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Affaire Clearstream : ce que sont les listings falsifiés

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Le général Rondot puis le juge Van Ruymbeke ont reçu plusieurs envois tous différents. Voici, d'après les documents de l'enquête des juges, la description, les différences et les ressemblances de ces listings qui ont mis le feu aux poudres.

Que sont ces fameux listings, dont la falsification a déclenché l'affaire Clearstream, une affaire de dénonciation calomnieuse par lesquels plusieurs dizaines de responsables politiques, d'industriels, d'homme des services de renseignements et de personnalités ont été faussement accusés de détenir, auprès de la chambre de compensation internationale Clearstream, des comptes alimentés par d'occultes commissions issues de la vente de frégates à Taiwan par Thomson CSF (devenu Thales) ?

Ces fichiers, ou listings, ou tableaux contiennent des listes de noms plus ou moins connus. Ils sont tous différents, ainsi que le montre le tableau établi par la police et que nous révélons en exclusivité. Selon les envois, il s'agit de notes, de lettres, de tableaux ou de CD Rom. Car les envois ont été nombreux, six exactement.

Le premier listing a été remis par Jean-Louis Gergorin, haut dirigeant du groupe EADS, au général Rondot, conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales (CROS) de plusieurs ministres de la Défense successifs.

Ensuite, Jean-Louis Gergorin s'est tourné vers le juge financier Renaud Van Ruymbeke, chargé d'une instruction au long cours pour déterminer dans quelles poches s'étaient évaporées les faramineuses commissions qu'aurait générée la vente des frégates de Taiwan. A la demande du juge, il lui envoie un premier courrier "anonyme".

Le deuxième envoi au juge provient, lui, d'une autre source : Bernard Monnot, financier proche du journaliste Denis Robert, qui souhaitait informer le juge des turpitudes supposées de la chambre de compensation Cleasrtream.

Ensuite, les envois en provenance de Jean-Louis Gergorin, toujours "anonymes", se succèdent à cadence accélérée. Au fil des envois, l'affaire prend de plus en plus de retentissement politico-médiatique.

L'enquête montre la falsification des fichiers par rapport au document initial celui que l'auditeur Florian Bourges est accusé d'avoir volé. D'abord quelques indices, comme les fautes d'orthographe qui émaillent les noms propres cités. Ensuite, Azizeh Khan Zand, l'épouse de Jean-Pierre Joulin, dirigeant du groupe Lagardère, est citée dans les fichiers sous le nom de Homa K. Zand. Or, Homa est un diminutif uniquement connu des intimes du couple. Ensuite, un PV de police du 19 février 2007, que latribune.fr a pu consulter et que nous citons largement, montre les modifications subtiles opérées par les auteurs de la manipulation. Enfin, les commissions rogatoires internationales lancées par le juge Van Ruymbeke n'ont pas confirmé la réalité des comptes attribuées aux personnes dénoncées.

 Suivez toutes ces prochaines semaines toute l'actualité du procès Cleastream sur votre site latribune.fr.

Pascal Junghans

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