Les propositions grecques pour restructurer la dette

 |   |  1290  mots
Yanis Varoufakis, ministre des Finances hellénique, lors de la conférence de presse tenue avec son homologue français, Michel Sapin, dimanche 1er février 2015, à Bercy.
Yanis Varoufakis, ministre des Finances hellénique, lors de la conférence de presse tenue avec son homologue français, Michel Sapin, dimanche 1er février 2015, à Bercy. (Crédits : Reuters)
Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a présenté des projets pour alléger le poids de la dette de son pays et changer de logique. Les données de la question grecque sont désormais entièrement sur la table.

Insensible aux cris d'orfraie de beaucoup de dirigeants européens et de banquiers centraux, le gouvernement grec continue à développer sa stratégie. En fin de semaine dernière, Yanis Varoufakis, le nouveau ministre grec des Finances, avait supprimé de facto la Troïka et prévenu que la Grèce ne voulait pas de la dernière tranche de 7 milliards d'euros du programme signé en 2012. Il plaçait alors délibérément une épée de Damoclès au-dessus de la BCE et de ses partenaires européens, celle d'un défaut unilatéral accompagné ou non d'une sortie de la zone euro, s'ils refusaient de négocier.

La proposition Varoufakis

Ce lundi, Yanis Varoufakis a présenté l'autre choix qui se présente aux Européens : celui de la restructuration de la dette, moyennant le maintien d'un agenda de réformes et d'excédents primaires du budget national. Dans un entretien au Financial Times, le ministre grec a résumé sa proposition ainsi : "Aidez-nous à réformer notre pays et donnez-nous des marges de manœuvre budgétaires pour le faire." La proposition hellénique consiste donc à trouver une entente dans l'intérêt du pays et de ses créanciers et non plus centrée uniquement, comme au temps de la Troïka, sur les seuls intérêts des créanciers.

Un programme pour tenir jusqu'en juin

Que propose concrètement Yanis Varoufakis ? D'abord, la mise en place d'un "programme de jonction" (Bridging Programme) jusqu'au 1er juin. Ce programme temporaire devrait permettre aux banques grecques de continuer à bénéficier des dérogations accordées par la BCE concernant l'apport de la dette grecque (notée par les agences comme "obligations pourries" ou "junk bonds") comme collatéral à leur refinancement auprès de la banque centrale.

En théorie, la BCE refuse ces dettes mal notées comme collatéraux, mais elle a accordé une dérogation aux pays ayant un "programme d'ajustement" avec la troïka. Le 1er mars, sans accord avec la troïka, les banques grecques ne pourraient donc plus en théorie se refinancer avec la dette de leur pays. Elles seraient alors dans une situation critique et, surtout, l'Etat grec ne pourrait plus compter sur elles pour acheter les bons à court terme nécessaires à son financement. La sortie de la Grèce de la zone euro deviendrait difficilement évitable. Il faut donc régler ce problème rapidement avant d'entrer dans le vif du sujet.

Pas d'annulation

Il sera alors possible de discuter de la dette proprement dite. Yanis Varoufakis sait qu'une annulation de la dette proprement dite est impossible. Dimanche, le ministre français des Finances, Michel Sapin, le lui a rappelé. Mais surtout, en cas d'annulation pure et simple, il faudra inscrire une perte budgétaire qui ne manquera pas de retomber sur les contribuables européens.

Ce serait alors un coup pour la popularité du gouvernement grec en Europe, particulièrement dans les pays du sud de l'Europe. Proportionnellement, l'effet d'un défaut grec serait en effet le plus lourd pour le Portugal. Or, pour imposer ses vues, le nouveau gouvernement grec a besoin d'alliés au sein du Conseil européen. Il ne peut pas apparaître comme celui qui transfère le mistigri de la dette à ses voisins.

Des obligations indexées sur la croissance

L'idée est donc de trouver un moyen de réduire la charge de la dette - celle des intérêts, mais aussi du remboursement du capital - pour la Grèce sans appauvrir comptablement les autres Européens. C'est ce que Yanis Varoufakis appelle "l'ingénierie intelligente de la dette" (Smart Debt Engineering).

De quoi s'agit-il ? La dette actuelle serait échangée contre deux types de nouvelles obligations. Les premières seraient des obligations indexées sur la performance de croissance de la dette. Une étude du FMI de 2002 avait déjà exploré cette perspective. L'idée est de réduire les paiements quand la croissance est faible et de les accélérer quand elle est forte.

Il s'agit donc d'inverser les priorités par rapport au programme de 2012 : on ne fait pas passer la capacité de remboursement de la dette avant la croissance, on adapte cette capacité à la croissance. Du coup, on permettrait à la Grèce de se concentrer sur sa capacité à générer de la croissance, par les réformes, mais surtout par l'investissement. L'objectif d'excédent primaire de 4,5 % du PIB par an, fixé par la troïka dans l'intérêt des créanciers, deviendrait de facto caduc.

Obligations perpétuelles

L'autre idée est de transformer une partie de la dette en dette perpétuelle. Dans ce cas, la Grèce n'aurait plus à rembourser le capital de la dette, mais seulement à verser des intérêts perpétuels calculés sur le capital versé. Par exemple, si 100 milliards d'euros de dette est convertie en obligations perpétuelles à 3 % (le taux est fictif, on ne le connaît pas), la Grèce ne devra pas rembourser ces 100 milliards d'euros, mais devra, chaque année - et à perpétuité - payer 3 milliards d'euros à ses créanciers.

L'intérêt de cette conversion est d'éviter de devoir rembourser les montants importants que représente le remboursement des capitaux des dettes venant à échéance. Par exemple, cette année, l'Etat grec doit verser 7 milliards d'euros à la BCE au titre d'obligations. De tels remboursements pèsent sur le budget national puisque la Grèce ne peut, comme la France, par exemple, rembourser ces sommes en empruntant sur les marchés.

Pour les créanciers, ces obligations perpétuelles ont aussi des avantages : malgré l'effacement du capital, il n'y a pas défaut puisque, au bout d'un certain temps, le montant total des intérêts versés dépasse le capital versé. Dans l'exemple cité, il faudra 34 ans pour que l'obligation perpétuelle devienne "rentable". Évidemment, si le taux est plus bas, la durée de ce rendement est plus longue... Mais c'est bien pour cette raison que les Etats ont cessé durant le 20e siècle d'avoir recours à cette "rente" pour se financer.

Propositions raisonnables

La proposition de Yanis Varoufakis semble devoir satisfaire à la fois les intérêts des créanciers et du débiteur. Elle permettra au pays de disposer d'une charge de la dette faible qui libérera des moyens pour investir dans le pays. Du côté des créanciers, il n'y aura pas de nécessité d'inscrire une perte au budget. Les contribuables n'auront donc pas besoin de mettre la main à la poche. Certes, plusieurs questions restent en suspens, notamment celle du contrôle des engagements grecs.

Equilibre de la terreur ?

Encore une fois, ces propositions semblent aller à l'encontre de l'image que les autorités - notamment monétaires - tentent de donner du gouvernement Syriza, celui de "fous furieux voulant tout casser". En réalité, Athènes semble aujourd'hui faire des propositions raisonnables.

Reste à connaître la réaction des Européens. Si ces derniers veulent conserver la logique de 2012 à tout prix, ils pourraient tenter de jouer, à leur tour, la politique du pire en espérant qu'Alexis Tsipras, au bord du chaos que constituerait l'effondrement du système bancaire grec, finisse par reculer et accepter de revenir dans "le droit chemin". Ce scénario n'est pas à exclure.

Mais personne ne peut jurer que Syriza ne jouera pas le risque d'un Grexit qui viendrait briser dans l'œuf la reprise européenne et créerait un dangereux précédent. Désormais, et pendant 25 jours, c'est une stratégie de la tension commune et un équilibre de la terreur qui va s'installer entre Athènes et le reste de la zone euro...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 04/02/2015 à 6:08 :
Émettons l'hypothèse que la Grèce soit lâchée par l'Europe, quelle nation pourrait avoir un intérêt à la supporter ?
Je verrais bien la Russie rentrer dans le jeu pour déstabiliser cette Europe qui se mêle du conflit Ukrainien.
a écrit le 03/02/2015 à 21:59 :
bah, on s'en fiche pas mal car à la base du problème, vient celui de la création de monnaie....
Réponse de le 04/02/2015 à 9:13 :
@Picsous
La création de monnaie et donc des dettes est la prérogative des banquiers qui prêtent en fait un argent qui n'existe pas. Les Banques n'ont pas en caisse les milliards qu'elles prêtent, tout au plus leur capital qui représente quelques pour cent des sommes prêtées.Le remboursement du capital n'est pas leur préoccupation,ce sont les intérêts payés règulièrement qui les intéressent. Les banques ont un pouvoir exorbitant qui devrait être du ressort des Etats, pour le financement publique.Retour dans les années 70.
a écrit le 03/02/2015 à 20:07 :
oui, mais pour faire redémarrer la croissance il faut supprimer les fonctionnaires inutiles et rentiers et qui ne servent , comme en France d'ailleurs qu'à détruire les entreprises : ira-t-on jusque là ????? j'en doute !!!!! politiques et fonctionnaires sont les destructeurs de l' Europe !!!!!!!!!! D E H O R S !!!!!!!!!
Réponse de le 03/02/2015 à 21:07 :
Vive les amalgames à 2 balles! Je suis pas sûr qu'il y ait moins d'emplois fictifs dans les équipes des groupes du CAC 40, que dans la fonction publique (j'ai travaillé dans les 2). Je nie pas l'existence de planqués, mais le plus souvent la faible rentabilité dans certaines équipes, n'est que la conséquence des politiques mises en place : législation usine à gaz pour les fonctionnaires, ou volonté de tout sous traiter pour les groupes privés (on paie des employés qualifiés pour surveiller du personnel extérieur avec les mêmes diplômes, mais ce n'est pas la même lecture comptable pour les actionnaires...)
Réponse de le 03/02/2015 à 21:56 :
Une entreprise n'a de compte à rendre à personne hormis ses actionnaires. L'Etat a des comptes à rendre vis à vis des citoyens, donc quand vous parlez d'emplois fictifs dans la fonction publique (ou des postes dont la charge de travail est ridiculement faible mais payés aux taux pleins), c'est juste scandaleux car ils sont payés avec nos impôts.... faudrait réfléchir avant de débiter des âneries.
a écrit le 03/02/2015 à 19:11 :
"Aidez-nous à réformer notre pays et donnez-nous des marges de manœuvre budgétaires pour le faire."

Elle est bien bonne celle-là, ils se sont mis dedans comme des grands et demandent l'argent de leurs voisins pour s'en sortir... de qui se moque-t-on? Qu'ils assument leurs erreurs et en paient le prix!
a écrit le 03/02/2015 à 18:56 :
Il faudra bien trouver une solution, non? Implosion de la zone euro incapable de se projeter dans un future commun ou vraiment fédéralisation de la zone.....la balle est dans le camp des eurozonards...
Réponse de le 03/02/2015 à 19:12 :
La solution, c'est le défaut de la Graisse et sa mise sous tutelle par le FMI.
a écrit le 03/02/2015 à 18:56 :
La Grèce ayant fait faillite 6 fois en moins de 200 ans une obligation perpétuelle ne vaudrait pas plus du'un emprunt russe
a écrit le 03/02/2015 à 17:47 :
L'analyse est excellente.
J'apporte un complément sur la rente perpétuelle. Elle est certes payée indéfiniment mais le montant payé est fixe en unités de monnaie et se déprécie donc dans le temps. Au bout d'un moment, le montant payé est donc négligeable. Par exemple, pour une obligation perpétuelle de 10000€ émise au taux annuel de 3%, il faudra payer éternellement 300€ par an (quelle que soit le cours de l'obligation ultérieurement), montant qui devient d'autant plus vite négligeable que l'inflation augmente ultérieurement.
De plus, le capital d'une obligation non perpétuelle remboursé à l'échéance est de toutes façons dévalué à cause de l'inflation, ce qui relativise la critique évoquée ci-dessus concernant le fait que le montant des intérêts dépasse le capital versé.
Enfin, rien n'interdit à un créancier de revendre son obligation perpétuelle. On montre facilement que le cours varie en fonction inverse du tax d'intérêt courant prévalant au moment de la vente d'une obligation perpétuelle.
Le choix de passer eb obligation perpétuelle ne me semble donc pas forcément mauvais mais est un pari sur le niveau futur de l'inflation. Enfin, il sera toujours temps d'en reparler dans 100 ou 200 ans (je rappelle qu'au taux de 3%, la dette de 10000€ ne vaut plus que 520€ cent ans plus tard et 27€ deux cent ans plus tard) ...
Réponse de le 03/02/2015 à 19:25 :
"La rentabilité du capital investi " est un cours bien connu en 1ère année des études financières.... et dans les études de management on l'apprend très vite.
Et on fixe un taux d'intérêt tenant compte de l'inflation prévisible; il y a aussi des réévaluations tenant compte de l'inflation réellement constatée ... donc en fait, si l'endetté paie convenablement, la dette n'est pas dévaluée dans le fait du créancier... le problème est le 'si'... on peut le contrer en laissant la clause d'exigibilité de la dette (éventuellement de son solde), en cas de défaillances multiples des paiements.
Mais on sait très bien que plus l'intégration européenne se fait, moins les dettes des états membres seront 'à rembourser'... quand on aura atteint le stade de la fédération européenne, il n'en restera rien.... a-t-on vu une demande de remboursement de la région riche d'IDF à celle de la Corrèze, par exemple, région pauvre bénéficiant des compensations inter-régionales d'impôts...
a écrit le 03/02/2015 à 17:22 :
comme une impression de se faire avoir....
a écrit le 03/02/2015 à 17:14 :
Ouais, demain on rase gratis et si vous voulez on vous rembourse aux calendes grecques :-)
a écrit le 03/02/2015 à 17:07 :
En tout cas, à lire la diversité et l'intensité des échanges...le TINA thatchérien a vécu!! Rigolo, le monsieur qui attend qu'Angela tape sur la table et siffle la fin de la récré, on dirait un patron qui l'avait mauvaise à l'été 36 et écoutait la douce musique des bruits de bottes quand le vent soufflait de l'Est.
Il n'y a pas que l'économie dans la vie, il y a aussi la politique...la Grèce est le "porte avion" du monde anglo-saxon face au Canal de Suez, après avoir été pendant des siècles la dernière escale de la marine de Sa Majesté de l'empire britannique face à ce même point stratégique.
Ce tour de table avec les gros bonnets anglo-américains à la City le lundi en apéro de la tournée européenne, vous croyez que c'est pour faire gouter la dernière pressée d'huile d'olive ?
a écrit le 03/02/2015 à 16:47 :
Gonflé ce ministre: présenter ici un tel marché de dupes! Les les dirigeants européens vont foncer tête baissée! Cela ne coûtera rien, c'est l'état qui paye, dira F. Hollande!
a écrit le 03/02/2015 à 16:32 :
En tout état de cause si on fait une restructuration de ce style appliquée à la dette grecque existante, cela n’enlèvera pas la nécessité pour la Grèce de devoir emprunter, à nouveau, sur les marchés. Quels sont les pays qui dans la zone euro n’auraient plus aucun besoin d’emprunter sur les marchés financiers ? Est-ce que la Grèce en ferait partie après cette restructuration ? Il y a lieu d’en douter. Or, Si les obligations de l’État Grecque deviennent indexées sur la Croissance, les marchés vont leur appliquer une prime de risque, sauf si on passe encore par le FSE avec des prêts garantis par les États de la zone euro et la France, à elle seule, a déjà garanti plus de 30 milliards d’euros de prêts pour la Grèce. À un moment donné on ne sait plus quoi inventer pour traiter certains problèmes. Sans compter que la Grèce va devoir surmonter le handicap du cadre institutionnel de l’euro. En moyenne dans la zone euro, le chômage y est plus élevé qu’ailleurs et la croissance y est plus faible qu’ailleurs et ceux qui réussissent, dans ce cadre, en particulier l’Allemagne qui n’a jamais fait autant d’excédents de balance commerciale et de balance des paiements que depuis qu’elle est dans l’euro, réussissent en affaiblissant leurs voisins qui partagent la même monnaie, d’autant que la performance économique moyenne, comme je l’ai, dans la zone euro est plus faible qu’ailleurs.
a écrit le 03/02/2015 à 16:15 :
L'Allemagne va faire un beau chèque de 100Mds au titre de compensation de guerre qui reglera a CT leur probleme ... en attendant que la Grece regle ses propres problemes.
Réponse de le 04/02/2015 à 9:04 :
la Grèce si il n'y avait cette charge d' intérêt dégage un excédent budgétaire, ce que la France ne fait pas..
a écrit le 03/02/2015 à 15:42 :
Marché de dupes, qui impliquera de facto un pourrissement des bilans des banques grecques.. et pour le reste, notamment la dette perpétuelle, c'est demander à la BCE et consorts un chèque de 220 milliards..inutile donc de commenter..remarquons que les banques françaises se sont un temps estimées incapables de générer de la profitabilité dans leurs participations sur les banques grecques, qu'elles sont sorties, et que ces participations ont été reprises par des canards boiteux (les banques locales)..
a écrit le 03/02/2015 à 15:36 :
J aimerais bien savoir quels investisseurs, créanciers, etc, continuerons de prêter de l´argent à la Grèce avec des remboursements basés sur un index de croissance imaginaire et irréaliste ou sur la base de non-remboursement perpétuels !
Il faut rester sérieux. Ces propositions cest de la poudre aux yeux pour ne pas reconnaître que ces 320 milliards sont bel et bien perdus et que la Grèce ne pourra jamais rembourser.

Et même si les » partenaires » Européens acceptaient de jouer ce jeu il est bien evident que demain le Portugual, après demain l Espagne, l Italie et en fin la France exigerons le même traitement. Je suis de plus persuadé que l IWF n acceptera jamais un tel chantage.
Réponse de le 03/02/2015 à 16:22 :
Mais non Monsieur Papa Fox. N´ayez pas peur, Madame Merkel n´est pas prete a sacrifier 100 milliards d´Euro des contribuables allemands pour faire plaisir aux trockystes d´Athenes. .. Leur porte-parole, Mr. Godin, a deja mis beaucoup d´eau dans son vin. Il ne nous prepare plus a un abandon de creance et je suis sur que dans un mois il aura oublie toutes ces propositions louphoques de son maitre a penser... Vous avez bien entendu raison de mettre en avant cette disymetrie de traitement que Mr. Godin voudrait appliquer a la Grece et non aux autres pays PIIGS. Mais tout cela ne se fera pas. Comme je viens de l´ecrire Madame Merkel ne fera pas Hara-Kiri pour faire plaisir a Athenes.
Réponse de le 04/02/2015 à 9:23 :
@Kazbo
La dette grecque sera repoussée aux calendes grecques et ne sera jamais remboursée, comme toutes les dettes des Etats, US en tête.
Les dettes, c'est de la création monétaire pure basée sur la promesse de rembourser et surtout de payer un intérêt. Lorsque les Banques prêtent, elles n'ont pas 10% des premiers euros en caisse pour les prêter. C'est ainsi qu'elles gagnent de milliards sur le dos des Etats qui ne sont rien d'autres que des contribuables. Du racket autorisé. Un système mafieux.
a écrit le 03/02/2015 à 15:14 :
Il n'y a que les gogos qui peuvent être d'accord avec un tel système. Comment accepter les obligations perpétuelles d'un pays qui a menti à répétition et renie sans cesse ses engagements ?
a écrit le 03/02/2015 à 15:14 :
Il n'y a que les gogos qui peuvent être d'accord avec un tel système. Comment accepter les obligations perpétuelles d'un pays qui a menti à répétition et renie sans cesse ses engagements ?
a écrit le 03/02/2015 à 15:10 :
Merkel va commencer à taper du poing sur la table !!!
Réponse de le 03/02/2015 à 15:44 :
Merkel n'a pas besoin de taper du poing sur la table. C'est d'ailleurs un point sur lequel l'auteur de l'article fait preuve de lucidité ; la BCE coupera l'accès des banques grècques aux liquidités, si la Grèce ne fait pas les réformes prévues.

Les grecs l'ont bien compris et ceux qui avaient un peu d'argent sur leur compte se sont empressés de le retirer pour le placer dans des banques étrangères.

Une chose qui fait brailler les allemands : La fortune moyenne d'un grec est très supérieure à celle d'un allemand de l'Est... Preuve que les grecs ne sont pas très solidaires entre eux...
a écrit le 03/02/2015 à 15:09 :
Ce que propose la Grèce aujourd’hui...c'est une très grosse décote post restructuring ou post nouvel échange qui apparaitra inévitablement sur le marché secondaire de la dette. En fait, il s’agit de placer la dette grecque dans des véhicules qui pourront faire l'objet d'une cotation. Donc pas d'abandon au départ (vu les contraintes juridiques et interdictions), mais rapidement, des cessions sur le marché, inévitables, car le prix de la dette grecque ne fera que baisser, donc des pertes sur créances.
Lors du premier restructuring, que j'avais comme un certain nombre d’experts vu arriver en 2010-2011, je m'étais permis en tant que professionnel de dire que la dette grecque (les obligations privées de l'époque) ne valaient pas plus que 50% de leur valeur nominale, il a fallu un an avant que cela ne fasse le tour, et que contraints et forcés les créanciers privés et la BCE ne se rendent à cette évidence.
En ce qui concerne cette nouvelle restructuration ou échange d’obligations qui se profile, et partant du principe que sur la base de son budget et de ses flux financiers actuels (mais en principe améliorables), la Grèce ne peut supporter plus de 100 milliards de dette à un taux d'intérêt de 2,5% sur une durée d'amortissement de 30 ou 40 ans - avec une marge d’amélioration globale de 20% à 30% sur la période- la dette grecque vaut, en partant du principe que tous les créanciers seraient pari passu, 40% de sa valeur nominale (qui est je le rappelle de 320 milliards). D’où une perte de 190 milliards environ, à passer dans les comptes des créanciers majoritairement publics.
Réponse de le 03/02/2015 à 15:32 :
Je trouve étonnant de dire que ce sont les contribuables qui vont payer alors qu'à l'origine, les dettes étaient détenues uniquement par les banques (privées...) et non par les états, et que c'est l'Allemagne (avec un peu la France et l'Angleterre (qui n'a pas l'euro...)) qui ont mis un couteau sur la gorge des états (grecques, espagne....) en disant : reprenez la dette ou on coule votre économie (voir le reportage d'Arte, édifiant). Donc on pourrait aujourd'hui demander à ces banques qui font des milliards de bénéfices (avec nos sous donc) de rembourser leur dette que nous avons du payer afin de ne pas ruiner le pays (cte bonne blague, person j'aurais préféré que ces banques qui détruisent les emplois et les entreprises coulent comme le titanic...). Les Grecques ont raison et ils ont des c...pas comme nous.
a écrit le 03/02/2015 à 15:02 :
Il est rassurant de voir qu'il y a un vrai discours et pas seulement des slogans, et que le principe de ne pas faire défaut est du domaine du possible. D'ailleurs si la sauce prend, l'UE aurait tout intérêt à l'adapter rapidement aux autres pays concernés, le fond du problème étant que les Etats créanciers ne voient pas leur propre cotation malmenée à cause de leur exposition. Ca n'a d'ailleurs pas l'air d'être le cas. Il y a cependant encore pas mal de boulot pour restaurer la confiance: mettre en place une fiscalité moderne et appliquée, la faire respecter, développer le tertiaire autrement que dans le tourisme.... Il est en tout cas amusant de voir l'extrême gauche arriver à prendre l'initiative dans un domaine ou on ne l'attendait pas du tout! (et d'habitude j'exècre les extrêmes!)
a écrit le 03/02/2015 à 14:44 :
cela est très intéressant , mais que proposent ils pour que l'économie de la Grèce s'améliore?
à part le tourisme , un peu d'huile d'olive, la Grèce ne produit rien.
elle n'exporte presque rien

donc que vont ils mettrent en place pour changer cet état de fait?

et que se passe t'il si pendant 100 ans, la croissance est à 0.000000001% ?
ils remboursent rien ?
Réponse de le 03/02/2015 à 14:57 :
@question..: ne rien rembourser est bien le plan :-) mais vous nous prêtez encore un peu plus pour qu'on puisse continuer à glander tranquilles :-)
a écrit le 03/02/2015 à 14:27 :
Ne devrait-on pas en Europe faire du pib et des emplois au lieu de faire des baisses, ça changerait du chômage. Croyez-vous qu’un fonctionnaire en pantoufles ça fait de la croissance ?
L'austérité les fonctionnaires doivent connaitre, comme les baisses ou gels de salaires.

A quand les coupes dans les retraites des boomers? On fait l'escargot de croissance?
Devinette: qui est le dernier PMI négatif de la zone?
a écrit le 03/02/2015 à 14:23 :
que veux dire reellement 'obligations eternelles'.?
dans l'article, il y a l'exemple des 100 milliards transformes en versement de 3 milliards par an. Dans 200 ans les grecs devront-ils toujorus verser 3 milliards? J'imagine qu'il y a une limite, comment est-elle definie.
Merci
a écrit le 03/02/2015 à 14:22 :
Il parait qu’on a déjà effacé la dette de la Grèce pour 100 milliards… c’est l’argent de qui ? On entend parler financement des Etats par la BCE, mais les français n’ont pas le droit d’avoir leur dette effacée ? C’est une escroquerie ! Ne devrait-on pas en premier lieu constater la baisse du produit par habitant ?
C’est comme pour le déficit, à 85 par an, on a 450 milliards en quelques années… seulement combien de croissance et d’emplois nous produisons ? Des fonctionnaires improductifs et des chômeurs productifs ?
Pour les élections, on vote fonctionnaire de droite, de gauche ou bien fn ?
a écrit le 03/02/2015 à 14:19 :
On est donc très loin de la "démagogie" dénoncée ici même par les Bario et Dario de l'Essec il y a quelques jours. Nous avons au contraire des gens responsables qui cherchent des solutions sans rester enfermés dans des dogmes stériles. Puissent Bario et Dario s'inspirer de cette attitude.
a écrit le 03/02/2015 à 14:08 :
une dette perpetuelle mais quel glo glo peut croire à cela ? c est de l 'entubage par le lissage dans le temps des mauvaises nouvelles.
a écrit le 03/02/2015 à 14:03 :
un jour arrive où il faut prendre ses pertes ! tout le reste c'est du pipeau .
a écrit le 03/02/2015 à 13:31 :
Le temsp joue pour Syriza, la Grèce et l'Europe.....à chaque jour qui passe la théorie des extrêmistes de gauche à remettre dans le droit chemin d'urgence s'essouffle. On fait mine de découvrir que Syriza "bouge" et fait des propositions raisonnables...mais elle met en oeuvre son programme ni plus ni moins! La politique en cours dans l'UE est tellement hystérico-libérale que le plan Varoufakis ,keynésien plan-plan le plan, passe pour une résurgence nord-coréenne débarqué en Europe contre toute bonne logique. Cela donne à voir ce qu'aurait pû être une réorientation sérieuse de la politique européenne si la balle avait été prise au bond après le référendum de 2005 ou bien après la victoire de Hollande en 2012 qui avait promis la renégociation de le politique européenne en échange de la signature de la France...
Tsipras n'est pas d'extrême-gauche, mais l'espace politique laissé par la social-démocratie démissionnaire est tel qu'il passe pour tel ! Dans le débat sur la réactualisation du programme commun de la gauche au milieu des années 70, Varoufakis et Tsipras se seraient situés au coeur de l'espace politique du PS et non de celui du PCF.
a écrit le 03/02/2015 à 13:31 :
Plutôt intelligent come plan. Le taux va faire l'objet des négociations? Yanis Varoufakis, me surprend agréablement. J'imagine que si la situation économique grecque s'améliore franchement, ils finiront quand même par rembourser plutôt que de garder une dette perpétuelle. Mais au moins ça fait sortir de l'impasse.
a écrit le 03/02/2015 à 12:51 :
Et si la BCE finançait le dette total à 0% à condition de rembourser 2 % du PIB par an
Réponse de le 03/02/2015 à 14:29 :
non désolé, ce genre de dette est réservée au banque...

(si cela n'était pas vrai, la blague serait bonne non ?)
a écrit le 03/02/2015 à 12:50 :
Ils ont totalement raison puisque depuis trois ou quatre décennies, banquiers avec assureurs et financiers ne font que remplacer remboursements contre refinancements et ils y ajoutent des tonnes de liquidités pour lubrifier le Marché. Goldmann Sachs et Lazard et les tributs de traders et dealers ayant déniaisé les Grecs.
a écrit le 03/02/2015 à 12:46 :
Le défaut de la Grèce est une épée de Damoclès sur la tête des grecs et pas sur celle de la BCE. Les méchanismes pour éviter la contagion (MES, QE) sont aujourd'hui en place et les marchés l'ont bien compris: C'est le spread de la Grèce qui explose, pas celui des autres pays du sud. Romaric Godin est-il journaliste ou porte-parole de Syriza ?
Réponse de le 03/02/2015 à 13:34 :
Romaric Godin est-il journaliste ou porte-parole de Syriza ? ... quelle morgue!!
Comment ça, je ne vais pas sur le site de la Tribune pour lire autre chose que le bréviaire, je bosse moi!!!
Réponse de le 03/02/2015 à 13:42 :
Cher jb, les grecs se sont déjà pris l'épée sur la tête. Ce qu'explique Varoufakis depuis longtemps, c'est que la Grèce a déjà fait défaut, qui a été rebaptisé "crise de liquidité" afin de transmettre les pertes des banques (privées) européennes au secteur public...
La Grèce n'a donc plus rien à perdre, et l'Europe tout à gagner de ses propositions.
Enfin, pour avoir découvert hier seulement les articles de m. Godin, je dois dire que la qualité de son analyse est grandement bienvenue dans les médias francophones, qui ont fait un piètre travail comparé aux confrères américains, anglais ou grecs....
Réponse de le 03/02/2015 à 14:42 :
La Grèce a encore beaucoup a perdre. Jusqu'ici elle est maintenue à flot par les aides de l'UE, ce qui permet de maintenir son Pib/habitant nettement au dessus de ses voisins: 25000$ pour la Grèce, 15000$ pour la Turquie et la Bulgarie, 8000$ pour l'Albanie.
a écrit le 03/02/2015 à 12:41 :
' on efface nos dettes, et vous nous repretez 320 milliards pour qu'on puisse embaucher des fonctionnaires et eviter aux habitants de terminer la toiture de leur maison ou de payer leur ticket de metro, ok pour vous ? '
Réponse de le 03/02/2015 à 13:15 :
il n'est pas question ici d'effacement, avez vous seulement lu l'article ?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :