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Procès Clearstream minute par minute : le témoignage de Rondot

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Sur latribune.fr, vivez le procès Clearstream comme si vous y étiez grâce à notre envoyé spécial et spécialiste du dossier Pascal Junghans. Scribe consciencieux de la toute première enquête sur les listings falsifiés, le général Rondot a expliqué ce lundi pourquoi rien n'a été tenté pour bloquer la manipulation avant qu'elle ne se déchaîne. A suivre ce mardi, le témoignage du juge Renaud van Ruymbeke.

LES ACTEURS DU PROCÈS CLEARSTREAM SE DÉCHIRENT SUR NICOLAS SARKOZY

Lors de chaque rendez-vous avec Dominique de Villepin, Premier ministre, ou Imad Lahoud, financier, le général Rondot sortait de sa poche un de ses désormais célèbres carnets noirs et un crayon, et noircissait des pages entières, tel un scribe consciencieux. Ce lundi après-midi, il  a témoigné devant les juges du procès Clearstream (voir le compte-rendu de l'audience minute par minute ci-dessous). 

Son témoignage était attendu. Car celui qui a été conseiller au renseignement et aux opérations spéciales de plusieurs ministres de la Défense successifs, de gauche comme de droite, a été chargé par Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, de la toute première enquête, secrète, sur les listings falsifiés mettant en cause plus d'une centaine de personnalités, accusées de détenir des comptes bancaires occultes alimentés par le trafic d'armes. Il expliquera certainement ses investigations dans le détail.

Alors que la DGSE, les services secrets français, demandait de couper tout lien avec Imad Lahoud, leur source d'un temps, le général Rondot a pris sous son aile celui qui est accusé aujourd'hui d'avoir falsifié les listings, l'a présenté à de hauts responsables de la CIA pour monter une opération anti-terroriste, l'a couvert lorsque Lahoud est parti à Beyrouth pour soi-disant récupérer des documents financiers concernant Oussama Ben Laden.

Rondo savait dès avril 2004 que les listings étaient faux, mais rien n'a été organisé pour empêcher Gergorin de remettre les listings falsifiés au juge Van Ruymbeke, immobiliser le juge avant qu'il n'arrête Philippe Delmas, la première victime, bloquer la publication des faux listings dans l'hebdomadaire le Point. Pourquoi la mécanique folle de la machination n'a pas été stoppée à la source ?

13 h 30 Conduit par la greffière, le général Rondot entre dans l'arène. Il donne son nom, sa date de naissance. Il prête serment. Et se lance dans une déclaration spontanée, décrivant ses fonctions qui étaient les siennes au moment des faits : celle de CROS. Il quitte cette fonction le 31 décembre 2005. Il revient sur les conditions dans lesquelles il a eu connaissance du dossier Clearstream.

"J'ai eu droit à plusieurs, trois, perquisitions à mes domiciles. Des documents ont été saisis. Le lendemain de la dernière perquisition, j'ai été convoqué par les juges et j'ai eu droit à une audition longue et éprouvante, qui a duré 14 heures. Au cours de cette audition, il m'est arrivé de commettre des erreurs sur les dates et les faits. J'ai quant même signé le PV. Quelque temps après des documents, ont été publiés dans la presse. Des interprétations ont été faites, j'ai crû utile de mettre les choses au point, j'ai accordé un entretien au JDD (Journal du Dimanche). A la suite, j'ai été convoqué par les juges et j'ai demandé le statut de témoin assisté. Ce qui a été refusé par les juges. J'ai souhaité ce statut pour répondre à partir de documents, les miens. Je n'ai pas eu de réponse à ma demande. C'est pourquoi je ne me suis pas rendu à cette audition. Des officiers de police sont venus me chercher. J'ai renouvelé ma demande. Elle a été refusée. Pendant un an, rien ne s'est passé. Puis, le statut de témoin assisté m'a été accordé. Je me suis rendu aux auditions dont le total m'a-t-on dit représentaient 130 heures. J'ai pu alors à partir de mes notes qui m'ont été présentées, répondre sans omissions et sans mentir.

Il y a un moment où l'on m'a posé des questions sur les documents saisis. Parmi eux figurent des notes et des verbatims. Je voudrais expliquer mon mode de fonctionnement. Je tenais un journal de marche, un document où les officiers notent les évènements de la journée. Car mon père me l'avait appris. De plus, j'ai connu une mise en cause, on l'avait interrogé sur les disparitions lorsque j'étais en poste extérieur. On m'a interrogé plusieurs années après. Le soupçon s'était installé. J'ai été prié de quitter le service (NDLR : SDECE, devenu DGSE, service de renseignement extérieur). Le soupçon a rebondi. Je dois la DST et à l'attention que doit Gergorin, avec qui j'ai travaillé au ministère des affaires étrangères, le soupçon a été levé. Ensuite les verbatims. Jour après jour, heure après heure, parfois à la minute près, je consignais les coups de fil, les entretiens, les réunions, les opérations que je menais à l'extérieur. Pour remonter dans le passé. Tous ces journaux de marche ont été détruits. Je n'ai gardé dans des chemises que les verbatims de mes entretiens avec ma hiérarchie dont ceux avec Marland, directeur de cabinet de MAM (Micèle Alliot-Marie). Ces entretiens relataient très précisément le contenu des entretiens que j'avais. Cette manière de fonctionner n'est pas inhabituelle. Je rappelle que toutes mes archives étaient destinées au Service historique de la Défense.

Troisième point, il concerne les compte-rendus à ma hiérarchie. C'est sur ces documents que j'ai été interrogé par les juges.

Je n'ai jamais eu d'entretien sur cette affaire là avec le président de la République. Cependant, j'ai demandé maintes fois à être reçu par lui. Je n'ai eu aucune réponse.

Maintenant, mon mode de fonctionnement. Je suis tout simplement un officier de renseignement au service de l'Etat. Dans mon métier nous traitons des sources. Je suis incapable de traiter une source technique. En revanche, dans le traitement des sources humaines, je pense savoir procéder. Une source humaine c'est d'abord un homme. Et en matière de lutte anti-terroriste, toute source à son importance. Même lorsqu'une source montre des faiblesses, je ne lâche jamais une source dans la nature. Je garde le fil même si le fil est ténu. Ce qui n'empêche pas que je la traite avec déférence, je ne la traite pas comme un indic.

Je veux dire quelques mots sur les deux personnes impliquées dans cette affaire. La première, c'est Lahoud, la source. Qui est-il ? Petit retour en arrière. En janvier 2003, Gergorin me signale qu'il y a une personne libanaise d'origine très au fait des circuits financiers susceptibles d'apporter des informations sur le financement du terrorisme islamique. C'est une de mes préoccuptions. Je reçois Lahoud. Il m'expose ses conception sur le financement des réseaux, domaine que j'ignore. Non pas pour capturer Ben laden mais pour mieux m'approcher de son environement. Je ne dispose que d'une assistante. Je suis bine incapable de m'asurer de la validité de la source. Je l'ai présenté à Champtiaux, numéro deux de la DGSE et Alain Juillet, directeur du renseignement.

Lahoud sera pris en charge par un officier traitant « Antoine ». Les conclusions n'ont pas paru suffisante à la DGSE car elle n'a pu récupérer les documents que Lahoud disait détenir au Liban. Pour des raisons techniques.

Avec l'autorisation de mon ministre, je continuais à voir Lahoud pour obtenir des documents. J'ai été au Liban où j'ai retrouvé Lahoud, les exploiter. Je n'étais pas convaincu qu'ils soient intéressants. Ensuite Lahoud me rapporte une opération de transferts de dollars marqués en provenance d'Afrique pouvant immigrer dans le Golfe et pouvant financer Al Qaeda. Je ne transmets pas l'information à la DGSE car Lahoud en a été écarté. Je me retourne vers mes correspondants américains, en 2003. Ils ont vérifié et en ont conclu que cela ne tenait pas la route. J'ai donc arrêté mes relations avec Lahoud. Tout en conservant la possibilité de l'actionner, ce que j'ai fait concernant les criminels de guerre des Balkans.

Je reviens à l'affaire. Qui est Lahoud ? Je ne veux pas faire ici son portrait. Je dit qu'il vaut mieux se référer aux entretiens avec « Antoine » et l'opinion que celui-ci s'en est fait : personnage complexe, soucieux d'entrer dans le monde du renseignement, intéressé par l'aisance que donne l'argent. Avec un passé judiciaire. Il n'est pas quelqu'un de facile à traiter.

M Gergorin, je l'ai connu au ministère des affaires étrangères. A l'époque, il m'a confié des missions au moment des guerres du Liban et d'Iran-Irak. J'ai apprécié sa vision stratégique. Je lui reconnais des compétences en cette matière. Il avait ses entrées à la DGSE et à la DST où ses analyses étaient appréciées. Il m'a rendu des services. Gergorin a une personnalité parfois confondante, des analyses très fines, très profondes qui vous poussent à aller au-delà, mais une exhaltation qui dessert parfois les analyses qu'il peut faire. Il a lui une fascination réelle pour le renseignement et une forme d'obsession, le mot n'est pas péjoratif, pour les complots.

Pourquoi avoir continué à voir Lahoud ? En matière de lutte contre le terrorisme, l'expérience m'a prouvé que c'est à partir de sources fragiles que l'on capture un terroriste.

La chronologie, je la reprends le 1er octobre 2003. Gergorin me fait savoir que sa source à des choses intéressante à me communiquer sur un pacte occulte de corruption internationale avec des liens en France. Je l'écoute, je note. Des bizarerries m'apparaissent. Les noms de mes camarades dont les noms figurent dans les listes, des gens de la DGSE et de la DST. Je ne l'accepte pas. Car officiers de renseignement, nous n'avons ni lesmoyens de nous expliquer, ni de nous défendre. J'ai rendu compte à Marland, j'ai recu des instructions de l'intéresser qu'aux noms des fonctionnaires de la Défense. Ce que j'ai fait. A compter de la première quinzaine d'octobre. Cette mission n'était pas prioritaire. Sauf que le système avait de l'ampleur à cause des noms cités, l'ampleur des mouvements de fonds, l'affaire des frégates. C'est la première phase de mon enquête qui se déroule jusqu'au 31 décembre.

Le 9 janvier, un téléphone du secrétariat de Villepin me demande pour une réunion dont l'objet n'est pas précisé. Je me retrouve dans le bureau de Villepin avec Gergorin. On bascule alors du ministère des affaires étrangères vers un autre ministre. Au cours de cette réunion, je sors mon calepin. Personne ne me dit de ne pas prendre de notes. Je note. Gergorin présente un exposé sur les listings. Vilepin rappelle les consignes de lutte anti corruption qui émanent du président de la Républiue.

Effectivement, le nom de Sarkozy est cité. Effectivement, Gergorin note le compte couple Bocsa et le lie avec Sarkozy. Je ne comprend pas : c'est pourquoi je note des points d'interrogation. Gergorin brandit des documents. Personne ne les consulte. Villepin bouge, téléphone, il écoute le déluge verbal de Gergorin auquel je ne comprend rien. Je résume le soir : belle construction intellectuelle de Gergorin qui attire l'intérêt de Villepin. Je note que Villepin fait état d'instructions du président de la République pour enquêter. Je notes les propos qui sont en provenance du président, qu'il ne saurait être remis en question. Je suis troublé car Villepin me demande de ne pas prévenir mon ministre car le compagnon de MAM, Ollier, est en relation avec les milieux d'affaires. J'ai un vrai débat de conscience. Car je suis investi d'une mission décidée par la ministre et le 9 janvier on me dit de ne plus en référer au ministre et d'en référer au président de la République, chef des armées. J'ai choisi d'informer Marland de cette réunion. Et je rédigerai plus tard une note de synthèse rédigée à partir de quatre notes de travail personnelles rédigées à partir de mes verbatims.

Marland voit vite que les instructions viennent du président de la République. N'aurait-il pas été plus simple que Villepin vérifie auprès de MAM que j'avais été convoqué ? MAM en a pris ombrage. Cela ne s'est pas bien passé. J'ai envisagé de quitter mes fonctions. De janvier 2004 à juillet 2004, je n'ai jamais eu de contact avec Villepin sauf téléphonique pour une intervention auprès de Lahoud.

14 h 24

Rondot poursuit tel un bulldozer de 73 ans, veste verte, les bras croisés derrière le dos, genre position de repos militaire.

Rondot : Je poursuis mes investigations. Ce qui n'est pas simple. Je ne peux convoquer mes camarades. Lahoud continue à me donner des listings. Je lui demande des études particulières sur tel ou tel personnage. Nous sommes avant le 1er mai, je fais procéder par le canal de la DST sans en donner la raison sur des vérifications en Suisse en donnant le numéro d'un compte censé appartenir à un membre de la Défense. J'ai des doutes. Mes doutes ne font que s'amplifier. Une pénétration informatique est organisé à EADS en présence de Lahoud, Gergorin et l'homme censé interroger ces ordinateurs ; On me dit : ce n'est pas possible. Je renouvelle l'expérience. Lahoud m'explique qu'il peut pénétrer à partir d'un portable. Nous organisons cela à Meudon. Je crois fugitivement apparaître des listes. Le signal se coupe.Nous nous rendons à EADS. Lahoud réalise l'opération , c'est plus compliqué. Je ne suis pas informaticien. De l'opération sortent des listings. Je repars avec des listings. Mais je suis incapable de dire s'il y a eu pénétration.

Début mai 2004, tout bascule avec l'arrivée du juge Van Ruymbeke. Gergorin vient me voir. Il me dit : sur instruction de Villepin, je me suis adressé à un juge. J'avais compris que Gergorin n'était pas satisfait de ce que je pouvais lui apporter. Il a harcelé la DGSE.

Il m'a été posé la question : pourquoi ne pas actionner la DGSE pour vérifier les listings ? Je ne l'ai pas fait. Et voilà les raisons : Lahoud a été éjecté de la DGSE. Ensuite, Gergorin avait actionné la DST pour régler un différent entre Lagardère et Gomez. L'autre question est l'affaire japonaise où le président de la République a été accusé de détenir un compte au Japon. On m'avait demandé de vérifier si des reproches pouvaient être fait à des agents de la DGSE. Comment pourrais-je saisir ce service dans ces conditions ?

Je suis consterné et soulagé quand le juge est saisi. Consterné car je voyais la manipulation, le nom de Sarkozy apparaît. Je revois le moment ou Lahoud vient me voir et me montre les deux patronymes qui ne pouvaient donner que Sarkozy. Je ne me suis pas dérobé mais je ne voulais pas déborder le cadre de ma mission. En mai 2004, j'en ai informé Marland. Soulagement, car tout cela m'est rapporté par Gergorin qui me dit avoir des conversations avec Villepin. Dans mon esprit, Gergorin informe Villepin. Je n'ai aucune raison de douter de ce qu'il me dit. Je rends compte à Marland et au ministre.

En juillet 2004, j'ai déjà rencontré mes camarades impliqués. Tous ces entretiens effacent pour moi sans preuves matérielles qu'ils ne peuvent figurer dans les listings. Je demande l'autorisation à mon ministre de consulter les services suisses. Je m'y rends début juillet. Entre temps, l'article du Point est sorti. Je le donne aux services suisses. Première observation des services suisses : ça ne tient pas la route. Ils confirment par téléphone. J'en avertis tout le monde : Marland, MAM, Villepin, la DST et la DGSE. Je suis convoqué par Villepin. Il a cette formule : si nous apparaissons, le président de la République et moi, nous sautons.

Fin juillet, j'ai demandé à ma hiérarchie que soit informé le président de la République. Je ne met pas en doute que les instructions viennent du président de la République.

Dernière phase : l'inquiétude partagée. Villepin a relancé l'investigation. Il est impliqué, comme le président de la République, Gergorin est impliqué. Lahoud sait beaucoup de choses. Je traduis cette inquiétude par protéger Villepin et le PR. Je ne vois plus Lahoud. J'esquive parce qu'on me l'a demandé les réunions avec Gergorin. Fin octobre 2004, réunion avec Villepin. Il me dit que cette opération est un montage.

En conclusion : cette opération est hors de mes compétences : elle est franco-française et implique les mondes industriel et politique. Elle me concerne car elle implique nombre de mes camarades. Or, les relations perverses entre politiques et monde du renseignement conduisent a abandonner certains de mes camarades à leur triste sort. Cela je ne l'admet pas. (il scande). En France, les militaires ne sont pas portés aux nues. Je n'ai pas un QI de pétoncle. J'observe. Je rends compte. Je reconnais que je suis un esprit indépendant. Je sais que mes méthodes, atypiques, peuvent contrarier certains, à la DGSE. Pas à la DST. Je n'admets pas que l'on puisse mettre en cause mon honnêteté.

14 h 51

Le président remercie Rondot et l'interroge sur ses relations avec les « services ».

Rondot : je n'ai pas de relations avec les RG et je ne connais pas Yves Bertrand (NDLR : ancien patron des RG pendant 12 ans). J'ai apporté à la DST mes connaissances du monde arabe. J'ai rejoint le ministère de la Défense à la demande de Pierre Joxe. Je suivais le moyen orient, les Balkans, le Pakistan. J'ai travaillé avec la Direction du renseignement militaire que j'ai contribué à créer. J'ai travaillé avec le Commandement des opérations spéciales pour capturer les criminels de guerre des Balkans. Voilà quel était mon rôle éminemment opérationnel. S'agissant de la DST, j'ai eu une relation extrêmement forte. J'y ai conservé plus que des amis. La DST m'a toujours renvoyé des informations lorsque je l'ai demandé. Je n'ai jamais eu de relations avec les RG.

Le président : Etiez-vous au contact avec des autorités judiciaires ?

Rondot : j'étais bien sur en charge avec le juge Bruguière. Il m'est arrivé aussi d'être convoqué par des juges. Je l'ai été sur plainte de Carlos. Je suis toujours sous le coup d'une plainte hors de France, et j'assume. J'ai été entendu dans l'affaire des moines de Thibérine (NDLR assasinés en Algérie). J'ai été en contact avec le TPI pour la Yougoslavie, dans la traque des criminels de guerre des Balkans.

Le président : avez-vous porté à la connaissance des autorités judiciaires des faits susceptibles d'être poursuivi ?

Rondot : non car je ne suis pas un fonctionnaire d'autorité. Je vois à quoi vous faites allusion. Au mois d'octobre 2003, la question s'est posée, avec Marland, de saisir la justice. Il y a eu un débat. Mais sur quoi ? Sur quelles preuves ? Si la décision avait été prise, ç'aurait été à ma hiérarchie.

15 h 02

Le président : des documents ont été publiés dans la presse. Comment sont-ils sortis de chez vous ?

Rondot : je ne me l'explique pas.

Le président : pouvez vous expliquer la proximité entre Gergorin et Villepin ?

Rondot : j'ai connu Villepin au ministère des affaires étrangères au Centre d'analyse et de prévision (CAP) dirigé par Gergorin. Nous nous tutoyons mais nous n'avions que des relations professionnelles. Lorsqu'il a quitté le CAP, nous ne nous sommes plus revu. Il m'a ensuite convoqué lorsqu'il était Secrétaire général de l'Elysée plusieurs fois. Ensuite, je l'ai vu pour parler du Proche orient.

Le président : en mai 2002, avec le départ de la Gauche, y-a-t-il eu intervention de Villepin pourquue vous restiez CROS ?

Rondot : je ne sais pas. Chaque année, j'étais reconduit. Lorsque MAM st arrivée, il lui était possible de se séparer de moi. Elle ne l'a pas fait. Elle devait avoir ses raisons.

Le président : avec Gergorin ?

Rondot : nous avons une relation d'amitié. Car Gergorin a des fulgurances qui incitent à aller plus loin. Son caractère est à l'inverse du mien qui suis posé. Il a des emballements qui surprennent. Mais que tout le monde connaît. Je note ses contributions aux services de renseignements français. Je me suis éloigné de Gergorin à l'été 2004. Je n'ai jamais eu de rencontre avec Gergorin que professionnelles.

La voix de Rondot faiblit. La force qui l'a habité durant son monologue a disparu.

Le président : vous aviez votre nièce comme assistante ?

Rondot : j'étais tout seul. J'avais une secrétaire qui n'était que cela. Mais j'avais besoin de me confier. Ma nièce a voulu entrer à la DGSE. On lui a proposé un poste de chargée de communication. J'ai écrit une note à Marland pour lui demander qu'elle travaille avec moi.

15 h 19

Le président : c'est Gergorin qui vous met en relation avec Lahoud en janvier 2003. Puis, il y a ce dîner de recrutement de la DGSE. C'est l'opération Mahdi. En janvier 2003, vous parlez d'une pénétration du réseau financier de Ben Laden. Vous notez : sur source arabe, je rencontre une personne qui a été conseiller financier de Ben Laden. C'est en même temps que Gergorin vous le présente ?

Rondot : oui, c'est Lahoud. J'ai été présenté à Lahoud par Gergorin, je vérifie avec une source arabe.

Le président : dès janvier 2003, vous avez votre idée sur Mahdi (nom de code de Lahoud) et vous suivez l'opération Mahdi. Cela s'est mal passé sur la récupération des documents au Liban

Rondot : elle échoue.

Rondot répond par quelques mots aux questions posées par le président qui lit des verbatims Rondot par phrases entières.

Le président : Gergorin vous a parlé dès 2003 des connections mafieuses de Gomez.

Rondot : J'ai noté.

Le président : vous êtes aussi au courant des thèses de Gergorin sur la mort de Lagardère.

Rondot : ou.

Le président : quels éléments vous soumet-il à l'appui de cette thèse ?

Rondot : j'écoute sa thèse. Je trouve cela assez surprenant. Cela semble entrer dans une sorte d'exaltation.

Le président : vous êtiez intéressé par l'affaire des frégates ? On voit des notes ...

Rondot : non, je n'étais pas intéressé. On peut noter sans être intéressé.

Le président : de quels documents disposiez vous au début (NDLR : en octobre 2003, Gergorin lui remet des documents) ?

Rondot : des listes avec des noms, peut-être un argumentaire. Mais il n'y avait pas encore des listings. j'ai gardé la liste des 895 comptes clôturés.

Le président : nous avons cette note de synthèse résumant le réseau mafieux (NDLR : voir les documents remis au général Rondot sur latribune.fr), des listes et des extraits de transaction. Clearstream apparrait-il explictement ?

 Rondot : non, on ne parle pas nommément de la banque. Je ne savais pas ce que c'était. Lahoud me l'a expliqué.

15 h 43

Rondot : Cette affaire est devenue véritablement fausse en juillet 2004 après la vérification des Suisses. Avant je fouille, je regarde. Mais je ne fais pas que cela.

Le président : Quelle est leur réaction quand vous dites à Gergorin et Lahoud que cela ne tient pas la route ?

Rondot : Lahoud est mal à l'aise, il ne dit rien, se tient en retrait. Gergorin continue à y croire. Il a une force de conviction peu commune. Je doute alors. Car je n'ai pas de preuve que les listings sont faux. Je n'aurai cette preuve qu'en juillet 2004. J'ai eu l'impression d'être instrumentalisé. Je vois Villepin s'emparer de cette affaire et me donner des instructions. Je suis un instrument pour déterminer le vrai du faux.

Le président : vous étiez instrumentalisé ...

Rondot : Il y a eu l'incident du 25 mars 2004. Lors de l'arrestation de Lahoud, on trouve un sauf conduit de Gergorin où l'on dit que Lahoud est couvert par le ministère de la Défense. Gergorin ne m'en a jamais parlé. J'ai compris que l'on se servait de moi. J'ai convoqué les deux intéressés. Pour leur faire part de mon mécontentement. A mon insu, j'ai servi de couverture à Lahoud.

Le président : que pensez vous des suites de la réunion du 9 janvier ?

Rondot : à l'issue de la réunion du 9 janvier, j'en ai conclu que Villepin aurait dû en parler à mon ministre. Ce qui n'a pas été fait. J'ai adressé ensuite un courrier à Villepin prenant acte de ce qui m'était demandé et rappelant entre guillemets les propos du président de la République me donnant instruction d'enquêter. Si cela avait été faux, Villepin aurait pris son téléphone pour dire : c'est faux. Il ne l'a pas fait. Mais il avait sûrement d'autre choses à faire. Dans ma note à Marland, je fais état des instructions du président. Marland le souligne dans une note adressée à la ministre. Après mes notes, il n'y a pas eu de réaction. Ni pour demander au président de la République si cela était vrai.

Le président : pourquoi ne connaissiez-vous pas l'objet de la réunion du 9 janvier ?

Rondot : ce n'était pas un complot. Mais toujours, on indique l'objet de la réunion pour la préparer. J'étais furieux car la mission que l'on m'a donnée au ministère de la Défense et celle donnée le 9 janvier était la même, à la seule différence que l'on me demandait de ne pas rendre compte à ma ministre.

Le président : Lahoud vous alimentait comment ?

Rondot : Papier. Une fois un support informatique. Une clé USB.

Le président : revenons-en à votre instrumentalisation.

Rondot : entre le 9 janvier et juillet 2004, je n'ai pas rencontré Villepin. Mais ensuite, par Gergorin, j'ai eu une sorte de convocation fin janvier début février qui devait être la suite de la réunion du 9 janvier. Je n'ai pas été convoqué en bonne et due forme par le ministère des affaires étrangères. Je ne m'y rends pas.

16 h 01

Le président : vous pensez que votre travail est commandé par le chef de l'Etat ?

Rondot : toujours. Sinon je ne l'aurais pas fait.

Le président : vous allez voir la DGSE ?

Rondot : Je suis allé voir la DGSE dans le cadre de la mission demandé le 9 janvier, c'est-à-dire des criblages. Je n'ai jamais dit le motif de mes demandes.

Le président : s'il y avait cette instruction présidentielle, Brochand (NDLR le directeur de la DGSE de l'époque) aurait mis en œuvre les demandes.

Rondot : la question des instructions présidentielles n'a jamais été évoque.

Le président : Les criblages ont-ils été réalisés ?

Rondot : Brochand a dit qu'il n'avait pas les moyens de le faire.

Le président : qui a évoqué le nom de Sarkozy lors de la réunion du 9 janvier ?

Rondot : Gergorin a évoqué le nom de Bocsa Nagy.

Le président : le 25 mars lors de la GAV de Lahoud, vous recevez un appel de Villepin et vous appelez Gergorin.

Rondot : il y a un lien entre les deux appels. Je reçois un appel de Villepin qui évoque Madrid et qu'il faut libérer Lahoud.

Le président : Est-ce que le nom de la source avait été évoqué le 9 janvier ?

Rondot : Non. Mais je pense que lors des entretiens entre Gergorin et Villepin, ce nom a pu être évoqué.

Le président : qu'avez-vous fait suite à la demande de Villepin ?

Rondot : Naturellement, je n'ai rien fait, à la suite de l'appel de Villepin. Quand une source se fait prendre, les règles veulent qu'il se débrouille d'abord seul. Ensuite, j'ai eu un appel du commissaire disant que Lahoud avait été relâché. J'en ai profité pour demander au commissaire ce qu'il pensait de Lahoud. Ce n'était pas à son avantage. J'ai fait un compte-rendu précis à Marland.

Le président : Lahoud est votre source. Vous avez dit que vous n'abandonniez jamais une source ?

Rondot J'ai convoqué Lahoud et Gergorin ensuite. Le premier, tout penaud, m'a rendu son laissez-passer. Gergorin s'est excusé. Comme je ne suis pas intervenu j'ai considéré l'incident clos.

Le président : Villepin vous a-t-il parlé d'autre chose ?

Rondot : Il m'a parlé des attentats de Madrid d'abord.

Le président : Qui a évoqué le cas Lahoud ? Spontanément ?

Rondot : C'est lui qui l'a abordé je lui ai dit ce qu'il s'était passé. Il ne le découvrait pas.

Le président : juillet 2004, vous retrouvez Villepin. Il vous convoque ?

Rondot : il me convoque.

16 h 23

Le président : vous évoquez la destruction des notes Reflux (NDLR : qui relatent l'enquête sur les listings) lors d'une réunion avec Villepin le 19 juillet ?

Rondot : je dis à Villepin que j'ai rédigé quatre notes. Je lui propose de rédiger une note finale. Je lui propose de détruire les notes. Il me donne son accord.

Le président : pourquoi les lui demandez vous de les détruire ?

Rondot : réflexe.

Le président : réflexe?

Rondot : ou.

Le président : comment Villepin voit-il les choses ?

Rondot : il a des doutes. Il me demande de prendre attache avec la DST. Ce que je fais. Il n'est pas encore sûr de ce que je lui apporte, la fausseté des listings. Il ne me parle pas de l'article du Point.

Le président : vous notez que Villepin vous dit : si nous apparaissons, le PR et moi, nous sautons.

Rondot : Oui.

Le président : Villepin dit que cette phrase a été rajoutée après.

Rondot : Ce n'est pas une phrase que j'ai réintroduite.

Le président : vous écrivez que l'enquête de la DST est une manière de s'en sortir.

Rondot : la DST est une police judiciaire, elle pouvait enquêter même s'il y avait enquête judiciaire.

Mouvement sur les bancs des avocats.

Le président : vous notez il y a quelque chose du côté NS ? que Mahdi (NDLR : pseudo de Lahoud) cesse ses recherches.

Rondot : on se pose des questions, nous deux, Villepin et moi. C'est une décision que Lahoud devait appliquer.

Le président : avez-vous évoqué le fait que Gergprin avait envoyé la lettre à Van Ruymbeke sur instruction de Villepin ?

Rondot : le sujet n'a pas été évoqué.

Le président : est ce que la DST savait que la réunion du 9 janvier s'était tenue ?

Rondot : non, car ils ne m'ont pas parlé et parce que je ne leur ai pas parlé. Je leur en ai parlé en 2005. Bousquet (NDLR alors patron de la DST) était fort contrarié que je ne leur ai pas parlé avant.

Le président : il y a cet entretien du 15 octobre avec Villepin.

Rondot : c'est lui qui m'a convoqué. Nous avons parlé de ça et d'autres sujets.

16 h 47

Le président lit des notes Rondot où le général fait état de l'inquiétude de Villepin.

Rondot : C'est une inquiétude légitime au regard des conséquences politiques que prend l'affaire.

Le président : avez-vous fait en sorte que l'information dépasse le cadre du ministère de la Défense?

Rondot : Je n'ai pas fait de démarches directes en direction de Sarkozy que je ne connais pas. En revanche, j'en ai parlé à un petit-cousin, Stéphane Denis, un journaliste. Je lui ai dit que ce qui était sorti sur la compromission des personnes, y compris Sarkozy, n'était pas fondé. Denis, qui a des relations dans le monde politique, a dit qu'il en parlerait à Sarkozy. Il n' y a pas eu de suite. Marland m'a dit que Sarkozy pourrait me convoquer. Je n'ai jamais vu Sarkozy. Ce n'était pas à moi à faire remonter l'information. Au dessus de moi, il y a un directeur de cabinet, un ministre. Ils ont été informés. A chacun ses responsabilités. J'ai vu des gens qui appartenaient aux services de renseignement. Ce sont des amis.

16 h 53

L'assesseur du président : un CD Rom a-t-il été remis à Villepin par Gergorin ?

Rondot : Jamais aucun document n'a été remis à Villepin.

L'assesseur : Gergorin a-t-il cru à la véracité des listings ?

Rondot : Février 2005, j'arrête de voir Gergorin. A aucun moment, je n'ai eu le sentiment que Gergorin avait des doutes sur la véracité des listings.

L'assesseur : parlez vous des informations venues de Suisse sur la fausseté des listings ?

Rondot : oui, je lui en parle. Oui, il croit toujours aux listings ?

L'autre assesseur : Lahoud vous a informé sur Clearstream. Vous êtes-vous renseigné par ailleurs ?

Rondot : j'ai lu le livre de Denis Robert. Je ne sais plus lequel. Il en a écrit tellement.

L'autre assesseur : pouvez vous nous donner des informations générales sur les éléments que l'on doit donner sur une source ?

Rondot : une source on lui donne un pseudonyme. A ma hiérarchie, j'ai cité le nom de Lahoud. Son nom n'était pas ignoré de ma hiérarchie.

L'assesseur : pourquoi avez-vous donné des pseudo Typhose Mabuse ?

Rondot : ce sont des réflexes. Mabuse fait référence au comportement erratique de Gergorin. Mahdi, c'est Imad renversé et c'est le prophète. Reflux, nom de l'enquête sur les litsings, car dès le départ, j'ai su que cela allait mal tourner.

17 h 08

L'assesseur : venons en à l'envoi des lettres à Van Ruymbeke. C'est une étrange coïncidence que vous soyez en mission à l'étranger et la rencontre entre Gergorin et Van Ruymbeke ?

Rondot : j'ai été mécontent de ne pas être prévenu et soulagé car le juge avait les moyens d'enquêter.

L'assesseur : Vous connaissez Lahoud depuis un certain temps. Quel sentiment avez-vous des relations entre Lahoud et Gergorin ?

Rondot : C'est une question délicate. Lahoud est une source humaine, je ne connais pas la nature des relations entre Gergorin et Lahoud. L'impression que j'en tire : Lahoud était dépendant d'EADS. Gergorin lui faisait une confiance très forte, totale.

L'assesseur : Vous rencontriez Lahoud en tête à tête. Il aurait pu vous faire part des pressions de Gergorin. Avez-vous eu des signes ?

Rondot : non.

Le président suspend la séance :  il est 17 h 15.

Pendant la suspension de séance, Rondot fait des flexions de jambes. Il se dirige vers une dessinatrice de presse et lui emprunte quelques aliments à grignoter. Il marche, tout de vert vêtu, costume vert automne, cravate d'un vert plus soutenu, chemise vert pâle. L'espoir ? Mais de quoi ?

 Villepin rentre dans le prétoire. Il est encadré par ses officiers de sécurité, auquel à droit tout ancien Premier ministre. Surréaliste !

17 h 44

L'audience a repris. Le président donne la parole au procureur. C'est le ministère civil qui a cité le général Rondo.

Le substitut : vous avez déclaré que vous n'avez pas de compétences en matière financières ni informatique. Comment expliquer vous que Gergorin soit venu vous voir ?

Rondot : parce qu'il me connaissait. Nous avions une relation amicale. Il supposait que j'avais les moyens de mobiliser les « services ».

Le substitut : c'était la première fois que une de vos source obtient des informations suite à pénétration informatiqu.

Rondot : c'était la première fois.

Le substitut : Vous avez dit que Gergorin vous avait aidé à vous laver d'un soupçon. Diriez vous que vous lui étiez redevable ?

Rondot : je  ne suis redevable de rien. L'amitié a favorisé l'écoute que j'avais de lui. Mais rien de plus.

Le substitut : lorsque la ministre de la défense vous confié une mission sur les personnel de la défense, était-elle partagée avec Gergorin ?

Rondot : Cette mission n'a jamais été partagée avec Gergorin.

Le substitut : avez-vous eu le sentiment d'avoir été dépassé par les initiatives de Gergorin ?

Rondot : Je confirme cette lecture. J'avais le sentiment que l'affaire pouvait m'échapper.

Le substitut : comment qualifier les interventions répétées de Gergorin ?

Rondot : ma réponse ne sera pas objective. Il s'est passé beaucoup de choses. Je n'ai pas de sentiment là-dessus.

Le substitut : j'ai été frappé par les notes qui portent sur l'état de santé mentale de Gergorin. Est-ce que cela vous a amené à une certaine distance vis-à-vis des informations qu'il pouvait vous donner ?

Rondot : il y avait une gesticulation physique, une exaltation verbale, des raccourcis incompréhensible. Tout revenait à un complot international dont il tirait les fils qui nous ramenait vers les services russes. Je ne dis pas que l'on est un peu comme au spectacle. Mais... Ce n'est pas une source. Gergorin est à un niveau bien supérieur : des ministres, des grands industriels.

Le substitut : vous aviez été pris dans le discours de Gergorin ?

Rondot : cette construction ne laissait pas insensible Villepin. Gergorin disait des choses intéressantes. Puis cela dérapait.

Le substitut : Marland dit qu'il avait la réputation de manipulateur ?

Rondot : que Gergorin se serve des services pour faciliter ses propres démarches, oui. Mais il apportait des données permettant de comprendre les affaires internationales. C'est un personnage atypique.

Le substitut : le mot d'instrumentalisation par Gergorin revient dans vos notes. Qu'en pensez vous ?

Rondot : Gergorin ne m'a pas manipulé. Mais il s'est servi de moi comme cache.

18 h 04

Le substitut : néanmoins, vous avez maintenu une relation de confiance avec Gergorin.

Rondot : j'ai maintenu des relations. Pour la confiance, c'est autre chose.

Le substitut : c'est vous qui avez dit que Gergorin qui avait instrumentalisé la DST. Vous avez cette connaissance ?

Rondot : Pas précise.

Le procureur se lève : le 9 janvier dans le bureau de Villepin : ce sont des instrcutions, des ordres, des conseil ?

Rondot : Ce sont des instructions.

Le procureur : quelle est la différence entre l'enquête demandée en novembre par MAM et celle donnée par Villepin, le 9 janvier ?

Rondot : Villepin est centré sur les personnels de défense. Je m'y suis intéressé parce qu'au plan technique, Martini disposait d'un compte au Crédit Lyonnais. J'ai fais une vérification par moi-même. Ça n'a pas marché. Je me suis tourné vers Lahoud. Silence et embarras.

Le procureur : si vous refusez d'entrer en contact avec Villepin, c'est que vous êtes embarrassé par rapport à votre ministre de tutelle ?

Rondot : C'est cel.

Le procureur : Mais c'est aussi parce que cela dépasse vos compétences.

Rondot : Non car jamais Gergorin et Villepin m'ont demandé d'aller au-delà.

Le procureur : pouvez vous expliquer sur une note : 2 février possible implication politique.

Rondot : d'abord, Villepin fait part des instructions générales sur la lutte contre la corruption. Villepin m'a ensuite indiqué très clairement la nature de la mission que le président de la République m'avait donné.

Le procureur : comment remplissez-vous vos agendas ?

Rondot : mes agendas, comme mon journal de marche, je les ai sous la main. Je note très précisément la nature l'origine des appels. Sur mon journal de marche, je retranscrits ce que j'entend.

Le procureur : le 25 mars, vous notez : 15 h 40 téléphone du commissaire, tel à Gergorin puis tel de Villepin. C'est bien la chronologie exacte?

Rondot : très exactement.

Le procureur : et dans votre note du 25 mars 2004, vous faites référence à la garde à vue de Villepin.

Rires dans la salle.

Le procureur : je veux dire Lahoud. Lapsus, oui, on verra qui n'en fait pas.

Rondot : j'ai été un peu surpris de l'appel de Villepin.

Le procureur : A l'audience, Villepin a dit que tout aurait du s'arrêter le 25 mars car une source de la Défense était démasqué et que le reste était une couverture.

Rondot : Il n'y a pas eu de couverture puisque je ne suis pas intervenu. Je ne vais pas répéter ce que j'ai dit : une source, on ne l'abandonne pas.

Le procureur : le 11 mai 2004, vous posez une très bonne question : qui est derrière à vérifier avec un bon informaticien ? Avez-vous contacté un bon informaticien ?

Rondot : je ne l'ai pas fait parce qu'il aurait fallu que je contacte la DGSE et je me refusais à contacter la DGSE.

Le procureur : Vous notez rôle de DDV le 8 juin 200.

Rondot : je m'interrogeais sachant que Villepin avait des réunions avec Gergorin.

Le procureur : Vous demandez à être reçu par le ministre et par le président de la République en tête à tête.

Rondot : à ce moment, l'affaire commence à déraper médiatiquement. On en parle avec Marland. Je souhaite rendre compte au président.

Le procureur : vous notez : le 6 juillet 2004, MAM a vu DDV et les doutes de Villepin. Etes vous informé sur l'étendue des doutes de Villepin ?

Rondot : Non.

Le procureur : Vous faites un compte-rendu de l'opération Reflux (NDLR : enquête menée sur les listings) au chef d'Etat major particulier du président de la République. Et vous notez : faire information partielle et risque pour le président de la République.

Rondot : Information partielle et suffisante pour en comprendre l'enjeu. L'information essentielle est que le président soit désigné toujours en référence à la réunion du 9 janvier.

Le procureur : à un autre moment, vous notez : tout le monde aux abris

Rondot : cela partait de tous les côtés, il fallait mettre un casque lourd, plus qu'un casque lourd.

18 h 39

Le procureur : vos verbatims font ressortir une inquiétude de Villepin ?

Rondot : il est inquiet et je le suis plus que lui.

Le procureur : vous avez expliqué que vous n'êtes ni spécialiste des marchés ni de l'informaticien. Mais plusieurs personnes ont immédiatement dit que les listings n'étaient pas crédibles. Pourquoi ne vous êtes pas rapproché d'experts ?

Rondot : Peut être ma manière de fonctionner. Je suis un solitaire. J'ai mes méthodes. C'est atypique. Mais c'est ma manière de fonctionner. Je n'allais pas solliciter Chouet, écarté de la DGSE. Quant à Martini, j'ai dit très vite ce qu'il en était.

18 h 46

Maître Dupeux, avocat de Pierre Martinez, ancien directeur de la sécurité de Thomson : avez-vous fait part de vos doutes et à quelles dates ?

Rondot : D'abord à Gergorin lorsque je l'avais convoqué avec Lahoud. Et mes certitudes fin juillet après la réponse des services suisses.

L'avocat de Charles Pasqua et Pierre Pasqua : vous parlez des réseaux tangentiels auxquels sont associé Pasqua, JCM et Squarcini. Quels sont ces réseaux ?

Rondot : cette expression faisait partie d'un exposé de Gergorin. J'ai retrouvé plus tard quelques lueurs de compréhension en lisant Rapace, le livre de Gergorin. Sur le coup, cela ne m'a rien dit. Pasqua, c'est Charles. JCM fait allusion à Marchiani. Il est inutile de présenter Squarcini.

L'avocat : j'insiste, je fais appel à votre souvenir. Souvenez vous d'une discussion ?

Rondot : non, si cela avait été le cas, cela figurerait sur mon verbatim.

L'avocat : M. Le président, permettez-moi de poser la question à Gergorin.

Gergorin : je ne me souvenais pas être l'auteur de l'expression réseaux tangentiels. Pendant tout le dernier trimestre 2003, Lahoud a transmis des informations. Il y avait des transactions impliquant Pasqua Charles, Marchiani et Squarcini.

19 h 04

Maître Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy : vous avez fait l'objet de plusieurs perquisitions ; au cours de laquelle on a saisit un ordinateur. Un expert a été mandaté, il a indiqué que la mémoire était vide et qu'était jointe une carte mémoire effacée. A partir de la carte mémoire, il a fait une extraction des données, 30 000 fichiers. L'expert indique que l'ordinateur a contenu la note à Villepin, et quatre notes sur l'opération Reflux. Chaque note est écrite en style administratif.

Rondot : j'ai donné trois des quatre notes à lire à Marland (NDLR : directeur du cabinet de MAM à la Défense)

Maître Herzog : Marland a dit qu'il n'avait pas lu les notes et qu'il ignorait le nom de Reflux.

Rondot : on ne pouvait ignorer le nom de Reflux.

Maitre Herzog : je vous donne une note versée à la procédure par le Parquet. L'avez-vous lu ?

Rondot : oui elle n'est pas passée inaperçue. J'en pas parlé aux juges.

Maitre Herzog : Dans cette note, il y a une opération réservée PR, exemplaire unique, il y a CROS et objet : opération Reflux. Mahdi continue à m'assurer que les renseignements recueillis sont sûrs. L'apparition d'hommes politique de gauche et plus récemment de droite, qui pourraient intéresser la magistrature. Cette note est signée par vous. Sur la gauche il y a un cachet de réception. A qui avez-vous transmis cette note ?

Rondot : je ne l'ai pas transmise à la presse.

Maître Herzog : je ne parle pas de la presse.

Rondot : j'ignore comment la presse à pu obtenir cette note. Elle reprend des morceaux de la note interne du 17 mars.

Maître Herzog : comment expliquez vous la date du 17 mars comme cachet de réception ?

Rondot : c'est moi qui l'ai mis. Je ne vois pas d'autre explication.

Dans cet échange très technique, Rondot semble quelque peu en difficulté. La fatigue ? Ou une part de vérité cachée ?

19 h 26

Maître Herzog passe en revue les quatre notes Reflux et des verbatim. Des dates, des citations se succèdent on sent que l'estocade est proche.

Maître Herzog : A qui vous avez remis cette note du 2 février 2004 ?

Rondot : A personne. Je l'ai communiquée face à face à Marland.

Maître Herzog : je vais prendre votre agenda au 10 février 2004. Je vais vous demander de lire. Commencez à partir de 13 heures.

Maitre Herzog tend la photocopie de l'agenda

Rondot : le 10 février ?

Maitre Herzog : oui.

Rondot : 16 h : note à DDV (Dominique de Villepin) au sujet opération ....

Il s'arrête de parler.

Maître Herzog conclut : IPaq. Et il ajoute : en rendant compte à Villepin, je rends compte au PR. Pourquoi n'êtes-vous pas libre de dire la vérité ?

Rondot : j'ai incité Lahoud de dire la vérité.

Maitre Herzog : et vous aussi.

Rondot : oui.

Rondot reprend la photocopie de son agenda et dit : non ce n'est pas Ipaq c'est IB et c'est opération Ingrid Betancourt.

Bruissement dans la salle.
 

 19 h 37

Maitre Mignard, avocat de Plenel et Flam demande à entendre Marland, directeur de cabinet de MAM, Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, qui connaît tout de l'affaire. Car Rondot veut protéger Marland et ne dit pas tout ce qu'il sait.

Le président : il a été entendu par les juges.

Le procureur : pourquoi ne l'avez-vous pas cité ?

Maitre Binet, avocat de Dominique Ambiel : en novembre 2003 apparaît le nom d'Ambiel dans les fichiers. Savez vous qui était Ambiel ? (NDLR : conseiller de Raffarain)

Rondot : non, je ne savais pas qui était Ambiel.

Maitre Binet : Qui vous avait remis ces listings ?

Rondot : en novembre 2003.

Maitre Binet : Je pense que c'est monsieur Lahoud mais je ne sais pas.

Maitre Binet : Question à Lahoud. Êtes-vous l'auteur de la mention Ambiel ?

Lahoud : Non.

Maitre Binet : la même question à Gergorin.

Gergorin : J'ai remis à Rondot ce document. J'ai voulu retrouver le nom des personnes.


19 h 45

C'est maintenant l'heure de la défense des accusés.

Maître Pardo, avocat de Lahoud, questionne le général Rondot : vous avez dit que vous n'aviez pas de connaissances informatiques. Gergorin vous semblait-il plus féru en informatique ?

Lahoud : Gergorin n'a jamais montré ses capacités informatiques.

Maître Pardo : est-ce que Lahoud sait avant de faire le hacking que vous ne demanderiez pas de vérification à la DGSE ?

Rondot : Il faut le lui demander.

Maître Pardo : il est possible de manipuler les fichiers. Est-ce que Lahoud vous l'a dit ?

Rondot : il me l'a dit.

Maître Pardo : il vous a dit attention on peut les manipuler ?

Rondot : il me dit que c'est possible.

Maître Pardo : il vous fait l'aveu que la manipulation est possible ?

Rondot : c'est une déclaration faite aujourd'hui. Je m'en suis tenu à des hypothèses à l'époque.

Maître Pardo : ce n'est pas une déclaration d'aujourd'hui. Vous l'avez dit sur PV. Je n'ai plus de question.
 

19 h 54

C'est au tour de maître Iweins, un des avocats de Gergorin.

Maître Iweins l'interroge sur une note Karadzic en septembre 2003. Il suggère que Rondot a interrogé Lahoud sur le système de financement occulte de Karadzic, un criminel de guerre serbe. Il aurait des comptes chez Cleartream. C'est la première mention Clearstream auprès de vous. Comment expliquez-vous qu'il ait ces documents ?

Rondot : Lahoud fait mention de Clearstream. J'en ignorais tout à l'époque.

Maître Iweins : C'est à ce moment qu'il décrit le fonctionnement de la chambre. C'est très tôt (NDR : voir premiers contacts, dans l'histoire de l'affaire racontée par les juges sur latribune.fr) Et il fait mention du compte DGSE. Dans la note DDV il n'est plus fait mention du compte DGSE. Il ressort du dossier que Lahoud a de nombreux contacts avec les RG, notamment Brigitte Henry, Casanova en février 2004 dans une période très poche de la manipulation. Il y a marqué un contact DCRG dans une de vos notes.

Rondot : je savais que Lahoud avait des contacts avec les RG. Lahoud était libre d'avoir des contacts avec ce service.

Maître Iweins : vous souvenez-vous de cette rencontre dont vous faites référence entre Lahoud et Ben Laden dans le bureau du vice-Premier ministre libanais ?

Rondot : c'est lui qui me le dit. Ben Laden, c'est assez particulier. On ne le rencontre pas facilement. Il me dit que cela se passe à Beyrouth. Il me dit que le vice-Premier ministre était là. Lahoud me fait une description de Ben Laden. Ensuite Lahoud m'a présenté le réseau financier de Ben Laden partant du Golfe et me disant qu'il est en contact avec les organisateurs. J'ai été impressionné.

Maitre Iweins : En avril 2003, vous faites une note au ministre de la Défense. Vous faites état de personnalités françaises proche du président de la République et d'autres proches de Bush.

Rondot : Je fais état du vice-Premier ministre libanais et des liens entre Harari et Chirac.

Maître Iweins : il ne vous semble pas que le "name dropping" de Lahoud est à un niveau très élevé ?

Rondot : On sait que Lahoud travaille à un niveau élevé

La séance est suspendue cinq minutes par le président. Il est 20 h 11.

20 h 17

La sonnerie. Le président et ses deux assesseurs rentrent. Villepin arrive en accélérant le pas. Lahoud court pour rejoindre sa place

Maître Dalmasso, autre avocat de Gergorin, prend la parole : le nom de Tokhtakonnov, un financier trouble, est donné 8 octobre 2003 dans une note de l'officier traitant de Lahoud, avant que la relation avec Gergorin ne commence. Ce nom n'a pas attiré votre attention ?

Rondot : non.

Maître Dalmasso : Brochand (NDLR ancien directeur de la DGSE) est interrogé sur deux numéros de comptes figurant dans les envois au juge Van Ruymbeke le 14 juin 2004. Brochand explique que ces deux numéros ont été introduits dans les CD Rom remis par Lahoud à la DGSE préalablement à leur remise. Qu'est ce que cela vous évoque ?

Rondot : c'est possible.

Maître Dalmasso : est-ce que Gergorin s'est contenté de constructions intellectuelles ou effectuait-il des vérifications, comme vous le dites dans une déclaration sur PV ?

Rondot : je confirme cette déclaration.

Maitre Dalmasso : vous faites référence à l'entrisme de Lahoud ? Qu'entendez-vous par cela ?

Rondot : c'est rechercher la reconnaissance de personnes, devenir un homme que l'on fréquente. Peut être une protection.

Maitre Dalmasso : vous notez "Il (Lahoud) veut faire du renseignement"

Rondot : c'est un monde qui l'intéressait.

Maitre Dalmasso : vous dites de Lahoud "je veux que ses nuisances soient prouvées. Lahoud peut être considéré comme un escroc au renseignement. Il a pu abuser Gergorin". Maintenez-vous cette déclaration ?

Rondot : oui. J'essaye de démontrer qu'il nous a trompés, moi, Gergorin, la DGSE. Dans mon métier, on a une formule : escroc au renseignement. C'est quelqu'un qui nous apporte une information fausse pour des raisons que l'on ignore.

Maitre Dalmasso : j'ai juste une question à poser à Gergorin : pourquoi avoir choisi Rondot pour porter les informations de Lahoud ?

Gergorin : qui d'autres peut mieux le faire que celui qui le traitait déjà et qui est spécialiste du terrorisme ?
 

20 h 37

C'est au tour de la défense de Villepin, et notamment de maître Metzner.
 

Maitre Metzner : vous écrivez : Villepin ne m'a demandé aucune manipulation des listings. Confirmez-vous ?

Rondot : Je confirme très fort.

Maitre Metzner : Vous notez que Villepin me demande de démonter le système.

Rondot : Je confirme. Villepin m'a demandé de voir ce qu'il en est.

Maitre Metzner : on parle beaucoup de doutes.

Rondot : des doutes et des interrogations, j'en ai fait part à ma hiérarchie. Je ne sais pas s'ils ont été transmis plus haut.

Maitre Metzner : ces doutes, Villepin n'en a pas eu sur le moment. Avant le mois de juillet 2004, vous n'avez rien qui montre que Villepin avait eu connaissance de la manipulation. Lorsque je lis confirmation de la volonté de Sarkozy de pulvériser Villepin. Qui vous l'a dit ?

Rondot : c'est Lahoud.

Maitre Metzner : Vous écrivez contacts Mahdi-Sarkozy (NDLR : Mahdi est le pseudo de Lahoud)

Rondot : Lahoud me dit qu'il y a eu un contact Sarkozy-Lahoud.

Maitre Metzner : vous dites que le nom de Sarkozy n'est apparu qu'une fois mon enquête close. Confirmez-vous ?

Rondot : oui.

Maitre Metzner : nous sommes d'accord.
 

C'est au tour de Maitre Brossolet, autre avocat de Villepin.

Maitre Brossolet : Villepin vous aurai donné une instruction du président de la République qui dit qu'il veut que la DGSE soit saisie. Et vous vous refusez dans votre for intérieur. Comment expliquez-vous cela? Pourquoi ne le dites vous pas à Villepin ?

Rondot : j'ai demandé un criblage à la DGSE sans donner mes raisons. Et j'ai plus tôt donné mes raisons de ne pas saisir plus avant la DGSE.

Maitre Brossolet : quel crédit accordez vous à un récit d'une rencontre avec Ben Laden ? Cela ne vous a pas paru fantaisiste ?

Rondot : certes.


21 h 09


Maitre Brossolet demande le nom d'une source qui, au mois de mai 2004, a informé Rondot que Sarkozy a mis en garde son ami Lagardère contre Gergorin. Il a juré de dire toute la vérité.

Rondot : c'est une source

Maitre Brossolet : M. le président, il faut noter que le témoin refuse de répondre alors qu'il connaît la réponse.

Maitre Brossolet : vous écrivez "Sarkozy, Hortefeux, trésor de guerre"

Rondot cela n'a rien à voir avec l'opération Reflux

Maitre Brossolet : Comment expliquez vous que Marland ai jugé sur une note cette affaire alléchante et politiquement sensible ? Peut-on imaginer que votre enquête soit compatible seulement avec le personnel de défense comme vous le précisez à longueur de dossier ?

Rondot : je n'ai pas à parler de la politique intérieure française.

Maitre Brossolet : c'est une question globale. On a l'impression que l'on nourri au ministère de la défense une inquiétude politique et médiatique à l'idée que Sarkozy sache qu'une enquête est menée.

Rondot : on peut le dire comme cela

Maitre Brossolet : on s'inquiète au ministère de la défense ? Avait-on quelque chose à craindre dans ce dossier ?

Rondot : c'est un dossier sensible. Donc on le suit.

Maitre Brossolet : c'est un souci normal. La note sur la garde à vue de Lahoud a été transmise à Marland. Marland vous demande de lui recommuniquer cette note

Rondot : on va l'intégrer dans une note d'octobre 2004.

Maitre Brossolet : Mais il vous le demande en 29 mars 2005. Octobre 2004 c'est la note finale. Mais on ne dit rien. On ne dit pas que des noms importants y figurent. Ni que Gergorin a rencontré le juge.

Rondot : ces noms sont connus de Marland et MAM. A eux de parler

Maitre Brossolet : Mais l'instruction est en cours depuis juillet 2004. Vous avez des documents que vous détruisez. La justice aurait pu être intéressée alors qu'elle enquête. Vous avez la meilleure documentation et vous la détruisez ...

Rondot : j'estimais que la Justice avait suffisamment de documents.

Maitre Brossolet : Mais c'est après 2006. Là on est en 2004 ....

Rondot : Si j'avais du conserver toutes les archives depuis 40 ans ....

De sa place, Maitre Brossolet assène : ici la justice était saisie.


21 h 28

Au tour de Maître d'Antin, autre avocat de Villepin. La défense de Villepin passe Rondot à la moulinette.

Maitre d'Antin : en mars et avril vous imaginez que Lahoud est un escroc au renseignement et vous continuez à le suivre, vous le représentez à la CIA...

Rondot : en matière de renseignement et de lutte anti terroriste, on conserve le lien.

Maitre d'Antin : avez-vous avertit Marland que Gergorin a été voir le juge Van Ruymbeke ?

Rondot : oui.

Maitre d'Antin : Donc MAM et Marland savaient-ils que Gergorin était le corbeau dès avril 2004 ?

Rondot : Oui.

Maitre d'Antin : MAM et Marland vous ont-ils invité à informer le juge Van Ruymbeke ?

Rondot : Je n'ai reçu aucune consigne particulière.

Maitre d'Antin : Aucune consigne particulière ...

L'audience est levée à 21 h 32. Elle reprend ce mardi à 13 h 30 avec "du lourd", notamment le juge Van Ruymbeke, Bernard Squarcini, patron de la DCRI et de Bousquet ancien patron de la DST.

Pascal Junghans

Vos réactions

  • le cancre las a écrit le 06/10/2009 à 15:22 :

    • ce canular de potache est tellement nul ,que la seule porte de sortie, pour échapper au ridicule, consiste a essayer de le dramatiser .ça manque cependant de crochets de boucher pour en tirer un bon thriller.

  • bruno a écrit le 06/10/2009 à 15:18 :

    • Ce proces,c est le Western Pale Rider,le mechant s appelait Lahoud,je met DDV dans le role de Clint Eastwood ,evidemment .

  • caton a écrit le 06/10/2009 à 15:18 :

    • ces notes d'audience sont très intéressantes...Ainsi MAM savait depuis avril 2004 que le corbeau était Gergorin.Elle n' rien dit.Elle n'est même pas citée comme témoin.Bizarre... En gros des ministres chiraquiens savaient qu'un juge était saisi de listings impliquant faussement Sarkozy et beaucoup d'autres et ils n'ont rien dit.Pourquoi Villepin est-il le seul au banc des prévenus?

  • Le Gueux a écrit le 06/10/2009 à 15:18 :

    • Toutes les fondations pourries de cette République à la Une de Tribune ! Grand merci à ce journal

  • bresil a écrit le 06/10/2009 à 15:18 :

    • les generaux ne sont pas plus honnetes que les autres,mon ma

  • bigleux a écrit le 06/10/2009 à 15:17 :

    • le SCUD d'Herzog a fait long feu. Mais quelle bêtise ... !!! Comment peut-on confondre IP avec IB ????

  • dom9 a écrit le 06/10/2009 à 15:17 :

    • Il est evident en relisant le compte rendu que Villepin ne pas pensait que les listings étaient faux, il a lancé une enquete avec prudence pour s'en assurer.Donc d'apres les dires de rondos on peut facielment en conclure que le nom sarko n'a pas été ajouté par ordre de DDV par lahoun. Alors qui a mis ses noms et pourquoi? qu'en penses MAM

  • luther a écrit le 06/10/2009 à 11:14 :

    • merci à tribune de transcrire les faits donc la vérité. Chacun peut ainsi se faire son opnion dans cette affaire tous les autres journaux nous bourent de fausseté. C'est terrible en Fance en 2009. bravo et continuer

  • med a écrit le 06/10/2009 à 11:14 :

    • D'abord un remerciement mérité pour la transcription de la part de Tribune de l'audience du procès de Clearstream .On commence, avec le témoignage à la barre du général RONDOT, à saisir les contours et les acteurs de cette affaire;l'objectif ( le mobile) de la manipulation des listing et de l'instrumentalisation de la justice était d'écarter M SARKOZY de la course à la présidentiel en le noircissant en le compromettant injustement par la fabrication et le montage d'une accusation.L'ex premier ministre ne s'imaginait point qu'un jour il serait dans la situation de l'arroseur arrosé. M SARKOZY était dans son droit de se constituer patrie civile et d'avoir fait le ménage au niveau de la présidence,de la primature et dans les services masqués de l'État.

  • carambouille a écrit le 06/10/2009 à 11:12 :

    • Je trouve ce procés "abracadabrantesque", mettre quelqu'un en correctionnelle pour complicité de dénonciation calomnieuse c'est déjà assez tiré par les cheveux mais soit. Ce qui est ahurissant, en ce qui concenrne DDV, c'est que pour le moment rien ne démontre un délit. Le délit suppose l'intention, en l'occurence de calomnier, hors Rondot, comme Gergorin croit a l'authenticité des listings lorsqu'il sont transmis à VR, c'est ce qu'ils affirment en tout cas, donc on ne peut sur cette base prétendre que DDV a eu l'intention de calomnier. Que DDV ait voulu faire un coup bas à Sarko, c'est fort possible et probable, ce n'est pas pour autant un délit (mais peut être un crime de lèse majesté). Le seul qui charge véritablement Villepin dans ce sens c'est Lahoud puisqu'il dit avoir tripatouillé le listing à la connaissance de DDV. Mais Lahoud n'a jamais vu VIllepin et il a par ailleurs démontré qu'il était un sacré menteur. La conclusion est qu'on se demande comment DDV peut être condamné sur ces bases et là on se dit que Sarko a peut être commis une grosse bourde. En victimisant un adversaire qui s'était carbonisé tout seul lorqu'il était premier ministre, il va peut être créer les conditions d' une opposition véritablement dangeureuse car dans son camp.

  • balzac a écrit le 06/10/2009 à 11:12 :

    • un proces lamentable , quelle image a l'etranger , les americains qui nous disent venaux ( nos politiques ) celà confirment leurs jugements , triste pour les jeunes qui doivent lutter tout les jours pour des emplois et qui n'en on peu , ce proces n'est qu'un gachis de plus , mais le pire c'est que l'information au sommet a été une manipulation tout azimuts , la presidence chirac n'en sortira que par la petite porte , on se croierait presque revenu sous l'ancien regime avec l'affaire du collier de la reine marie antoinette , pathetique je ne pensais pas celà possible , ecoeurant de voir comment nous sommes manipulés et que nous avons une classe politique qui a peur de l'autre camp au point de fabriquer des magouilles , pourquoi ? , pour eviter qu'on tombe sur des choses encore plus sales ? , non serieusement tout celà donne envie de dormir , bonsoir ..

  • grosminet a écrit le 06/10/2009 à 08:45 :

    • Ce qui est bizarre mon cousin, c'est la façon dont les medias s'occupent de l'affaire : on claironne dès 15h sur radio france que le témoignage de Rondot fait dangereusement pencher la balance contre Villepin, mais on se garde bien de claironner à 21 h que la défense a démonté point par point les fameuses preuves accablantes. "Le Monde" (excellent journal par ailleurs) du mardi, qui paraît à 15 h, n'échappe pas à cette courte vue par le petit bout de la lorgnette, qu'on jurerait téléguidée ! Merci la tribune !

  • castafiore a écrit le 06/10/2009 à 07:03 :

    • Rondot tel qu'il se présente fait penser à Tintin.Il aurait du avaler ses notes comme le font tous les agents secrets.Cette histoire est grotesque,elle rend DeVillepin plus sympathique que ses détracteurs.

  • marie a écrit le 06/10/2009 à 07:03 :

    • Le nom d'Imad Lahoud apparait dans les carnets à spirale de Bertrand (à la tete des RG de 1992 à 2004) des le 8 mai 2001.Lahoud est "traitée" par le bras droit de Bertrand, la commissaire Brigitte Henri, une femme aux cheveux rous coupés court et à l'allure masculine.Decrit comme un menteur invetéré par les milieux proches dela justice,quel interet presentait le trader et informaticien Lahoud pour les RG?

  • gedeo a écrit le 06/10/2009 à 07:02 :

    • c'est passionant comme un macth qui va gagner la coupe il faut attendre qu'elle soit pleine ou qu'elle se vide ?en tout les cas il faut esperer que les juges aillent jusqu'au bout du bout...attention car un bout a 2 bouts

  • Victorus a écrit le 06/10/2009 à 07:02 :

    • En lisant l'intéressante déclaration de Rondot, j'ai vraiment du mal à voir DDV coupable de quoi que ce soit. Bien au contraire, il prend toutes les décisions pour faire des vérifications nécessaires signe d'une grande prudence. Je pense que quand DDV va reprendre la parole à l'audience il ne fera qu'une bouchée du Général, dont la seule qualité est d'être honnête, mais qui est totalement dépassé par cette affaire, au vu des questions posées par le procureur et des réponses apportées.

  • RMN a écrit le 06/10/2009 à 07:02 :

    • Je trouve qu'attaquer sur ce blog Dominique de Villepin en parlant de sa vie privé est scandaleux ! (n'est ce pas Paule ?)

  • marie a écrit le 06/10/2009 à 06:57 :

    • Le general Rondot est un espion à l'ancienne: il aime travailler en solitaire.En revanche c'est un officier loyal et il ne travaille que sur ordre,jamais de sa propre initiative.Il rend crupuleusement compte des developpements d'une affaire.En voiçi un exemple: Quelque jours avant l'invasion américaine en Irak en mars 2003,il est dépéché par la France aupres de Saddam Hussein pour eviter la guerre.Le general Rondot rencontra à deux reprises le chef des renseignements de Saddam Hussein,Taher Abdul Jabil Habbousch,celui-là meme qui ,quelques jours plus tard allait trahir Saddam Hussein et livrer Bagdad aux Américains.A son retour en France,il fit son rapport aux plus hautes autorités de l'Etat.Il informa aussi le chef de bureau de la CIA à Paris, les américains n'ayant aucune sourde humaine à Bagbad.Habboush a trahi,entrainant avec lui le responsable de la garde républicaine et ses hommes,qui tenaient les positions stratégiques prés de l'aeroport.Le régime irakien s'effondra en quelques jours.Précedemment,les services français avaient recruté Naji Sabri,le ministre des affaires étrangeres de Saddam Hussein.

  • BOBY a écrit le 06/10/2009 à 06:56 :

    • Il est certain que lorsque Sarkozy a pris la présidence de l' UMP son but inavouable était de se presenter aux Présidentielles, Le Président Chirac n' a jamais porté Sarkozy dans son coeur et Villepin non plus. Je pense que suite à l'affaire Clearsteam, Ils ont Inclus le nom de Sarkozy dans le listing pour l' écarter du pouvoir.

  • Mojorisin a écrit le 06/10/2009 à 06:56 :

    • J'appaudis à deux main le site -pour la retranscription des audiences que je suis avec délectation depuis le début du procès- et les internautes -de tous bords- pour leurs posts souvent éclairés! Vous êtes tous plus ou moins dans le vrai selon le degré d'objectivité de votre tendance politique mais...vous y êtes presque! A Carpatrick et Julietpapa: nous pensons la même chose! :) Cleartsream, "l'affaire dans l'affaire" mais rien n'y personne n'en sortira grandi, bien au contraire...!

  • vigor a écrit le 06/10/2009 à 06:55 :

    • la vérite ne sortira jamais l'informateur est un menteur,prenez l'argent de ce proces,donnez le à des pauvres ou àdes services humanitaires.

  • Yves a écrit le 06/10/2009 à 06:55 :

    • c'est dramatique ce que nos politiciens et nos agents de la DGSE et la DST peuvent être anormaux. Ils ont perdu le sens de la raison et pensent appartenir à une race supérieure alors qu'ils sont devenus fous ! Et escrocs ! Nous voyons dans ce procès l'image de la France actuelle, un tas de fumier ! Nous n'existons plus alors vive Yahvé et vive allah !

  • Yves a écrit le 06/10/2009 à 06:55 :

    • J'ai oublié de dire, qu'en arriver à ce stade, je crois qu'un ouvrier peintre ne parlant même pas le Français est moins bête que tous ceux qui sont évoqués dans ce procès.

  • CQFD a écrit le 06/10/2009 à 06:54 :

    • On comprend tous que Villepin ayant eu connaissance des faux listings, a tout fait pour que leur révélation gène voire empèche la candidature de Sarkozy au présidentielle, à son bénéfice. De Villepin se défend pourtant trés mal. Sa grandiloquence dissimule une fébrilité que l'examen des faits ne fait que justifier.

  • BBBB a écrit le 06/10/2009 à 06:54 :

    • Il est assez difficile de devoir décoder un texte empli de fautes de syntaxe. Merci de vos efforts dans ce sens.

  • pasdéçu a écrit le 06/10/2009 à 06:54 :

    • il ne manque rien ; chapeau ; s'il y a un magnétophone dans la salle qu'il lève le doigt...il pourrait bien contribuer à faire annuler la procédure l'enregistrement des débats étant irrégulier

  • Emmanuel a écrit le 06/10/2009 à 06:53 :

    • Pour moi à la lecture du compte rendu de la journée, la défense de DDV a tout bonnement taillé en pièce la crédibilité de Rondot...Sans parler de crédibilité, Rondot s'est fait berné par Lahoud et les contacts confirmés entre les proches de Sarko et Lahoud lui à une epoque de construction de la manipaulation est trouble... La charge de Rondot se fait tout simplement sur le fait que DDv ait eu connaissance du nom de Sarkozy en janvier 2004... Diantre... si ça n'est que ça...a ceux que ne comprennent pas que dès que l'on aprle de Sarkozy il faut joué sur du velours que ne comprend t-on pas que DDv a peut etre fait un pêtit mensonge et que dans la défense il ne peut et ne doit revenir dessus... A nous la clairvoyance des jurés.... En attendant, c'est sport et rejouissant pour demain... et les Français risque de se rendre compte qu'il ont élu un falsificateur... Je commençait à avoir des doutes... mais la, merci Sarko... trop fort dans la bétise... une ambietion aussi dévorante pousse les gens à faire des bétises... jusqu'a vouloir mettre un homme en prison...

  • Choumay a écrit le 06/10/2009 à 06:52 :

    • Comment peut-on avoir un compte bancaire dans un organisme qui n'est qu'une chambre de compensation ? C'est incroyable qu'on ne réponde pas à cette question. Cela me semble d'une importance capitale !

  • el ingorante a écrit le 05/10/2009 à 18:58 :

    • Quoi qu'il en soit, j'a

  • el ignoranto a écrit le 05/10/2009 à 18:58 :

    • allez savoir pourquoi mais j'ai toujours cru qu'un particulier ne pouvait pas posséder de compte chez clearstream. Que quelqu'un m'exlplique

  • mikegywer a écrit le 05/10/2009 à 18:58 :

    • A maminox Je n'ai pas attendu de mourrir pour quitter la france. Sarkosi a dit : "Que ceux qui n'aime pas la France la Quitte" Le problème, j'adore mon pays, je l'ai servi pendant 17 ans mais par contre la mentalité des français me sort par les yeux. J'ai préféré partir loin sur un autre continent. Pour ne plus y vivre les mesquineries journalières que nous y subissons.

  • paule a écrit le 05/10/2009 à 18:58 :

    • Monsieur villepin lors d'une précédente audience s'etait présenté en bon père de famille accompagné par son épouse et ses 3enfants. a noterque dans un club très huppé de la région parisienne dont il fait parti alors qu'il pratiquait le tennis ,il areçu une magistrale paire de claques de son épouse en plein public.mais quel homme est donc Mr VILLEPIN??

  • prevalli a écrit le 05/10/2009 à 18:30 :

    • Bravo Carambouille, Rondot savait que les listings etaient bidonnés qu'en Juillet, en mai 2004 date de la transmission à la justice, tous Rondot comme les autres croyaient qu'ils étaient vrais. Et Rondot n'a pas vu DDV entre Janvier et Juillet. Donc en mai, DDV ne savait pas qu'ils étaient faux car Rondot ne le savait pas non plus et ne lui a dit à nul moment que c'etaient des faux. Bref l'instruction par DDV de la remise à la justice des listings s'est faite de bonne foi. Et le motif de la poursuite par le parquet ne tient pas ! La presse peut titrer rondot chage villepin ou honte à villepin, on peut voir que villepin savait que sarko etaient dans les listings, mais on voit aussi qu'il pouvait en toute bonne foi croire qu'ils étaient vrai puisque Rondot comme Gergorin en mai y croyaient encore ! Pourquoi lui aurait du le savoir mieux qu'eux qui etaient au coeur de l'enquete ?

  • Fan du Tchô a écrit le 05/10/2009 à 18:29 :

    • Les groupies de son altesse Nombril Ier donnent du clavier....On va voir si les bloggueurs de l'Union pour Museler le Peuple font des heures sup', ce soir.....

  • marie a écrit le 05/10/2009 à 18:28 :

    • Le 31 décembre 2005,le general Philippe Rondot quitte définitivement son petit bureau situé sous les combles de l'hotel de Brienne,rue SAint Dominique.A 69 ans,l'astre noir du rensegnement emporte avec lui quarante volumes d'archives méticuleusement reliés,fruit de pres de quarante années d'action au service de l'Etat.Archives qu'il evait confier au service historique des armées de Vincennes.Sa tres longue carrière est jalonnée d'exploits mais aussi de quelques mauvais coups reçus,notamment quand il était en poste à Bucarest.Voiçi son portrait paru dans le journal le Monde,il y a vingt ans,sous le titre Rondot:un colonel discret." Fils d'officier et ,lui-meme saint-cyrien,Philippe Rondot,cinquante-trois ans,est un homme discret,solitaire qui a commencé sa carrière en Algérie avant d'entrer au Service de documentation exterieure et de contre-espionnage(SDECE).Au service " action",il acquiert,grace à sa connaissance de l'arabe une compétence particuliére de l'islam.En 1970, Pilippe Rondot quitte le SDECE pour l'institution concurrente,la Direction de la surveillance du territoire(DST),dont il devient l'un des premiers consultants en matière de renseignement sur le terrorisme.Il fait de nombreux séjours dans les pays arabes et maintient le contact,entre autres,avec le groupe Abou Nidal.Cette activité sur le terrain n'empeche pas ce "diplomate" du secret d'ecrire des livres aux Presses universitaires de France surle Proche-Orient et de faire paraitre de nombreux articles dans les revues spécialisées ou dans des quotidiens comme le Monde".

  • Candidos a écrit le 05/10/2009 à 18:28 :

    • Pourquoi Yves Bertrand n'est -il pas dans le box? A-t-il un lien familial avec Xavier Bertrand?

  • FrançoisPinô a écrit le 05/10/2009 à 18:28 :

    • Mais qu'en pense donc Bernard Arnô? Et Marcel Dassô?

  • RMN a écrit le 05/10/2009 à 18:28 :

    • J'ai de plus en plus de mal à comprendre toute cette affaire Clearsream !

  • Mickey a écrit le 05/10/2009 à 18:16 :

    • Amusant, cet empressement des commentateurs de ce blog à enfoncer DDV....Xavier Bertrand, sbires de l'UMP, sortez du corps de Titus!!!

  • lili a écrit le 05/10/2009 à 18:16 :

    • il va avoir des cheveux blancs !! quoique ce soit déja fait

  • Carambouille a écrit le 05/10/2009 à 18:16 :

    • Avec tout cela, personne (et pas Rondot en tout cas) n'affirme que DDV savait que les listings étaent bidonnés. Comment peut on parler de calomnie dans ce cas ?

  • luther a écrit le 05/10/2009 à 18:08 :

    • cett hitoire est un gros montage villepin n'y est pour rien je vois qu je serais encore censuré

  • oups a écrit le 05/10/2009 à 18:08 :

    • Trop crédule et peu discret cet "agent secret" !! Des politiques qui se taisent et un "agent secret" bavard et maniaque du carnet ... drôle d'affaire!

  • martin a écrit le 05/10/2009 à 18:08 :

    • je regrette de constater que sarkosy à profité de cette affaire pour se placer en victime, comme d'habitude preuve que des magouilles encore au pouvoir.

  • caramel a écrit le 05/10/2009 à 17:43 :

    • donc villepin est un gros menteur , !!

  • maminox a écrit le 05/10/2009 à 17:43 :

    • oh oui!! j'ai un commentaire à faire, j'ai 77 ans je suis citoyenne du Monde, et quand je vois toutes les pourritures qui sont à la tête de la France, je suis encore plus citoyenne du Monde, je quitterais la France en crevant bientôt et ce sera sans regret, je plains les plus jeunes que moi, ce qu'ils vont voir ne sera pas trés beau.

  • dt75 a écrit le 05/10/2009 à 17:43 :

    • j'ai comme l'impression que la Cour devrait convoquer une illustre personne résidant gratuitement sur le Quai Voltaire ... Villepin, Juppé : même combat ?? A quand un séjour au Canada pour DDV ?? Quels moeurs nos élites !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • luther a écrit le 05/10/2009 à 17:43 :

    • je ne vois pas du tout villepin accablé

  • GG 3OOO a écrit le 05/10/2009 à 17:42 :

    • villepin va mal dormir ce soir... petit apetit il va perdre de sa superbe, "le poete" encore deux ou trois sursauts et puis cz sera fini. KO le chateaubriand du pauvre

  • Titus a écrit le 05/10/2009 à 16:54 :

    • Donc Villepin a bien menti...

  • Marco a écrit le 05/10/2009 à 16:41 :

    • L'homme qui voulait sortir blanchi prend un saut de charbon à chaque réponse de Rondot.

  • citoyen patient a écrit le 05/10/2009 à 15:57 :

    • Bien présomptueux sont ceux qui , ici ou là , disent , affirment , crient à la culpabilité de l'un ou de l'autre ...A part M.Lahoud qui a fini par reconnaître qu'il était le falsificateur , il n'est pas certain que nous puissions savoir le degré de responsabilité de chacun . Je constate , cependant , que depuis la fin de ses mandats , Monsieur Chirac et Mme , entretiennent des rapports plutôt , voire même, bons avec M.Sarkozy , alors que , nous disait-on , ils ne pouvaient pas "se sentir" ; je constate , également que M.lahoud est Libanais , et que M.Chirac occupe l'appartement d'un Libanais ...Je repense , également , à M.Juppé qui a "payé" pour Chirac .....et je me demande si M.de Villepin n'est pas en train de "payer" , lui aussi , pour Chirac ! Qu'il puisse y voir des complicités entre Sarkozy et Chirac qui ne seraient pas très avouables ne me semblerait pas étonnant du tout : ils ont eu le même appétit pour le pouvoir ; la même absence de scrupule pour en user et abuser à leur profit personnel ; quelques très grands amis-proches communs ( je pense à J.Martin ...) , dont quelques uns placés à des postes "intéressants" sinon politiquement , du moins financièrement ....avec l'aide de l'ami Pasqua ....Et je pense que Cécilia et Bernadette avaient , en commun , cette envie forcenée de faire le maximum pour leurs "hommes" , et étaient prêtes à tout pour les "servir" , sans oublier de se servir elles-mêmes , d'ailleurs ...je mettrais ma main au feu qu'un jour ou l'autre et Chirac et Sarkozy seront rattrapés par leurs histoires et par l'Histoire . Il suffit d'attendre que des personnes forcément informées , permettent , un jour , que la vérité soit connue , avec tous les éléments nécessaires pour la "reconnaître" . Et , à ce moment-là , l'affaire Clearstream et ses comptes , s'éclaircira .

  • carpatrick a écrit le 05/10/2009 à 15:26 :

    • Tout cela est simplement navrant et consternant de ridicule. Détériorer l'image de la politique par des considérations égoïstes et pour auto-satisfaire des egos surdimensionnés, s'enferrer dans des mensonges éhontés, c'est triste et déplorable. Un peu plus de professionalisme n'eût fait de mal à personne. Mais il est vrai que nos services de renseignement sont, comme nos médias, plus intéressés par le spectaculaire que par la vérité....

  • artisthea a écrit le 05/10/2009 à 15:25 :

    • Il faut vivre sur Mars ou sur Saturne pour écrire que si DDV se présentait, il ferait voler en éclat l'UMP. DDV n'a qu'un minuscule potentiel électoral et ce n'est malheureusement pas lui qui mettra des bâtons dans les roues de NS. Ce procès à forcément d'autres buts que celui de se débarrasser d'un opposant.... ! Il s'agirait plutôt davantage d'un réglement de comptes personnels quitte à redonner de la voix et de la consistance à un opposant.... CQFD ?

  • Juliet Papa a écrit le 05/10/2009 à 11:31 :

    • Quel paradoxe que ces déclarations plus sombres les unes que les autres,ces noires contre-vérités, et ce débat de 'basse police' dans une affaire dénommée Clearstream ou 'Courant Clair' en français dans le texte... Quelle qu'en soit l'issue (?)notre classe politique en restera souillée et il me semble que c'est le principal enseignement de ce triste spectacle livré par nos hommes politiques. Ils ont pourtant tant à faire... ailleurs !

  • Mirages a écrit le 05/10/2009 à 11:31 :

    • C'est amusant de voir qu'on se concentre sur les supposées rétro-commissions des frégates de Taïwan alors qu'à la même époque était signé avec le même pays un contrat beaucoup plus important (Mirage 2000 + missiles pour Mirage et F16), contrat dont personne ne parle plus aujourd'hui.

  • toto_l'a_dit a écrit le 04/10/2009 à 11:01 :

    • au départ, il y a les très importantes rétrocommissions sur la vente des frégates, trop importantes. Hypothèse : alors il fallait subdiviser sur un maximum de noms, des anonymes et des personnes célèbres. L'indication de politiques de premier plan dissuaderait de pousser une éventuelle enquête trop loin. Mais un grain de sable imprévu se glisse dans le mécanisme : la féroce lutte pour le pouvoir auxquels se livrent certains d'entre-eux. Toutefois, demeure la confusion recherchée et même de la bouillie. A propos, que sont devenus les premiers listings ?

  • Michel P. a écrit le 03/10/2009 à 16:18 :

    • C'est un Procès politique comme le furent les Purges staliniennes en 1937 c'est à dire l'élimination de la vie politique de deVillepin par Sarkozy. Ce dernier sait que si de Villepein se présente contre lui en 2012, sa coallition UMP va éclater en morceaux et qu'il perdra automatiquement sa réélection. Personnellemnt j'attends beaucoup du témoignage du Général Rondot car un militairee, Général de surcroit, ne peut pas mentir car au contraire des Politiques qui n'ont aucun honneur, lui en a un.

  • mm a écrit le 03/10/2009 à 15:46 :

    • où est passe le juge van R? et l'affaire des frégates de Taiwan? et l'affaire de l'appart de NS? vous voyez c"est simple ? a qui profite l'affaire? vive la république des rois élus.

  • arnold a écrit le 03/10/2009 à 12:45 :

    • Pour comprendre l'origine de l'affaire, je n'ai jamais rien lu d'aussi crédible que le compte rendu qu'en a fait Ph Delmas, téléchargeable sur ce site. Ceci posé, si les questions soulevées à la fin de l'article ci-dessus sont pertinentes, je me demande comment Rondot va faire pour y répondre sans se mouiller: s'il confirme ses notes, il implique directement Villepin et Chirac vu l'intérêt que ceux-ci ont porté dès le départ à l'affaire (p.ex. par les propos attribués à Villepin en réponse aux doutes exprimes par Rondot: "pour les milieux financiers c'est vrai"). S'il les infirme, il accepte de jouer le rôle du benêt incompétent à qui on fait porter le chapeau, d'avoir su les listings faux et de ne pas l'avoir signalé (officiellement). Il faut dire que ce procès est un anthologie de mauvaise foi: toute l'argumentation de Villepin se retranche derrière le fait qu'il n'y a jamais eu d'instructions écrites (comme si dans ce beau monde on avait l'habitude de laisser des traces écrites de ses turpitudes), qu'il justifie d'une part par le caractère hautement stratégique de l'affaire (terrorisme, réseau mafieux, comptes occultes, domaine réservé, menaces sur la France), tout en niant en même temps y avoir porté un intérêt (en tous cas rien d'officiel entre Janvier et Juillet, ou bien genre "Bousquet est un nom commun"). Un beau cas de figure est aussi la libération de Lahoud ordonnée par Villepin par telephone : Rondot acceptera-t-il là aussi de porter la responsabilité que Villepin lui attribue : que la demande de libération de Lahoud, rapportée dans les notes de Rondot, correspond à une "couverture" sur les attentats de Madrid. Reste un fil conducteur à travers tout le procès : plus c'est gros mieux ca passe. C'est ce qui a permis la longue carrière politique d'un Chirac, son dauphin est bien placé pour en assurer l'héritage, ce procès le démontre à merveille...

  • Gérard. a écrit le 03/10/2009 à 11:23 :

    • La vérité est sous vos yeux, évidente comme dans l'affaire de Alain Juppé. En ce moment il y a une autre affaire en cours concernant Monsieur Chirac où un non lieu a été demandé, évident mon cher Watson.

  • henry a écrit le 03/10/2009 à 10:36 :

    • Je ne comprends toujours pas pourquoi ce tas de purin est devenue une affaire d'Etat; qu'importe à nos gouvernants que des citoyens français aient des comptes dans une banque très spécialisée?

  • EJOTY a écrit le 03/10/2009 à 10:36 :

    • A n'en pas douter Philippe RONDOT dira la vérité mais compte tenu de la sensibilité internationale de certaines affaires qu'il suivait et pour la sécurité de nombreuses personnes, il ne pourra peut être pas donner trop de détails. Dans ce dossier, comme malheureusement, dans bien d'autres, le secret de l'instruction a été baffoué. Cela démontre le manque de déontolgie de certains "acteurs" propice à tous les excès.

  • med a écrit le 03/10/2009 à 10:35 :

    • Espérons que le témoignage prochain du général Rondot à la barre permettera d'éclaircir des zones d'ombre, y compris son propre rôle, dans l'affaire Clearstream et d'approcher la vérité au lieu de l'obscurcir davantage.

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