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http://www.latribune.fr/actualites/politique/affaire-clearstream/le-contenu-des-listings/20090831trib000416547/affaire-clearstream-le-quatrieme-envoi-le-plus-copieux-.html
La Tribune.fr - 31/08/2009 | 18:30 - 356 mots
C'est un CD Rom de marque Sony, posté à Paris, qui parvient sur le bureau du juge Van Ruymbeke le 20 août 2004. Il est toujours envoyé "anonymement" par Jean-Louis Gergorin, haut responsable d'EADS, pour démonter le réseau mafieux qui alimente ses comptes avec des commissions occultes issues du trafic d'armes et de drogue. Ce quatrième envoi est placé sous scellés par le juge le 26 août 2004.
Ce CD Rom contient principalement un fichier de 33.382 comptes. C'est l'envoi le plus considérable qui sera reçu par le juge mais aucun nom nouveau, parmi les personnalités françaises, n'apparaît lorsqu'on le compare aux autres envois reçus par le juge Van Ruymbeke ou le général Rondot.
Les policiers le compareront au fichier que l'auditeur Florian Bourges est accusé d'avoir dérobé à Clearstream afin de démontrer la falsification. Les deux documents se ressemblent par leur taille : 33.382 comptes pour celui reçu par le juge, 33.340 comptes pour le fichier Bourges. Cependant, le PV de police du 19 février 2007, que latribune.fr a pu consulter, montre les modifications subtiles opérées par les auteurs de la manipulation.
- 36 nouveaux numéros et 36 nouveaux noms ont été ajoutés, dont Stéphane Bocsa, Paul de Nagy, Jean-Pierre Chevènement, Patrick Gaubert, proche de Sarkozy, Bernard Squarcini, de la DCRG, lui aussi proche de Sarkozy, le magistrat Gilbert Flam, Jean-Jacques Martini (DST), Alain Chouet (DGSE), la société Pretory, Jean-Pierre Joulin, un des hauts responsables du groupe Lagardère, et sa femme.
- 30 nouveaux noms sont crées à partir de comptes existant déjà dans la base Bourges : Philippe Delmas, Marchiani, Martinez, Pasqua, Madelin, Wang Chuan Poo, Alain Gomez (cité trois fois), Karel Schmitt et 8 doublons.
- 81 enregistrements sont vides
Dans ce PV, les policiers relèvent une anomalie importante : le document comprend des "E" ou des "N" au lieu de "0" et "1". Cette modification prouve que la base telle qu'elle a été falsifiée ne peut pas fonctionner. Ce qui laisse supposer que le falsificateur ne connaît pas le fonctionnement de la base Clearstream, soulignent les policiers. La preuve essentielle de la manipulation est ainsi apportée.
Suivez toutes ces prochaines semaines toute l'actualité du procès Cleastream sur votre site latribune.fr.
Pascal Junghans
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