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Affaire d'Etat

Procès Clearstream minute par minute : suivez en direct l'audition de Villepin

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Sur latribune.fr, vivez le procès Clearstream comme si vous y étiez grâce à notre envoyé spécial et spécialiste du dossier Pascal Junghans. Au menu ce mercredi, l'audition du suspect "vedette", l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin a commencé.

DOMINIQUE DE VILLEPIN

20 h 35 La défense de Villepin interroge vigoureusement Gergorin. Maitre Brossolet d’abord, puis maitre d’Antin.

 

 

19 h 24 Villepin veut démontrer que les notes Rondot ne reflètent pas la réalité. Les carnets Rondot ont été distillés pour cibler une personne. Je n’ai jamais eu ces listings. Je n’ai jamais fait d’investigations

 

19 h 12  Villepin :Le ministre de l’intérieur m’a mis en cause plusieurs fois et aussi le président de la République. Tout au long de cette instruction, le doigt de Nicolas Sarkozy a été braqué sur moi et sur le président de la République. Des hauts fonctionnaires ont été menacés, je pense à Yves Bertranbd. C’est à partir de cela qu’a été construite une instruction au bénéfice d’une seule partie civile. C’est de harcelement qu’il faut parler, le changement de physionomie lorsque Nicolas Sarkozy parlait de Clearstream. il y avait bien un acharnement à détruire un adversaire.

 Le président : choisissez vos questions, Maitre Herzog

 Maitre Herzog : des notes ont été transmises pour l’audition de décembre 2006. Un quart d’heure le 1er janvier, une heure le 9 janvier 2004, plus rien jusqu’au 19 juillet 2004. Pourquoi avez-vous besoin de services pour préparer votre audition ?

 Villepin : l’ampleur des accusations, la vague successive des accusations, j’ai voulu me souvenir des éléments excacts de l’affaire. J’ai voulu donner les informations les plus précises.

 Maitre Herzog : une dernière question : vous avez été destinataire le 21 décembre 2006, vous avez déclaré : Rondot ne me transmet aucun rapport ce qui est la règle dès lors qu’il y a des instructions ?

 Villepin : je confirme que si j’avais donné des instructions au nom du président de la République, il y aurait des traces écrites.

 Maitre Herzog : Donc, vous n’avez pas été destinataire de notes ?

 Villepin : Non.

18 h 53 Villepin : On arrive à des amalgames, des insinuations que je n’ai jamais vues dans aucune affaire judiciaire. Je le dis très solennellement.

Maitre Metzner : Est-ce décent dans une affaire judiciaire de prendre les gens pour des cons et de poser trois fois la même question ?

Le président : si vous avez déjà répondu, dites-le.

Maitre Herzog : il y a une mention, dans une note Rondot, compromission POL avec une flèche vers MAM. Qu’en pensez vous ?

Villepin : la référence avec Ollier (POL) a été faite après lors de l’affaire des otages en Irak. Ollier connaît bien l’Irak. Je connaitrais après le contentieux entre Rondot et MAM. Ceci n’a aucun rapport avec la réunion du 9 janvier.

Maitre Herzog demande l’avis de Gergorin sur cette affaire.

Gergoin : cette mention est venue en incidente dans la réuion du 9 lorsque nous parlions du secret et du fait que Rondot avait déjà une mission pour MAM. Il y avait un risque de fuites vers le compagnon de MAM, Ollier, qui avait des relations d’affaires dans les pays du Moyen-Orient.

Maitre Herzog qui se tourne encore vers Villepin répète des questions sur la note Rondot sur l’arrestation de Lahoud.

Puis il dit : sur l’agenda de Rondot il est fait référence à un coup de fil entre Rondot et Bousquet de Florian (alors directeur de la DST).

Villepin : Je ne suis pas comptable des coups de fil de Rondot. Cela montre bien que votre tentative est désespérée. Je ne peux admettre que la calomnie se poursuive. Vous n’arriverez pas à mettre en implication le ministre que j’ai été.

Maitre Metzner, avocat de Villepin : Est-ce le président de la République qui parle ou un avocat ?

Villepin : Maitre Herzog je l’ai bien connu lorsqu’il travaillait avec moi à l’Elysée, il était très différent …

Maitre Herzog : je vous rappelle que les relations entre un avocat et son client sont tenu par le secret.

Villepin : vous n’étiez pas avocat à l’époqu.

18 h 37 Maitre Herzog : quels noms avaient été cités au moment de l’affaire des frégates ?

Villepin : des ministres de la défense, de l’économie ont été cités, de droite et de gauche.

Maitre Herzog : dans un communiqué de Matignon, il est écrit : nous nous sommes intéressés au système et pas aux gens. Alors pourquoi n’avez vous pas levé le secret défense dans l’affaire des frégates ?

Villepin : dans la levée du secret, il n’y a pas que des noms, il y a des intérêts diplomatiques et économiques.

Maitre Herzog : pourquoi organisez vous cette réunion le 9 janvier ?

Villepin : j’ai déjà répondu à cette question.

Maitre Herzog : vous pensez que Gergorin peut affirmer vous avoir transmis une note DDV sans que ca soit le reflet de la réalité ?

Villepin : Cette note n’a pas été rédigée pour un ministre. La priorité d’un ministre des affaires étrangères c’est la lecture des télégrammes. Le courrier, la note a été transmise par courrier, n’est pas la priorité. Ce n'est pas cette note qui m’a conduit à organiser la réunion du 9 janvier.

Maitre Herzog : vos agendas de ministre n’ont pu être retrouvés. Les policiers ont exploité un CD Rom sur l’entrée des visiteurs 2003 et 2004. Ils font la constatation suivante : le nom de Bousquet figure.

Villepin : vous savez combien il y a d’agent au ministère des affaires étrangères ?

Maitre Herzog : Bousquet est venu au ministère des affaires étrangères le 5 janvier 2004. Votre secrétaire dit : je ne me souviens pas l’avoir convoqué.

Villepin : trop c’est trop. Bousquet est un nom commun. Si Bousquet de Florian (NDLR : le directeur de la DST de l’époque) était venu me voir, il serait rentré en voiture et c’est le numéro de cette voiture qui serait noté.

Maitre Herzog fait référence aux agendas de Vilepin.

Villepin : je n’ai jamais eu d’agenda.

17 h 46

Le procureur : avez-vous fait conduire au ministère de l’intérieur Gergorin de manière discrète ?

 Villepin : on a fait une enquête, le seul visiteur secret a été mon kiné.

 Le procureur : je ne savait pas que Gergorin pratiquait les massages. Que pensez vous du témoignage des agents de protection ?

 Villepin : parfois trop c’est trop. Les agents de sécurité ont été interrogés. 26 officiers de sécurité du ministre ont dit qu’il n’y avait pas de procédure spéciale et qu’ils n’ont pas été chercher Gergorin. Les visiteurs sont remis aux huissiers. Ils ont été interrogés. Je trouve curieux que 26 officiers de sécurité pèsent de moins de poids que des agents d’officine de sécurité. Je trouve cela choquant.

 Le procureur : on ne peut donc rencontrer discrètement le ministre de l’intérieur. C’est rassurant.

 Villepin : Est-ce qu’au ministère de l’économie, il y a eu une note sur Cleartresam ? Sarkozy est venu me voir, il m’a parlé de lui et pas d’un système. Il ne m’a pas dit : le système Clearstream n’a pas existé. Ceux qui détenaient cette information ne l’ont pas partagée. Je n’ai pas été informé que Lahoud travaillait sur Ben Laden. C’est là qu’est le problème.

 Le procureur : pourquoi n’avez-vous pas saisi le ministère de l’économie pour savoir ?

 Villepin : je ne suis pas sûr que Clearstream les intéressait. Rondot ne m’a jamsi parlé de sa source. A aucun moment, les informations n’ont été partagées.

 Le procureur : était-il indifférent que Martini (NDLR : fonctionnaire de la DST) soit coupable ou innocenté ?

 Villepin : j’ai suivi les recommandations de la DST qui suggérait d’attendre le retour des commissions rogatoires.

 Le procureur : votre réaction lorsque Rondot vous dit que les services suisses disent que les listings sont faux ?

 Villepin : Rondot m’informe que des noms sont faux. Il n’en tire aucune conclusion générale. Si Rondot avait la conviction que l’ensemble est faux, pourquoi n’a-t-il pas informé sa hiérarchie et pourquoi sa hierarchie ne m’a pas informé ? L’enquête était entre les mains du ministère de la défense.

 Le procureur : pourquoi n’avez vous pas informé la DST de l’enquête Rondot ?

 Villepin : Cétait au ministère de la Défense à informer la DST. Rondot avait d’ailleurs des liens étroits avec la DST. Je lui ai toujours dit d’informer la DST. Il l’a fait.

 Le procureur : vous etes au courant de ce qu’a écrit FOG : « Sarkozy c’est fini si les journaux font leur travail » en vous citant ?

 Villepin : c’est une sollicitation de citations. A aucun moment, cette citation n’a été prononcée dans ces termes exacts. Je n’y accorde aucune importance. C’est le même journaliste qui a parlé du croc de boucher…

 Le procureur : une note de la DST du 20 septembre peut être lue différement. Cette note avance que Gergorin pourrait être le corbeau. vous pouviez compléter la note de la DST. Vous saviez que Gergorin s’intéressait à Clearstream ?

 Villepin : le fait de s’intéresser à un dossier ne signifie pas qu’il puisse être responsable, je n’ai pas imaginé que Gergorin puisse être l’auteur. Dans cette note, il y avait la mention de certains noms qui n’étaient pas Gergorin. Il y avait la mention que certains services étrangers auraient pu interférer dans l’affaire, que certains apporteurs d’informations aussi. Il est facile de s’imaginer pouvoir interpréter des renseignements. Mais c’est un métier. Cela n’autorise personne à picorer des données dans une note.

 Le procureur : deux questions simples : avez-vous prévenu Gergorin et Lahoud des perquisitions à EADS ?

 Villepin : non.

 Le procureur : lorsque Mme Lahoud parle des mecs qui seraient mécontent à EADS ?

 Villepin : Lahoud connaissait tout le gotha. Je le redis je ne connais pas Lahoud. Je ne l’ai jamais rencontré. Jamais.

 Le procureur : j’ai une question à poser à Gergorin. Vous avez indiqué que vous avez suggéré au ministre de l’intérieur de saisir la DST alors que vous venez de saisir un juge, Van Ruymbeke ?

Gergorin : plus il y avait d’investigations dans ce système, mieux ce serait. Je continue à saisir des consultants extérieurs.

Le procureur : j’ai une question pour Lahoud. Votre beau père est M. Heilbronner anien directeur de cabinet de Chirac.Vous a t-il parlé de Villepin ?

Lahoud : non.

Le procureur : merci.

Le président appele les parties civiles.

C’est maitre Herzog, l’avocat du président de la République, qui prend la parole. Il y a au dossier des notes Rondot : le 23 mai 2002 faire son affaire à Flam.

 Villepin : Je ne me souviens pas avoir tenu ces propos.

 17 h 20  Villepin : Cette relation avec Rondot, MAM la connait, Marland (NDLR : le directeur de cabinet de MAM à l’époque à la défense) la connaît. Je lui ai dit que j’étais prêt à l’accueillir au Quai d’Orsay, comme il avait des difficultés au ministère de la défense. Il s’est peut-être appuyé sur moi. Mais je n’ai jamais utilisé Rondot contre sa hiérarchie. Cette relation se faisait au vu et au su de tout le monde. Et au bénéfice de tous.

 Le procureur : cette réunion du 9 janvier, vous en parlez au président mais en parlez vous au Premier ministre ?

 Villepin : il y a un domaine réservé.

 Le procureur : avançons d’un pas plus pressé. Et venons-en à l’arrestation de Lahoud le 25 mars et au sauf-conduit que Gergorin a fourni. Le commissaire qui a arrété Lahoud téléphone à Rondot. Fou furieux,Rondot appelle. Rondot écrit qu’après l’appel du commissaire, il téléphone à Gergorin puis téléphone de Villepin.

 Villepin : c’est exact.

 Le procureur : vous l’avez appelé, pourquoi ?

 Villepin : le 25 mars, c’est un sommet européen traitant de l’attentat de Madrid. Je lui téléphone pour avoir son avis sur le terrorisme.

Le procureur : Rondot note que vous l’appellez pour faire liberer Lahoud. Il a mal entendu ?

 Villepin : cette note Rondot pose un problème d’interprétation et est, il me semble, un souci de couverture mais qui ne correspond pas à la réalité des choses. Rondot ne m’a pas rappelé. Si un ministre demande quelque chose à un général, le général rend compte. Il ne l’a pas fait. Et je ne l’ai pas rappelé. Je ne connais pas Lahoud. Je ne le connais pas ni avant ni après. L’épisode du 25 mars est un tournant. Tout devait s’arrêter (NDLR la source est grillée. Les règles des services devaient imposer de couper tout lien). Or, tout s’est accéléré.

 Le procureur : pourquoi une affaire du ministre des affaires étrangères devient une affaire du ministre de l’intérieur ? Et pourquoi votre sucesseur n’a pas à en connaître ?

 Villepin : qu’aurais-je pu transmettre à mon successeur ? La menace ne s’est pas concrétisée. Rondot n’est pas revenu vers moi.

 Le procureur : vous êtes saisi d’une vaste affaire, d’un complot international, vous ne lui en touchez pas un mot.

 Villepin : la raison de la réunion du 9 janvier c’est le système de corruption. Mais je n’en connais pas l’étendue. Je missionne Rondot pour vérifier. Au ministère des affaires étrangères, on se pose des questions, nous n’avons pas de réponses forcément.

 Villepin regarde droit dans les yeux le procureur. Des yeux qui sont des armes. Mais il ne cite jamais son nom. Il ne nomme que le président du tribunal.

 Le procureur : vous n’en parlez plus car Rondot n’est pas revenu vers vous ?

 Villepin : je suis intéressé par la mission de Rondot dont le chef de file est le ministère de la Défense. Est-ce que la ministre de la Défense a informé le président de la République ou le Premier ministre ?

 Le procureur : Gergorin parle de la remise devant la police de décoration le 14 avril 2004 et dit : je tentais de lui parler de la mission Rondot, il me dit que je ne devais traiter qu’avez Rondot.

 Villepin : je ne veux parler avec lui d’aucun dossier. Je le renvoie vers Rondot. Vous imaginez qu’au milieu d’un cocktail, je lui parlerais de l’affaire Clearstream ? C’est absurde.

 Le procureur : ce jour là, Gergorin veut vous parler de l’affaire Clearstream

 Villepin : est ce que Gergorin a demandé à me voir 5 mn avant ou 5 mn après ?
 

17 h 01 Le président donne la parole au procureur Marin.

Le procureur interroge Villepin : vous avez servi sous les ordre de Gergorin au CAP du ministère des affaires étrangères ?

Villepin : en partie.

Le procureur : bien. Dans ce CAP travaillaient aussi Rondot et Delmas. Vous aviez des liens d’amitiés avec Gergorin ?

Villepin : mes relations ont seulement été professionnelles.

Le procureur : vous avez des relations amicales avec Rondot ?

Villepin : seulement, des relations professionnelles.

Le procureur lit des textes de Rondot figurant au dossier ou Rondot tutoie Villepin et lui parle d’amitiés. N’est ce pas le symbole de liens étroits ?

Villepin : avec Gergorin, je n’ai eu que des relations épisodiques pendant vingt ans. Ce sont des formules habituelles entre collègues.

Le procureur : mais Gergorin est autorisé a passer au ministère des affaires étrangères le 1er janvier 2004 ?

Villepin : c’est autorisé entre hauts fonctionnaires.

Le procureur : ces relations peuvent elles laisser supposer que Rondot ait pu vous manipuler ?

Villepin : j’ai indiqué que dans des circonstances difficiles, mon nom ait pu être sollicité. Sans faire référence au problème de fond.

Il explique un dysfonctionnement : une source a commis des erreurs, on coupe les liens. Or, avec Lahoud, cela n’a pas été fait. Mais je n’accuse personne de manipulations.

Il scande ses propos avec la main et la voix.

Le procureur : est-il habituel qu’un ancien diplomate travaillant dans le privé fasse état à un autre diplomate d'une affaire grave concernant un fonctionnaire du ministère de la défense ?

Villepin : je ne discute pas avec Villepin, je ne rentre pas dans le dossier. C’est à la fin d’un entretien que l’affaire est évoquée et je sollicite ensuite Rondot.

Le procureur : pour quelle raison vous saisissez vous de cette affaire et organisez vous une réunion ?

Villepin : Je suis ministre des affaires étrangères. Cette menace internationale d’un réseau occulte me concerne.

Villepin est en combat contre le procureur, qui dépend du ministre de la Justice donc du président de la République.

Le procureur lui pose des questions. Villepin répond : j’ai déjà répondu à cette question. Le procureur : le tribunal peut entendre vos réponse.

Le procureur : Avez-vous parlé au président de la République de l’entretien avec Gergorin ?

Villepin : Non.

Le procureur : quels sont les noms qui sont évoqué par Gergorin le 9 janvier ?

Villepin : selon mon souvenir, il y avait DSK, Fabius, Gomez et peut être Chevènement, plus des noms de la mafia russe, et celui de Joulin. Peut-être Delmas. J’ai indiqué que les noms qui m’ont été cités n’ont pas été au cœur de la réunion. La réunion a tourné autour du système occulte.

Le procureur : Très bien. Rondot vous adresse une lettre, nous ne sommes plus dans les verbatim, « il convient d’agir avec prudence dans un cadre secret selon les propos du président que tu m’a rapportés ».

Villepin : propos ne veut pas dire instruction.

Villepin fait sentir son exaspération.

16 h 34 Le président : il ressort des auditions de Le Maire qu’il n’y a pas eu autant de rencontre ?

Gergorin : nous sommes d’accord sur le nombre de rencontres passant par lui. Mais il y a eu d’autre rencontres lorsque des voitures venaient me chercher. Je rappelle que ces rencontres intéressent un sujet grave, du moins ce que tous le monde croyait à l’époque et pas une falsification.

Le président appelle Vilepin et demande à Gergorin de rester à la barre.

Confirmer vous ce que vient de dire Gergorin ?

Villepin : j’ai eu deux échanges avec Gergorin sur l’affaire. Il n’y a eu aucune instruction.

Le président : Gergorin, entendez vous ?

Gergorin : il y a eu une incitation présentée comme une instruction du président de la République.

Le président suspend la séance. Il est 16 h 38

16 h 19 Le président de tourne vers Gergorin : il y a la deuxième lettre de juin. Il y a eu un échange préalable avec Villepin ?

Gergorin : oui. Je suppose que c’est le 19 mai, c’est ce que note d’ailleurs Rondot.

Le président : avez-vous évoqué avec Villepin la saisine de la DST ?

Gergorin : lors d’une réunion le 24 juin ou après en raison de l’agitation médiatique. Je pensais que plus il y avait d’agitation, plus cela poussait à des investigations et à faire craquer le système. Villepin m’a dit que c’est pas une mauvaise idée et qu’il allait y penser.

Le président : tenez vous Villepin informé de vos contacts avec Van Ruymbeke ?

Gergorin : Villepin est intéressé par le démontage du système Clearstream. Je le tiens au courant.

Le président : Villepin connaissait-il la source ?

Gergorin : oui, je lui ai donné son nom au plus tard en février 2004.

Le président : avez-vous informé que les informations sur Clearstream provenaient d’un hacking ?

 Gergorin : oui, il n’a pas eu de réaction.

Il ajoute : c’est une affaire extraordinaire. On était en dehors de toutes les procédures.

Le président : le 25 mars, avez-vous téléphoné à Villepin pour l’informer de l’arrestation de Lahoud ?

Gergorin : dans une affaire aussi fondamentale, avec ce que nous pensions à l’époque, il me semblait essentiel de protéger la source.

Le président : avez-vous informé Villepin des développements de l’affaire après la médiatisation de l’affaire ?

Gergorin : Villepin, dans cette affaire majeure, veut être tenu au courant des rencontres avec Van Ruymbeke. Villepin m’avait dit de passer par Le Maire (NDR : conseiller politique de Villepin à l’époque, aujourd’hui ministre de l’agriculture) en prétextant la création d’une base de données antiterroristes.

15 h 55  Le président : Villepin conteste.

Pendant que Gergorin s’enferre dans des explications trop complexes pour le tribunal, et que le président le laisse s’enfoncer, Maitre Herzog, l’avocat du président, manipule des dossiers rouges. Quels pièges contiennent-ils pour Villepin ?

Le président : Rondot écrit que Villepin aurait demandé à Gergorin de demander à Rondot d’assurer la sécurité de Lahoud. Est-ce vrai ?

Gergorin : c’est exact.

Le président : vous avez dit à Rondot : Villepin a un état d’esprit « jubilatoire » et veut être assuré qu’il n’apparaîtra pas dans l’affaire lorsque vous l’avez informé que vous aviez saisi un juge ?

Gergorin : absolument. Même si je ne me souviens pas du mot jubilatoire.

Le président : Villepin conteste.

Gergorin : je comprends sa position mais je maintiens la mienne.

Le président appelle Lahoud à la barre et demande à Gergorin de rester.

Il lui demande s’il a su que Villepin avait demandé à Gergorin de saisir un juge.

Lahoud : Gergorin me tenait informé des entretiens avec Villepin et m’a dit que Villepin lui avait demandé de saisir un juge.

Gergorin : je ne le tenais pas informé de tout mais je l’ai informé que Villepin m’avait donné instruction de saisir un juge.

Le président demande à Lahoud : vous avez établi un seul document sur lequels figurent les noms de Bocsa Nagy ?

Lahoud : c’était courant mars 2004.

Le président : Quand Gergorin vous a fourni l’indication de "balancer Sarkozy" ?

Lahoud : Quelques jours avant le 28 mai 2004.

Le président : Ce qui suppose un entretien entre Gergorin et Villepi.

Lahoud : sans doute mais je n’ai participé à aucun entretien entre Vilepin et Gergorin.

Le président : Que signifie l’expression "balancer Sarkozy " ?

Lahoud : Donner son nom au juge. Je l’ai dit à Rondot.Je disait tout à Rondo.

Le président : Rondot conteste.

Lahoud : je disais tout à Rondot.

15 h 41 Le président appelle Gergorin à la barre pour lui demander son avois sur les déclarations de Villepin.

Gergorin : je confirme l’existence de ces entretiens avec Villepin. Je confirme également l’instruction donnée par Villepin au nom du président de la République. Mais je n’ai pas dit la vérité car je ne voulais pas contredire les déclarations publiques du président de la République et du Premier ministre.

Le président : de réunion en réunion, le contact sera maintenu avec Villepin ?

Gergorin : oui. Avec des modalités différentes selon que Villepin soit ministre des affaires étrangères ou de l’intérieur.

Le président : encore une fois, quelle qualité avez-vous pour participer à ces réunions ?

Gergorin : l’idéal aurait été que Rondot rende compte à sa hiérarchie. Mais Rondot ne change pas sa méthode individualiste. Il ne se rendra à aucune réunion. Il y a une continuité dans les propos de Villepin : c’est la gravité de l’affaire, d’un réseau occulte impliquant des personnalités.

Le président : Qu’est ce qui va provoquer la réunion contestée par Villepin de février 2004 ?

Gergorin : le fait de faire le point et de constater que Rondot n’a pas fait appel aux moyens techniques de la DGSE. Je confirme que le nom d’Hortefeux figurait dans les listings.

Le président : avez-vous répercuté d’autres informations à Villepin ?

Gergorin : La principale information nouvelle arrivée dans la première quinzaine de mars que j’ai répercuté à Villepin c’est l’apparition des comptes Bocsa et Nagy.

Le président : Villepin conteste.

Gergorin : Je maintiens cela.

Le président : quant apparaît l’idée de saisir un juge ?

Gergorin : En mars lorsque les noms de Nagy et Bocsa appairraissent. Villepin s’est livré à une réflexion à vois haute, certainement pas une instruction. Il m’a fait comprendre que les services ne pouvaient pas être saisi. Et qu’il fallait un juge. C’était présenté comme une interrogation.

Début avril, cela change. Il passe à un ton solennel. Cela va être très court : maintenant il n’y a qu’une solution, il faiut informer, saisir un juge. Il me voit choqué. Il rajoute : C’est une injonction du président de la République.

16h00 Le président : En mars et avril 2004 avez vous été informé des noms de Nagy Bocsa figurant dans les listings ?

Villepin : non.

Le président : si on fait le lien entre le listing remis au juge Van Ruymbeke en juillet 2004 et les propos tenus lors de la réunions du 9 janvier, il cherche à vous informer que tel nom ressorte.

Villepin : dans les échanges, il n'a été question que de système et pas de nom. Je n'ai pas a discuter avec Gergrorin de sujets qui ne sont pas de sa compétence.

Le président : lors de sa remise de décoration le 14 avril, vous avez évoqué l'affaire ?

Villepin : nous n'avons pas évoqué le dossier Clearstream. Le bureau du ministre de l'intérieur est un petit bureau. Il y avait des gens. Je ne vois pas comment j'aurais pu parler avec Gergorin. Son insistance à son époque à la quelle je n'ai pas répondu montre bien que je ne souhaitais pas parler avec lui.

15 h 27 Le président : Sur un autre point, avez-vous informé Lagardère qui dit que jamais vous ne l'avez informé des soupçons sur Gergorin ?

Villepin : j'ai souhaité informer Lagardère des rumeurs qui couraient sur son groupe. Les règles politiques m'empéchaient d'informer sur les vérifications de la DST. Il n'était pas habilité à savoir des missions de la DST.

Le président : à aucun moment, dit Lagardère, je n'ai été informé de l'implication de Gergorin. En revanche, il m'a fait part de la possibilité de déstabilisation du groupe Lagardère.

Villepin : il n'y avait pas d'élément concret et probant permettant d'accuser quiconque.

15 h 11 C'est vous qui avez fait que les notes de la DST soient transmises aux juges d'instructions. Parmi les notes, ne figure pas une note de la DST qui établit la fausseté des listings et l'implication de Gergorin ?

Villepin : je l'ai gardée au fond d'un dossier. Elle n'est pas aussi précise que vous l'évoquez. Aucune note de la DST qui m'a été adressée n'indique avec certitude qu'il s'agit de faux. Le ministère chef de file est le ministère de la défense. Le ministère de l'intérieur n'était là qu'en support. Toutes les informations dont nous disposons ont été transmises à la présidence de la République et au Premier ministre. Il n'y a pas eu de rétention d'information.

Le président :pourquoi cette note n'a pas été déclassifiée ?

Villepin : ce document n'a pas été classé avec les autres. Mais ce document, j'insiste, n'est pas différent des autres.

Le président lit la note de la DST, datée du 21 juillet, qui relate l'entretien entre Bousquet, directeur de la DST, et Martini, le sous-directeur mis en cause par les listings qui donne des informations qui le dédouane largement. Martini évoque un montage. Martini « hasarde » (citation) que Gergorin pourrait être l'initiateur en soulignant que les noms cités dans les listings sont des ennemis de Gergorin. Martini fait état de sa colère. La note cite les relations avec les services luxembourgeois qui ont permis de se renseigner sur les listings. Je recommande, écrit Bousquet, pour l'heure la plus grande prudence en attendant le retour des commissions rogatoires lancée par le juge Van Ruymbeke pour vérifier les listings.

Villepin : je n'ai pas été destinataire de cette note. Mon directeur de cabinet m'a donné la teneur de cette note. Et nous avons suivi à la lettre les recommandations, toutes les recommandations, de la DST. J'ai demandé à de Bousquet de faire la lumière pour dédouaner le fonctionnaire de la DST cité dans les listings.

14 h 56 Le président : les informations de la DST étaitent-elles cohérentes avec celles de Rondot ?

Villepin : j'avais demandé à Rondot de prendre contact avec la DST. J'espère qu'il y avait cohérence. Mes informations viennent de la DST. Je vois Rondot sur d'autres affaires et il me fait un point sur le dossier qui est devenu politique et médiatique (après la publication du dossier du Point)

Le président lit une note de Rondot qui fait état de la certitude que les listings sont faux, de la folie de Gergorin. Quel lien entre Gergorin et Clearstream ?

Villepin : Gergorin apparaît pour la DST comme un possible corbeau.

Le président :Gergorin vous a-t-il fait état de ses rencontres avec Van Ruymbeke ?

Villepin : je n'ai jamais revu Gergorin sauf pour parler des questions concernant l'industrie de défense. Il était chargé de la constitution d'une base de donnée ouverte sur le terrorisme.

Le président : pourquoi Gergorin vous équipe-t-il de Blackberry sécurisé ?

Villepin : Gergorin a déposé un Blackbery à mon secrétariat. J'ai demandé à ma collaboratrice de lui restituer immédiatement.

Le président : lors de ses visites, avez-vous la possibilité de rencontrer Gergorin de manière incident.

Villepin : J'ai du le rencontrer deux à trois en plus de la remise de décoration qui s'est déroulée le 14 avril.

Le président : avec vous été informé du caractère frauduleux des listings ?

Villepin : Je n'ai jamais été informé du caractère frauduleux des listings

Le président : Avez-vous eu des échanges avec la ministre de la Défense (MAM) ?

Villepin : A deux reprises, et nous avons partagé nos doutes. Je l'ai informé de la mission donnée à la DST.

Le président : quel rôle avait Gergorin ?

Villepin : Aucun.

Le président : les informations de la DST pointent Gergorin ?

Villepin : parmi d'autres hypothèses. Comme ils ne disposait pas d'éléments probants, les vérifications ont continué. Je ne disposais que des notes du directeur de la DST.

14 h 45 Le président lit la note de Rondot suite à l'entretien avec Villepin du 19 juillet 2004. « Il y a quelque chose du côté de NS », écrit Rondot. Quel pouvait être l'intérêt de la rencontre avec Rondot ?

Villepin : faire le point sur le dossier et indiquer que la DST est chargée d'une enquête. Rondot me fait part de ses doutes, de ses interrogations. Je n'ai été destinataire d'aucun document du ministère de la Défense. Rondot m'a dit qu'il avait rédigé des documents personnels et m'a demandé ce qu'il devait en faire. Il ne m'a pas appartenu de lui donner un avis.

Le président l'interroge sur l'évolution de l'affaire et son exposition à la suite de l'article du Point.

Villepin : j'appelle Chirac et Raffarin (alors premier ministre) pour les informer que la DST est saisie. Il me confirme l'importance de la mission. Dans la mesure où les personnels de la DST sont mis en cause, il fallait faire une vérification. Tous les services auraient du être concernés et apporter des informations utiles.

Le président : au cours de cet entretien, le nom de Sarkozy a t il été cité ?

Villepin : pas à ma connaissance. J'ai pu citer le nom de Sarkozy pour indiquer sa grande colère.

Le président : sur la note Rondot figurent les mots qui vous sont attribués : « si nous apparaissons le PR et moi, nous sautons » ?

Villepin : j'ai évoqué à Rondot une conversation avec Sarkozy. C'est lui qui m'a dit cette phrase : si DDV et le PR, vous ne réglez pas cette affaire, vous sautez. C'était la menace de Sarkozy.

14 h 27 Villepin tout bronzé en costume sombre les mains croisées sur le ventre, sa haute taille domine le prétoire.

Le président : (après avoir lu la note Rondot rendant compte de la rencontre du 9 janvier à MAM). Avez-vous conscience de la mission d'origine confiée par le ministère de la défense à Rondot ?

Villepin : Non. Le ministère de la défense avait décidé de réduire la mission à deux noms, j'aurais pu élargir la mission à l'ensemble de Clearstream. Mais l'approche présentée le 9 janvier était une approche globale. Vous avez lu une longue note que j'aimerai commenter. Cette note a été rédigée 4 mois après ma rencontre avec le général Rondot. Cette note est une note officielle. Elle évoque la saisie de la DGSE que j'aurai demandé à Rondot sur instruction du président de la République. Imaginez vous qu'un général de la République puisse laisser traîner 4 mois une information aussi sensible ?

Le président : avez-vous été informé du projet de dénonciation de Gergorin de s'adresser à un juge ? il l'aurait fait sur votre instruction ?

Villepin : il n'y a jamais eu d'instruction présidentielle dans ce dossier et je n'ai jamais transmis d'instruction dans ce dossier de Jaques Chirac.

Le président : vous allez redécouvrir cette affaire le 5 juillet 2004, vous allez saisir la DST. C'est quoi Cleartream à ce moment ?

Villepin : c'est la relation qu'en fait le journal le Point. Je demande au directeur de la DST de regarder ce qu'il en est. Je fais un lien avec la mission donnée à Rondot. Je n'en ai pas fait état au directeur de la DST. Mais j'ai convoqué Rondot et lui ai demandé de donner tous les documents utiles à la DST. La DST m'a régulièrement informé. Notamment que le ministre cité dans le Point pouvait être Sarkozy.

14 h 18 Le président fait référence à l'arrestation ponctuelle de Lahoud, il brandit un sauf conduit et invoque la protection de Villepin. Rondot téléphone à Villepin. Etes vous intervenu pour le libérer ?

Villepin : ce n'est pas exact, je n'ai fait aucune intervention.

Le président : le nom de Lahoud a-t-il été cité ?

Villepin (avec force) : le nom de Lahoud n'a jamais été cité. On parlait de source de Rondot. Et c'était un problème du ministère de la défense. Pour la quatrième fois cette source, Lahoud, pose problème : l'arrestation, le rejet de Lahoud par la DGSE, escroquerie. En règle, il faut immédiatement couper avec la source. Ce n'a pas été fait. Justification : il y a un ministre de la République qui s'intéresse à la source. Surtout, cette source doit conduire à Ben Laden. C'est cela le vrai problème. Il y a une note de Marland à MAM qui dit c'est « une Affaire alléchante et politiquement sensible », j'ai lu cela avec inquiétude. Tout aurait pu tout aurait du s'arreter après le 25 mars 2004 (voir la chronologie sur latribune.fr). Or tout s'accélère. Il y a l'opération Franklin ou Lahoud est présenté à un haut gradé de la CIA. Lahoud est présenté comme un collaborateur et non pas comme une source.

Dans cette longue déclaration, Villepin vise MAM et le ministère de la défense. MAM qui a demandé la première enquête à Rondot.

14 h 06 Le président : est-ce que la possibilité de faire appel à la DGSE a été évoquée ?

Villepin : non.

Le président : l'hypothèse de la saisie de la DST a-t-elle été évoquée ?

Villepin : non.

Le président : Gergorin a évoqué cette possibilité de saisir la DST a été évoquée. Puis il est revenu sur ses propos.

Villepin : ce qui a été évoqué, c'est la nécessité d'une ouverture plus large de l'information. Rondot avait l'entière capacité de s'adresser à l'ensemble des services de renseignement.

Le président : il le fera et il y aura un refus de Brochand (NDLR : le patron de la DGSE).

Villepin : Brochand a dit qu'aucune demande spécifique n'a été faite par Rondot.

Le président : on évoque un « compte couplé Sarkozy Bocsa à préciser » Qu'en pensez-vous ?

Villepin : je répète : a aucun moment le nom de Sarkozy ou l'un de ses patronymes n'a été évoqué en lien avec les réseaux occultes.

Le président : pour Gergorin, la seule explication, c'est que la veille Lahoud avait évoqué ce compte.

Villepin : si cette réunion n'avait été autre chose qu'une discussion, Rondot n'aurait pas été appelé comme scribe.

Le président : plus de nouvelle ensuite jusqu'en juillet 2004 après cette réunion du 9 janvier?

13 h 48 Le président : la mission de Rondot était limitée au personnel de la Défense. Pouvait il l'élargir ?

Villepin : à aucun moment, on ne m'a indiqué que Rondot avait une mission limitée. Il devait vérifier la crédibilité des listings.

Le président : avez-vous fait état d'instruction du président de la République (NDLR, alors Chirac) ?

Villepin : j'ai inscrit mes demandes dans le cadre des instructions répétées du président de la République pour moraliser la vie financière internationale.

Le président : dans une note Rondot, on parle de notre source ?

Villepin : je sais qu'il y a un informateur. Notre source est une source officielle française du ministère de la défense. La règle veut qu'on ne demande pas le nom d'une source. Je l'ai respectée.

Le président : avez-vous connaissance du processus qui a permis de révéler ces faits ?

Villepin : ce qui m'a été indiqué était que les investigations reposaient sur des données brutes issues de l'intérieur du système Clearstream. Des données irréfutables, m'a-t-on dit.

Le président : y a-t-il eu des retours de Rondot?

Villepin : non sauf un échange téléphonique.

Le président : avez-vous eu des demandes complémentaires ?

Villepin : A aucun moment Rondot ne m'a manifesté d'inquiétude. Le contexte de 2004 explique mon inquiétude. Des très fortes tensions avec les pays anglo-saxons suite à la guerre en Irak. Des rumeurs sur les compromissions entre la France et l'Irak.

Le président : les notes Rondot de la réunion du 9. Qu'e pensez vous ?

Villepin : ces notes Rondot ne sont pas conformes à ce qui s'est dit le 9 janvier. La réunion était destinée à faire le point sur les menaces que pourraient engendrer Clearstream. A aucun moment, Rondot n'emet des doutes comme il semble le dire dans ses notes. Ce sont des notes de travail, évolutives. Elles ne reflètent pas cette réunion.

Le président : il parle bien d'instruction du président de la République. Y a-t-il eu un compte rendu fait au président de la République ?

Villepin : j'ai rendu compte à Chirac de la réunion du 9 et que j'aavais demandé à Rondot de travailler la dessus.

Le président demande à Villepin de reculer du micro qui larsenne en permanence.

Villepin précise que la rencontre du 9 était juste une discussion à baton rompus pas une réunion de travail. Nous ne sommes pas entré dans l'analyse de l'implication de quiconque.

Le président cite les noms des « réseaux tangentiels à explorer » comme dit Rondot et notamment ces mots « L'enjeu politique est Sarkozy »

Villepin : à aucun moment il n'a été fait référence à Sarkozy en liaison avec les listings. Son nom a été évoqué en sa qualité du ministre de l'intérieur pour explorer ce réseau, il est apparu que ce n'était pas opportun.

13 h 35 Le président rappelle les chefs d'accusation retenus contre Villepin (voir ci-dessous). Il demande à Villepin les relations entre Rondot et Gergorin.

Villepin : de la mi-2002 à la mi-2004, j'ai été ministre des affaires étrangères puis ministre de l'intérieur. Mes relations avec Gergorin datent du moment où j'ai travaillé sous les ordres de Gergorin au ministère des affaires étrangères c'est à cette époque que j'ai connu Rondot.

Le président rappelle la rencontre du 1er janvier et du 9 janvier 2004. Mais Villepin conteste avoir donné l'instruction à Gergorin d'aller voir le juge (voir sur latribune.fr la note en défense de Villepin). Dans quelles circonstances êtes-vous intervenus dans cette procédure ?

Villepin : Le 1er janvier Gergroin raconte les tensions à EADS et à l fin il évoque un système de financement occulte et évoque Rondot chargé d'une enquête. Il me presse d'agir. Je lui dit que j'organiserai une réunion.Ce sera celle du 9 janvier avec Rondot et Gergorin. Gergorin fait un ex^posé long et assez décousu. Rondot donne son avis. Je conclu à garder la vigilance.

Le président : avez-vous été destinataire d'un document, la note DDV rédigée par Gergorin pour expliquer le mécanisme Clearstream ?

Villepin : non. Je souhaiterai m'y référer.

Villepin lit la note de sa voix forte et grave. Le micro larsenne.

Villepin : je ne veux pas prolonger la lecture. Gergorin a travaillé de nombreuses années pour l'Etat. Il sait ce qu'est un ministre, un président de la République. Cette note n'est pas destinée à un ministre, ni à un président de la République.

Villepin donne son agenda, chargé, sur la période du 4 au 9 janvier 2004.

Le président : dans quel esprit avez-vous organisé cette réunion du 9 janvier ?

Villepin : je souhaitais m'informer.

Le président : cela relevait de votre collègue de la défense, Michèle Alliot-Marie (MAM).

Villepin : j'avais souvent des réunions avec Rondot sur des affaires sensibles (Irak, Syrie). La relation est tout à fait naturelle.

Le président : lors de cette réunion du 9 janvier, Gergorin vous a-t-il indiqué que cette initiative venait de lui-même, sans en référer à Rondot ?

Villepin : non.

13 h 30 L'audience est ouverte. Les accusés sont là, bien sages. La déclaration de Villepin est retransmise mystérieusement dans la salle d'audience. On appelle maitre Maisonneuve, l'avocat de Bernard Squarcini, le puissant patron de la DCRI (service de renseignements français). On lui demande si son client a bien posé les « écoutes ». Ambiance ....

13 h 24 Au delà de la recherche de la vérité, Les « storytellers » (faiseurs d'histoire) des deux camps l'ont décidé. Les juges d'instruction l'ont confirmé : le procès Clearstream sera un affrontement Sarkozy-Villepin, un duel à distance jamais vu entre un président de la République en exercice et un ancien Premier ministre. L'audience de ce jour apparaît donc comme le coeur du procès, un combat entre deux fauves de la politique issus de la même matrice chiraquienne et si dissemblables. D'un côté, l'avocat qui a gravi tous les échelons du pouvoir, de l'autre l'Enarque propulsé directement en haut de la pyramide sans l'onction du suffrage universel, fusse-t-il celui d'une banlieue huppée.
Les juges ont oeuvré pour que ce combat soit. Leur ordonnance de renvoi cible Villepin. Elle lui consacre 76 pages sur 225 contre 51 à Gergorin et ... 19 à Lahoud, les supposés instigateurs et auteurs de la manipulation. Villepin, l'ancien Premier ministre, est accusé de complicité de dénonciation calomnieuse, punie de cinq ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende, de complicité de faux et usage de faux, punis de trois ans d'emprisonnement et de 45.000 euros d'amende. Enfin, il est accusé de recel de vol et recel d'abus de confiance, pour avoir détenu les fichiers que Florian Bourges est accusé d'avoir volé, avec à la clé cinq ans d'emprisonnement et 375.00 euros d'amende. A toutes ces sanctions s'ajoute l'interdiction d'exercer certaines professions et la privation de droits civiques, dont la possibilité d'être élu.

C'est désormais à l'ancien Premier ministre de répondre. Costume sombre, chemise blanche, il a commencé à le faire depuis l'extérieur du tribunal : "je suis heureux de pouvoir aujourd'hui apporter ma contribution à l'émergence de la vérité dans une affaire où les mensonges et les manipulations ont obscurci cette vérité. Je suis certain que la sérénité des débats de cet après-midi permettra à la justice de faire son travail dans les meilleures conditions. Je vous remercie".

Aujourd'hui, mercredi, un grand moment de haine et d'aventure, le tribunal interroge Dominique de Villepin. Ouverture de l'arène à 13h30.

latribune.fr

Vos réactions

  • nessuno a écrit le 30/09/2009 à 18:05 :

    • pourquoi présenter votre article à l'envers, avec la fin chronologiquement en haut au lieu du bas. La lecture en serait plus facile car de toute manière la lecture se fait toujours du haut vers le bas, alors ???

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