Zone euro : qui a le plus à perdre d'une sortie de la Grèce ?

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Par principe, il n'est prévu aucune procédure de sortie de la zone euro. Un défaut de paiement sur la dette n'entraîne pas immédiatement une sortie du pays de la zone euro.
Par principe, il n'est prévu aucune procédure de sortie de la zone euro. Un défaut de paiement sur la dette n'entraîne pas immédiatement une sortie du pays de la zone euro. (Crédits : Reuters)
Européens et Grecs négocient avec une seule idée en tête : éviter le "Grexit". Mais qui a le plus à perdre d'un tel scénario ? Revue des conséquences pour les deux camps.

Dans le bras de fer (à distance et via l'Eurogroupe et la BCE) qui se joue, ces jours-ci, entre la Grèce et l'Allemagne, la clé qui décidera in fine de tout, sera la peur du Grexit, la sortie de la Grèce de la zone euro. Sur le papier, personne ne veut de ce scénario, mais dans les faits, tout le monde joue avec la peur de l'autre.

Le 4 février, en mettant le système bancaire grec sous perfusion quasi-exclusive de l'aide à la liquidité d'urgence (ELA), la BCE a envoyé ce message aux négociateurs que le Grexit n'était pas qu'une hypothèse d'école. Dans les couloirs du Bundestag, la question est désormais évoquée ouvertement par certains députés conservateurs. Et le ministre de la Défense grec, Panos Kammenos, le chef du parti des Grecs Indépendants (ANEL), l'allié de Syriza au gouvernement, a parlé hier d'un "plan B" si les Européens se montraient trop intransigeants.

Bref, chacun joue avec les nerfs des autres. Il est donc utile, pour estimer le rapport de force réel entre la Grèce et ses créanciers, d'estimer qui a le plus peur du Grexit, qui a le plus à craindre d'un tel scénario.

Qui peut provoquer le Grexit ?

Avant tout, il est utile de rappeler que le Grexit ne peut être provoqué que par la BCE. Car le gouvernement hellénique n'entend pas quitter la zone euro. Le programme de Syriza a toujours été très clair sur ce point, ce qui le différencie radicalement des mouvements eurosceptiques comme le Front National.

Athènes n'étant pas demandeuse et ayant fait des propositions concrètes pour demeurer dans la zone euro en respectant une grande partie de son programme électoral, l'initiative du Grexit ne peut venir d'elle.

Rappelons que, par principe, il n'est prévu aucune procédure de sortie de la zone euro. Un défaut de paiement sur la dette n'entraîne pas immédiatement une sortie du pays de la zone euro. La Grèce a déjà fait défaut deux fois, en 2011 et en 2012. Si le pays réussit à maintenir un excédent primaire (hors service de la dette) ou s'il peut se financer à court terme auprès des banques qui ont accès à la liquidité de la BCE, il n'y aura pas de Grexit.

La balle est donc dans le camp de la BCE et de l'Eurogroupe.

En coupant l'accès du système financier hellénique à la liquidité, la banque centrale provoquera l'effondrement du système bancaire, une panique bancaire et un défaut de fait du gouvernement grec. Athènes devra alors instaurer un contrôle des capitaux, mais rapidement, la prise de contrôle de la banque centrale et l'émission d'une monnaie grecque deviendra inévitable pour permettre le fonctionnement normal de l'économie.

Or, la BCE affirme qu'elle ne coupera le robinet de l'ELA que si aucun accord n'est trouvé avec l'Eurogroupe. Quoi qu'en disent beaucoup, qui voient dans une supposée "raideur" grecque -mais qui a fait des propositions de compromis à ce jour, à part les Grecs ?- la raison d'un éventuel Grexit, l'initiative concrète reviendra aux Européens et à la BCE.

La remise en cause de l'irréversibilité de l'euro

Or, c'est une vraie faiblesse pour ces derniers qui devront assumer la responsabilité de la fin d'une des pierres de touche de l'Union économique et monétaire (UEM) : le caractère irrévocable de l'euro. Dans ce cas, en effet, la donne change du tout au tout : le "whatever it takes", formule par laquelle Mario Draghi s'était engagé à sauver l'euro "quoi qu'il en coûte" prendra une autre saveur.

Certes, cette expulsion aura l'avantage de la clarté : l'euro doit être réservé aux "bons élèves". C'est l'argument avancé depuis 2011 par le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble : on respecte les règles ou on sort. Mais aussitôt, une autre question se pose : qui respecte les règles ? Et quelles règles ?

Les critères de Maastricht ne sont pas respectés, particulièrement en ce qui concerne la dette qui, rappelons-le, en théorie, ne doit pas dépasser 60% du PIB, ce que l'Allemagne elle-même ne respecte pas.

Les investisseurs seront donc naturellement amenés à réévaluer leurs engagements dans certains pays de la zone euro, notamment les plus endettés ou ceux où il existe une forte opposition eurosceptique.

Naturellement, il y aura une "prime de sortie" qui devra être payée par l'Italie, le Portugal, l'Espagne, peut-être la France. Cette prime pourrait se faire sentir sur les titres souverains (mais les rachats de la BCE pourraient les compenser - jusqu'à quand néanmoins ?), mais aussi, et c'est peut-être le plus inquiétant, sur des moindres investissements dans ces pays (afin de ne pas être "collés" à l'avenir dans des monnaies nationales dévaluées).

Il y aura donc un impact sur la conjoncture de la zone euro résiduelle, relançant sans doute la fragmentation de cette dernière en termes de taux demandés par les banques et de garanties par les investisseurs. Les marchés ont, par ailleurs, déjà montré leur sensibilité au risque de Grexit.

La zone euro mieux préparée ?

Certes, comme le prétend la vision développée depuis quelques semaines en Allemagne, la zone euro est "mieux préparée" qu'en 2012. Mais l'appel au mécanisme européen de stabilité (MES) ou à l'OMT pour contenir des attaques sur certains pays de l'UEM aura un coût puisque ces deux programmes sont soumis à des "plans d'ajustement" qui provoqueront une nouvelle récession.

Par ailleurs, comme l'a justement rappelé le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis, l'Italie pourrait rapidement devenir un maillon faible incontrôlable. Ni le MES ni l'OMT ne pourront contenir une crise italienne, quoi qu'en dise le ministre italien des Finances.

Au final, le risque serait de venir freiner une croissance qui semble enfin vouloir timidement se dessiner en replaçant la zone euro face à ses vieux démons. La clé pour la zone euro reste la confiance. Un Grexit remettrait cette confiance en jeu.

Le risque politique

Politiquement, le Grexit serait aussi très délicat à faire accepter. Il prendrait, on l'a vu, un caractère punitif qui ternirait sans doute l'image des institutions européennes qui n'est déjà pas très vaillante. Il se ferait aussi contre les volontés populaires qui ne veulent pas de Grexit, ni en Allemagne ni en Grèce ni ailleurs. Les gouvernements devront assumer leur fermeté.

En Allemagne, si Angela Merkel pourrait bénéficier d'un soutien de son parti, la gauche et notamment ses alliés sociaux-démocrates pourraient lui demander des comptes, surtout si la situation se dégrade en Grèce. Quant aux Eurosceptiques, ils pointeront l'échec de la politique de "sauvetage" mise en place par la chancelière depuis 2010.

Surtout, ce Grexit pourrait renforcer les Eurosceptiques qui pointeront du doigt une Europe insensible à la démocratie et soumise à la "pensée allemande". Elle montrera aussi que leurs projets de sortie de l'euro n'est pas une chimère. Or, la pression eurosceptique n'est pas négligeable en zone euro. En France, en Italie ou en Espagne, les partis de ce type sont en progression et réalisent entre 25% et 35% des intentions de vote.

La question de la dette

Reste la question de la dette. Le coût d'un Grexit serait lourd. Expulsée de la zone euro, la Grèce n'aurait aucune raison d'honorer ses dettes envers le MES, les Etats de la zone euro et la BCE. Du coup, il faudrait prendre ses pertes.

Ceci amènerait immanquablement des tensions, même si la facture pour les économies de la zone euro ne sera pas une simple arithmétique, puisque les dettes pour financer une partie de l'aide à la Grèce ont déjà été contractées. Mais il faudrait venir en soutien au FESF et au MES. Et surtout, politiquement, il faudrait faire passer la pilule à une opinion publique chauffée à blanc. Ce mercredi matin, Bild Zeitung titrait encore sur les "65 milliards d'euros" qu'allait perdre l'Allemagne.

En revanche, en discutant sur la base des propositions grecques, le capital serait préservé. Les Européens se retrouvent donc dans la position classique du créancier : négocier ou tout perdre. Et, comme le disait Balzac dans "La Maison Nucingen", "le débiteur est plus fort que le créancier"...

Pour la Grèce, le poids du Grexit

Du côté grec, le Grexit ne serait pas une partie de plaisir. Il faudrait en effet instaurer un contrôle des capitaux très étroit pour éviter une fuite des devises hors du pays. Ceci mettrait en danger les investissements dans le pays. Notons cependant que Chypre a instauré, au sein même de la zone euro, un tel contrôle et qu'un pays comme l'Islande (certes fort différent de la Grèce) a vu revenir les investisseurs étrangers malgré ce contrôle. Il faudrait aussi faire accepter la perte par les déposants et les épargnants d'une partie de leurs avoirs puisqu'ils seront redénominés en drachmes dévaluées. Ceci ne manquera pas de peser aussi sur la conjoncture du pays et, sans doute sur les rentrées fiscales.

Vers l'hyperinflation ?

Si l'on s'intéresse aux précédents s'agissant des sorties de zones monétaires, notamment à la fin de l'Autriche-Hongrie (à laquelle "La Tribune" avait consacré une longue série), on constate que la première année après une sortie d'union monétaire est souvent très difficile. Par la suite, tout dépend du contexte international et de la politique budgétaire menée.

Dans le cas austro-hongrois, on constate ainsi que les politiques de financement monétaire des déficits publics, notamment en Autriche, ont conduit à des périodes d'hyperinflation. Mais il faut remarquer que, dans la période 1919-1924, l'hyperinflation était une généralité en Europe. L'Allemagne a été touchée plus fortement que l'Autriche, sans quitter aucune zone monétaire. Dans le cas grec, il n'y aucune certitude.

Le tourisme, secteur clé

La situation grecque est très différente : elle est en situation de déflation et les prix ont tendance à baisser. Le retour de l'inflation devrait redonner un peu d'air à l'économie locale. L'amélioration de la compétitivité externe, due à la dévaluation, aura sans doute peu d'effet dans l'immédiat compte tenu de la faiblesse des exportations de biens du pays et du renchérissement des importations.

En revanche, la Grèce va devenir une destination touristique très, très bon marché avec un niveau d'équipement élevé, et il y a fort à parier que la saison touristique hellénique soit très bonne et apportent des devises. Or, même aujourd'hui avec l'euro, la croissance grecque dépend fortement du tourisme.

Quelle politique budgétaire ?

Le budget grec dispose d'un excédent primaire qui, certes, sera mis au défi en cas de récession. Mais si le gouvernement, comme c'est son intention, réforme l'administration, favorise les rentrées fiscales et n'abuse pas du financement monétaire de son déficit, le pays ne tombera pas dans l'hyperinflation. On peut ne pas y croire, mais c'est, notons-le, le programme de Syriza qui n'a jamais promis de creuser les déficits.

Par ailleurs, le pays a déjà beaucoup "ajusté": le niveau d'équilibre de la nouvelle drachme devrait, une fois l'effet de "sanction" des marchés passé, prendre ce fait en compte s'il n'y a pas un abus de l'usage de la planche à billets. Le pays disposait d'une balance courante positive en 2014 de 1,7 milliard d'euros, et beaucoup de capitaux ont déjà quitté le pays durant la crise. Bref, la catastrophe n'est pas certaine, même si elle est possible.

Accepter politiquement le Grexit

Politiquement, le gouvernement grec pourrait connaître une situation difficile en cas de Grexit. Il n'a pas mandat pour mener une telle opération. Mais rappelons que, en théorie, cette sortie de la zone euro ne sera pas de son initiative, Alexis Tsipras pourrait donc invoquer l'intérêt national et en appeler à l'unité. Du reste, il dispose d'une majorité à la Vouli sur une position ferme face à l'Europe.

L'appel à une aide extérieure : un danger pour l'UE

Surtout, une fois éjectée de la zone euro, la Grèce pourra réclamer une aide "extérieure" en Chine ou en Russie. Déjà, hier mardi 10 février, le gouvernement a assoupli sa position sur sa décision de ne pas privatiser l'autorité portuaire du Pirée promise aux Chinois. Avec une aide extérieure, le pays pourra évidemment mieux gérer le Grexit et même continuer à honorer, selon des modalités à définir, sa dette envers le FMI et les investisseurs privés.

L'enjeu est de taille afin d'amortir les conséquences d'un troisième défaut. Si ce dernier ne concerne que le parapublic européen (MES, BCE, Etats), les investisseurs pourraient revenir plus vite...

Enfin, pour les Européens, le danger ne sera pas mince en cas de Grexit de voir la Grèce se jeter dans les bras de la Russie, même si cette dernière est aussi en difficulté économiquement. Moscou serait sans doute prête à payer quelques dizaines de milliards d'euros pour disposer d'un point d'appui au sein de l'UE et de l'Otan dans le contexte de la crise ukrainienne. Et si la Grèce est mise au ban de l'Europe, le gouvernement Tsipras aura toutes les justifications du monde de ne pas ménager le reste des gouvernements... Quand on connaît les difficultés européennes sur l'Ukraine, on peut imaginer que les Européens ne viendront pas tenter le diable.

Jouer la montre

Au final, on comprend qu'un Grexit fasse peur à tous. Mais, face au choix, les Européens pourraient penser avoir plus à perdre dans cette affaire que les Grecs qui, rappelons-le, viennent de connaître un enfer économique de cinq longues années.

Dans ce contexte, qui peut changer, il semble donc important de jouer la montre pour les Européens, sans avoir l'impression de trop céder (d'où l'action de la BCE). D'où, sans doute, l'avancée vers une solution temporaire, un "programme pont". Ce programme serait une première victoire pour Athènes : il prouverait qu'on accepterait, côté européen, de négocier...

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a écrit le 28/06/2015 à 20:07 :
Voilà la Grèce dans une fâcheuse posture et il ne faut pas oublier que les Grecs (le peuple comme les dirigeants) ont contribué largement à ce qui arrive actuellement ,c'est à dire cette faillite qui n'en finit pas depuis des années (impôts et taxes impayées travail non déclaré et j'en passe).
Pourtant alors que ce peuple millénaire,berceau d'érudits de savant et historiquement reconnus et tombé dans les griffes d'un rapace ,d'un vampire qui ne lâchera pas sa proie ...le fmi
ce groupe de gens qui se présente en sauveur ,n'est qu'un vilain usurier constitué de gens plus que riches que Crésus qui n 'a comme amis que des banques ,des holdings des puissances financières rassemblant des milliardaires de puissants politiques qui ne vivent qu'aux détriments des plus pauvres puisque depuis déjà plusieurs années le peuple (toutes nationalités confondues) voient leur train de vie baisser de plus en plus alors que d'autres croulent dans la richesse comme des nababs et des empereurs et rois d'autrefois..Imaginons un moment que toutes ces puissances ,ces multimilliardaires et tous ces nababs ne versaient qu un millionième de leur fortune pour aider les plus démunis alors cela changerait la face du monde ,et surtout l'avenir de l'être humain...si je devais me présenter un jour à un extra terrestre je ne serais pas forcément fier de me présenter en tant qu'être humain.l'avenir est loin d'être rose et comme d'habitude seuls les élus(les richissimes ) auront accès à tout...le capitalisme ce n'est pas ça du tout..
a écrit le 25/02/2015 à 13:03 :
La Grèce n'est pas le seul pays concerné : Chypre, le Portugal et l'Espagne sont dans la tourmente, suivent l'Irlande, l'Italie puis la France en ligne de mire.
a écrit le 22/02/2015 à 9:46 :
Les USA feront TOUT pour mettre les Européens dans la M.... pourvu que leurs intérêts soient préservés.
La Grèce, cheval de Troie dans l'euro grâce aux americains
Garder moi de mes "amis", je me charge de mes ennemis dit le proverbe à juste titre
a écrit le 20/02/2015 à 15:51 :
L’Europe en crise : quelques vérités bonnes à dire
Est-il possible que l’arbre hellène cache la forêt européenne ?
Est-il possible que le passager clandestin européen ne soit pas la Grèce mais l’Allemagne ?
Tout porte à croire que la réponse aux deux questions soit positive, même si la Grèce n’est pas complétement étrangère à ses malheurs et que l’Allemagne n’est pas responsable de tout.

Une analyse historique objective montre que les pays remboursent rarement leurs dettes, ils les diluent dans l’inflation et la hausse du PIB. D’où la nécessité impérieuse de la croissance. Or, les pays membres de la zone euro ont renoncé à deux instruments majeurs de politique économique : le taux de change et les taux d’intérêt. La monnaie unique ne permet pas une dévaluation compétitive donc, au sein de la zone euro, il ne reste que deux possibilités :
1- Une forte convergence économique accompagnée d’une discipline budgétaire. Dans ce sens, l’Europe a besoin de solidarité et de fédéralisme, si on veut sauver la zone euro.
2- Un endettement persistant. Dans ce sens, une politique basée uniquement sur l’austérité fait pression sur l’économie et amène le chômage et la dépression. Alors le rapport entre dette et PIB se détériore inexorablement. Dans ce cas, les pays très endettés (Grèce, Portugal, Espagne, Italie, Irlande et bientôt la France) ont intérêt à redevenir maîtres de leur politique monétaire.
Il est bien évident que derrière l’arbre hellène il y a d’autres situations préoccupantes qui ne seront pas réglées par le départ de la Grèce de la zone euro. Bien au contraire, le départ de la Grèce mettra au premier plan un autre mauvais élève et ainsi de suite. Tout départ hostile serait risqué pour la crédibilité de la zone euro et pourrait être le commencement du dé tricotage de l’Union Européenne.

Toute union implique une forme d’amitié de sorte que plus complète est l’union, plus profonde est l’amitié. Or, l’amitié implique l’égalité, le respect et la bienveillance. Ce n’est pas la situation actuellement observée au sein de « l’Union Européenne ». Au contraire, nous assistons à de rapports de domination, de donneurs d’ordre et d’exécutants, de propriétaires et de locateurs dans un contexte manquant cruellement de démocratie. Tout se passe comme si quelques pays, cornaqués par l’Allemagne, exerçaient de fortes pressions pour imposer leurs décisions, à ceux qui souffrent injustement de la situation actuelle, sans espoir d’améliorations futures, malgré les efforts consenties.
Le premier de cordée des rigoristes intransigeants est, sans aucun doute, l’Allemagne qui cherche à punir les mauvais élèves et en faire des exemples à ne pas suivre. Un des mauvais élèves est la Grèce qui, facteur aggravant, ose « désobéir » aux ordres germaniques et qui pourrait contaminer d’autres cancres.
Mais quelle est la légitimité de l’Allemagne à se comporter de cette manière ?
Sans entrer dans la comparaison polémique des apports Helléniques et Germaniques pour l’Europe et l’Humanité, il est important de souligner que l’Allemagne a subi plusieurs faillites durant le vingtième siècle sans jamais rembourser ses dettes. Lors de la dernière faillite, en 1953, son PIB avait régressé de 29% et malgré la « supériorité » du peuple allemand la difficulté a été contournée par l’effacement pur et simple de sa dette. Actuellement en Grèce : le PIB a diminué de 25% sur cinq ans, le chômage a augmenté de 8% à 28%, la pauvreté a touché 40% de la population. Même en période de guerre ou d’après-guerre la situation est sensiblement meilleure. Il y a urgence de réparer pas de punir.
Les dirigeants allemands le répètent à l'envi aux Européens : "faites comme nous et vos problèmes disparaîtront". Alors comparons, l’Allemagne a ramené son déficit structurel de 3,5 % du produit intérieur brut (PIB) en 2002 à 0,6 % en 2007. Soit une diminution de 2,9 points de pourcentage, soit environ 0,6 point de pourcentage par an. La Grèce, dont le déficit structurel est passé de 12,8 % du PIB en 2009 à 1,8 % en 2011 "en un an, a fait environ deux fois plus d'efforts que l'Allemagne en plus de cinq ans". Le salaire réel par salarié a diminué de 3,3 % en Allemagne entre 2002 et 2007, soit une baisse de 0,7 % par an, en Grèce, la baisse a été de 13 % entre 2009 et 2011.
Même si tous les efforts, réalisés par la Grèce, n’étaient pas conformes aux souhaits de l’Allemagne dominatrice, force est de constater que les efforts étaient réels, mais étaient-ils justes et efficaces ?
Les remèdes appliqués n’étaient pas justes, parce qu’ils ont touchés d’une façon disproportionnée les populations les plus fragiles. Ni efficaces parce que la dette qui s’élevée à 370 milliards d’euros, soit 120% du PIB en 2009, elle s’élève à 170% du PIB en 2014 tout en restant à 370 milliards d’euros, ceci est dû à la récession qui à fait reculer le PIB de 25% en cinq ans. Dans ces conditions, il n’y a pas d’autre solution que la recherche de la croissance, la diminution du chômage et le rétablissement normal des services publics.
Les Européens, influencés par l’Allemagne, ont fait deux erreurs : ils ont largement surestimé les prévisions de croissance des pays auxquels ils ont imposé des mesures d'austérité et ils ont largement sous-estimé l'impact de ces mesures sur la croissance, oubliant qu’à partir d'un certain niveau, les coupes budgétaires ne diminuent pas la dette mais aggravent la récession. L’économie n’est pas une science, c’est un outil au service les populations, tandis que dans la situation que nous évoquons, pour des raisons de rigidité idéologique nous avons imposé aux populations de servir l’économie quel que soit le prix à payer.
On pourrait nous objecter que la corruption et l’évasion fiscale est un problème endémique du fonctionnement de la Grèce. Peut-être, mais quand il y a des corrompus il a aussi des corrupteurs et il serait juste de vouloir traquer et punir les deux sortes de coupables. Or, dans le cas précis, il y a plusieurs sociétés allemandes qui jouent le rôle du corrupteur (Siemens, Daimler, affaire des sous-marins S 214, affaire des Léopard HEL2,…). Quant à l’évasion fiscale, il s’agit d’un phénomène international qui arrange un certain nombre de pays qui siphonnent les ressources fiscales des autres. De toute manière le nouveau gouvernement hellénique, avec l’aide de ses partenaires européens, annonce vouloir s’attaquer frontalement à ces habitudes malsaines.
La situation frise l’absurde, les gouvernements des pays comme le Portugal et l’Espagne dont les populations souffrent le martyr soutiennent les positions de l’Allemagne par opportunisme politique en vue des prochaines élections. Tout ce qui les intéresse n’est pas de soulager leurs peuples, mais d’être réélus. En France et en Italie, les gouvernements de gauche en place sont paralysés par la peur des sanctions allemandes même si en aparté avouent être plus proches de positions helléniques que germaniques.
Au bout du compte, les Allemands auraient malgré tout raison : les mesures prises dans le passé à Berlin constituent bel et bien un modèle, mais spécifiquement adapté à leur cas de grand pays industriel, exportateur, spécialisé dans le haut de gamme et pratiquant une politique salariale modérée. Le problème est que ce n'est pas ce modèle, finalement assez modéré, qui est imposé aux pays actuellement en difficulté et qui n’ont pas le même profil que l’Allemagne.
Dans ce sens, c’est l’Allemagne qui est le passager clandestin européen. La sortie de l’Allemagne de la zone euro aurait propulsé le deutsche mark aux environs de 1,5 à 2 dollars (réévaluation méritée), tandis que l’euro serait aux environs de 1 dollar (dévaluation compétitive). La compétitivité Allemande serait diminuée et la compétitivité de la zone euro serait augmentée. Evidemment, cette solution n’est pas la préférée des allemands qui sont habitués à gagner à la fin de chaque partie.
Des solutions techniques existent, elles sont proposées par plusieurs économistes parmi lesquels plusieurs prix Nobel. Mais pour les appliquer il faudrait sortir de la dissonance cognitive actuelle du gouvernement allemand qui néglige abusivement les avantages de ces solutions et souligne excessivement les détails positifs des solutions imposées par l’Allemagne. La solution est politique, c’est une question de volonté.

C’est là justement le problème majeur de l’Union Européenne (UE) le manque de stratégie politique commune. L’UE n’est pas une entité, c’est une juxtaposition de pays qui cherchent chacun son intérêt personnel. Mise à part l’intérêt commercial relatif du marché économique commun, il n’y a pas de vision stratégique et géopolitique. L’UE ne sait pas où elle va, donc elle ne peut pas choisir le meilleur chemin. Personne n’a jamais expliqué aux peuples des pays membres la signification des deux mots, Union (mariage, pacs, concubinage, amis, relations, connaissances…) et Européenne. L’UE n’a pas de stratégie, toutes les difficultés sont traitées de la même manière, sans hiérarchisation. Stratégiquement, les difficultés géopolitiques ont un intérêt supérieur aux difficultés financières, parce qu’une perte géopolitique est immédiate et définitive (Crimée) tandis qu’un problème financier peut être résolu dans un temps infiniment grand (les pays n’ont pas d’espérance de vie limitée). Dans la situation économique que nous avons évoquée, l’UE met en avant des problèmes financiers, certainement importants, mais elle n’analyse jamais les conséquences géopolitique de la sortie de la Grèce de l’UE ni du basculement possible vers d’autres alliances pas forcement souhaitées par l’UE. Par ailleurs, des pays comme la Finlande et les pays baltes, qui suivent pas à pas la politique allemande pensant être protégé par des alliés puissants, qui peut leur garantir que les allemands mourront pour les défendre en cas de besoin ? Tout porte à croire qu’il n’en est rien, parce que la vie étant plus précieuse que l’argent, il nous est difficile de croire qu’ils seront plus généreux quand il s’agira de sacrifier un bien plus précieux tandis qu’ils sont retissant de l’être pour un bien moins précieux.
a écrit le 20/02/2015 à 14:32 :
Que vaut il mieux, un départ de la Grèce maintenant et le non paiement de sa dette, ou un maintient de la Grèce et une augmentation de sa dette continuelle qui ne sera jamais payée. Pourquoi perdre 1 aujourd'hui si l'on peut perdre 10 demain.
a écrit le 20/02/2015 à 8:51 :
Osons un REFERENDUM européen pour savoir si la dette grecque doit être annulée et donc prise en charge par les contribuables des autres membres.
C'est un enjeu digne d'un systeme Democratique
a écrit le 20/02/2015 à 8:45 :
Les élus grecs vont devoir avaler leur chapeau : ridiculisés par leurs promesses électorales ; qu'ils se consolent, ils ne sont pas les seuls mais c'est un exemple pour la suite.
Vu que les majorités de nos "Démocraties" ne représentent qu' un tiers des électeurs , leur pouvoir réel est trés relatif et trés temporaire ; ceux sont les "intermittents du pouvoir.
Réponse de le 23/02/2015 à 15:20 :
...et non ! le vote ne, Grèce étant obligatoire Sirysa représente, avec ses alliés 65 °/° du peuple Grec.
a écrit le 14/02/2015 à 18:58 :
Si la Grèce sort de l'euro Il y aura des secousses indéniables mais la situation n'est plus la meme de ce qu'elle était en 2010
iL y a des pare feu et des murs de protections qui ont été solidement dressé au cas ou . Contrairement à d'autres pays de la zone euro , tout les pays européens se sont fortement désengagé de la Grèce . L'économie grecque n'est plus autant imbriquée et interdépendante de ses voisins qu'elle ne l'était en 2010 .
Mais je ne souhaite en aucun cas aux Grecs de sortir de l'euro la situation qu'ils vivent actuellement leur semblerait paradisiaque comparé à ce qui les attend en cas de sortie

En effet Si la Grèce sort de l'euro , qui irait investir dans un pays qui a un marche intérieur réduit , qui est fâché avec tout les autres pays de l'UE ( hors Chypre) et avec la Chine, une monnaie totalement instable , une inflation galopante et une main d œuvre non compétitive vu le salaire minimum demandes par Syriza?
Sans oublier qu'ils n ont pas de tissu industriel compétitif ce qui se traduirait par un deficit commercial accru et un effet démultiplié en cas de devaluation / inflation . Et ils n ont ni petrole ni gaz .
Si la Grèce sort de l euro elle devra toujours dépendre du FMI car elle sera en incapacité de se financer sur les marchés vu les taux d emprunts prohibitifs qui l attend . La crédibilité de la signature de la Grèce sera proche de 0 pour les investisseurs internationaux . Personne à part le FMI ou la Banque mondiale n acceptera de lui prêter quoi que ce soit Sans compter la dette privée des ménages et des entreprises qui devront rembourser leur prets en drachmes dévalués empruntée en euros
a écrit le 14/02/2015 à 15:21 :
Sans les infusions permanentes venant de l EU et de la Banque Mondiale depuis bientôt 30 ans la Grèce serait aujourd hui un « puissance économique » au niveau de l Albanie ou de la Bulgarie.
Le haut niveau de vie des Grecs repose sur les transferts et la corruption.

Il est évident que personne en Grèce n´essayé d´assainir le pays par ce que cette philisophie et facon de vivre est ancrée dans les gènes..
Je suis entre temps convaincu que toute nouvelle tentative d´aide échouera comme les précédentes. Il faut faire une croix dessus et laisser tomber pour le bien être des autres.
a écrit le 12/02/2015 à 17:39 :
La Grèce peut sortir de l'Euro si elle le veut

Traité de l’Union Européenne (TUE)
Article 50 : Tout état membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles de se retirer de l’Union. L’état membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil Européen. A la lumière, des orientations du conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet état un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 188 N, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.
Réponse de le 12/02/2015 à 21:08 :
En France seul l'UPR travaille cette idée de sortie de l'UE en mettant en perspectives les origines de l'UE, le bilan et la nécessité d'en sortir, sur UPR.fr.
a écrit le 12/02/2015 à 12:31 :
l'auteur est pro grec depuis plusieurs semaines maintenant
j'espérais un avis moins marqué de la part de BFM
a écrit le 12/02/2015 à 11:47 :
NON le FN ne souhaite pas la sortie de L'Union Européenne ni de l'Euro. C'est faux.
Les dirigeants du FN sont passés maître dans l'art du double discours et de l’ambiguïté à ce sujet mais une chose est sûre, la sortie de l'UE ou de l'euro n'a jamais figuré dans aucune de leur profession de foi toute élections confondues.
Pour plus de détails : https://www.upr.fr/dossiers-de-fond/fn-propose-pas-reellement-faire-sortir-france-lunion-europeenne-meme-leuro#.VFHltN5Eq-I.twitter
a écrit le 12/02/2015 à 9:20 :
Balzac a bien raison. Ce sont les Grecs qui tiennent le manche.
a écrit le 12/02/2015 à 1:09 :
Je pense que M.Godin et les commentateurs de ce blog ne prennent pas suffisamment en compte le risque de la fin de l'euro, par effet domino ,si le Grexit se produit.L'Italie pourrait suivre et le reste de l'Europe du sud après. Sans parler de l'Allemagne qui pourrait décider toute seule de se rétirer de l'euro.
Réponse de le 12/02/2015 à 1:36 :
tout le monde se fiche de la fin de l'euro et d'ailleurs la grèce n'a absolument aucun poids économique en europe, c'st un pays hyper pauvre...non les français et allemands veulent récupérer leurs prets, que les grecs refusent de rembourser, ça s'arrete là et ça s'appellle du vol.
Réponse de le 12/02/2015 à 10:00 :
Ca dépend. Nous aussi avons un prêt sur le dos. Si la Grèce ne nous rembourse pas l'escalade pourrait faire que nous ne remboursions pas le notre et oui que l'Europe explosera... Vu comment et surtout pour qui l'Europe et l'Euro ont été produit, son explosion n'est qu'une question de temps. Ils détruisent les populations de tous les pays qui la composent pour augmenter la richesse des grands groupes mondiaux au lieu de défendre et protéger ces populations... On a signé pour une Europe MAIS pas pour celle qu'on nous impose !
a écrit le 11/02/2015 à 23:57 :
Imaginons un instant l'U.E. sans la Grèce. Qu'est-ce que cela changerait ? Est-ce que l'U.E. serait plus faible ? Le poids de la Grèce, qu'il soit démographique ou économique, est négligeable. L'U.E., qui compte environ 300 millions d'habitants serait pratiquement identique sans la Grèce. Sur le plan stratégique, la Grèce est un soutien fidèle de la Russie, qui est plutôt notre adversaire. Son absence de l'U.E. simplifierait plutôt les choses. L'U.E. peut donc très facilement se passer de la Grèce. Le vrai problème est celui, psychologique, de la sortie de la Grèce, non celui de son absence. Ce serait un mouvement historique, sans précédent et traumatisant, qui serait perçu comme un échec.Mais l'U.E. s'en remettrait facilement.
Réponse de le 12/02/2015 à 10:02 :
Je suis en accord avec vous mais juste sous une condition. Si la Grèce sort de l'Euro et de l4Europe sans nous rembourser son prêt, qu'on annule aussi le notre et voir pourquoi pas qu'on sorte aussi de cette Europe et de cet Euro, pour enfin créer "une Europe" et "un Euro" qui protège CES populations.
a écrit le 11/02/2015 à 23:06 :
Je ne suis pas certain que ce soient les considérations financières qui vont emporter la décision, et je doute fort que la Grèce sorte: elle est d'ailleurs rentrée plus probablement à cause de sa position géostratégique qu'autre chose, elle tient l'avant poste européen en Asie Mineure, ca n'est pas rien, il est préférable pour l'UE que la Russie ou la Turquie ne puissent utiliser la Grèce comme base avancée pour exercer leur influence encore plus fortement. Surtout ces derniers temps, Poutine ayant besoin d'utiliser des opérations extérieure pour faire oublier les difficultés internes, il pourrait être tenté d'en rajouter une couche. Ainsi je pense que le grexit a peu de chances de se produire, parce que quelques milliards c'est toujours moins cher que d'avoir Poutine directement en face de nous, ou de risquer de voir la Turquie prendre des libertés qu'elle ne voudra plus lâcher ensuite.
a écrit le 11/02/2015 à 22:01 :
Sortir de l'Euro serait une catastrophe, pour certains, prouvez le.
Rester dans l'Euro serait une catastrophe, pour d'autres, prouvez le.
Prouvez le avec des arguments, et non avec des certitudes.
Réponse de le 11/02/2015 à 22:44 :
vous savez écrire des phrases pour rien, prouvez le.
Réponse de le 12/02/2015 à 10:04 :
Ah non surtout pas. En trois phrases il a largement prouvé qu'il savait le faire... Évitons les débordement, plus de phrases seront trop indigestes.
a écrit le 11/02/2015 à 21:40 :
2 perdants : france et allemagne, qui ont placé l'argent des citoyens dans les emprunts grecs, que les grecs refusent de rembourser...
Réponse de le 12/02/2015 à 0:07 :
"..."les politicients" français et allemand qui ont placé l'argent des citoyens dans les intérêts des emprunts grecs dont le peuple n'a pas bénéficié et qui donc ne trouve pas de raison de le rembourser"
Réponse de le 12/02/2015 à 1:38 :
et alors, ça ne change absolument rien. Les grecs ont emprunté , ils remboursent, point barre.
Réponse de le 12/02/2015 à 10:06 :
Et si on annule la dette Grec, qu'on annule aussi celle des autres. Les perdants ne seraient pas les citoyens mais les créanciers qui de toute façon s'en fichent vus qu'ils se font plein de bénéfices depuis déjà pas mal d'années sur nos dos à tous...
a écrit le 11/02/2015 à 21:35 :
"le débiteur est plus fort que le créancier"...
Voilà ! et il ne fait pas bon avoir du fric en banque.

Pour le reste, l'Allemagne a la guerre à ses frontières. Tout finit par se payer.
a écrit le 11/02/2015 à 21:12 :
Qui a le plus à perdre à la sortie de la Grèce ? L'Allemagne. Parce que l'euro la protège d'une réévaluation de sa monnaie en dépit de ses énormes excédents commerciaux et des déficits de ses "partenaires". Et si la Grèce sort, les victimes n'accepteront plus d'être complices de l'escroquerie qu'elles subissent. C'est trop injuste !
a écrit le 11/02/2015 à 20:48 :
A propos de la Grèce qui se tourne vers la Russie :

Mercredi 11 février 2015 :

« La Russie examinera un éventuel appel au financement du gouvernement grec, qui subit comme elle la ligne illégitime des Occidentaux », a assuré mercredi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov qui recevait son homologue grec, Nikos Kotzias.

« En ce qui concerne les questions économiques, nous avons discuté aujourd'hui de la situation financière de la Grèce, qui est également dans une situation difficile en raison de la ligne unilatérale, illégitime de nos collègues occidentaux », a indiqué le ministre russe lors d'une conférence de presse avec M. Kotzias.

« Si le gouvernement grec s'adresse à nous, cet appel sera bien examiné par la Russie », a assuré M. Lavrov.

Le chef de la diplomatie russe a aussi salué la ligne constructive du gouvernement grec qui se prononce pour le développement de notre partenariat stratégique sans tenter de le politiser, de le teinter d'idéologie ou de sacrifier les ambitions géopolitiques d'Etats tiers, en une référence à l'Ukraine, que la Russie accuse d'être pilotée par les Occidentaux.

« Nous apprécions la position du gouvernement grec, qui comprend qu'il est absolument contre-productif de tenter de parler dans la langue des sanctions avec la Russie », a souligné M. Lavrov.

Le ministre russe a aussi discuté avec son collègue grec les excellentes perspectives d'un partenariat gréco-russe dans le secteur de l'énergie, compte tenu de l'intérêt d'Athènes pour le gazoduc que la Russie compte construire via la Turquie jusqu'à la frontière grecque pour livrer du gaz aux Européens.

Le nouveau gouvernement grec, élu le 25 janvier, ne cache pas ses sympathies pro-russes, suscitant des interrogations sur une possible réorientation stratégique de la diplomatie du pays membre de l'UE depuis 1981.
a écrit le 11/02/2015 à 20:40 :
N'aurait il pas mieux fallut faire un article sur:
"Qui a le plus à gagner d'une sortie de la Grèce? "
a écrit le 11/02/2015 à 20:03 :
On oublie de mentionner que la Grèce a deux gros voisins voraces: la Russie et la Turquie. Et vu l'actualité militaire chez l'un comme chez l'autre, ils n'ont pas besoin d'argument légitime pour trouver une raison d'y debarquer des tanks, un fois que la grèce sra isolée.
Réponse de le 11/02/2015 à 20:46 :
Il n'est pas question de sortir la Grèce de l'union européenne, mais simplement sa monnaie de la zone euro. Aucune raison que cela fragilise sa situation vis à vis des turques.
a écrit le 11/02/2015 à 19:55 :
La zone euro n’en finit plus de produire du chômage, elle est incapable de créer de la croissance, ne faudrait-il pas constater que c’est un mauvais système ? Le but est-il de faire exploser la société ? Monnaie forte, désindustrialisation, chômage, salaires en baisse, déficits, croissance nulle… tout ce que ne connaissent pas les Allemands. On bulle et on rebulle ?
Réponse de le 11/02/2015 à 22:52 :
Les Allemands ont la même monnaie que nous. Et il n'y a pas qu'eux. Comme les Anglais n'ont pas l'Euro et leur croissance assise sur une dette progressant encore plus vite que la notre n'a pas l'air non plus très solide. Ce qui est pratique avec l'Euro comme bouc émissaire, c'est qu'il n'y a pas besoin de réfléchir trop. Notre droit du travail ou le niveau des charges salariales, la pression fiscale, les réglements anti-économique de notre état colbertiste n'ont rien à voir avec l'Euro.
a écrit le 11/02/2015 à 19:37 :
Assez de bla bla...Que tout le monde sorte de l'Europe, la Grèce en premier, puis la France
a écrit le 11/02/2015 à 19:25 :
Dans ce plaidoyer hellenophile et germanophobe, je n'ai vu qu'un seul argument contre le Grexit qui soit sans remède. Le reste n'est que de l'agit-prop banale. J'ai hâte que la Grèce sorte et que l'inévitable échec de la politique de Tsipras serve de leçon aux Français du FN et de la gauche radicale.
Réponse de le 13/02/2015 à 0:55 :
Ah ! Parce que vous pensez que la politique européenne n'est pas un échec depuis le début ? Rien à dire sur l'emploi ? Sur la croissance ? Sur la politique énergétique ? Sur l'industrie ?
Sur la concurrence exacerbée entre les Etats ? Sur la fiscalité ? Et 'en passe...
Je pense que vous devriez changer vos lunettes et redescendre sur terre.

Vous fustigez, d'un claquement de doigts, le nouveau gouvernement grec, démocratiquement élu. Au nom de quoi ? De quelle idéologie archaïque ?
a écrit le 11/02/2015 à 19:03 :
R. Godin nous expliquait déjà la semaine dernière que la Grèce était en position de force... Quelle blague
a écrit le 11/02/2015 à 18:33 :
Bonjour
Passant par hasard, j'ai lu votre analyse que j'ai trouvé fort pertinente...Puis j'ai lu les commentaires et j'ai été frappé par leur caractère revanchard et simpliste...Puis j'ai réalisé que j'étais sur un blog de la Tribune.
Je vous renouvelle d'autant plus mes félicitations pour la qualité de vos arguments et de votre analyse.
Comment il disait Mahomet déjà ?: C'est dur d'être aimé par des... !
a écrit le 11/02/2015 à 18:24 :
au passage c'est curieux que le titre ne soit pas ' si la grece sort et abandonne ses partenaires, l'allemagne sera en faillite et l'europe sans avenir' !
ca nous change des headlines des derniers mois !!
a écrit le 11/02/2015 à 18:23 :
ceux qui ont le plus a perdre sont les grecs, c'est pour ca qu'ils finassent avec une prise d'otages tout en expliquant qu'ils n'ont pas l'intention de partir ( ca prouve qu'ils ont bien compris les enjeux)
avec une inflation comme au venezuela, mais sans le petrole pour la rente, les grecs vont vite regretter la douceur de l'euro et de 'l'austerite' ( qui n'est pas pire qu'ailleurs, sauf en france ou l'etat a encore depense 2% de plus l'an dernier)
pour le reste, les creanciers vont y laisser 320 milliards
a écrit le 11/02/2015 à 18:13 :
Je suis toujours abasourdi par certains commentaires même si le curseur bouge...après la banque Lazard, Obama voici l'OCDE qui entre dans la danse pour réfléchir sérieusement à un travail coopératif avec le gouvernement Tsipras. Pour certains rien n'y fait, les rangs des gauchistes inconséquents ne font que se garnir de nouveaux camarades.

Hier j'écoutais un "économiste sérieux" expliquer à la radio que toutes les plaies d'Egypte s'abattraient sur la Grèce en même temps en cas de sortie de l'Euro, car le poids de la dette augmenterait encore davantage compte tenu de la dévaluation qui affecterait la nouvelle monnaie grecque. Si la Grèce fait défaut.....elle fait défaut pardi!! Abandonnée , elle ne rembourserait pas cette partie de dette et repartirait avec de nouveaux créanciers, privés et publics.
Ce ne serait pas une partie de plaisir pour la Grèce comme l'explique le rédacteur du billet mais l'argent du conflit serait perdu pour les créanciers européens...enfoui dans les caisses des états européens, la BCE n'aurait d'autre perspective que de les racheter aux banques nationales .
Il serait même intéressant de savoir dans quelle mesure, ces mêmes banques , une fois la catastrophe consommée, n'iraient pas renégocier avec le pouvoir grec leur liquidation de créance au mieux pour ne pas ressortir totalement à poil sur ce coup là. En clair, si la Chine, la City entrainant des finances anglo-saxonnes et russes pourront venir atterrir au Pirée, il ne sera pas interdit à des états ou des banques de pays de la zone euro d'aller placer quelques billes plutôt que de tout perdre.
Les bilatérales entre la Grèce et l'Autriche et la Grèce et la Belgique sont à examiner, quant aux déclarations d'Osborne , maître de la livre sterling, je ne vous fais pas un dessin....
Réponse de le 11/02/2015 à 18:26 :
J´espere que les trockystes d´Athenes aient lu votre billet. .. Ainsi, ils n´auront pas peur de sortir de l´UE. .. Personnellement j´en serais ravi!... Un nouvel exemple de "Venezuela" europeen serait aux frontieres de l´Europe et le gout du modele gauchiste s´evanuirait des capitales europeennes. ... Enfin, c´est mon voeux, mais les nouilles de Bruxelles vont encore faire payer les contribuables d´euro-zone pour sauver les gauchistes d´Athenes... Nos dirigents sont maso, et leurs electeurs idiots.
Réponse de le 12/02/2015 à 13:43 :
Il n'est pas interdit de discuter sur le fond. Je ne pense surtout pas que la sortie de l'Euro pour les Grecs serait une partie de plaisir.
le point noeudal de ma contribution était l'éclaircissement sur le fait que la mise en place d'une monnaie nationale en Grèce conduirait à doubler ou tripler la dette du pays...point du tout, quand on fait défaut, on fait défaut!
a écrit le 11/02/2015 à 17:47 :
je redis que cette histoire de la Grèce dans l'UEM a été une vaste escroquerie, un hold up "légalisé" ou "entériné" ou "rendu possible"...comme on en trouve d'autres dans l'Histoire à commencer par l'Histoire de France...du trésor des templiers accaparé par l'Etat (la Royauté qui sera maudite, et la ligne s'éteindra dans le fracas et le sang), et bien sûr avant, aux grandes faillites des XVIII (avant pendant et après la Révolution de 1789) et XIX émes siècles.
a écrit le 11/02/2015 à 17:43 :
Enfin Mr. Godin ... vous venez de vous rendre compte que la Grece n´a d´autre voie de sortie que la poursuite de la politique exigee par la Troika, ou...Grexit. ... Personnellement je souhaiterais Grexit, car ce pays n´est pas un pays europeen, mais d´Asie Mineur.
a écrit le 11/02/2015 à 17:41 :
Contrairement à ce que dit ce journaliste. Tout traite prévoit une clause de sortie. C'est cela que permet l'article 50 du traité de l'Union Europeenne. Déjà en 2012 la Finlande menaçait de sortir de l'euro à cause de la Grèce.. (Mme Jutta Urpilainen, ministre finlandaise des finances au journal Kauppalehti). Elle disait (je cite) : "À la différence du gouvernement français le gvt finlandais défend les intérêts du peuple finlandais face au délire europeiste, etc... ". Éclaires, ces Finlandais....
a écrit le 11/02/2015 à 17:38 :
"Car le gouvernement hellénique n'entend pas quitter la zone euro. Le programme de Syriza a toujours été très clair sur ce point, ce qui le différencie radicalement des mouvements eurosceptiques comme le Front National."
Menteur !!!
a écrit le 11/02/2015 à 17:37 :
la Grèce !
a écrit le 11/02/2015 à 17:30 :
Je sais que l auteur est pro grec mais penser que les grecs rembourseront un jour est du domaine du reve... Dans l euro ou hors de l euro, ils ne pourront jamais rembourser une telle somme (> PIB). la seule question qui vaille est en echange de quoi l europe va faire ce cadeau aux grecs. SI la grece arrive a se reformer et a devenir un etat fiable (avec des impots qui rentre, qui ne truque pas ses stats et dont la corruption n est pas endemique) l effacement de la dette est une bonne chose. si on efface la dette pour que les grecs recommence comme avant (cleintelisme, corruption, JO), autant les laisser faire defaut. ca coutera moins cher de prendre ses pertes une fois que de renflouer le tonneau des danaides
Réponse de le 11/02/2015 à 17:46 :
C'est bien de faire la morale aux autres, mais la Grèce n'est pas seule dans ce cas : pratiquement tous les pays occidentaux. La Grèce est un test, si ça passe (le pillage du peuple grecque grâce aux dettes illégitimes) la purge sera effectuée sur les autres peuples.
a écrit le 11/02/2015 à 17:21 :
Le seul risque qui pourrait être couru l'est pour le pays. En réalité ni Obama, les européïstes, ni Poutine ne se soucient du choix à venir. La position stratégique est dépassée, on est en train de s'en rendre compte mais en réalité nous le savions déjà. Si le pays fait défaut il négociera avec les organisations habituelles ou pas sur les critères qu'il acceptera ou pas. La question de l'effet d'entraînement ne gêne plus personne car la problématique se résoudrait au même type de choix laissant le pays face à lui-même. Personne ne s'en soucie.
a écrit le 11/02/2015 à 17:08 :
L'analyse est très pertinente, en ce sens qu'elle fait la démonstration en posant des arguments clairs et assez peu discutables, que tout le monde aujourd'hui est en capacité d'évaluer les impacts des scénarios de sortie de l'euro de la Grèce vs une restructuration de sa dette, y compris l'Eurogroupe, y compris la BCE, y compris Schauble et Merkel. Ce n'était pas le cas pendant les phases aiguës de la crise où les responsables politiques ont été dépassés par les événements et n'ont pas su ou pu analyser les conséquences de ce qu'ils votaient. Comme le coût politique, économique et géopolitique d'une sortie de la Grèce apparaît clairement plus élevé qu'une restructuration, seule une décision dogmatique et une volonté de destruction pourrait en être à l'origine.... On peut se dire que l'Allemagne moderne ne se comportera pas de la sorte, on peut se dire que W. Schauble et dans une moindre mesure A. Merkel sont un brin old school...
a écrit le 11/02/2015 à 16:53 :
bnp et ca faillitte
a écrit le 11/02/2015 à 16:49 :
Si l'EU est incapable de se reformer afin d'aller vers un vrai fédéralisme, a quoi bon?
Depuis toujours certains freinent ( français en tête)afin de doter l'EU , en tout cas la zone euro d'un vrai contenu politique, alors il ne faut pas s'étonner de la crise larvée qui plombe notre économie et notre monnaie. Si l'euro disparait et que la France retourne à ses démons, c'est la fin de l'EU.....car une France sans le bouclier euro, c'est une monnaie de singe, des importations en hausse, des salaires en baisse, une dette à des taux prohibitifs.... bref, le paradis que nous promette le FN et certains de la gauche radicale qui voient en Tsipras un sauveur....
Réponse de le 11/02/2015 à 17:46 :
EU = États Unies - UE = Union Européenne
a écrit le 11/02/2015 à 16:40 :
Vous les grecs vous lancez un formidable defi à l'Europe actuelle ulta liberale et composée de pays qui n'auraient jamais du y entrer ( pays baltres, Croatie, et peut- être bientôt Ukraine). Si vous reussissez alors vous ouvrirez la voie à une europe plus democratique, orientée vers la paix et une nouvelle prospérité equitablement répartie
a écrit le 11/02/2015 à 16:27 :
Qui a le plus a perdre? C'est les USA! Et pas la peine d'en faire un long discours!
a écrit le 11/02/2015 à 16:23 :
A lire Romarin, on a presque l'impression que tout va bien pour la Grêce en fait. Vraiment, il suffit de "bien" voter et ensuite on rase gratis !
a écrit le 11/02/2015 à 16:05 :
Difficile d'avoir un avis sur ce que sera le détails des opérations ELA, dont il peut être mis fin par le conseil des gouverneurs de la BCE (à 2/3 des votants..). Et donc rien n'indique qu'il y ait une solution pour les banques grecques à long terme de ce côté là. Et pour ce qui est de l'excédent primaire, il ne va pas faire long feu. pour tester le sentiment des investissuers, il suffit de regarder les courrs des banques grecques..In fine, de plus en plus de personnes, j'en fait partie, préfèreraient voir un Grexit que la poursuite des gabegies, très mauvais exemple pour un comportement vertueux des pays, et un contrôle des déficits. Le fonds de stabilité est limité et ne verra pas d'extention, la position allemande est bien connue (unanimité pour le faire). Enfin, la Grèce, et c'est peut-être là notre erreur, n'a pas fait défaut en 2011 et 2012..même si effectivemment les privés ont pris leurs pertes. La sagesse sera-t-elle au rendez_vous du côté des grecs, c'est à dire une poursuite de leurs efforts: on peut en douter.

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