L'erreur Jean-Claude Juncker

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Jean-Claude Juncker sera président de la Commission. Une victoire pour la démocratie ?
Jean-Claude Juncker sera président de la Commission. Une victoire pour la démocratie ? (Crédits : reuters.com)
La nomination sous les vivats démocratiques de l'ancien premier ministre luxembourgeois à la tête de la présidence de la Commission semble acquise. Mais ce pourrait être une erreur.

L'opposition de David Cameron et Viktor Orban ne devrait pas y changer grand chose : Jean-Claude Juncker, ancien premier ministre luxembourgeois de 1995 à 2013, 60 ans, sera proposé comme président de la Commission européenne au parlement qui l'élira sans difficulté. Une victoire de la démocratie en Europe ? Rien n'est moins sûr. Voici pourquoi.

  1. Une légitimité démocratique douteuse

En quelques semaines, l'ancien premier ministre luxembourgeois est devenu dans les médias le symbole de la démocratie européenne. Ne pas le nommer reviendrait à un acte de tyrannie insupportable, à un déni de démocratie, à un refus d'écouter les citoyens. Un « mot-dièse» a même été créé pour les messages Twitter de soutien à Jean-Claude Juncker #respectmyvote (« respectez mon choix. »). C'est du reste sous la pression médiatique qu'Angela Merkel s'est convertie, après les élections, au choix du Spitzenkandidat (candidat de tête désigné par les partis européens) du PPE, malgré bien des hésitations.

Mais en réalité qu'en est-il ? D'abord, Jean-Claude Juncker n'est pas le fruit d'un mouvement militant ou d'un sentiment dominant de l'opinion. Les Conservateurs européens ne voulaient pas présenter de candidat à la présidence de la Commission. C'est l'ambition de Martin Schulz qui, en s'imposant comme Spitzenkandidat socialiste, a contraint le PPE à suivre. Lors du Congrès de Dublin, début mars, le choix de Jean-Claude Juncker a été imposé par Angela Merkel aux autres membres du PPE, sans obtenir la majorité des délégués (382 voix sur 800). C'est donc d'abord le candidat de la chancelière allemande. C'est , du reste, elle encore qui l'a imposé au Conseil lors de ce mois de juin.

Comme tous les cinq ans, et malgré les Spitzenkandidaten, les campagnes des européennes ont été nationales. Si les sondages montrent que les enjeux européens ont dominé les choix, ils n'en reste pas moins que ces derniers se sont faits dans le cadre national. L'impact des Spitzenkandidaten a été faible. En clair : bien rares sont ceux qui ont voté « pour » Martin Schulz ou Jean-Claude Juncker en dehors d'Allemagne ou du Luxembourg. Du reste, un sondage Ipsos réalisé dans 12 pays membres, révèle que moins de 40 % des personnes interrogés connaissaient l'existence de Jean-Claude Juncker. C'est moins que Marine Le Pen (53 %)…

Enfin, il est difficile de défendre l'idée que l'ancien premier ministre luxembourgeois a « gagné » les élections européennes. Sous sa direction, le PPE a perdu 40 sièges et en aurait perdu même bien plus s'il n'avait bénéficié de quelques défections comme celles des Libéraux roumains. S'il reste le premier parti du parlement européen, il est aussi mathématiquement le grand perdant des élections. Le PPE a déçu un peu partout dans les grands pays, sauf en Hongrie, aux Pays-Bas et en Finlande. Il a subi des déroutes historiques au Danemark, en Italie et en Suède et il a perdu du terrain en Allemagne et en France. Ce serait une raison de plus de prouver que Jean-Claude Juncker a bien peu bénéficié d'une ferveur populaire en sa faveur.

Le think tank britannique (assez critique de l'UE) Open Europe en rajoute une. Il a calculé le nombre d'électeurs européens qui ont voté en faveur du PPE. Ils sont 40,3 millions, soit 10,2 % des inscrits européens. Si on exclut les votes suédois et hongrois (où les dirigeants conservateurs ne veulent pas de Jean-Claude Juncker), on obtient 38,4 millions de voix, soit 9,7 % des inscrits. Même en considérant (ce qui est un abus) que tous ces votes se soient portés en faveur de l'homme Juncker, on voit qu'il n'existe guère plus de mandat populaire en sa faveur en Europe qu'il n'en existe en faveur du FN (qui a obtenu grosso modo le même score rapporté aux inscrits) en France.

En conséquence, l'ancien chef de l'Eurogroupe ne peut prétendre disposer d'un « mandat populaire. » La légitimité démocratique de Jean-Claude Juncker a été créée a posteriori par les dirigeants de groupes parlementaires européens. Et cela aussi pose problème.

  1. L'homme des combinazioni

Le ralliement des socialistes européens, en particulier de Martin Schulz, leur Spitzenkandidat, donne, en théorie, une légitimité démocratique à Jean-Claude Juncker. Mais on sait qu'il n'en est rien. L'ancien premier ministre luxembourgeois est au centre d'une valse des postes dont il profite. Martin Schulz a ainsi négocié son soutien et le retrait de sa candidature comme commissaire européen moyennant la présidence du parlement, présidence pour laquelle il a, lui aussi, une légitimité relative, son groupe étant le deuxième et sa campagne ayant été un échec patent (stagnation du PSE à un niveau bas). Le ralliement de certains pays comme la France ou l'Italie est également intéressé : on espère obtenir un des fauteuils bientôt libres, notamment la présidence du conseil européen. En jeu, également, les attributions futures des commissaires, chacun voulant les postes les plus prestigieux. Le ralliement empressé à Jean-Claude Juncker de Pierre Moscovici, candidat à une place de commissaire, s'explique aussi par l'ambition de l'ancien ministre.

Dans tout cela, le fond est oublié. Angela Merkel a imposé là encore le Luxembourgeois en promettant des postes, mais en « sécurisant » sa politique. Lundi, son porte-parole a répété qu'il n'y aurait pas de changement de calcul des règles de déficits du pacte de stabilité. Or, c'est là un élément bien plus essentiel pour la France et l'Italie qu'un poste de fonctionnaire européen, car un vrai assouplissement du pacte aurait permis de relancer par de l'investissement public une conjoncture toujours terne. On en restera pourtant aux pratiques actuels : Jean-Claude Juncker viendra accorder ou non des grâces aux pays moyennant des « réformes. » Malgré les faux-semblants et les cris de victoire de la gauche, il n'y aura pas davantage d'assouplissements que sous José Manuel Barroso. La nomination du Luxembourgeois est une occasion manquée pour la gauche européenne.

  1. L'homme du passé…

Le premier ministre luxembourgeois n'incarne pas le renouveau auquel les Européens aspirent. C'est un vieux routard de la politique européenne. On peut certes opposer l'argument de l'expérience, mais que vaut une expérience acquise dans un cadre institutionnel qui semble si discrédité que 60 % des électeurs jugent inutiles de se déplacer ? N'aurait-on pas dû proposer un homme « neuf » et ambitieux, capable de provoquer une adhésion des peuples ?

Jean-Claude Juncker est tout le contraire de cet homme idéal. Ennuyeux, technique, terne, il incarne à merveille les préjugés que l'on peut avoir à l'encontre de « Bruxelles. » Le problème de Jean-Claude Juncker, c'est qu'il donne raison aux adversaires de l'UE. Son expérience même alors se retourne contre lui : c'est la garantie la plus sûre qu'il sera incapable de sortir des pratiques anciennes de cette UE désincarnée, lointaine et incompréhensible dont les Européens eux-mêmes ne semblent plus vouloir. Là encore, le sentiment est celui d'une occasion manquée.

Sa nationalité luxembourgeoise n'est pas également sans poser de problème. Pierre Moscovici y voit le choix d'une « passerelle entre la France et l'Allemagne. » Mais dans une Europe à 28, ne faut-il pas sortir de cette logique tout droit issue des années 1960 ? Les pays du Benelux, sont surreprésentés à la direction des institutions européennes. Herman van Rompuy, Belge, a la présidence du Conseil. Jeroen Dijsselbloem, Néerlandais, celle de l'Eurogroupe. A présent, Jean-Claude Juncker prendrait la Commission. Ce serait le deuxième Luxembourgeois en vingt ans après Jacques Santer... son prédécesseur au poste de premier ministre luxembourgeois. L'Europe doit-elle être la caisse de retraite des chefs du gouvernement du Grand-Duché ? En 2011, Angela Merkel avait imposé un Luxembourgeois au directoire de la BCE. Pas mal pour un Etat de 550.000 âmes. l'Estonie, deux fois plus peuplé n'est pas aussi bien loti et, de façon générale, on est frappé de voir le peu de place que l'on laisse aux membres qui ont adhéré en 2004 et même en 1995 dans ces instances. La nomination du Luxembourgeois appartient à une logique du passé, celle de l'équilibre franco-allemand et de l'Europe « des Six. » Quand on observe le peu d'intérêt pour les élections européennes en Europe centrale (la participation a atteint 13 % en Slovaquie), il serait peut-être temps d'adopter de nouvelles logiques.

  1. … et l'homme du passif

Jean-Claude Juncker a été président de l'Eurogroupe jusqu'en 2012. Il a une part de responsabilité dans la politique économique désastreuse qui a été menée depuis 2010 dans la zone euro. Il est l'homme de l'austérité. Celui qui a imposé ces politiques que l'on sait désormais absurdes aux peuples européens au nom d'une orthodoxie financière dont on n'a pas encore fini de payer les conséquences. Les Socialistes européens le jugent « modéré » parce qu'il a défendu alors une certaine mutualisation et une certaine solidarité, notamment avec les eurobonds. C'est oublier qu'il a fait toute sa campagne européenne sur le thème du refus de cette mutualisation. En Allemagne, devant la CDU, il a proclamé : « avec moi, il n'y aura pas d'Eurobonds» Bref, Jean-Claude Juncker est l'homme du statu quo que recherche Angela Merkel. C'est pourquoi c'est son candidat.

Il faut aussi rappeler que Jean-Claude Juncker a subi en 2013 une sévère défaite au Luxembourg. Après un scandale d'écoutes illégales menées par les services secrets luxembourgeois qu'il aurait couvertes, il a dû démissionner et convoquer de nouvelles élections. Et la lassitude à son encontre a été telle au Grand-Duché que les trois partis d'oppositions se sont alliés malgré leurs divergences pour en finir avec « l'ère Juncker. » On imposera donc à l'Europe un homme dont les Luxembourgeois eux-mêmes ne veulent plus…

Enfin, il ne faut pas oublier que Jean-Claude Juncker, ce pro-européen modéré, a défendu pendant des années le statut de paradis fiscal de son Etat, refusant de se soumettre aux demandes de la Commission en matière d'échanges d'information. C'est bel et bien après son départ que le Grand-Duché s'est montré plus coopératif. On veut donc nommer président de la Commission quelqu'un qui a refusé de se soumettre aux règles de cette dernière, ce qui pose un problème de légitimité. D'autant que la lutte contre l'évasion fiscale sera un élément important de la politique européenne de ces cinq prochaines années, car il en va d'une consolidation budgétaire moins douloureuse pour les économies et pour les peuples. On voit mal comment celui qui a « couvert » pendant des années cette évasion fiscale pourra mener aujourd'hui cette lutte. De ce point de vue, le soutien des Socialistes à Jean-Claude Juncker est plus que problématique puisque ce combat contre les paradis fiscaux était au centre de leur campagne.

 

 

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a écrit le 22/10/2014 à 11:26 :
C'est une analyse brillante ! Il me tarde un jour d'être en net désaccord avec vous pour un papier en réponse. Le contexte imposera d'aiguiser l'analyse. Cela étant dit, la situation européenne est "juste" (pour faire jeune) catastrophique. Angela étant en fin de parcours, le risque d'une Union européenne molle et sans ligne est à redouter.
a écrit le 29/06/2014 à 7:29 :
Domination germanique en Europe?
Les choses sont claires désormais:l Allemagne est la plus grande puissance en Europe, politiquement maintenant après l avoir été économiquement durant plusieurs décennies .Elle place ses hommes à la tête de la Commission,de la BCE et à la présidence de l UE; mais egalement au sein de plusieurs états européens en difficulté et ce à la lumière des plans de sauvetage financiers dont elle demeure le pourvoyeur principal .Jusqu'au ou va aller donc la chancelière Merkel?
a écrit le 27/06/2014 à 23:24 :
on est mal barré! que l'on vote, que l'on ne vote pas, ils s'en contre-fichent, élisent qui ils veulent, des gens de peu de foi et peu d'honneur, mais c'est comme ça, ils peuvent tout...
a écrit le 25/06/2014 à 13:46 :
Juncker et Schulz sont des hommes du passé et spécialistes de combines ignobles !
Cameron a raison de s/opposer a la désignation d/office de Juncker !
a écrit le 25/06/2014 à 9:28 :
Que ce soit Pierre ou Paul ce sera pareil, ils sont mis en place uniquement pour en croquer et pour profiter des avantages. Tous pourr..
a écrit le 25/06/2014 à 7:59 :
Il fêtera sa victoire dignement : à coups de bière et gin au petit dèj !
a écrit le 25/06/2014 à 7:54 :
Un vieux representant d un paradis fiscal et de GS en delicatesse avec la justice.... à l image de l europe ....on est bien parti et on va voir apparaitre un beau traité Transatlantique bien ficelé....
a écrit le 24/06/2014 à 23:32 :
Sous les vivats démocratiques vous dites? Vous l'avez vue où la démocratie?
a écrit le 24/06/2014 à 22:15 :
entre juncker et cameroun ( même si c'est son candidat ) , je choisis juncker , je m'oppose à cette europe libérale que veut le 1er ministre .
j'ai appris un peu de l'histoire de l'europe et peu que j'ai appris montre que les anglais sont plus des emmerdeurs que des européens .
moi je dis au anglais good bye and no back in europe ( désolé pour mon anglais ) .
ils ont bloqué pendant des années le développement européen grâce à leurs veto , il a fallut leurs donnés des statuts spéciaux ( pas de monnaie européenne et le non respect du traité de schengen ) , ils sont foutu de notre gueule plus d'une fois ( margaret tchatcher "give my back my money" ou cameroun qui invite les riches en angleterre quand on essayer d'augmenter leurs impôts ) .
Réponse de le 25/06/2014 à 13:49 :
les européens sont majoritairement corrompus !
a écrit le 24/06/2014 à 21:27 :
Nice article
a écrit le 24/06/2014 à 21:15 :
Dans un autre article vous dites que Marine le Pen a été mise en échec au niveau du parlement européen ?
et les institutions européennes lui offrent plusieurs milliers de voix qu elle n a plus qu a compter et dénoncer les impairs de ce "nouveau" baron.
a écrit le 24/06/2014 à 18:37 :
Avec Barroso, nous avions déjà un politicien portugais dont les portugais ne voulaient plus. La commission européenne est bien la roue de secours de ces politiciens qui sont grillés dans leur propre pays. Mais plus généralement, la Commission européenne est la roue de secours de la plupart des états européens qui, voyant leur politique refusée par leur propre peuple, n'ont pour seule ressource que de l'imposer au nom de Bruxelles. Recherche sales types, pour faire un sale boulot!
Réponse de le 24/06/2014 à 19:00 :
Oui, c'est tout à fait ça. L'UE est le grand recyclage des ordures politiques dont les peuples se débarrassent au niveau national. Et avec ça, ils pensent encore convaincre quelqu'un que l'UE est une démocratie ?
Réponse de le 27/06/2014 à 18:17 :
Excellent ! en 3 petites phrases vous avez fait ressortir la putréfaction qui règne à L'UE, arnaque gigantesque, s'il en est !!
a écrit le 24/06/2014 à 18:08 :
La défense de l'enfer fiscal est moins morale que la lutte pour un paradis fiscal. La France fait fuir, le Lux attire. La France est minable alors qu'elle s'écrase enfin, c'est le mieux pour elle, elle se rendra service à elle-même en premier
Réponse de le 24/06/2014 à 18:48 :
Qui la France fait-elle fuir? Manifestement pas les investisseurs étrangers, américains, chinois, qataris qui auraient plutôt tendance à se bousculer ces derniers temps. Ni non plus les touristes, ni les candidats à l'immigration. Alors qui fient la France?
Et qui se bousculent au Luxembourg? Ah oui, l'argent sale, les fraudeurs fiscaux... tiens justement ceux qui fuient la France. Mais c'est que votre commentaire à bien y regarder est très élogieux. Trop peut-être.
a écrit le 24/06/2014 à 17:06 :
Les partis qui appellent a voter pour JC Juncker doivent etre elimines aux prochaines elections .UMPS bien sur mais aussi EELVerts et l'UDI
a écrit le 24/06/2014 à 16:06 :
le président européen a-t-il beaucoup de pouvoirs ?
à chaque fois qu'il y a un événement on voit les chefs d'états se réunir,( en particulier angleterre, france, allemagne), et une décision est prise sans vraiment avoir l'impression que le pdt européen soit important.
a écrit le 24/06/2014 à 16:03 :
Un nouvel "évêque" pour appliquer le dogme....il n'a pas a réfléchir sur un programme...rien ne changera... et personne ne se fait d'illusion, ce qui sera bien commode a combattre et qui fera la joie de tout les eurosceptiques en Europe!
a écrit le 24/06/2014 à 15:44 :
Monsieur Godin très certainement aurait préféré voir une atlantiste comme Christine Lagarde à la tête de la Commission Européenne, ce qui serait la fin de l'UE d'une fois pour toutes. Aujourd'hui on comprend mieux que les enjeux des technocrates de Bruxelles n'étaient pas spécialement pro-Europe mais pro-USA ! les chevaux de Troie américains, la misère de tout projet en Europe, hélas...
Réponse de le 24/06/2014 à 16:01 :
Malheureusement complètement d'accord avec votre commentaire, Wutz. Mais la maigre consolation est que nous ne sommes pas les seules colonies US dans le monde...
a écrit le 24/06/2014 à 15:25 :
Et çà continue. L'Europe sera encore dirigée par un apparatchik sans grande légitimité, qui va continuer à mépriser les peuples avec une arrogance toute bruxellocrate. De cette Europe, nous ne voulons plus.
Réponse de le 27/06/2014 à 18:19 :
oui, mais ils vont nous la faire avaler, jusqu ' à la vomissure !!
a écrit le 24/06/2014 à 15:25 :
Mettre cet individu à la tête de l'Europe est une insulte aux européens. N'oubliez pas qu'il vient du Luxembourg qui n'est rien d'autre qu'un paradis fiscal au milieu des peuples qui souffrent, tel une tumeur cancéreuse. Le Luxembourg comporte plus de banques que de citoyens. Qu'ils continuent comme ça et leur satané Europe va s'autodétruire. On va les aider...
Réponse de le 27/06/2014 à 18:22 :
"leur satané europe va s'autodétruire ," sûrement, mais avant, qu'est ce qu'on va prendre! nous , peuples, nous relèverons nous? pour eux, pas de souci, mais NOUS ???? !
a écrit le 24/06/2014 à 15:10 :
De toute façon, quelque soit le candidat élu, ce ne sera toujours qu’un pion stratégique pour continuer à avaliser les peuples européens. Le ver est dans le fruit. Et je crois même qu’on n’est pas loin du noyau. Draghi à la BCE, Juncker à la présidence de l’U.E. Les banquiers, toujours les banquiers. Il faut être aveugle pour ne pas comprendre ce qui se trame.
a écrit le 24/06/2014 à 14:35 :
Je n'ai pas voté aux européennes et bien m'en a pris. Quand je vois les partis politiques français je suis persuadée que la centrifugeuse est en route et que tout cela finira mal.
Réponse de le 25/06/2014 à 9:31 :
Vous avez raison quand on voit Flamby, manolo, Fillon et les autres à vomir.
a écrit le 24/06/2014 à 13:40 :
Le problème, c'est que l'argumentation développée par l'auteur aurait pu être reprise, au mot près, pour n'importe quel autre candidat alternatif.
1 - Le mandat de Juncker n'est pas vraiment un mandat populaire. Certes, mais qui d'autre en avait un? Christine Lagarde? Guy Verhofstad (peut-être l'alternative la plus sérieuse, c'est dire...)? En fait Juncker a une légitimité populaire, certes très faible, mais néanmoins supérieure à tous ses concurrents potentiels.
2 - L'homme de combinazioni. Là encore, quelle est l'alternative? Puisqu'il n'existe aucune base de consensus, soit les Européens trouvent un compromis bancal, soit les pays les plus puissants (donc en l'occurrence l'Allemagne) imposent leur vues de manière arbitraire. Ce qui aurait, à juste titre, fait hurler tout le monde.
3 - L'homme du passé. Imagine-t-on les Européens nommer un illustre inconnu, sans expérience gouvernementale à ce poste? Évidemment non. Quant aux critiques sur la nationalité de Juncker, on aurait évidemment pu trouver des défauts rédhibitoires à n'importe qui d'autre. Un Anglais, c'était le loup dans la bergerie, un Allemand, c'était le symbole de la domination de Merkel sur l'Europe, un Français aurait été trop arrogant, un Européen du Sud et c'était le symbole du laxisme budgétaire aux yeux de ceux du Nord.
4 - L'homme du passif. Bien sûr, mais quoi qu'en dise, le passif a gagné les élections, notamment en Allemagne. Avec des remous, certes, mais il a gagné quand même. Évidemment qu'avec près de 40% des suffrages dans son pays, Merkel est incontournable. Et évidemment que les Eurobonds ne verront pas le jour dans les cinq ans à venir, Juncker ou pas Juncker.

Beaucoup de gens ont critiqué Juncker, personne n'a su proposer un nom alternatif, tout simplement. Donc c'est très clairement une grande victoire de la démocratie. Par pour Juncker lui-même, qui est bien entendu nommé par défaut. Mais parce que maintenant tout le monde sait que pour lui trouver un successeur qui convienne, il faudra gagner les élections, et non espérer remporter quelque obscur marchandage.

Lorsque le 8 février 1871, les Français élisent un gouvernement de royalistes (pour la seule raison qu'ils proposent la paix), est-ce démocratique? A première vue non: ceux qui gagnent les élections clament leur hostilité à la République et ne parlent que de remettre le roi sur le trône, le pays est occupé, 400 000 français sont prisonniers en Allemagne, Paris est bord d'une insurrection sanglante et une partie de la classe politique dénie toute légitimité au régime. Et pourtant, le gouvernement est issu du vote des Français, et ces derniers n'abdiqueront plus jamais cette prérogative.
Réponse de le 24/06/2014 à 15:28 :
ce n'est pas une victoire de la démocratie, mais de petits calculs combinards qui durent depuis trop longtemps
Réponse de le 24/06/2014 à 15:45 :
Et qui vont durer encore longtemps, mon cher, très très longtemps.
Réponse de le 24/06/2014 à 16:40 :
@bleu
Ça fait plaisir de lire un commentaire intelligent.
J'ajouterai, sur le point 4 l'homme du passif, qu'on a déjà vu des "hommes du passif" capables de grands changements (de Gaulle en Algérie, ou Yistiak Rabin et les accords d'Oslo). Pour JC Juncker, ce n'est pas gagné mais on peut lui laisser le bénéfice du doute.
Réponse de le 24/06/2014 à 21:31 :
Une autre grande différence est que Juncker tirant sa légitimité du Parlement, il sera obligé de l'écouter , de travailler avec lui et de lui donner aussi plus de légitimité. Le déplacement du pouvoir vers une assemblée élue et sensible à la globalité des problèmes européens peut apporter de grands changements positifs.
a écrit le 24/06/2014 à 12:51 :
Non socialiste. Plutôt pro-Junker (sans y avoir trop réfléchi)... votre article, à force d'arguments posés, a priori documentés, a emporté mon adhésion.
Même si je considère que les pays (et la France en particulier) doiivent faire des efforts et qu'il faut maintenir les contraintes de déficit... vous montrez aussi Junker sous son jour de technocrate, de ceux qui tuent l'idée Européenne plus qu'ils ne la font vivre.
Et pour cela, je vous rejoins.
a écrit le 24/06/2014 à 12:42 :
Juncker, le petit "toutou" du "Gross berger allemand", chien de garde de l'orthodoxie économique de Merkel... sur le dos des peuples européens.
a écrit le 24/06/2014 à 12:17 :
Ou comment continuer de discréditer l'organisation européenne auprès de ses citoyens.
S'ils veulent une révolution, qu'ils continuent leurs magouilles, ils finiront par l'avoir...
Réponse de le 24/06/2014 à 12:55 :
Tout à fait d'accord. Ils répandent la poudre qui va faire exploser le baril, manque plus que l'étincelle qui viendra du peuple. Mais l'étincelle n'est à mon point de vue pas le FN
a écrit le 24/06/2014 à 11:52 :
L ultralibéral et partisan de l'austérité JUNKER à la tête de la Commission non démocatique ? c'est un scandale de plus !!!!!!!!!!!
a écrit le 24/06/2014 à 11:36 :
Avec Juncker et le PDE (Parti Décroissant Européen), il n'y aura sans doute pas d'inflexion de la politique économique européenne, mais il n'empêche qu'il a plus de légitimité démocratique que tout autre candidat dont la désignation aurait dépendu de la seule volonté des chefs d'état européens.
C'est une victoire pour les partisans d'un renforcement du pouvoir du parlement européen. Une victoire à la Pyrrhus peut-être on le verra dans les années qui viennent.
a écrit le 24/06/2014 à 11:27 :
que vous mettez à la candidature de JC Juncker (et que je partage), il n'en reste pas moins que le PPE reste le parti relativement majoritaire au parlement et que dès lors il est difficile d'attribuer la présidence de la commission à un membre d'un autre parti.

Malheureusement, il incarne une ligne politique suicidaire pour l'idée européenne et c'est bien navrant. C'est un puissant allié pour les europhobes de touts poils.
Réponse de le 24/06/2014 à 11:41 :
Barnier était un meilleur candidat et pouvait être soutenu par le Royaume-Uni et l'Allemagne. Mais le Président F. Hollande pour des raisons politiciennes et pour ne pas écarter Moscovici du poste de commissaire, n'a pas souhaité soutenir cette candidature.

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