La BCE préparerait un plan de rachat de dettes de 500 milliards d'euros

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La BCE préparerait un "petit QE". Le chiffre de 500 milliards d'euros, évoqué par Bloomberg, est en effet encore loin de l'objectif que s'est fixé Mario Draghi.
La BCE préparerait un "petit QE". Le chiffre de 500 milliards d'euros, évoqué par Bloomberg, est en effet encore loin de l'objectif que s'est fixé Mario Draghi. (Crédits : © Kai Pfaffenbach / Reuters)
Selon Bloomberg, la banque centrale de Francfort envisagerait de racheter pour 500 milliards d'euros de dettes parmi les mieux notées. Un plan a minima pour tenter d'arracher l'accord allemand.

La BCE avance toujours un peu plus dans la confection de son plan d'assouplissement quantitatif (QE) incluant des titres d'Etat. Selon l'agence Bloomberg, les équipes de la BCE ont mis au point un plan de rachat de titres de 500 milliards d'euros.

Ces titres devront être notés dans la catégorie « d'investissement » par une des quatre agences de notation reconnues par la banque centrale (Moody's, S&P, Fitch, DBRS). La BCE renoncerait donc à acheter des « junk bonds », des obligations pourries, notées en deçà de "BBB-". Mais Bloomberg précise que la BCE pourrait aussi n'opter que pour le seul rachat de titres classés AAA par une de ces quatre agences.

Un QE a minima, ou la question de la taille

La décision n'est donc pas encore prise. Mais cette « fuite » prouve un biais que l'on soupçonnait depuis quelques temps : la BCE cherche un « compromis » avec la Bundesbank, très radicalement opposée au QE. Elle fait donc un « QE » a minima, rachetant des titres sûrs dans des proportions limitées.

Le chiffre de 500 milliards d'euros, évoqué par Bloomberg, est en effet encore loin de l'objectif que s'est fixé Mario Draghi de faire revenir le bilan de la BCE de 2.200 milliards d'euros aujourd'hui à 3.000 milliards d'euros.

Or, les rachats de prêts titrisés (ABS) et d'obligations sécurisés, ainsi que les prêts à long terme (TLTRO) n'ont pas montré pour le moment une capacité à pouvoir rapidement gonfler ce bilan de la BCE. Ce QE est donc bien peu ambitieux.

Reste à savoir si ces 500 milliards d'euros représentent un début, ou une limite.

La question juridique

Un élément est cependant central dans la décision de la BCE : la décision de la Cour de justice de l'UE, mercredi prochain, concernant l'OMT, sera décisive.

La CJUE a en effet été saisie par la Cour constitutionnelle allemande à propos du programme de rachat illimité de dette annoncé en septembre 2012. Cette transmission s'est accompagnée d'une analyse de Karlsruhe jugeant que la BCE avait plutôt, avec l'OMT, violé les traités. Et d'une menace : la Cour pourrait interdire l'OMT si le programme était effectivement lancé, ce qui n'a jamais été le cas. Sauf que le QE est une forme d'OMT encore plus « laxiste » puisqu'il n'y a pas de conditionnalité budgétaire.

Si la CJUE donne son aval à l'OMT, la menace de Karlsruhe sur l'OMT et le QE restera donc valable. Il faut donc à tout prix faire en sorte de ne pas prendre trop de risques, donc de ne pas mutualiser la dette.

La question de la date

L'autre question qui hante les marchés, c'est la date. L'inflation est passée en territoire négatif en décembre dans la zone euro, ce qui devrait décider la BCE à agir vite, dès sa réunion du 22 janvier. Mais la BCE hésite à agir alors que la Grèce vote le 25 janvier et que, en cas de victoire de la Coalition de la Gauche radicale (Syriza), il faudra négocier sur la dette grecque et sa restructuration.

La BCE craint que son QE n'encourage ainsi Syriza.

Hier jeudi 8 janvier, Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE, a donc refroidi les ardeurs en précisant que le QE n'était pas nécessaire maintenant. Le nouveau plan de la BCE pourrait donc n'être annoncé que le 5 mars...

La question de l'efficacité

L'efficacité de ce QE à l'européenne, utilisé seul, demeure cependant très problématique. Un QE centré sur les dettes les mieux notées, dont les taux sont déjà très bas, serait sans doute encore moins efficace car les banques des pays comme la Grèce ne possèdent précisément pas assez de ces titres. Quant aux autres, elles pourront certes céder à la BCE leurs titres devenus très chers, mais il n'y a aucune certitude que l'argent libéré viendra alimenter l'économie réelle...

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Commentaires
a écrit le 10/01/2015 à 22:27 :
Article passionant qui souligne que les marchés financiers ont sous-evalué toutes les difficultés liées a la mise en oeuvre d'un plan de rachat des dettes souveraines.
a écrit le 10/01/2015 à 18:29 :
Attendons le verdict de la cour du Luxembourg. Je m attends a un big bang !
Soit Draghi va remballer ses valises soit Berlin va monter sur les barricades avant de reconstruire le mur ! Les allemands restent calme - encore - mais bouillent de colère en voyant ce developpement et leurs économies qui partent en fumée ....
a écrit le 10/01/2015 à 8:50 :
Que d'efforts pour faire échouer le QE de la BCE !
a écrit le 10/01/2015 à 8:15 :
Vive le Japon....et sa reussite...en revanche les financiers vont se goinfrer...et ca c est le principal...pour une petite elite.
a écrit le 10/01/2015 à 4:24 :
Les états de l'UE empruntent à taux négatifs à la BCE financée par nos impôts, autrement dit la BCE achète de la dette d'états par émission obligataire. Un quantitative easing par impression monétaire afin de racheter des obligations que l'on possède déjà c'est de la schizophrénie économique... le bilan de cette opération devrait se solder par une dévaluation de l'Euro par la perte de confiance des investisseurs étrangers. C'est tout ce que demande les états méditerranéens de l'UE cependant cela risque de fortement pénaliser l'Euromark allemand. Les allemands devraient se poser la question s'il ne serait pas plus judicieux pour leurs affaires de sortir de l'UE avant la Graisse tant que l'Euro est favorablement apprécié face au Dollar.
a écrit le 09/01/2015 à 18:09 :
La zone euro quelle connerie on a fait en la créant. A s'arracher les cheveux, sauf pour ceux qui ont la chance d'être chauves !
a écrit le 09/01/2015 à 16:55 :
Le Japon a aussi demontré qu imprimer de la monnaie ne relance pas l economie.
a écrit le 09/01/2015 à 15:58 :
Même erreur que les USA > Vous avez malheureusement raison...
a écrit le 09/01/2015 à 15:56 :
Comme d'hab, on ne prête qu'aux riches, ceux qui n'ont pas besoin de prêt mais qui peuvent ainsi augmenter encore plus leur richesse; c'est comme cela que la richesse se concentre et crée une forme de dépression économique dans le reste de la société, générant de la pauvreté un peu partout.
La BCE devrait simplement bloquer tous les taux de la zone euro à un seuil maximum( exemple acheter tout ce qui dépasse 3%), exactement comme fait la banque d'Angleterre.
Réponse de le 10/01/2015 à 1:59 :
Si VOUS etes pret a faire un don a la Grece avec Votre argent, mai surtout ne vous genez pas je vous en prie, pour moi c'est pas question. La Grece est dans cet etat par sa propre faute, elle a elle-meme laissé filer son deficit, occulté vis-a-vis de Bruxelles et les citoyens ont laissé faire. D'autres pays comme le portugal ou l'Irlande ont fait ceinture et apres des annees de vache maigre, voient le bout du tunnel, meme l'Espagne a passé le cap.
a écrit le 09/01/2015 à 15:24 :
le QE ne crée pas de richesse dans les pays, il alimente seulement la sphère financière totalement déconnectée de l'économie réelle et des entreprises. Les liquiditées injectées servent seulement aux banques mondiales à faire du pognon sur notre dos sans en assumer les risques ! Notre épargne servira à renflouer les banques à la prochaine crise, qui sera bien plus terrible que 2007-09, une crise de 29...
Réponse de le 09/01/2015 à 15:43 :
C'est bien ce que prévoit Jacques Cheminade, dernier des candidats aux dernières élection présidentielles, et premier à dénoncer ce hold-up que les banquiers et leurs copains politiques préparent contre nous.

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