistes), essayez de voter pour celui qui l'ecoutera pas, mais je n'en connais pas.