Contenu :
![]() | Les plus commentés |
![]() | Les plus envoyés |
| Les plus lus |
Lien permanent vers cet article :
http://www.latribune.fr/actualites/politique/affaire-clearstream/le-proces-clearstream/20091002trib000429115/proces-clearstream-minute-par-minute-les-premiers-jours.html
La Tribune.fr - 02/10/2009 | 17:30 - 20917 mots

20 h 12 l'audience est levée.
20 h 10 C'est au tour de maitre Metzner, avocat de Villepin d'interroger Gergorin : vous rencontrez Van Ruymbeke. Un consensus pour envoyer des lettres anonymes se dessine ?
Gergorin : c'est effectivement à ce moment.
19 h 44 Maitre Iweins, l'un des avocats de Gergorin appelle son client à la barre. Vous vous rendez compte que le ministère public ne vous croit pas. Comment un type aussi intelligent que lui a-t-il pu se laisser abuser par Lahoud ? Avez vous fait cet examen de conscience ? Essayez de répondre avec une phrase courte.
Un avocat : il ne le peut pas.
Maitre Iweins : c'est un intellectuel Gergorin , je ne sais pas si vous le savez.
Gergorin : Lahoud n'était pas ce qu'il apparaît aujourd'hui. Et moi, je n'étais pas ce que je suis aujourd'hui. Hier, avec la pression de responsabilités très fortes et le choc de la découverte de ces listings, à laquelle j'ai consacré peu de temps. Mais méfiez vous des gens brillants.
Le procureur se lève : Gergorin est un autre homme. C'est un autre Gergorin qui déclarait à Camus selon Delmas : les seules personnes dont on peut avoir confiance sont celles que l'on tient par les c ....
Maitre Iweins :vous invoquez la déclaration de Delmas contre Gergorin !!!!
Gergorin : ce n'est pas mon style cette citation ...
Maitre Pardo, avocat de Lahoud, se lève : ce serait sur vos déclarations que Lahoud aurait indiqué les noms dans les listings ?
Gergorin : c'est une vision tronquée des choses.
Maitre Pardo : en avril 2003, vous lui faites des confidence alors qu'il sort de prison.
Gergorin : c'est le frère de Marwan Lahoud (NDLR un des patrons d'EADS). J'ai confiance en Lahoud.
Maitre Pardo : il vous a séduit ?
Gergorin : en quelque sorte.
Maitre Pardo : on peut supposer que Lahoud, libanais, intéresse la DGSE mais vous, en quoi il vous intéresse ?
Gergorin boit un verre d'eau.
Maitre Pardo : courage !
Puis il reprend : à qui avez-vous indiqué que Lahoud était votre source ?
Gergorin : à Van Ruymbeke, à Villepin, à Rondot. Mais pas à Arnaud Lagardère. Pas à Camus.
Maitre Pardo : au nom de quoi n'en parlez vous pas aux patrons d'EADS qui emploient Lahoud ?
Gergorin : je n'avais pas à le citer.
Maitre Pardo : est ce que vous êtes crédible ?
Gergorin : je disposais d'une large autonomie.
L'échange est d'une grande violence. L'avocat parle fort, coupe Gergorin, qui a du mal à garder son calme. La journée a été longue.
Maitre Pardo : vous avez attendu un long temps pour révéler au juge d'Huy que votre source était Lahoud. Pourquoi, alors que vous la révélez à Van Ruymbeke, à Villepin ?
Gergorin : je l'ai dit à Van Ruymbeke. Je voulais protéger Lahoud.
Maitre Pardo : pensez vous que Lahoud a pu seul introduire les noms, vous tromper, tromper Rondot et les plus hautes autorités de l'Etat ?
Gergorin : il a pu faire croire à la DGSE qu'il avait rencontré Ben Laden. On peut envisager qu'il avait une petite main pour trafiquer les listings.
Maitre Pardo : en avez-vous la preuve ?
Gergorin : non.
19 h 25 Le président donne la parole à maitre Dalmasso, l'un avocat de Gergorin.
Maitre Dalmasso appelle Denis Robert : j'ai cru comprendre que tout le monde pouvez prouver la fausseté des listings à la simple lecture et l'apparition des personnes physiques. Qu'en pensez vous ?
Robert : Clearstream est une chambre de compensation particulière située au Luxembourg, paradis fiscal. Je crois pas une seconde que des personnes comme DSK puisse avoir détenu des comptes. Mais par un hacking, on peut accéder à des sous comptes où figurent des personnes physiques.
Le procureur Marin se lève : ce que je veux dire, c'est qu'il y a des noms de personnes physiques chez Clearstream, il s'agit d'intermédiaires financiers. Ce qui n'est pas anormal.
Maitre Dalmasso : je voulais que Robert puisse me confirmer qu'à la lecture, on ne pouvais pas savoir si les listings sont faux.
Maitre Dalmasso se tourne vers Lahoud qui passe à la barre : connaissez vous l'affaire japonaise (NDLR le compte supposé de Chirac au Japon) ?
Lahoud : non.
Maitre Dalmasso : Rondot déclare : Lahoud m'a semblé très au courant de cette affaire japonaise. La connaissez vous ?
Lahoud : c'est Gergorin qui m'a donné des détails sur cette affaire.
Maitre Dalamsso : M. Jevakhoff figure sur les listings. Le connaissez vous ?
Lahoud : son nom a été mentionné à la maison car Jevakhoff est inspecteur des finances comme ma femme.
Maitre Dalmasso : M. Martini le connaissez vous ?
Lahoud : non.
Maitre Dalmasso : j'ai un compte rendu de Rondot qui montre que Lahoud connaissais Martini.
Lahoud : je le conteste.
Maitre Dalmasso : connaissez vous Gomez et Martinez ?
Lahoud : non, avant de connaître Gergorin.
Maitre Dalmasso : je cite une déclaration de Merlen (NDLR qui a présenté Lahoud à Robert) qui montre que Lahoud connaissait Gomez et Martinez en 2003.
Lahoud : je m'en suis expliqué. Merlen n'est jamais venu à la maison en 2003 mais plus tard.
Maitre Dalmasso : je constate que Lahoud dément tous ce qui est dit dans la procédure.
Maitre Dalmasso n'a plus de question.
19 h 03 C'est au tour de Maitre Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy : Willing (NDR, un consultant en intelligence économique) connaissait-il Imad Lahoud ?
Gergorin : tardive.
Maitre Herzog : dans le dossier, Wiling dit qu'il ne l'a jamais vu. J'ai cru entendre que vous regrettiez que Willing ne soit pas entendu devant le tribunal. Vous confirmez que l'épisode de la vérification des listes par Willing a eu lieu en 2003 ?
Gergorin : effectivement
Maitre Herzog rapporte une déclaration de Willing qui raconte etre chargé d'une vérification des fichiers auprès des services américains. La réponse des Américains a pris moins de 24 heures tout était faux. Gergorin m'a dit que je m'était fait enfumé. Qu'en pensez vous ?
Gergorin : il y a une erreur de date.
Maitre Herzog : l'erreur de date est en votre défaveur. Les vérifications ont été faites au printemps 2003. Le passeport le prouve. Alors ma question est simple : Willing se trompe ?
Gergorin : oui. Willing m'a dit : j'ai plusieurs passeports. Je demande à ce que Willing soit entendu.
Gergorin tient la forme : il est debout depuis 14 h 30. Un peu pâle, il résiste au choc. Est-ce plus dur qu'une négociation internationale ?
Maitre Herzog : je voudrais revenir un instant sur la note Dominique de Villepin (NDLR : rédigée en 2004 pour Villepin pour résumer l'affaire des listings) ?
Gergorin : j'ai rédigé cette note sous le contrôle technique de Lahoud.
Maitre Herzog : cette note est-elle extraite de votre ordinateur ?
Gergorin : je ne sais pas.
Maitre Herzog : l'expertise dit que la note a été rédigée le dimanche 4 janvier 2004 sur un ordinateur identification Gergorin.
Gergorin : il n'y a pas de contestation je revendique cette note.
Maitre Herzog : il y a eu plusieurs interprétations sur cette affaire : Villepin contre Sarkozy ou Camus contre Forgeard. Ces rivalité sont-elles antinomiques ou peuvent elles être complémentaires ?
Gergorin : je voudrais répondre sur des faits, pas sur des interprétations.
Maitre Herzog : je viens aux messages enregistrés sur le répondeur de Camus (NDLR : ex CEO d'EADS) le 4 mai 2006. Gergorin dit : "je ne suis pas le corbeau. je te laisse juge de cette campagne. Je suis très serein. Je mène une double vie : manager le jour, la nuit imaginant des complots". Qu'en pensez vous ?
Gergorin : la pression était gigantesque. Je n'ai jamais accepté le mot de corbeau. Il ne correspond pas à la réalité.
Maitre Herzog : je voudrais avoir cet avis sur un deuxième appel à Camus ou vous citez Sarkozy.
Gergorin : j'avais oublié la mention Bocsa Nagy (une partie du nom de Sarkozy).
Maitre Herzog : est ce vous qui avez cité le nom de Bocsa Nagy lors de la réunion du 9 janvier 2004 (entre Villepin Gergorin et Rondot) ?
Gergorin : j'ai rappelé que Lahoud avait cité le nom de Bocsa Nagy, je l'ai rappelé dans cette réunion du 9. Puis on est passé à autre chose.
18 h 40 maitre Garaud avocat de Delmas : qu'est ce qui vous a conduit à porter plainte contre des articles qui vous accusaient d'être le corbeau ?
Gergorin : il y a le combat politique que vous savez, il y a également le remplacement du co-CEO (co-président exécutif) de EADS. Arrive la campagne de presse. Mon nom est cité. EADS me dit il faut porter plainte. Pourquoi porter plainte me suis-je dit ? On me dit qu'il existait un rapport de la DST certifiant que j'étais l'auteur des listings. Des articles paraissent y faisant référence. Deux jours après ces articles, j'apprends que le rapport de la DST n'existe pas. C'est ce qui m'a conduit à porter plainte pour faux pour l'inexistence de ce rapport.
Maitre Garaud : cette plainte avait pour but d'éviter le départ prématuré de Camus (NDLR : co-CEO d'EADS)
Gergorin : éviter un départ sanction de Camus. C'aurait été une catasrophe pour le groupe.
Maitre Garaud : Mais pourquoi Camus devait-il partir si vous étiez désigné comme le corbeau ?
Gergorin : j'étais désigné comme l'homme de Camus.
Maitre Garaud : à cette époque, Delmas était-il parti ?
Gergorin : absolument pas.
Maitre Garaud : vous assistez au départ de cet ancien ami sans aucun état d'âme ?
Gergorin : quand Forgeard est arrivé, s'est posée la question de sa place à EADS. La place au conseil est décidée par le board franco-allemand. Les Allemands étaient opposés à la présence de Delmas au conseil. Forgeard a alors dit qu'il vaut mieux qu'il parte.
18 h 23 Le président donne la parole à Me Poynard, avocat d'Alain Gomez
Me Poynard : Qu'est ce qui vous fait penser que Clearstream soit, d'abord dans la note remise à Rondot pour Gomez une possibilité de rétribution d'intermédiaire, puis dans la note Van Ruymbeke un moyens de blanchiment ?
Gergorin : Je ne sais pas dans quel ordre les choses se sont faites.
Me Poynard : Vous avez connaissance du procès entre Matra et Thomson. Vous savez quels étaient les conseils des personnes poursuivies ?
Gergorin : Je vois que maître de Montbrial, que je connais, m'appelle pour travailler avec EADS. Je ne connais rien à l'affaire des frégates.
Me Poynard : Vous vous intéressez pourtant à cette affaire.
Gergorin : J'ai lu un premier livre en 2004.
17 h 26 L'audience reprend. La salle est à moitié vide, les auditeurs et les avocats sont assommés par la technicité des débats. La parole est aussitôt donnée au procureur.
Le substitut : Une source égale zéro source. Lorsque vous parlez au juge Van Ruymbeke vous n'avez qu'une seule source.
Gergorin : Je crois que la justice peut progresser. Je vais voir le juge pour expliquer pas pour dénoncer.
Le substitut : Vous êtes pourtant sur le mode de l'affirmation.
Gergorin : La différence est entre l'intime conviction et le fait qu'il n'y avait qu'une source.
Le substitut : Vous avez joué au dénonciateur anonyme ?
Gergorin : Je l'ai donné au magistrat qui saurait en faire quelque chose.
Le substitut : Les courriers sont dans une sémantique péjorative, on y trouve mafieux, corruption etc , vous faites vôtres les affirmations contenues dans cette lettre.
Gergorin : La réponse est non. Elle fait suite à des heures de discussions avec le magistrat. Je la regrette profondément.
Le substitut : La comparaison entre la lettre Rondot et celle remise au juge Van Ruymbeke montre des différences. Pourquoi avoir altéré des informations ? notamment : identification des titulaires de comptes. La lettre Van Ruymbeke cite des comptes mais ne les identifie pas. Il s'agit de Flam, Chouet (NDLR : membre de la DGSE) et Martini (membre de la DST). Mais vous les connaissez sans les identifier. Pourquoi ?
Gergorin : Je ne souhaitais pas incriminer ces personnes. J'avais le sentiment qu'il fallait dans une lettre anonyme donner un ton affirmatif.
Le substitut fait référence à la lettre faisant état de la suppression des 895 comptes (voir latribune.fr les envois au juge) ou Gergorin dit qu'il est témoin depuis de nombreuses années de dérives mafieuses.
Le substitut : Pourquoi l'usage du mot crapule ? Si vous agissiez de bonne foi, à quelle sorte de nécessité relève l'emploi de mots injurieux ?
Gergorin : Ces termes traduisent l'extrême tension dans laquelle je suis. Ces termes sont grotesques. Mais je révélais des faits graves et vrais.
Le substitut : De quels éléments disposiez pour imputer des liens entre les personnalités et le narco trafic ?
Gergorin : Dans le système décrit par Lahoud il y a trois grandes sources le narco trafic, les commissions des contrats de la défense et les russes.
Le substitut : Au moment ou vous envoyez la note, vous ne disposez d'autres sources que ce que vous dit Lahoud ?
Gergorin : Absolument.
Le substitut : Vous avez allégué des menaces contre vous car vous avez des informations su l'affaire des frégates. Pourtant, vous restez en relation avec un grand nombre de personnes dénoncées. Comment expliquez-vous cela ?
Gergorin : D'abord, sur les menaces, j'y croyais. (il cite les morts dans l'affaires de frégates)
Le substitut : La question n'est pas là ...
Gergorin : Lorsqu'il y a des suspicions, les personnes soupçonnées ne sont jamais prévenues. C'est une règle. Qu'à fait MAM ? Elle n'a pas prévenu son plus proche collaborateur, Alexandre Jevakhoff. Rondot a agit de même. Je ne pouvais donc rien changer à mon comportement. Il n'y a pas d'autres solutions ...
Le substitut se rassoit. Le procureur Marin se lève racle le micro
Le procureur : Vous-êtes bien polytechnicien, ancien élève de l'Ena. Vous étiez bien numéro trois d'EADS ? Les problèmes financiers ne vous sont pas étrangers. Est-ce que vous savez ce qu'est une chambre de compensation ?
Gergorin : Je l'ai découvert quand Lahoud m'en a parlé.
Gergorin se lance dans une analyse, rappelle qu'il s'est inscrit à Clearstream en 2004. Le procureur manie des papiers, agite ses lunettes.
Le procureur : Pourtant autour de vous on détermine assez vite que le mécanisme décrit dans les listings n'est pas crédible. Par exemple Alain Chouet, à la DGSE. Cette histoire ne tient pas debout ...
Gergorin : Chouet fait référence à des travaux menés en 2001. Et il y a des sous-comptes attribués à une personne physique.
Le procureur : Mais la personne est un intermédiaire financier. M. Camus (NDR alors co président d'EADS) que vous connaissez a dit "on m'aurait montré les listings j'aurais tout de suite dit que c'était impossible que des comptes puissent être attribué à des personnes physiques".
Gergorin : J'étais tenu pas le secret envers Rondot, c'est pour cela que je n'ai pas parlé à Camus.
16 h 49 Le président : Rondot écrit dans cette note qu'il fait l'objet d'une manipulation. Mais il nie l'existence d'une entreprise de destabilisation. Mais il poursuit ses investigations.
M. Lahoud venez à la barre. Vous avez rédigé la note WSP (voir le premier envoi au général Rondot sur latribune.fr) ?
Lahoud : Non.
Le président : avez-vous participé à la rédaction de la première letttre de la deuxième ?
Lahoud : non.
Le président : avez-vous remis à Gergorin le CD Rom ?
Lahoud : non, je n'ai donné à Gergorin en main propre que le dernier envoi parvenu au juge. Etabli à partir de données sur mon ordinateur. Gergorin était derrière moi, c'était dans mon bureau. Je n'ai jamais collationné des fichiers pour Gergorin.
Lahoud répète qu'il n'a remis qu'un CD Rom.
Le président : vous avez conservé des données jusqu'à la phase d'effacement en 2005.
Lahoud : oui.
Le président : pendant ce temps, vous êtes traité par Rondot.
Lahoud : oui.
Le président : votre activité ne donne pas satisfaction.
Lahoud : oui.
Le président : étiez-vous au courant des préoccupations de Gergorin concernant le groupe Lagardère en 2003 ?
Lahoud : pas tout de suite, et c'était de manière épisodique.
Le président : vous avez appaté Gergorin avec des ennemis à lui, comme vous avez appaté Villepin.
Lahoud : non, je n'ai fait que conserver des fichiers. Je refuse d'être la source qui a fourni des renseignements à tout le monde.
Le président : vous allez rencontrer à nouveau Robert. Comment expliquez-vous cette démarche alors que vous dites être sous la coupe de Gergorin ?
Lahoud : dans le cadre de l'amitié entre Robert et Van Ruymbeke il fallait manipuler Robert pour que Van Ruymbeke lance des commissions rogatoires.
Le président : vous avez dit alors que vous étiez en prison à l'un de vos co-détenu, un intermédiaire dans le monde industriel, en 2002 vous dites que vous avez de quoi faire sauter la République.
Lahoud : je n'étais pas en cellule avec ce co-détenu. Imaginer en 2002 que j'avais le projet de rencontrer Gergorin est délirant.
Le président : ce qui est important c'est ce que dit ce co-détenu ?
Lahoud : c'est entièrement délirant. Je ne peux pas dire autre chose.
Le président : votre nom apparaît dans les cahiers Bertrand. Avez-vous des rapports avec les RG ?
Lahoud : non, non, pas du tout. Je l'ai rencontré plus tard par l'intermédiaire de Brigitte Henry (NDLR adjointe à l'époque de Yves Bertrand patron des RG).
Le président : vous n'avez jamais travaillé pour les RG ? Pour un service secret ?
Lahoud : Jamais, jamais, jamais.
Le président : nous suspendons la séance. Il est 17 h
16h35 Le président : Qui tape la lettre ?
Gergorin : C'est Imad Lahoud.
Le président : La deuxième lettre, qui la rédige?
Gergorin : C'est moi.
Le président : Est-ce que Lahoud y participe ?
Gergorin : Il la tape.
Le président : Le troisième envoi, c'est un CD Rom ?
Gergorin : cela va être fait en plusieurs épisodes. M. Bauer (NDR ancien Grand Maître du Grand orient, aujourd'hui conseiller officieux en sécurité de Nicolas Sarkozy), le coryphée de cette saga, me dit que mon nom circule.
Le président : Vous avez conservé dans des clés USB des documents que vous ne transmettez pas aux juges. Vous avez à votre disposition un capital d'informations ...
Gergorin : Van Ruymbeke voulait aboutir à un point : résoudre l'affaire des frégates il manquait un maillon : où sont passées les commissions ? Lahoud se disait fort d'obtenir ce chainon manquant. Lahoud ne fournira alors plus aucune information. Je renouvellerai la demande. Il ne fournira rien. Je donne à Van Ruymbeke le CD Rom pour l'aider ...
Le président : le volet russe disparaît ...
Gergorin : Van Ruymbeke n'a qu'une seule demande : progresser dans l'affaire des frégates.
Le président : pendant ce temps, Rondot poursuit son enquête ....
Gergorin : Rondot me montre des incohérences, mais elles n'en étaient pas pour moi. Rondot au départ était sceptique. Il est ensuite devenu perplexe.
Le président : Rondot fait part du manque de crédibilité des informations données dans une note.
Gergorin : c'est un balancement circonspect. Mais dans une note manuscrite, Marland (NDLR directeur de cabinet de Michèle Alliot-Marie à l'époque) il dit soit c'est un scandale d'Etat, soit c'est une manipulation au plus haut niveau.
16 h 18 Le président : pourquoi cacher Maître de Montbrial ?
Gergorin : je voulais le protéger.
Le président : entre temps, il est devenu avocat d'EADS ?
Gergorin : sur un cas particulier. Je lui ai demandé de se retirer. Son intervention a duré trois heures.
Le président : ce que je retiens c'est qu'il a travaillé sur les suites à donner sur les pressions dénoncées par Lahoud par Laflandre (NDLR chef de la sécurité d'Airbus)
Le président : vous dites à vos contacts que vous êtes étranger à cette affaire. Vous avez une solide constitution pour l'affirmer ainsi ?
Gergorin : il faut avoir vécu des affaires délicates d'Etat où l'on m'a demandé de ne pas parler à mes supérieurs.
Le président : vous avez dénoncé, vous êtes affirmatif. Vous fonctionnez par affirmation qui repose sur des documents en provenance de Lahoud. Vous n'allez pas avec le dos de la cuillère dans vos dénonciations ?
Gergorin : ce sont des discutions très détaillées que j'ai eues avec Van Ruymbeke. Documents à l'appui. J'ai donné des noms, beaucoup. Je n'ai pas donné les noms de Bocsa et Nagy (NDLR : le nom exact de Nicolas Sarkozy est Sarkozy de Bocsa-Nagy)
Le président : vous dites c'est un système que j'ai dénoncé pas des hommes
Gergorin : oui. J'espérais que Van Ruymbeke vérifierait. Van Ruymbeke m'a dit qu'il ne pourrait pas avancer si les documents n'étaient pas indexés au dossier des frégates.
Le président : vous faites une différence entre vérité judiciaire et vérité absolue ?
Gergorin : je devais obtenir des vérifications de la part d'un service technique de la DGSE, c'est ce que je voulais obtenir. Sans vérification, aucune vérité judiciaire n'est possible. Van Ruymbeke m'a dit qu'il envisageait une commission rogatoire au Luxembourg pour Clearstream. Mais il lui fallait un élément matériel. Il y a eu alors consensus pour que lui soit transmis des documents.
16 h 02 Le président : pourquoi continuez vous à alimenter le magistrat alors que la presse fait état d'une manipulation ?
Gergorin : parce que j'y crois. Ensuite, lorsqu'il y a eu l'article du Point, il y a eu un communiqué Clearstream, puis il y a eu la fermeture de 895 comptes. J'étais dans mon univers, j'étais peut être dans l'irréel. Mais j'y croyais. Et Lahoud m'a donné des explications auxquelles j'ai cru.
Le président : Entre novembre 2003 et mai 2004, qu'est ce qui a changé dans votre conviction ?
Gergorin : Lahoud a joué de ma psychologie : plus il y en avais, plus c'était compliqué, plus j'y croyais. Le nombre de transactions qu'il me donne augmente. Je ne pouvais pas croire que ça ne venait pas d'une pénétration informatique. Villepin m'a dit qu'une vérification technique par les services ne serait pas possible étant donné la présence de personnalités politiques sur les listings.
Le président : en novembre 2003, vous avez conservé les documents sur une clé USB.
Gergorin : c'était en fin juillet 2003. J'imagine que, s'il m'arrive quelque chose, j'enregistre des documents qu'il faut donner à Van Ruymbeke. Car, dans mon monde fantasmatique, j'imaginais que comme Lagardère avait été tué, c'est ce que je croyais, je pouvais aussi être menacé. J'ai demandé une protection à EADS que j'ai continué à financer une fois qu'elle m'a été retirée.
Le président : voilà votre évolutrion. Mais la dernière étape, c'est de produire la copie d'une copie de la société chargée de votre protection. Je veux dire par là que vous avez fourni des informations. C'est votre stratégie de fournir des informations par étape.
Gergorin : je ne veux pas perturber votre gestion remarquable de l'audience.
Ricanements dans la salle. Il semble que Gergorin aussi.
Gergorin : Mais je veux répondre à la fourniture progressive des informations. Soit je disais tout ou je me taisais. Je me suis tu, alors que mon nom circulait. Pour protéger Lahoud, Villepin. Il y avait le secret demandé par le président de la République. Je ne voulais pas déclencher une crise politique en donnant le nom de Villepin. Alors que je crois à sa bonne foi.
Le président : Pourquoi des pages ont été enlevées du cahier déplacement de agents chargés de votre sécurité ?
Gergorin : je me doutais bien que ces cahiers étaient destinés à une officine ou à un service de renseignement. J'ai demandé d'enlever deux ou trois mentions concernant Maître de Montbrial et Villepin.
15 h 51 Le président : il y a effectivement cette rencontre que vous disiez fortuite dans le bureau de Villepin le 1er Janvier 2004 qui précède celle du 9 janvier 2004. Vous allez en venir en avril 2004 à entrer en relation avec le juge Van Ruymbeke par l'intermédiaire de maître Thibaut de Montbrial. Vous faites part de votre regret pour que Rondot ne mette pas en œuvre les moyens de la DGSE. Vous dites à cette époque que vous êtes face à un blocage.
Le président rappelle la transmission des lettres et des listings au juge (voir sur latribune.fr les envois au juge Van Ruymbeke). Il insiste sur le secret des rencontres, la nuit, au petit matin. Il raconte comment la source Lahoud a poursuivi son travail de recherche et remise de données sur Clearstream.
15 h 40 Gergorin : Van Ruymbeke est pour moi une référence. Ensuite, il y a Stéphane Fouks (NDLR directeur général d'Havas) qui travaille pour Forgeard et Delmas. Il fait son travail et répand dans Paris l'idée que je suis le corbeau et que je dois partir. Je n'ai mis en cause Delmas que dans le cadre de l'exploitation de l'affaire. Il l'exploite pour défendre Forgeard (NDLR dans la guerre pour la présidence d'EADS). Ce n'est pas dans mes missions que les relations avec les services. Mon travail, c'est la stratégie. Ensuite il y a un homme Lahoud qui travaille avec la DGSE qui dit qu'il a des informations sur Al Qaeda et qui me dit qu'il a des informations sur Clearstream. La seule bonne chose à faire est d'informer son officier traitant le général Rondot.
15 h 31 Le président : vos informations ont été qualifiées de Gergorinades.
Gergorin : cette expression fera florès. Quoiqu'il en soit, je fais part de mes inquiétudes à Bousquet de Florian (NDLR, directeur de la DST). J'ai rencontré le général Champtiaux sur mes préoccupations sur la mort de Lagardère. Il ne les a pas crues mais ne les a pas trouvées illégitimes.
Le président : le juge Van Ruymbeke était une voie pour faire passer vos obsessions ?
15 h 06 Le président : mais rien ne s'est produit contre le groupe Lagardère alors que vous craigniez une intervention du fond Hightfield (NDLR, les actionnaires prinicipaux du groupe) ?
Gergorin : le fonds a envoyé pour dire qu'il n'allait pas voter contre le groupe.
Le président : les mouvements sur les comptes de Gomez apparaissent après que le fonds ait envoyé cette lettre. Dès novembre 2003 Hightfield est une inquiétude ?
Gergorin : le fonds est à la base de la manipulation.
Les avocats parlent entre eux. Seul le président semble suivre les explications de Gergorin sur les dessous obscurs et complexes du monde des grandes entreprises.
Le président : quand on compare la première dénonciation et celle de Van Ruymbeke il y a une différence entre les dates et les sommes reçues par le compte Gomez ?
Gergorin : je peux vous donner l'explication. Toutes les explications que Lahoud a fourni sont des synthèses et non pas les documents sur les mouvements bancaires. Au mois de janvier 2004, je dis à Lahoud : avez-vous ou non les données brutes, il me les faut. Et après cette date, j'ai les extraits.
Le président : Lahoud vous a remis un bordereau remis par Martini ?
Gergorin : C'est le premier document imprimé destiné à montrer que Martini opérait des transactions. J'ai fait des vérifications et ensuite j'ai découvert que c'était le compte du Crédit Lyonnais à Clearstream.
Le président : ce sont les seules vérification que vous avez faites ?
Gergorin : absolument pas. J'ai vérifié les noms donnés par Willing. J'ai fait d'autres vérifications sur les numéros de téléphone donnés par Willing.
Le président : l'essentiel des vérifications ont été faites en mars et sept 2004, rien en 2003.
Maitre Iweins, avocat de Gergorin : j'ai versé au dossier des notes de 2003 en octobre et en novembre montrant les vérifications demandées par Gergorin à Hakluyt (NDR un cabinet anglais d'intelligence économique).
L'avocat résume les rapports. Ils conforment les propos.
Le président : Les rapports sur le fond Hightfield apparaissent en 2004.
Gergorin : il y a un délais pour ce type de consultant de deux mois à trois semaines entre la demande et le rendu.
Le président : Lagardère et Leroy (autre dirigeant du groupe Lagardère) confirment votre implication dans l'investigation du fond Hightfield.
Gergorin : première information concernant Hightfield en octobre. En novembre, d'autres infomations venant de Lahoud arrivent. C'est avant l'assemblée générale du groupe Lagardère. (NDLR : le fond est soupçonné par Gergorin de vouloir prendre le pouvoir dans le groupe Lagardère).
14 h 50 Le président : vous avez d'autres sources sur les mafias de l'Est que Lahoud, c'est gérard Willing (NDLR un consultant en intelligence économique ancien journaliste et ancien informateur de la DST) ?
Gergorin : Willing me parle dès 2000 des actions menées par des mafieux de l'est avant la mort de Lagardère. Puis, fin 2002 Willing vient me parler des menaces contre le groupe menée par des mafieux de l'Est, il cite trois noms. Je me suis inquiété des noms, dont celui de Karel Schmidt. Je croyais que c'était un homme très dangereux.
Le président : Willing poursuit en disant que vous êtes venu avec un certain nombre de schémas. Qui reprend le circuit des financement des frégates de Taiwan.
Gergorin : ces schémas sont assez tardifs je les situe en 2004.
Le président : vous aviez peu d'éléments. Uniquement celui impliquant Delmas, Wang et Gome.
Gergorin : au fur et à mesure que j'avais des données venant de Lahoud, je demandais à Willing plus d'informations, notamment sur Karel Schmidt.
Le président : pourquoi les donnez-vous à Willing ?
Gergorin : Willing est bien informé. Et d'interroger ces amis du Tracfin US sur les supposées transactions Clearstream.
Le président lit les comptes attribués à Gomez avec deux prénoms (voir sur latribune.fr les listings transmis à Rondot et le premier envoi à Van Ruymbeke)
Gergorin : c'est très simple.
Le président : enfin.
Le problème de Gergorin, c'est qu'il se situe dans une réalité, celle des « services », qui est tout sauf simple et où les détails parfois triviaux comptent énormément. Mais le président n'est pas de ce monde.
Gergorin : le compte Gomez est un compte encore plus clandestin que le compte Gomez avec un autre prénom, m'explique Lahoud. Les données ont été présentées à Willing le premier trimestre 2005, il se trompe en parlant de 2004. M. Willing disait qu'il avait la bonne piste et que moi avec les comptes Clearstream, j'étais sur la mauvaise piste. Il m'explique tout un réseau financier, avec Karel Schmidt. Je lui explique mon idée. Et c'est ce schéma qu'il fournira aux enquêteurs. Je ne demande qu'une chose c'est que Willing soit convoqué. Ce qui m'a été jusqu'à présent refusé.
14 h 33 Reprise de l'audience.
Le président appelle Gergorin à la barre : Je tiens à préciser que vous avez porté à la connaissance tant de Rondot que de Van Ruymbeke mais que votre thèse est que vous l'avez fait de bonne foi. En y croyant.
Gergorin : oui.
Le président : votre objectif était de lutter contre les assaut de mafias russes et autres agissant à l'encontre de votre groupe EADS et de l'industrie française. Cela remonte au tout début de l'année 2000.
Gergorin veut aussitôt parler. Le président l'interrompt. Et reprend. Il rappelle le déroulé des faits sur fond d'affaire des frégates et un lien fait avec votre groupe et Philippe Delmas avec un point d'origine votre source, Imad Lahoud. Seulement ce qui a été dit hier et aujourd'hui, permet de cerner le champs de la dénonciation : les personnes citées dans les listings étaient des gens proches de vous. Une des questions qui se pose est : pourquoi avez-vous gardé ces éléments pour vous alors que la direction de votre employeur aurait pu avoir un intérêt à savoir notamment parce qu'il y avait le fond Heightfield. Pourquoi ?
Gergorin : parceque les informations sur le réseau de corruption venaient d'une seule source, Lahoud. Ces informations sont purement verbales, et d'une seule source. Et une source de Rondot. Donc c'est pas du tout évident de parler.
Le président : attendez, quels étaient vos rapport avec Lagardère, Camus ?
Gergorin : une source égale zéro source. Je ne veux pas lancer une chasse aux sorcière sur la foi d'une seule source. Ensuite, j'en parle avec l'officier traitant de Lahoud c'est Rondot, coordinateur interministériel au renseignement, cas unique dans les affaires de renseignement.
Le président : savez vous pourquoi il a été lâché par la DGSE ?
Gergorin : Rondit m'a dit que la DGSE ne savait pas le traite.
Le président : autre souci, c'est le décès de M. Jean-Luc Lagardère. Comment vous êtes vous comporté vis-à-vis de l'entourage de la famille Lagardère puisque votre thèse était que la mort de Lagardère était le fait de la mafia russe ?
Gergorin : je n'ai joué aucun rôle dans la demande d'enquête de la famille. On a parlé. Je me suis renseigné, j'ai parlé de mes inquiétudes à Arnaud Lagardère, à Bousquet de Florian (NDLR : ex patron de la DST) à la DGSE. C'est ce lien entre le réseau russe donné par Lahoud et les soupçons sur l'assassinat de Lagardère qui m'a entraîné.
13 h 56 Le tribunal vous remercie dit le président en s'adressant à Auchi. Le président appelle Gilbert Flam, autre partie civile, à la barre.
Gilbert Flam, ancien magistrat détaché à la DGSE (service secret), a été cité dans les listings. Il a été mis en cause également dans l' « affaire japonaise » d'enquête sur le supposé compte bancaire nippon de Jacques Chirac.
Il se pose les mêmes questions que les autres parties civiles : pourquoi moi, qui l'a fait et pourquoi cette affaire a prospéré. Quelques éléments de réponse : pourquoi mon nom ? Lahoud, selon Rondot, avait eu une parfaite connaissance de l'affaire japonaise et il connaissait le rôle de Rondot dans cette affaire (NDLR enquête sur l'enquête supposée de la DGSE sur le compte japonais de Chirac). L'idée du faussaire était, en citant les noms de responsables des services de renseignement d'accrocher l'attention de Rondot. Cela a marché. Rondot, sur information des renseignements suisses, a vite appris que les listings étaient bidon. Je suis obligé de dire que j'ai trouvé inadmissible que certains responsables administratifs et politique, qui étaient au courant très tôt de la fausseté des listings, n'aient pas jugé d'informer le juge de la fausseté des listings, de dénoncer cette dénonciation calomnieuse au procureur L'abstention est constitutive du préjudice que j'ai subi.
Maître Mignard, l'avocat de Gilbert Flam, lui demande s'il connaît Gergorin et Lahoud.
Flam : j'ai vu Gergorin sans lien personnel.
Maitre Mignard demande à Lahoud s'il connaît Flam.
Lahoud : non je ne le connaît pas. Gergorin m'en a parlé. Ni Rondot, ni personne à la DGSE m'ont parlé de Flam et de l'affaire japonaise.
Le président donne la parole au procureur Marin.
Le procureur Marin : est-ce que Villepin connaît l'affaire Japonaise et connaît Flam ?
Villepin : bien sûr, l'affaire japonaise et le nom de Flam ont été mentionnés dans différents rapports.
Maitre Iweins, avocat de Gergorin : votre cas a été traité un peu à part par Rondot.
Flam : Rondot avait du mal à admettre la réalité des faits.
Maitre Iweins : on vous soupçonne d'avoir enquêté sur les comptes japonais de Chirac. Cette enquête qui a fuité.
Flam : vous avez mal résumé la chose. J'ai enquêté sur le banquier japonais (NDLR Chirac a été soupçonné de disposer de comptes dans cette banque japonaise) et sur son honorabilité qui n'était pas grande.
Maitre Iweins : avez-vous eu connaissance des notes Bertrand vous concernant ? Qu'est ce que cela vous inspire ?
Flam : une action en diffamation contre Bertrand.
Le président daigne sourire. Gloussements dans la salle.
Maître Iweins : je n'ai pas d'autres questions.
Maitre Metzner, avocat de Villepin : vous informez votre hiérarchie ?
Flam : Le procureur de Paris.
Le président constate qu'il n'y a plus de question.
Suspension de séance de cinq minutes.
13 h 51 Autre partie civile cité Nadhmi Auchi. Il se présente à la barre avec son avocat. La salle bruit de rumeurs autour de cet homme d'affaire dont le nom a été cité dans de nombreuses « affaires » politico-financières. Il a été cité par le juge Van Ruymbeke.
Auchi, en anglais, indique qu'il n'a aucun lien avec Clearstream. il ne voit pas pourquoi il est cité.
Cette fois les cinq accusés sont présents. Hier Lahoud avait eu l'autorisation exceptionnelle d'absence.
13 h 50 L'avocat de Lahoud, maître Pardo, se lance dans un incident d'audience. Des pièces ont été versées vendredi au dossier concernant des procès de presse. Des offres de preuves ont été apportées par Pontaut et Gaetner. Parmi lesquelles une demande la citation de Lahoud. L'avocat de Villepin est aussi le conseil de Pontaut. Cela pose un problème. C'est maître Leclerc.
13 h 46 Gergorin explique que Baudis n'avait pas de compte chez Clearstream, même s'il figurait dans le premier envoi à Rondot. Comme Ambiel et Jevakhoff. Le président demande au procureur et aux autres partie civiles si elles ont des questions. Silence.
13 h 40 En hors d'œuvre, le président appelle à la barre une partie civile non entendue hier. C'est Dominique Baudis. Il rappelle qu'il a déjà été victime d'une dénonciation calomnieuse dans l'affaire des prostituées assassinées de Toulouse. Imad Lahoud et Jean Louis Gergorin sont appélés à la barre pour répondre aux questions de maître Szpiner, avocat de Dominique Baudis.
C'est un échauffement pour les deux accusés, pour le président.
Maître Szpiner essaie de trouver un lien entre Lahoud, Gergorin et Baudis. La femme de Lahoud a été membre du cabinet de Douste-Blazy. Mais Gergorin, quel lien, sinon la présence de EADS à Toulouse ? quelle est votre réaction, monsieur Gergorin, lorsque vous voyez le nom de Baudis ?
13 h 25 Ce sera un combat entre « la chose » et le « pigeon » pour cette cinquième audience du procès Cleartream. Imad Lahoud, qui affirme que Jean-louis Gergorin l'a fait devenir sa chose, va affronter, à la barre de la 1ère chambre civile, Jean-Louis Gergorin, qui déclare à qui veut l'entendre qu'il a été manipulé par Lahoud, qu'il est un « pigeon ». C'est la deuxième fois que les deux hommes sont cités ensemble. La première escarmouche les opposait autour de la fabrication des faux listings. Aujourd'hui, le sujet sera la dénonciation calomnieuse.
Dans ce procès, Imad Lahoud est accusé de dénonciation calomnieuse en plus d'être poursuivi pour faux et usage de faux de recel de vol et recel d'abus de confiance. Jean-Louis Gergorin est, lui aussi accusé de dénonciation calomnieuse ainsi que de faux et usage de faux et d'abus de confiance et recel de vol.
Les débats ont repris ce mardi à 13h30 avec une nouvelle confrontation entre le supposé "corbeau", Jean-Louis Gergorin, ex-cadre dirigeant d'EADS, et le faussaire présumé, le mathématicien-financier Imad Lahoud .
Pendant ce temps, les avocats de Dominique de Villepin ont fait porter hier par huissier à l'Elysée l'assignation de Nicolas Sarkozy pour "atteinte à la présomption d'innocence"- qui ne pourra être effective qu'après le mandat présidentiel en vertu de l'immunité judiciaire du chef de l'Etat prévu par l'article 67 de la Constitution. Ce dernier est assigné par l'ancien Premier ministre pour avoir employé le terme de "coupables" en parlant des prévenus du procès Clearstream , lors de sa récente intervention télévisée avant le G20 de Pittsburgh.
16 h 36 Le président règle des questions d'intendance avec Maitre Binet, avocat de Dominique Ambiel. Et lève la séance.
16 h 21 Une autre partie civile, l'avocat fiscaliste Alain Guilloux, arrive à la barre. Il ne figure pas sur les écrits dénonciateurs mais dans une clé USB.
Guilloux : ni Lahoud ni Gergorin n'ont pu mettre mon nom puisqu'ils ignoraient mon existence. La question : qui m'a placé et pourquoi ? J'ai proposé aux policiers de rechercher le falsificateur en partant des noms qui ne figuraient ni dans la liste des politiques ni dans celles des industriels. J'ai croisé les noms figurant dans les carnets de Yves Bertrand (ancien patron de la DCRG) et ceux dans les notes blanches des RG. Beaucoup se retrouvent dans l'affaire de l'Angolagate.
Le président : c'est une thèse qui n'engage que vous.
Guillloux : absolument.
Le substitut : votre nom a-t-il été diffusé à l'occasion de l'affaire de l'Angolagate ?
Guilloux : le mien peut être mais les autres ...
Guilloux se retire. Le président appelle Pierre Pasqua.
Pierre Pasqua : deux hypothèses : soit c'est Pierre Pasqua qui est visé. Soit c'est Charles Pasqua. Mon sentiment est que c'est Charles.
Le président ne sait pas quelle question lui poser. Il se lance en réitérant sa question sur qui a été visé. Puis il se relance en demandant ce qu'en pense son père.
Pierre Pasqua : Puis je parler crûment ?
Le Président : Non
Rires
Pierre Pasqua : C'est une saloperie.
Le président : Votre père avait une explication ?
Pierre Pasqua fait la liste des articles écrits contre son père et contre lui.
Le président en soupirant demande si le procureur ou un avocat a des questions à poser.
Silence lourd. Pierre Pasqua regagne sa place.
15 h 29 Maître Jean Yves Dupeux, avocat de Martinez : est- ce que les listings portant juste 7 noms où vous figurez a été publié par la presse ?
Martinez : L'article du Point n'est pas venu par hasard. J'ai appris que celui-là (on suppose Gergorin) était derrière.
Martinez regagne sa place. Il est remplacé par Gergorin.
Gergorin : je voudrais revenir sur mes relations avec Martinez. Il est inexact de dire qu'il s'est désintéressé de l'affaire des "ailes de l'oiseau". Il a suivi l'affaire. Martinez est très passionnel. Notre inimité fait partie des légendes noires de l'industrie de défense. J'ai voulu connaître M. Martinez pour effacer des malentendus. M.Martinez a participé aux réunions d'un club, le groupe intelligence économique du CEPS, que j'animais après le dépôt de sa plainte dans l'affaire des listings.
Le président : ce qui a été dit, c'est qu'il n'y a aucun lien entre Lahoud et Martinez
Gergorin : c'est exact. Le falsificateur a utilisé une méthode particulière pour Gomez et Martinez.
Maître Dupeux : pourquoi recopiez vous cela dans une note de synthèse sous la dictiée de Lahoud ? Vous etes polytechnicien, énarque vous êtes spécialiste de l'intelligence économique. Vous n'êtes pas homme à recopier ce que dit Lahoud. Comment pouvez vous écrire qu'avant 1995 Gomez et Martinez se connaissaient ?
Gergorin : j'en étais persuadé. J'ai recopié ...
L'avocat de Lahoud remplacant : quelle note de Lahoud ?
Gergorin : c'est la note Wang shang Poo (voir sur latribune.fr l'envoi au général Rondot et le premier envoi au juge Van Ruymbeke)
15h30. Pierre Martinez arrive à la barre.
Le président : vous êtes cité dans les listings comme co initiateur et bénéficiaire de versements ?
Martinez : j'ai découvert l'affaire dans le Point. Permettez moi de préciser quelques dates :ancien chef de la brigade financière, j'ai ensuite été mis à disposition du Crédit Lyonnais que j'ai quitté en 1995. Je suis ensuite arrivé dans le groupe Thomson. Dès la première lettre anonyme, la personne ne pourra se retrancher derrière la mauvaise foi.
Je ne connaissais personne chez Thomson. J'ai commencé le 1er sept 1995 comme responsable des risques puis j'ai pris en plus la sécurité. pas une fois, sur la foi du serment, je n'ai pas connu l'affaire des frégates, je n'ai pas eu à connaitre l'affaire "coupez les ailes de l'oiseau". Je défie quiconque de prouver le contraire. Pourquoi ai-je été désigné comme une cible ? c'est la dérive d'un homme. Il m'accuse de chose dont je n'ai eu à connaître. Jamais.
Martinez, jamais, ne cite le nom de Gergorin
Martinez : j'ai eu à subir, j'ai été mis en garde à vue par les gendarmes, très gentils. Et encore aujourd'hui je ne sais pas pourquoi.
Le président : comment en avez-vous eu connaissance ?
Martinez : par la presse.
Le président : vous n'avez aucun lien avec M. Gergorin ?
Martinez : aucun. J'ai été etonné par cet homme qui était toujours dans mes pattes. Il me faisait des yeux doux et des câlins par devant. Cet homme m'a fait une dédicace assez charmante sur un de ses livres. Il y avait quelque chose derrière. Je ne sait quoi ?
Le président : comment intrepretez vous l fait d'avoir été joins à la dénoncition ?
Martinez : mon passage au Crédit Lyonnais a été occulté. Tout a été fait pour que je sois sorti de la Brigade financière pour devenir le bras armé de Gomez dans la guerre contre Lagardère. Voilà comment j'ai été instrumentalisé.
14 h 47 Gergorin : fin 1995, le Premier ministre a créé un groupe de travail pour optimiser les services de renseignement. Ce qui m'a marqué, c'est l'audition du patron des douanes. Le contrat des frégates, dit-il, c'est celui qui a donné lieu aux plus importantes commissions.
Le président le calme, le traite comme un enfant à consoler.
De quoi parlons nous ici ?
Maitre Poynard : on parle ici de la déclaration aux douanes de commissions légale jusqu'en 1997. C'est la procédure du confesionnal.
Gergorin : je n'ai jamais eu accès à la procédure du confessionnal. Cela ne correspondait pas à mes fonctions.
Le substitut : dans le dossier il y a des gens qui vus sont proche qui décrivent que Gomez fait partie du cercle de vos ennemi ?
Gergorin : vis-à-vis de Gomez, je le considère comme un ngrand patron. dès la fin de l'affaire coupez les ailes, j'ai dit à Gomez que je ne voulait plus être mélé à ces affaires. Ce qui m'a relancé, ce sont les inquiétudes qui ont été sciemment entretenues par Lahoud dans les semaines précédant la mort de Lagardère.
Gergorin s'asseoit. Gomez rejoint la barre.
Maitre Metzner, avocat de Villepin : vous avez fait l'objet d'une Garde à vue à la suite d'une plainte de Lagardère. Vous resterez mis en examne pendnat 5 ans. Vous avez été innoncenté. Quel était le témoin qui vous accusez ? Il y avait Gergorin ?
Gomez : oui
Maitre Metzner : vous avez appris dans la procédure coupez les ailes à l'oiseau que Gergorin, entreprise privée, avait versé des sommes à un service public pour enquêter. Est-ce normal ?
Gomez : Evidemment pas.
Maitre Metzner : dès l'époque Gergrin se prévaut du nom de Villepin ?
Gomez : ou.
Maitre Metzner : connaissez vous Dominique de Villepin ?
Gomez : j'étais collègue avec son père. Je l'ai connu en culottes courtes.
Maître Iweins, avocat de Gergorin (il lit le jugement de "coupez les ailez de l'oiseau" en insistant bien qu'il n'était pas dans l'affaire). Ce que dit le tribunal avant de vous relaxer : à la fin de l'année 1992, « et par l'animosité personnelle àl'agard de Jean Luc Lagardère, le président de Thomson » a lancé une action de déstabilisation. Le même jugement : Gomez lui a remis une somme en utilisant des moyens digne d'un « délinquant d'habitude ».
Vous avez caricaturé mon client, permettez que je lise un jugement qui concerne le vôtre ....
Comment expliquez vous que ce jugement soit plus dur que la note de la DST ?
La note dit que vous avez payé l'avocat Lee pour destabiliser le groupe Matra.
Gomez : la fausse note de la DST, je le maintiens, la note dit ...
Gomez ne finit pas sa phrase sous les assaut de Maitre Iweins.
Gomez : on a fait mettre un tampon officiel.
Maitre Iweins termine en constatant que les trois arguments de Gomez sont passés à l'as.
14 h 35 Gergorin : j'ai bien rencontré Gomez pour être recruté. Dans les années qui ont suivi, j'ai eu des relations tout à fait correcte avec Gomez. J'ai des circonstances atténuantes. D'abord à cause de la mort de Lagardère. Ensuite, le général Imbot (ancien patron de la DGSE) qui me dit que son fils qui est mort est mort à cause de l'affaire des frégates. Le général Imbot met en cause la haute direction de Thomson. M. Gomez figure dans les listings car on connaît mes inquiétudes. Je m'excuse.
Gomez revient à la barre.
Gomez : Ca recommence, ça recommence. Ce qui est non seulement odieux mais aussi contradictoire. On ne peux s'excuser et me mettre en cause. Lors du supposé déjeuner avec Imbot, je ne faisait plus partie de la direction de Thomson depuis sept ans.
Maitre Poynard : je vais poser des questions à Gergorin.
Gergorin se lève à la barre.
Maitre Poynard : vous dîtes que vous etiez le témoin essentiel de l'affaire "coupez les ailes". Avez-vous été cité ?
Gergorin : J'ai été cité par la défense M. Gomez.
Maire Poynard : ce qui nous intéresse, c'est que vous avez été cité le 30 novembre 2005. Il y avait une autre personne citée. Vous pouvez donner son nom ?
Gergorin : Raymond Nart, direteur adjoint de la DST.
Maitre Poynard : il a été interrogé sur des remises d'espèces à la DST.
Gergorin : je n'ai pas voulu en parler pour ne pas déranger. Ça été décidé au plus haut niveau de la société.
Maitre Poynard : vous n'avez pas dit la vérité
Gergorin : Je n'ai pas remis les espèces. Je ne voudrais pas que l'on m'attribue l'affaire des frégates. Nous n'étions pas concerné. Je construisait un grand groupe.
Pour la première fois, Gergorin s'énerve.
14 h 11 Gomez : c'est encore mieux si la « source » bénéficie d'un sceau officiel, cela devient sous la garantie du gouvernement. Les attaques deviennent alors redoutables. Dans l'affaire qui nous occupe aujourd'hui, vous allez voir un général, un ministre, un juge : tampon, sceau officiel, renforcement ...Donc je considère au vu de la connaissance du personnage depuis dix ans, c'est la signature, on la retrouve partout.
Le substitut : vous avez indiqué que vous connaissiez Gergorin depuis 1983 lorsque il souhaitait rentrer dans l'industrie. J'ai refusé de l'embaucher chez Thomson. Est-ce vrai ?
Gomez : j'ai un souvenir assez clair de cette entrevue. Je n'ai pas donné suite à sa proposition.
Le substitut : connaissiez vous dans la liste des listings des personnes proches de vous ?
Gomez : les personnes que je connais sont loin d'être la majorité. C'est pas cela qui m'a frappé.
Le procureur de la République : vous estimez que vous avez été trois fois victime de Gergorin (il ne cite pas son prénom). Reconnaissez-vous la signature de Gergorin ?
Gomez : absolument. Le modus operandi de Gergorin c'est détruire un individu en attaquant sa personnalité sociale.
Le président appelle Gergorin : que pensez vous de cette signature ?
Gergorin : j'accepte dans son intégralité le jugement rendu par le tribunal sur l'affaire "coupez les ailes de l'oiseau". Ce n'est pas du tout ce qu'a dit M. Gomez. La note de la DST a été authentifiée. Dans l'affaire anglaise, le remplacement de M. Gomez était lié à des raisons politiques. Le patron anglais est venu à Paris pour négocier un rapprochement. Il y a eu un déjeuner avec M. Lagardère et moi. Les Anglais ont expliqué leur stratégie d'intégration entre les Anglais et Thomson. J'ai fait un compte rendu de ce déjeuner. Une version de ce compte-rendu faussée a circulé dans les milieux officiels et auprès d'un journaliste. Elle mettait en cause Tchuruk. Dans ces guerres industrielles, il y avait de la passion. Il y a eu une campagne de presse m'accusant d'avoir fait un faux compte rendu. Il est possible de retrouver le vrai compte-rendu.
Maître Herzog, avocat du président de la République, fit signe avec ses lunettes au procureur afin de lui suggérer une question à Gergorin. Puis il se lève pour insister.
Gergorin repart sur Lahoud et Al Qaida.
Le président le recentre sur les déclarations de Gomez.
Gergorin reprend pour reconnaître sa passion dans cette affaire.
Le président rappelle que Camus (le chef de Gergorin) lui disant de se calmer après l'affaire "coupez les ailes de l'oiseau" et lui donner un blâme.
Gergorin : c'est faux. J'ai vérifié. Je suis formel sur ce point.
Maitre Poynard, avocat de Gomez, à Gergorin : expliquez vos évolutions professionnelles ?
Gergorin : j'ai été recruté en 1984 par Matr.
Maitre Poynard : en 2003, avez-vous des responsabilités dans le groupe Lagardère ?
Gergorin : aucune depuis que j'étais chez EADS.
Maitre Poynard : avez-vous été amené à commenter auprès de membres du groupe la façon dont vous avez changé pour présenter votre défense ?
Gergorin : une fois que Rondot et Van Ruymbeke ont parlé, je devais parler. A l'exception d'un point dont nous parlerons demain.
13h55 Gomez : est ce pour cette raison qu'il produit une bouffée de haine à mon égard ? je ne sais pas. Mais ce que je sais c'est que depuis 1994, il me hait. Je montre la continuité dans la persécution. En 2003, je ne suis plus rien, Gergorin déclare à Plenel, directeur de la rédaction du Monde, que j'ai ordonné à la mafia biélorusse d'assassiner Lagardère. Depuis 1994, je suis suivi, suivi (il répète) par cette persécution. Cela aboutit à des constructions intellectuelles donnant lieu à cette dénonciation.
La clé de l'affaire c'est le comment. Deux exemples : la fausse note de la DST en 1995 qui me décrit comme quelqu'un qui a permis à un agent américain de menacer les intérêts de la défense nationale. Cette note est disséminée auprès des autorités étatiques, mon actionnaire. Et d'ailleurs, peu de temps, en février 1996, après j'ai été évincé de la tête de Thomson CSF.
Un débat s'engage sur le caractère faux ou pas de la note de la DST.
Gomez reprend : en 1997 je rencontre le patron d'une entreprise anglaise. Il vient à Paris et présente un projet qui aboutira à la privatisation de Thomson. Il est surpris de l'accueil très froid qu'on lui fait à Paris. Il se rend compte qu'il a été précédé par une note relatant une conversation entre moi et les Anglais voulant s'emparer l'industrie de défense française et que je leur donnait des conseils. Cette note, le patron anglais, était certain que son origine venait de Gergorin. La note a été diffusé à deux journaux.
C'est un même modus operendi, celui de Gergorin, attribuer à la cible un acte condamnable. Le mot préféré de Gergorin, c'est la «source». Ce sont des comparses recrutés par lui afin de rendre objectives des données que le même Gergorin leur a transmis.
13 h 46 Le président :Comment avez-vous découvert cette dénonciation ?
Gomez : dans la presse, notamment un article du Point. Je n'ai jamais été entendu par le juge Van Ruymbeke.
Le président : comment avez-vous pu réagir à cette mise en cause ?
Gomez : j'ai eu une suscpition très forte que ne pouvait se trouver à l'origine de cette dénonciation que Jean-Louis Gergorin.
Le président : pourquoi et comment ? mais d'abord quelles étaient vos relations avec Delmas ?
Gomez : je n'ai jamais vu Delmas. Le seul lien était la haine bien connue que nous portait Gergorin.
Le président rappelle l'affaire « coupez les ailes de l'oiseau », où Thomson CSF était accusé d'avoir tenté de déstabiliser Matra (groupe Lagardère). Vous avez été poursuivi et relaxé par le tribunal. Dans cette procédure sont apparues des pièces pouvant impliquer Gergorin, en relation avec la DST (contre-espionnage) dans une manœuvre pour ruiner l'opération « coupez les ailes de l'oiseau » et la retourner contre Thomson CSF. Qu'en déduisez vous ?
Gomez : A l'origine de cette affaire est une rivalité industrielle. Il n'y avait rien de personnel entre Lagardère et moi.Gergorin était en charge de ce dossier. Dès 1994, il est apparu qu'il utilisait des passions personnelles et des moyens illégaux. Il utilisait une excroissance de la DST pour réaliser l'enquête, une manipulation. Ca, c'est en 1994 (il insiste et insiste sur la date). En mai 2003, la note DST sur l'opération "coupez les ailes de l'oiseau" est déclassifié et impute à Gergorin la manipulation.
13 h 43 Alain Gomez, l'ex PDG de Thomson CSF devenu Thales, vient à la barre.
Le président rappelle les faits (voir dans notre dossier complet sur latribune.fr lnos articles sur les listings envoyés au général Rondot et le premier envoi au juge Van Ruymbeke.)
13 h 37 Le président fait l'appel des parties civiles en commençant par Martinez et Gomez. Martini (ancien de la DST) et Squarcini (ex patron de la DST) ne sont pas là. Le président regrette leur absence. Beaucoup de parties civiles sont absentes dont ... Nicolas Sarkozy.
13 h 30 Contre-temps : c'est la citation d'un témoin pour Villepin, la sœur de sa femme et son mari. Ils arrivent à la barre. Le président indique la date au 12 octobre à 9 h 30 pour leur audition qui permettra de confirmer ou non le diner entre Lahoud et Villepin chez eux et la teneur des discussions.
13 h 26 La quatrième journée du procès va commencer. Le tribunal va quitter le monde politique pour l'univers, opaque, de l'industrie de défense. L'audience de ce lundi 30 septembre va être consacrée en grande partie à l'audition d'Alain Gomez, ancien PDG de Thomson CSF (devenu Thales) et à celle de Pierre Martinez, ex patron de la sécurité du même groupe et proche de Gomez. Les deux figurent en bonne place dans l'affaire. Le nom d'Alain Gomez est en effet cité dans les listings falsifiés comme un homme initié par un des responsables d'une triade (mafia) chinoise aux arcanes de la chambre de compensation Cedel devenue Clearstream. Alain Gomez serait ensuite devenu le maître d'œuvre du réseau occulte utilisant les comptes secrets de Clearstream pour blanchir l'argent de la drogue et du trafic d'armes, dont les mega-commissions issues de la vente des frégates à Taïwan par Thomson en 1991. Pierre Martinez est accusé d'être l'homme de main de Gomez dans cette affaire. Alain Gomez a été le deuxième, après Philippe Delmas, à porter plainte pour dénonciation calomnieuse, le troisième étant Pierre Martinez. Les trois hommes sont les premières victimes et ceux qui ont déclenché l'enquête au long cours des juges d'instruction d'Huy et Pons.
Début de la quatrième journée.
21 h 40 Fin de la troisième journée.
21 h 20 Maitre Pardo : je ne comprend pas. Vous prenez Lahoud comme consultant financier et vous le recrutez comme directeur d'un des prinicpaux centres de recherche d'un groupe mondial d'armement ?
Gergorin : seul le résultat compte
Maitre Pardo : je voudrais comprendre la hiérarchie. Vous confiez une équipe de centraliens à quelqu'un qui a un DEA de physique ? Considérez vous quelqu'un qui a un DEA de physique peut être un informaticien de génie ?
Gergorin : Lahoud a été recruté comme manager mais j'ai été victime d'une escroquerie.
Maitre Pardo : vous avez travaillé avec un cabinet Hayklut. Quel a été le montant des honoraires versé en 2004/05 ?
Gergorin : il sont recensés
Maitre Pardo : c'est 4 millions d'euros. Vous les avez fait travailler sur Clearstream ? vous n'auriez pas pu demander de vérifier ce que faisait Lahoud ?
Gergorin : Hayklut comprend des anciens des services anglais. Cette société a refusé de s'intéresser à des comptes bancaires. Mais je leur ai demandé des vérifications sur les personnes qui y figuraient.
Maitre Pardo : il y a sur les listings beaucoup de personnes qui sont vos ennemis mais aussi des personnes qui vous sont proches. Vous n'auriez pas pu vérifier auprès d'eux si les listings étaient vrais ?
Gergorin : il n'est pas l'habitude dans ce type d'enquête d'informer les personnes qui sont mises en cause. Seule méthode pour vérifier : dupliquer le hacking. La DGSE aurait pu le faire. Je regrette qu'elle n'ait pas été missionnée.
21 h 10 Maitre Pardo revient au dossier et au recrutement de Lahoud par Gergorin. Il interroge Gergorin.
Gergorin : je l'ai pris comme consultant.
Maitre Pardo : vous passez outre le conseil de Marwan Lahoud de ne pas embaucher son frère Imad en raison de son passé judiciaire.
Gergorin : je passe outre car Imad a rendu des services à EADS et à la nation et ils sont supérieurs aux risques évoqués par Marwan.
21 h 02 Maitre Metzner, avocat de Villepin : je demande de faire citer la belle sœur de Villepin et son mari pour vérifier si ce dîner entre Sarkozy et Lahoud a bien eu lieu. Alors que Maitre Herzog, la voix de l'Elysée, parle. Je pose la question qu'a posé Laurence Ferrari à M. Sarkozy : vous êtes partie civile, Villepin dénonce votre acharnement êtes vous acharné ? Sarkozy répond : deux juges indépendants ont dit que des coupables devaient être traduit. Il a dit des coupables. Sarkozy l'affirme devant tous les Français ? Est-cela le respect du tribunal, est-ce cela le respect de la Justice ? La présomption d'innocence fait partie des fondement de la République. C'est l'apparence de l'impartialité. Est-ce que cette justice est acceptable ?
Le président : Maitre Herzog, voulez vous intervenir ?
Maitre Herzog : Je ne veux pas commenter les propos du président de la République ni ceux de Villepin tenu en dehors de l'audience. Je me réjouis de la citation de la belle-sœur de Villepin. Rien n'empêche de citer le président de la République pour non respect de la présomption d'innocence.
Maitre Metzner : je me réjouis que Maitre Herzog soit d'accord pour la citation de la belle-sœur de Villepin.
Après cette passe d'armes, le procureur Marin affirme que le ministère public ne s'opposera pas à la citation
19 h 58 reprise de l'audience Maitre Dalamasso avocat de Gergorin prend l'offensive sur les notes de la DGSE pour montrer que Lahoud les a aussi manipulées.
Le bâtonnier Iweins, autre avocat de Gergorin, poursuit l'offensive.
Vous appréciez « Antoine » le traitant de la DGSE ?
Lahoud : oui
Maitre Iweins : Vous savez ce qu'écrivez de vous « Antoine » le traitant de la DGSE ? Il parlait de votre mépris pour vos interlocuteurs, de votre sens de la manipulation. Qu'en pensez vous ?
Lahoud : : je n'en pense rien
Maitre Iweins Vous avez rencontré Sarkozy deux fois, vous avez rencontré Villepin une fois.
Lahoud : non je n'ai pas rencontré Sarkozy, j'ai menti pour protéger.
Maitre Iweins : vous voulez qu'on vous croit ?
Lourd silence que l'avocat prolonge à plaisir.
Maitre Iweins : je suis stupéfait du nombre de choses que vous faites en sortant de prison (NDLR : Lahoud a été mis en détention provisoire suite à la faillite frauduleuse du fond Volter), vous allez rencontrer deux officiers de police François Casanova et le commandant Herbin, spécialiste de l'islamisme, vous allez le voir pourquoi ?
Lahoud : j'avais gardé des objets de la mouvance islamiste. Je craignais des représailles.
Maitre Iweins : Herbin n'a pas la même version. Il parle d'un parrain corse.
Lahoud : oui.
Maitre Iweins : et alors ?
Lahoud : on m'avait proposé de donner des cours de maths et d'arabe, et en échange de cela j'avais la protection d'un détenu.
Maitre Iweins : je ne vois pas de parrain corse
Lahoud : c'est cette personne dont je parle.
Maitre Iweins : et alors ?
Lahoud : ce parrain corse me demande de donner des sous à un autre à l'extérieur. J'ai eu peur. Je me suis tourné vers Herbin qui me présente Casanova, qui s'occupait du milieu corse. Je ne savais pas qu'il travaillait pour les RG.
Maitre Iweins : tout cela se passe le même jour ...
Le registre des visiteurs de prison a disparu. Or, certains journalistes disent qu'il a rencontré des gens de la DST. D'autres sources qu'il a rencontré des gens de la DGSE.
Maitre Iweins : je reste à la prison vous étiez détenu avec un libanais, ambassadeur honoraire du président du Sénégal.
Lahoud : c'est un ami de longue date.
Maitre Iweins : « Antoine » note l'absence de discrétion sur ses relations avec le service en disant qu'il a été interrogé sur les liens entre le service et jean Charles Brisard ?
Lahoud : je ne sais pas.
19 h 25 Maitre Metzner, avocat de Dominique de Villepin : avez-vous diné deux fois avec Gilles Rappinet, directeur de cabinet de Raffarin.
Lahoud : c'est un ami inspecteur des finances comme ma femme.
Maitre Metzner : avez-vous diné 14 fois avec François Pérol, proche de Sarkozy ?
Lahoud : 15 fois. C'était un proche ami.
Maitre Metzner : connaissez vous Arnaud Tesier
Lahoud : Arnaud Tessier est un proche ami.
Maitre Metzner :Vous dînez très souvent avec des proches de Nicolas Sarkozy. Vous rencontrez les proches de Sarkozy quelques jours avant l'arrivée du nom de Nagy Bocsa dans les listings par vous : est ce une coïncidence ?
Lahoud : ce n'est pas Pérol qui m'a soufflé le nom.
Maitre Metzner : Associez-vous François Casanova, un proche de Bernard Squarcini, à qui vous racontez tout, comme vous racontez à Rondot ?
Lahoud : Je reconnais avoir menti à l'instruction je renie ces déclarations.
Maitre Metzner : Pourquoi citer Casanova ?
Lahoud : Pour protéger Gergorin et Villepin.
Maitre Metzner : Je ne comprend pas.
Lahoud : Il n'y a rien à comprendre.
Maitre Metzner : A quel date avez-vous rencontré Villepin ?
Lahoud : Je ne sais plus. C'est Gergorin l'organisateur de la rencontre.
Maitre Metzner : Vous lui avez parlé ?
Lahoud : Oui, il m'a dit que ce que j'avais fait était fait pour le bien de la France.
Maitre Metzner : L'avez-vous dit à Rondot ?
Lahoud : Non, je ne le voyais plus.
Le président demande à Villepin de venir à la barre et lui demande : connaissez vous Lahoud ?
Villepin : Je ne connais pas M. Lahoud. Je suis très touché de ce qu'il vient de dire sur mon action mais je ne le connais pas.
Maitre Herzog reprend en rappelant que la femme de Lahoud a été interrogée sur les diners avec les proches de Sarkozy sans que cela pose questions.
Maitre Iweins : Lahoud a développé une thèse entièrement nouvelle. Je vous demande de reporter l'audience. Les droit de la défense de Gergorin sont en cause.
Le président se tourne vers le parquet et les parties civiles et suspend l'audience pendant 15 minutes
L'audience reprend
18 h 43 maitre Herzog a fini de sucer ses lunettes. Il s'adresse à Gergorin. Vous avez porté plainte contre trois articles de journaux qui vous accusent de dénonciation calomnieuse
Le président : aujourd'hui on parle des faux. La dénonciation calomnieuse c'est la prochaine séance.
Maitre Herzog : si on ne peut parler de rien .... Je reprend je voudrais revenir aux fondamentaux de vos déclarations ? le 23 novembre 2003 avez-vous remis à Rondot des documents bancaires ?
Gergorin : oui et j'ai confirmé ce point il y a quelques minutes
Maitre Herzog : dans ce document il y avait 5 hommes politiques français ?
Gergorin : oui
Maitre Herzog : étiez vous seul ?
Gergorin : oui
Maitre Herzog : êtes vous l'auteur de la note DDV retrouvée sur votre ordinateur
Gergorin Cette note DDV etait destinée à éclairer Villepin su les fondamentaux de Clearstream
Maitre Herzog : avez-vous transmis cette note à Villepin
Le président : on ne parle que des faux aujourd'hui ...
Le président est dépassé devant l'avocat du président de la République
Maitre Herzog insiste
Gergorin : je confirme l'avoir rédigé avec Imad Lahoud
Maitre Herzog : dans la note figurait le nom de Sarkozy ?
Gergorin : Non
Maitre Herzog : De Nagy ?
Gergorin : Non
Maitre Herzog : De Bocsa
Gergorin : Non
Maitre Herzog : Connaissez vous le nom patronymique de Sarkozy ?
Gergorin : Non
Maitre Herzog : Vous ignorez le nom patronymique de Sarkozy ?
Gergorin : Oui
Le président intervient à nouveau
Maitre Herzog : dites moi de ce dont je dois parler. On peut pas savoir dans quelle conditions a été évoqué le nom de Nagy Bocsa pour la première fois ?
Gergorin : Lorsque ce nom est apparu j'ai vérifié dans le whos who et j'ai compris que Nagy Bocsa était celui de Sarkozy
Maitre Herzog : A votre connaissance Lahoud connaissait-il Villepin ?
Gergorin : non
Maitre Herzog : je veux faire référence aux écoutes : quant on sait qu'on a reine fait et qu'en face il y a des pervers, on ne risque rien
Gergorin : c'était pour rassurer mes enfants. Je dois rappeler que j'ai menti à tous le monde à ma femme et à mes enfants
Maitre Herzog : je reviens aux perquisitions vous n'avez pas été prevenu de ces perquisitions ?
Gergorin : non
Maitre Herzog : quels sont vos horaires de travail à EADS ?
Gergorin à Paris j'arrivais à 8 heures et je reârtais entre 20 et 21 heures
Maitre Herzog : connaissez vous le logiciel d'effacement
Gergorin : j'en ai parlé précédemment. Je ne m'en suis jamais servi
Maitre Herzog scande les réponses par des « oui, oui »
Il rappelle : c'est votre ordinateur. Voilà ce qui est indiqué par l'expert : 32738 fichiers effacé en deux minutes dans la nuit. L'effacement ne peut être qu'un acte volontaire. Que pensez vous de ces effacements ? (consultez la chronologie pour voir la date de l'effacement)
Gergorin : je 'lai dit je n'en suis pas l'auteur. Je rappelle que Lahoud à la droits su mon ordinateur
Maitre Herzog non Monsieur ça c'est le rapport de l'expert Joliot. Là je cite un autre expert qui le dit. Joliot est bien pratique. Je vous repose la question : avez-vous été prévenu de la perquisition ?
Gergorin : non
Gergorin est dépassé
Maitre Metzner se lève : va-t-on respecter le programme que vous avez donné ?
Connaissez vous M. Bousquet de Florian
Gergorin : oui
Avez-vous déjeuné avec lui ?
L'avocat pousse Gergorin à répondre par oui ou par non
J'ai des questions à poser à Monsieur Lahoud les relations avec Gergorin
Lahoud : très bonnes
Maitre Herzog : connaissez vous Villepin
Lahoud : par l'intermédiaire d'une amie, ma voisine, la belle sœur de Villepin. Je l'ai rencontré. C'était en 2005 alors que j'avais peur d'être replacé en détention. J'en ai parlé à Gergorin qui m'a dissuadé de le faire.
Lahoud hésite bafouille c'est dur il ne trouve pas ses mots
J'avais beaucoup d'admiration pour Villepin. Il raconte sa relation avec la belle sœur de Villepin. Je veux raconter, M le président je peux le dire
Le président : non
Lahoud : j'ai dit à Gergorin je vais voir Villepin. J'ai vu Villepin chez sa belle sœur. Gergorin trouvé un endroit simple. Je ne l'ai rencontré qu'une seule fois pour avoir des garanties
18h30 Maître Garaud : Je repose ma question : pourquoi Lahoud a-t-il mis les noms de M.DelaFaille ou Delmas ?
Gergorin : je ne sais pas. J'ai exprimé un doute au nom de Delafaille qui est un ami proche
Plusieurs avocats des parties civiles se lèvent pour poser une question qui se résume à : « le nom de mon client vous dit quelque chose ? ». La question est posée à Lahoud et à Gergorin.
Villepin a l'air de s'embéter. Robert est penché en avant vers les juges. Bourges baille aux corneilles.
Maître Herzog, l'avocat de Nicolas Sarkozy, se ballade dans le prétoire en sucant une branche de ses lunettes, l'air bouledogue. Maitre Poynard, le discret avocat d'Alain Gomez, distille aux journalistes quelques analyses pointues. Gergorin s'agite devant son micro. Lahoud est pokerface.
18 h 12 Maître Poynard avocat d'Alain Gomez : confirmez vous etre l'unique rédacteur de la note WSP (voir sur latribune.fr le premier envoi au général Rondot) ?
Lahoud : Non
Maitre Poynard : même question à Gergorin.
Gergorin : Lahoud est l'auteur intellectuel. Je lui ai demandé de la mettre dans l'ordre chronologique.
Maitre Poynard : pouvez vous indiquer au tribunal si vous etes le rédacteur de la note WSP ?
Gergorin : l'auteur intellectuel est Lahoud. J'ai contribué à la mise en forme.
Maitre Poynard : Il s'agit d'un travail commun ?
Gergorin : Oui.
Maitre Poynard : vous ne vous êtes pas posé de question ?
Gergorin : je me suis posé des questions dès que c'est arrivé. Je me suis demandé si Lahoud ne se payait pas ma tête en reprenant des noms de gens qui s'affrontaient dans l'industrie de défense. Mais Lahoud était exceptionnel. Je n'imaginais pas qu'il puisse monter un tel chantier.
Maitre Garaud, avocat de Delmas : comment est -ce né ?
Gergorin : Lahaoud est le frère de Marwan l'un des principaux dirigeants d'EADS. La presse s'est faite l'écho de la bataille Camus-Forgeard. C'est connu. Rien n'était plus notoire que la relation passionnelle entre Delmas et moi.
Maitre Garaud : Pourquoi Lahoud aurait inventé cette histoire ?
Gergorin : pourquoi Lahoud a inventé la rencontre avec Oussama Ben Laden dans le bureau du numéro deux du gouvernement libanais. Les dirigeants de la DGSE l'on cru. Il a une capacité de persuasion extraordinaire
Maitre Garaud : Ma question est : pourquoi il a inventé ça ?
Gergorin : il y a un rôle central, que j'ai dit dès ma garde à vue : la rencontre avec Imad Lahoud quand je lui demande de vérifier les mouvements de titres Lagardère. C'est à parti de là que Lahoud invente le réseau Clearstream.
18 h 03 Le procureur poursuit la charge : l'effacement par Lahoud et sur votre ordinateur, c'est une coïncidence ?
Le procureur : comment expliquez vous cette conversation du 28 avril 2005 entre Lahoud et sa femme qui dit que l'opération est achevée, qu'elle doit fuiter dans la presse.
Gergorin : j'ai des discussions avec ma femme : elles portent sur la cuisson de son rôt.
Gergorin : C'est un nom de code ?
Le procureur : j'ai deux questions à poser à M. Lahoud. Maintenez vous la conversation avec votre femme ?
Lahoud : oui.
17 h 16 L'audience reprend après le coup de théâtre de l'aveu de Lahoud.
Lahoud a l'air vidé. Il erre le regard en l'air. Seul. Villepin, toujours présent, a perdu son sourire. Il parle avec un avocat.
Robert salue les copains. Bourges a l'air ravi d'être là, pour lui lemoment est historique.
On va savoir coment va réagir Gergorin face à des aveux qui le mettent directement en cause.
Le président demande à Gergorin de se lever
Gergorin : les propos de Lahoud sont grandguinolesque. Je suis la source, c'est extravagant, cela ne correspond pas au dossier ni à la chronologie. Je dément en bloc cette scène grandguinolesque.
Le substitut du procureur pose des question à gergorin sur la pénétration informatique. Vous avez indiqué avoir demandé instamment à la direction technique de la DGSE de vérifier.
Gergorin : mon souci je ne pouvais participer à une opération de renseignement. J'avais formellement interdit à LAHOUD De se livrer à une pénétration.
Le substitut : vous dites j'ai souhaité assister à une péntration. N'y a-t-il pas une contradiction ?
Gergorin : contradiction apparente. Mais nous sommes en 2005, je suis angoissé : je reste convaincu de la crédibilité de Lahoud et de la pénétration. J'attend les retour de commissions rogatoires de Van Ruymbeke. Et en même temps je suis désigné comme le corbeau. Je ne peux rien raconter car je suis dans le secret. C'est une pression considérable. J'ai assité pour la seule fois.
Le substitut : Vous êtes sceptique sur les capacités de Lahoud.Quels sont les éléments qui vous font crroire que Lahoud est un informaticien de génie capable de craquer les réseaux ?
Gergorin : je reconnais mon erreur. Mais à l'époque il a convaincu trois chefs de la DGSE qu'il avait rencontré Ben Laden. De la même manière il m'a convaincu qu'il avait réalisé un hacking : j'ai été un pigeon.
Le substitut : vous êtes passez outre à l'avis de Marwan de ne pas embaucher son frère.
Gergorin : je voudrais rappeller c'est Marwan qui me l'a recommandé. Marwan Lahoud est un homme remarquable il ne m'aurait pas permis de le mettre en relation avec les services de renseignement. J'insistais même pour dire que c'est moi qui protégais Imad pour éviter que ne se répande dans EADS le fait que Marwan protégait son frère qui avait fait de la prison préventive. Marwan a aussi été trompé. J'ai été la victime de Lahoud.
Le substitut : revenons au sauf-conduit que vous avez remis à Lahoud. Vous dites qu'il est chargé d'une mission anti-terroriste ?
Gergorin : Imad est au service de Rondot comme source personnel avec l'assentiment explicite de MAM, ministre de la défense. Rondot me demande de lui trouver des sous. J'ai trouvé une solution. En plus le 9 janvier, on donne à Rondot une instruction présidentielle pour enquêter sur les listings. Lahoud est très actif et se dit dangereux. C'est une faute de ma part. J'ai été faible par rapport à Lahoud. J'ai été victime d'une arnaque au renseignement. Je suis tombé dans ce piège.
Le substitut : comment expliquer que vous taisiez la source auprès de Van Ruymbeke ?
Gergorin : Lahoud me dit que ma sécurité est en jeu. Je le cache aussi à mon détriment.
Le substitut : au-delà des détails supplémentaires que vous donnez à chacune des questions nouvelle que l'on vous pose, vous faites état d'émotions fortes. Elles sont assez en déclagae avec votre formation et vos hautes responsabilités.
Gergorin : j'ai été ébranlé par la disparition de Lagardère puis par trois coincidences. Au mois de décembre 2002 début 2003, Willing, un consultant, me révèle que des opérations visent le groupe Lagardère et EADS menée par Karel Schmidt, nom de code Messerschmidt cela va faire sourrire l'assemblée. Dans une note. La mort est due à une maladie extrèmement rare. La famille demande une enquête. Joulin est le coordinateur de l'enquête. Il est persuadé qu'il y a quelque chose de mystérieux. Je tend à penser aujourd'hui que la mort est due à une infection de sa prothèse. Mais à l'époque, tout était mystérieux. J'en parle à Imad Lahoud fin avril 2003. Il va de soi que j'ai des regrets infinis par rapport aux personnes mises en cause et d'abord aux trois premières personnes citées Alain Gomez, Philippe Delmas et Pierre Martinez. Très progressivement, Imad Lahoud a glissé très très progressivement des élements sur le réseau mafieux. J'ai été vulnérable.
Relayant son subordonné, le procureur Marin se lève et prend la parole. Vous avez bien interdit à Lahoud de réaliser des hacking depuis le siège d'EADS. Rondot vous a prévenu que Lahoud avait fait du hacking depuis les bois de Meudon ?
Gergorin : j'ai été avisé après.
Le procureur Marin : 632.882 fichiers effacés par Lahoud. Sur votre ordinateur, 35.092 fichiers effacés dans une nuit contre 12 dans l'année précédente. Pourquoi ?
Gergorin : je n'ai aucun logiciel d'effacement comme celui de Lahoud. Je fais des recherches Internet, c'est ce que montre l'expertise. Je n'ai rien éffacé d'autre qui concerne l'affaire. Je vais vous dire ce que je faisais. Je voulais comprendre par moi-même l'affaire Clearstream. J'ai téléchargé le fameux livre des comptes de Clearstream qui était à l'époque en accès libre. J'ai effacé des requêtes sur Clearstream.
Le procureur : c'est un ordinateur professionnel d'EADS ? vous avez effacé avec un logiciel spécial ?
Gergorin : ce logiciel était installé sur tous les ordinateurs.
Gergorin est traqué par le procureur.
16h50 Suspension de séance par le président après des révélations sensationnelles.
16 h 28 Gergorin parle de la liste avec les noms de personnalités. Il est terriblement impressionné. Il dit : lorsque la tension monte, lorsque j'ai été accusé très tôt d'avoir établi ces listes, j'ai mis à l'abri cette liste et les autres archives dans une clé biométrique. Je ne pouvais parler. Mais quand le juge Van Ruymbeke a parlé, j'ai tout mis sur la table, sauf la liste ou figurait le nom de Sarkozy. Je ne voulais pas entrer dans le jeu politique. Après l'élection présidentielle j'ai tout donné aux juges.
Le président : ce qui a été transmis aux juge Van Ruymbeke, c'est la liste des 895 comptes fermés.
Gergorin : Lahoud dit qu'il a à nouveau hacké et qu'il s'est rendu compte de la clôture des 895 comptes. J'envoi alors la liste au juge Van Ruymbeke. Ces compptes faisaient références aux grands contrats internationaux d'armes de la période Balladur.
Le président : qu'en pensez vous M. Lahoud ?
Lahoud : je nie Je n'ai jamais transmis les noms de Bocsa et de Nagy à Gergorin en disant que cela venait d'une pénétration informatique. Je ne connais rien à l'affaire des frégates. En revanche, je reconnais avoir recopié sur un modèle Excel un papier que m'a présenté Gergorin qui contenait les noms de Bocsa et de Nagy (NDLR : les autres noms de Sarkozy)
Maitre Metzner, conseil de Villepin : à quelle date ?
Lahoud : en mars 2004.
Le président lui montre un document
Il décrit le mouvement avec les clés. Il explique les manips qu'il a fait. Mais il dit qu'il n'a rajouté aucun autre nom.
Je l'ai fait au ministère de l'intérieur conduit avec Gergorin dans sa voiture conduite par son chauffeur.
Le président : pourquoi avoir fait appel à vous ? Quel rapport ?
Lahoud : je n'ai pas posé de question. Je savais bien que c'était le nom de Sarkozy que je notais. Je l'ai fait, je l'ai nié. Je le regrette. Mais je ne suis pas l'auteur de la liste des 895 comptes. Je ne sais pas pourquoi on m'a demandé de le faire.
Le président pose une série de questions.
Lahoud : j'ai accpté de respecter la règle du secret imposée par Gergorin. Un interlocuteur légitime. Mais il était envahissant. Il me disait de faire des faux documents pour la direction de EADS. Il m'a encerclé. J'ai décidé de ne rien dire. Mais quant j'ai pris connaissance de la totalité du dossier, je me suis rendu compte que Gergorin avait fait tout pour m'accuser. Mais j'ai accepté jusqu'au bout. Je vous demande d'accepter des excuses pour les magistrats.
Le président : Pourquoi M.Gergorin vous a demandé d'aller dans le bureau de Yves Bertrand (alors patron de la DCRG, direction centrale des renseignements généraux, NDLR) pour le faire ?
Lahoud : c'était pour me conditionner en me mettant dans une enceinte où je me sentais en sécurité.
Le président : le problème c'est que la dénonciation, ce n'est pas le document que vous avez truqué
Lahoud : j'assume, je ne peux qu'assumer ce que j'ai fait.
16 h 02 Le président essaie d'interrompre le débit de Gergorin pour savoir comment ila fait pour classer Lahoud secret défense.
Gergorin : c'est pour lui permettre d'accéder à ses propres écrits sur le Blackberry. Ce dossier d'accréditation a été fait à la demande d'Alain Juillet.
Le président revient à Lahoud. Gergorin est toujours debout. Les deux hommes sont séparés par un pied micro. La haine affleure.
Le président qui s'adresse à Lahoud : vous avez entendu ce qu'a dit Gergorin sur votre travail chez EADS. Vous étiez hébergé chez EADS dans un cadre protégé. Comment percevez vous votre situation avez-vous le sentiment d'être protégé par Gergorin ?
Lahoud : tout à fait.
Le président interroge sur le sauf conduit donné par Gergorin à Lahoud.
Gergorin va parler avec son avocat pour vérifier un point.
Gergorin : Lahoud etait importnt dans une opération sur Clearstream menée sur instruction du président de la République du moins je le croyais à l'époque.
Le président se tourne vers Lahoud. Et lui demande des explications sur l'opération de Meudon où Lahoud a réalisé une tentative de hacking
Lahoud : ce n'est pas vrai.
Mouvement dans la salle. Des avocats interviennent
Lahoud reprend : Rondot ne voulait pas apparaître chez EADS. Nous sommes allés à l'observatoire de Meudon. C'était une simulation, pas une tentative, de hacking sur Clearstream pour pousser Rondot à vérifier les soupçons de Gergorin C'était un ordre formel de Gergorin.
Le président : M. Gergorin, qu'en pensez vous
Gergorin : C'est totalement loufoque. Lahoud a perdu sa capacité de conviction.
15 h 05 Le président mais pourquoi avez-vous obéi ?
Lahoud : Gergorin m'a accueilli m'a donné un travail. J'étais sa chose.
Le président : comment expliquez vous que des données clearstream ont été retrouvée sur votre ordinateur personnel ?
Lahoud : c'est sur cet ordinateur que nous avons visionné les données avec « Antoine ». Si les données sont les fruits de la falsification, elles ne devraient pas se trouver sur cet ordinateur. Cela a été rajouté. Sur cet ordinateur je n'ai jamais écrasé aucun fichier.
Le président : 481 comptes y figurent.
Lahoud : ces comptes n'ont rien à y faire.
Le président : l'opération Madhi, le travail avec le général Rondot, se poursuit. Le génral Rondot était sensible au fait que vous ayez des données sur Cleartsrea.
Lahoud : oui, dès que j'ai eu des données Bourges, je les ai remises à Gergorin et informé le général Rondot.
Le président : ces noms : Karel Schmidt, (et des noms de mafieux russes NDLR)
Lahoud : le général Rondot me demandait de faire des fiches sur ces gens.
Le président revient sur les déclarations de Gérard Willing, le mystérieux consultant en intelligence économique, proche de Gergorin.
Le président demande à Gergorin de se lever : vous avez entendu ce qu'a dit Lahoud sur les traces informatiques dans son ordinateur?
Gergorin : c'est totalement absurde. C'est grotesque. C'est établi dans le dossier. Début octobre, Rondot a recu des données directement de Lahoud.
Le président : c'est vous qui allez transmettre le fichier en disant que c'est Lahoud qui me l'avait transmis. Toutes les informations de la note WSP (NDLR, la note du premier envoi au général Rondot) a une seule origine intellectuelle, c'est Lahoud. C'est ce que Rondot indique dans ces carnets.
Le président : Lahoud avait la capacité de hacker ?
Gergorin : je ne sais pas, il m'en a convaincu comme il en a convaincu Rondot. MAM l'avait élevé au rang d'agent spécial traité par Rondot.
Ne jugez pas Lahoud sur ce qu'il vient de vous dire mais comme quelqu'un de très fort.
Le président : les noms Gomez, Martinez, Chevènement, Kiejman, Marchiani, Madelin, Chévènement, Euro RSCG, Bossard, Squarcini, Chouet... (le président liste les noms des personnes citées faussement dans les listings. C'est une liste, comment allez vous la découvrir ?
Gergorin : en octobre, ces bouts de transactions que me donne Lahoud. Je lui demande la synthèse. Il revient avec un document de deux pages et une note WSP.
Le président : les transactions montrent qu'il y a un compte attribué à Gomez et Martini et à Philippe Delmas Il y a plusieurs comptes. On centre la démonstration sur Wang Shang Poo (WSP), Gomez et Delmas ;
Gergorin : à l'origine, dit Lahoud, il y a WSP qui initie Gomez qui initie Delmas (NDLR pour comprendre lire : le fichier transmis à Rondot sur latribune.fr)
Le président : vous avez fournit des données à Van Ruymbeke pourquoi ?
Gergorin : il y avait une telle densification des informations : en mars 2004, Lahoud copie sur une clé tout son fichier d'archives. Je vais avoir en avril 2004 deux éléments cruciaux : la liste des 33.380 comptes de Robert et je recois d'une manière assez pernicieuse des transactions Clearstream. Je suis très impressionné. Tant d'argent qui circule, ça c'est produit ou pas. Ça aura une énorme importance.
Le président : avez-vous cherché à vérifier ?
Gergorin : je n'imaginez pas que Lahoud puisse se payer ma tête.
Le président : vous auriez du vérifier si Lahoud avait hacké ou pas ?
Gergorin : c'est ce que j'ai demandé. C'est la direction technique de la DGSE qui est seule autorisé à hacker. Je fais une demande. C'est pour cela que je parlerai à Villepin : obtenir l'autorisation de hacker.
Le président : connaissez vous le fait que Lahoud ait travaillé pour la DGSE et que cela se soit mal passé ?
Gergorin : dans une note du 7 juillet 2003 à MAM (Michelin Alliot-Marie, alors ministre de l'Intérieur, NDLR), Rondot dit que la DGSE ne peut pas traiter Lahoud.
Le président : vous avez accepté ces données sans vérifier qu'il y avait eu hacking ?
Gergorin : Lahoud est seulement une source de renseignement. J'y ai cru, j'ai eu tort, je le confesse. Il est devenu consultant sur insistance de Rondot. Je lui ai donné un travail réel et il a fait son trou. Il a travaillé sur les système embarqués et a rédigé un document classé confidentiel ou secret défense sur les failles du Blackberry salué même par Blackberry sur son site. Ce n'etait pas un consultant fictif. Sans lui, on n'aurait jamais fait ce centre de recherche sur les systèmes informatiques. Et j'ai appris qu'il avait participé à une opération de la CIA. Ce n'était pas un consultant furtif, il travaillait il a réussi.
Le président : c'est une mission financière au début ?
Gergorin : au début oui. Je souhaitais vérifier les mouvements de titres du groupe EADS avant une AG centrale pour le groupe. Cela ne change rien à l'appréciation négative de Lahoud mais le bilan coût-efficacité de Lahoud est positif.
Maître Iweins se lève pour préciser un point citant une note daté 6 octobre 2003 saisie chez Rondot qui demande assistance pour le hacking.
Maître Pardo se lève pour demander que Lahoud son client soit entendu sur ce point.
Le président continue à interroger Gergorin sans s'arrêter.
14 h 22 Le président : Le témoignage de Von Coester : je ne connais pas Bourges mais j'en ai entendu parlé par Lahoud qui se vantait de manipuler Bourge.
Lahoud : c'est de la manipulation
Le président : que de manipulation !
Lahoud : c'était les ordres de Gergorin, la DGSE et Rondot
Le président : les comptes Gomez se retrouvent dans les listings DGSE.
Lahoud : c'est faux les comptes rendu d'Antoine ont été retapés, tripotés. Antoine ne viendra jamais témoigner
Le président : Antoine a témoigné devant les juges
Lahoud : il dit n'importe quoi
Le président : Ensuite?
Lahoud : Pour Gergorin, il fallait que Robert croit à la véracité du corbeau pour que Van Ruymbeke lance ses vérifications et que l'on croit que les personnes cités dans les listings soient vraiement coupables. Je m'y suis employé.
Le président : on interrompt la mission de la DGSE.
Lahoud : Oui, et Rondot me récupère. Gergorin m'a demandé de cloisonner entre ce que je faisait pour lui et que je faisait pour la DGSE.
Le président : vous étiez sous contrôle judiciaire et en situation précaire. Vous deviez chercher un emploi. Cela vous semblait compatible ?
Lahoud : toute personne qui me tendait la main était la bienvenue. Si la DGSE a accepté de me recruter, je voulais rendre service a ceux qui me tendent la main.
Le président : comment perceviez vous cette mission top secrète ? Avez-vous respecté le secret ?
Lahoud : j'ai validé avec Gergorin le fait de dire à Bourges que j'étais à la DGSE. C'est Gergorin qui m'a présenté Rondot. Je ne faisais aucune différence entre ce que me demandait Gergorin et la DGSE. J'ai eu tort et j'étais sous l'emprise de Gergorin.
Le président : avez-vous informé Gergorin de la provenance des listings ?
Lahoud : absolument.
Le président demande à Gergorin de se lever
Gergorin : C'est des contre-vérités pour pas employer le mot de mensonges. Fin avril 2003, j'ai exprimé mes inquiétudes sur le décès de Lagardère. J'ai demandé à Lahoud de vérifier les mouvements de titres Lagardère. Lahoud m'a été présenté par son frère Marwan, un des dirigeants d'EADS. Je l'ai mis en relation avec Rondot, spécialiste du Moyen-Orient car Lahoud connaissait bien cette région. Rondot me dit : votre gars, c'est un type bien.
Je n'ai jamais présenté physiquement Lahoud. Lahoud a appellé Rondot. Le 19 février, Lahoud souhaite un rendez-vous de la part de Rondot. Rondot me dit : ce gars, il faudrait lui rendre des services. Il est mal du point de vue financier. J'ai alors l'idée de le prendre comme consultant sur un fonds d'investissement que nous allons créer. C'est une relation distante. Puis, Lagardère décède le 14 mars. On apprend que c'est une maladie rare. La famille demande une enquête sur les causes de la mort.
Le président : êtiez vous au courant que Lahoud travailait pour la DGSE ?
Gergorin : la réponse est oui mais je ne savais pas qu'il travaillait sur Robert
J'entend parler de Bourges tardivement en 2005. Lahoud me dit je l'ai connu lors d'un procès de Robert en post-datant la rencontre.
Le président : Lahoud dit qu'il vous transmis les fichiers. Est-ce vrai ?
Gergorin : il ne me les a jamais transmis. Je n'ai jamais eu connaissance des documents contrairement à ce qu dit Lahoud. Tout ce que dit Lahoud est faux. Tout est inventé.
Le président : nous allons aborder le faux. M. Lahoud, vous êtes poursuivi pour faux. Gergorin vous accuse d'être sa source des données internes à Clearstream. avez-vous fourni des informations à Gergorin ?
Lahoud : non, je ne suis pas la source que décrit Gergorin. J'ai conservé tous les documents visés par le faux que m'a remis Gergorin.
Le président : dans un premier temps, vous remettez des documents
Lahoud : Gergorin fait mener une enquête sur les listings Robert. Gergorin veut completer les listes incomplètes de Denis Robert. Selon Gergorin, il y avait des personnes détenant des comptes qui ne figuraient pas dans les listings Robert.
Le président : comment Gergorin en a-t-il eu connaissance ?
Lahoud : j'ai recupéré des données chez Bourges et je les remet à Gergorin comme je récupère les données de Robert et je les remets à Gergorin.
Les comptes dénoncés à Van Ruymbeke, je les ai conservés mais je ne les ai pas ajoutés aux données Robert. Je n'ai pas fabriqué les listings Clearstream. J'insiste. La source, ce n'est pas moi. Et je n'ai pas hacké les listings.
Le président :M. Deparis, chef de la sécurité d'Airbus, a confié que M. Laflandre, son prédécesseur, lui avait dit que Lahoud avait truqué les listings
Lahoud : j'ai dit que j'avais transmis les listings sans les falsifier. Je ne connais pas M. Deparis. Je ne sais pas pourquoi il dit cela.
Le président : vous avez eu en votre possession des données qui ont pu être falsifiées
Lahoud : oui.
Le président : les expertises informatique ont montré qu'il y a eu des effacements importants en avril 2005 avant des perquisitions chez vous. Pourquoi ces effacements ?
Lahoud : je l'ai fait à la demande de Gergorin. Cela correspond à un moment où Laflandre me demandait des informations sur Gergorin et me demandait d'aller voir le juge d'Huy. J'ai eu tort. J'en ai parlé à Gergorin qui m'a repris en main et m'a demandé d'effacer. Laflandre aurait pu agir à la demande de Philippe Delmas (NDLR haut dirigeant d'Airbus qui a déposé la première plainte). J'ai tout effacé ce qui était sur mon ordinateur. Une grande partie a été retrouvée.
Le président : d'où provenez ces fichiers ?
Lahoud : de Gergorin
Le président : ce que vous dites, ce n'est pas ce que vous disiez à l'instruction ?
Lahoud : oui, monsieur le président
Le président : Gergorin est votre source ?
Ricanement dans la salle
13 h 48 Lahoud : j'ai demandé une copie à la DGSE elle ne me l'a pas donné
Le président : une question se pose sur Eric Merlen, journaliste qui met en contact Lahoud et Robert. Il voit des fichiers Clearstream sur l'ordinateur de Lahoud en mai 2003 et il voit des données concernant Gomez et Martinez. Est-ce vrai ?
Lahoud : c'est faux c'était pas chez moi et ce n'était pas en mai 2003 comme Eric Merlen le prétend.
Le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, est présent, attendant son heure.
Le président l'interroge sur la boite mail ouverte par Lahoud
Lahoud : Je l'ai ouverte pour communiquer avec Gergorin de manière confidentielle.
Le président : savez vous sous quel nom vous l'avez ouverte ?
Lahoud : non
Le président : moi, je sais c'est Matrix neo. Est-ce que tout ce qui est passé par cette boite a été envoyé par vous ?
Lahoud : en partie. Je l'ai utilisé pour communiquer avec Robert.
Le président fouille ses dossiers et reprend la chronologie avec la DGSE et les contacts avec Gergorin. En juin 2003, les contacts s'interrompent avec la DGSE. En juillet 2003 vous rencontrez Bourges (NDR l'auditeur accusé d'avoir volé les listings)
Lahoud : oui je cherchais à récupérer les listings que la DGSE ne voulais pas me donner.
Le président : Vous les avez demandé
Lahoud : Oui
Le président : Vous les avez obtenu ?
Lahoud : Oui.
Le président : qu'avez-vous obtenu ? la clé USB biométrique qui vous a servi à copier a été acheté par EADS ?
Lahoud : oui et c'était un matériel nouveau à l'époque. En septembre 2003 J'ai retiré la clé sur le moment même (il répète) je ne savais pas ce qu'il y avait. J'ai ensuite vérifié : c'était une liste de 25.000 comptes. Moins que les 33 000 comptes et les mémos nécessaires à la compréhension
Le président : pourtant Bourges dit qu'il y avait les fichiers de transaction ?
Lahoud : non et c'est pour cela que je suis revenu à la charge. J'ai obtenu deux CD Rom de Robert en octobre 2003 en présence de Pascal Laurent.
Le président demande à Robert de se lever et de confirmer
Robert : non je ne confirme pas. Je n'ai aucun souvenir de cette rencontre.
Le président demande à Bourges de se lever et de confirmer le copiage sur la clé
Bourges : il en a copié certains mais je suis incapable de dire combien.
Le président : de la DGSE tout cela va partir chez Gergorin c'est curieux ?
Lahoud : oui mais c'est Gergorin qui m'a fait recruté par le général Rondot et plus tard par la DGSE en juin 2003. Pour moi, c'était parfaitement transparent. Quant cela allait moins bien avec la DGSE j'en parlais avec Gergorin.
Le président : M Bourges pourquoi vous etes vous rendu chez EADS ?
Bourges : deux ans après je voulais savoir ce qu'était devenu les données remises à Lahoud ; Mais je n'ai pas été recu par Lahoud.
Le président : pourquoi ne l'avez-vous pas reçu ?
Lahoud : Je n'avais plus rien à lui dire. Le général Rondot m'avait demandé de couper les ponts avec Robert et Bourges.
Le président : savez vous d'où provenaient ces fichiers ?
Lahoud : Bourges m'a seulement dit que c'était des brouillons de travail.
Le président : savez vous que les documents que Robert vous avez remis avaient la même source ?
Lahoud : Non.
Le président : quelle différence entre les listings DGSE et les données Robert ?
Lahoud :la première copie, je ne l'ai plus.
Le président : sur les listinsg DGSE est-ce que les comptes fantômes (NDLR : les comptes attribués à des personnes) figurent ? Notamment deux comptes sous des libellés différents qui vont se retrouvez sur un envoi anonyme à M. Van Ruymbeke recu le 20 août ? Curieux... Autre élément ,ces deux comptes vont se retrouver dans les anomalies relevées par l'audit de Bourges
Lahoud : cela ne m'a pas attiré l'oeil.
13 h 35 C'est parti pour un héros de cette histoire. Le président veut aborder les choses sous un angle chronologique. Il rappelle l'histoire de Lahoud depuis 2002 jusqu'à l'affaire. En passant par les rencontres avec la DGSE. Pour les détails, consultez notre article : l'affaire Clearstream racontée par les juges. Il y a une question, dit le président : qui a pris l'initiative du contact avec Robert, le journaliste qui détient les fichiers : vous ou la DGSE ? Par qui a été provoqué ce contact ?
Long silence de Lahoud, puis il se lance : en 1993, j'avais travaillé avec Cedel (NDLR l'ancètre de Clearstream) quand j'étais employé par Merrill Lynch, dont un des gros clients était la famille Ben Laden. La DGSE était intéressée à reconstituer les circuits financiers. Il en parle à « Antoine » son officier traitant à la DGSE et lui propose de reconstituer ce réseau.
La voix polie de Lahoud glisse dans le prétoire.
Il reprend : on cherche à avoir des données sur Clearstream. Et il prend connaissance de l'enquête de Denis Robert. Et je propose à « Antoine » de prendre contact avec Robert.
Le Président : pour la DGSE, cette rencontre n'était pas obligatoire.
Lahoud : pourtant, elle m'a donné l'autorisation.
Le président : après la rencontre avec Robert, vous confiez deux CD Rom à la DGSE. Vous les avez payés ? Vous les avez vu avant ?
Lahoud : oui et non et non.
Le président, contrairement aux autres audiences où il ne posait pas de questions, demande précision sur précision.
13 h 23 Le procès Clearstream reprend avec les auditions de deux hommes de poids : Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin.
Imad Lahoud, aujourd'hui professeur de mathématiques dans un lycée parisien, est un ancien financier. Il est impliqué dans la transmission des fichiers au général Rondot et au juge Van Ruymbeke. Il est d'abord accusé de dénonciation calomnieuse. Il est, de plus, accusé d'avoir altéré les documents transmis au général et au juge, il est poursuivi pour faux et usage de faux. Enfin, les juges lui reprochent le recel de vol et recel d'abus de confiance, pour avoir détenu les fichiers que Florian Bourges est accusé d'avoir volé.
Jean-Louis Gergorin, aujourd'hui maître des requêtes retraité au Conseil d'Etat, est l'un des fondateurs du groupe EADS et un très proche de Jean-Luc Lagardère. Celui qui fut ancien vice-président exécutif chargé de la stratégie du groupe européen d'aéronautique et d'espace, maison-mère d'Airbusn est accusé de dénonciation calomnieuse pour avoir transmis au général Rondot et au juge Van Ruymbeke des documents imputant faussement "à diverses personnes une participation à des opérations de corruption et de blanchiment". Il est ensuite accusé de faux et usage de faux pour la falsification des documents transmis au général et au juge. Enfin, les juges repochent à Jean-Louis Gergorin un recel d'abus de confiance et recel de vol pour avoir détenu les listings que Florian Bourges est accusé d'avoir volés.
Début de la troisième journée.
Fin de la deuxième journée.
19 h 50 L'avocat de Robert maitre Thermime parle à son tour pour insister sur le rôle de grand témoin de Robert.
Le Président se tourne vers la défense de Villepin qui répond : la procédure de diffamation est en cours.
19 h 05 C'est au tour de Maître Dalmasso, avocat de Gergorin et de Maître Pardo, avocat de Lahoud, de passer Robert à la moulinette. Le journaliste perd pied face aux assauts de Maître Pardo. La fatigue ? Maitre Pardo demande ce que Lahoud a donné en echange des listings ? Robert : il va me montrer un hacking.
18 h 50 Question de Maître Herzog, avocat de Sarkozy : confirmez vous que vous ne saviez pas que Van Ruymbeke avait rencontré le corbeau hors procédure ? Robert : Je confirme. Question de Maître Herzog : c'est par Florian Bourges que le juge Van Ruymbeke a connu la manipulation. Robert : Je confirme. L'avocat reprend une question des juges d'instruction d'Huy et Pons : pour quelle raison. Lahoud vous avait envoyé des documents, note Domnique de Villepin ? Robert : je confirme. Maitre Herzog : faites vous l'objet d'une plainte de Villepin ? Oui, en diffamation, répond Robert. Et vous l'attendez avec confiance ? Oui dit Robert. Maître Herzog émet une requête : je souhaiterais que nous soient communiquées les procédures en diffamation si ces affaires ont donne lieu à une relaxe, j'en deduirai que ce que disait l'auteur est vrai.
18h 23 Les avocats de Clearstream attaquent, attaquent, attaquent Robert. Maitre Themime se lève, outré, pour défendre son client Robert. L'avocat de la chambre de compensation demande : vous vous donnez un rôle central dans cette histoire. Robert : oui, je suis central Le Président essaie de rétablir l'ordre du procès, le journaliste coupant l'avocat C'est du massacre.
18 h 05 Le procureur évoque une question de contexte après la révélation médiatique votre article dans le Point sortant les faux listings. Vous appuyez les révélations du dénonciateur anonyme. Mais en même temps, vous interrogez Imad lahoud pour verifier ? Quelle est votre connaissance du dossier ? Robert : le corbeau a dit vra,i j'y crois, mais je me dis c'est trop beau pour etre vrai. Mais si je n'avais pas fait mon enquête, rien ne se serait passé. Le president ne serait pas ce qu'il est et le ministère public devrait me féliciter au lieu de m'accuser.
La salle éclate de rire. Le procureur demande si effectivement Van Ruymbeke le soutient. Robert : il me soutient, oui. Le procureur : le juge Van Ruymbeke par son amitié pour vous a-t-il été preparé à accepter la véracité des listings ? Robert : oui, c'etait un element de la manip. Le procureur : confirmez-vous que lors d'une rencontre avec Gergorin, celui ci a dit que Bourges était un agent de la CIA ? Robert : j'étais surpris que Gergorin connaisse Bourges.
Maitre Iweins, avocat de Gergorin : interrogez M. Gergorin.
Gergorin : je n'ai jamais dit que Bourges etait un agent, j'ai juste demandé si Robert avait confiance en Bourges.
17 h 53 qui êtes vous professionnellement ? Journaliste, auteur de fiction ? la fiction est une passerelle vers la vérité avez-vous écrit ? à l'époque, qui êtes-vous ? Robert : on peut avoir plusieurs intérêts dans la vie.
17 h 50 Vous avez invoqué un délit de journaliste pour justifier que vous avez recu des fichiers de Bourges. Mais comment expliquez vous que vous avez remis ces fichiers à Lahoud qui n'est pas journaliste ? Robert : c'est à titre d'expertise, c'est aussi un échange de bon procédé. C'est aussi pour adosser ma défense dans les 60 procès que j'ai sur le dos en provenance de Clearstream, Menatep et autres.
17 h 45 Le procureur prend la parole. Il cite une phrase du livre de Robert disant qu'il craignait pour sa sécurité. Robert explique que des sources ont été victimes de menaces.
17 h 34 Le président : vous appelez le juge le peintre Robert : c'est un nom un peu flamand. Le président : il y a des peintres qui valent le compte. Rire dans la salle. Le journaliste est déstabilisé. Il repart en parlant des guerres de tendance à l'intérieur de la DGSE.
17 h 32 Robert : Van Ruymbeke cherchait un expert, j'ai voulu lui présenter Imad Lahoud, ça va vous faire rire.
Le président : ç'aurait été curieux de voir la source expertiser le résultat de son action.
17 h 30 Je n'ai jamais dit que DSK ou Sarkozy avait un compte chez Clearstream, affirme Robert.
17 h 25 Le président : est ce que vous savez que les listings que vous avez remis à Lahoud sont parvenus à la DGSE ? Non mais je m'en suis douté. Mais ce n'était pas une information fondamentale. Je suis allé voir Lahoud en juillet 2004 pour qu'il fasse un hacking. Comme il sent que je doute, il m'emmène chez EADS dans une cellule de hackers, je les ai vraiment vus. J'ai parlé avec eux, j'ai vu que c'était des vrais hakers, je suis sorti en disant : putain, c'est vrai ils ont réussi à pénétrer Clearstream.
17 h 20 Le président ;: vous êtes à la croisée des informations entre Bourges et Lahoud, vous connaissez Van Ruymbeke.
Robert : je suis un intermédiaire mais pas un acteur. Jai juste voulu comprendre..
Le président : en mai 2004, alors que les listings circulaient, je rencontre Imad qui m'explique le fonctionnement de Clearstream. J'ai des doutes sur Imad. Mais Imad avait réponse à tout.
17 h 15 Le président : avez-vous eu d'autres usages des documents remis par Bourges ? Non, répond Robert, juste à 5 ou 6 journalistes et des hommes politiques et des juges. Tout le monde est recéleur comme moi. La relation avec Lahoud est une bonne relation. Je lui présente Jonathan Gentry (le pseudo de Bourges) sans lui donner son nom.
17 h 10 C'est une enquête formidable que de révéler l'opacité, s'exclame Robert. Je suis donc en recherche de témoignages pour me défendre à la suite des attaques des Clearstream. Ce sont les listings fournis par Bourges. Et je les diffuse.
Le président : Eric Merlen, un journaliste, vous présente Imad Lahoud.
Robert : Eric, me dit Lahoud, connaît bien Clearstream, il va t'aider. Je le rencontre et Imad me dit qu'il est trader.
17 h L'audience reprend avec l'audition de Denis Robert. Le journaliste est accusé d'avoir détenu les fichiers que lui a remis Florian Bourges et d'avoir mis en relation Bourges et Imad Lahoud
Le débit précipité du journaliste excède un peu le président. « n'interprétez pas ! » lui lance le président Pauthe.
Le journaliste explique dans quelles conditions il a rencontré Bourges et les raisons techniques qui l'on conduit à le présenter à des magistrats.
16 h 12 L'audience est suspendue.
16 h 08 Maitre Gondran de Robert, avocat de Bourges va conclure l'audition de son client. Maitre Gondran de Robert : vous avez obligation de remettre des documents. Y a-t-il un mail indiquant cela ? Moi j'ai ramené mon ordinateur.
16 h 03 Bourges dit j'en arrive à ce fait : Arthur est au courant de cette anomalie mais pas Clearstream. Clearstream n'avait pas conscience de ces manipulations. Maître Iweins : quant vous avez découvert cela, vous en avez parlé à vos supérieurs ? Oui, répond Bourges mais ils m'ont dit que ce n'était qu'une erreur informatique. Maitre Iweins : il est question de comptes RMDA ? Je n'ai aucune idée, je n'ai jamais travaillé sur ces comptes, répond Bourges.
15 h 53 Maitre Iweins, avocat de Gergorin, se dirige ver le micro. Il y a les comptes, les transactions et les fichiers fantômes. Vous avez remis les comptes et les fichiers fantômes ? oui. Les avez-vous remis à Lahoud ? Je ne sais pas, répond Bourges. Question sur les rencontres avec Imad Lahoud. Maitre Iweins évoque le fait que Lahoud lui parle de revanche et de Clearstream. Quel est le lien entre les deux ? Bourges dit : je comprend que ce n'est pas sa motivation réelle. Plus tard, il me présente une carte d'un général et demande des informations sur la lutte contre le terrorisme. Maitre Iweins : vous dit-il qu'il a travaillé sur les comptes de la famille Ben Laden sur lequel il prétend avoir travaillé ? Réponse : non.
15 h 42 C'est au tour de maître Pardo, défenseur de Imad Lahoud. Question sur la remise de fichiers de transaction. A qui ? Seulement à Lahoud. L'avocat dit : il faut dire que vous avez remis les dossier à Arthur Andersen. Je n'ai jamais transmis les comptes fantômes à Lahoud. Mais les fichiers de transaction.
Bourges glisse une petite grenade : il y a avait une autre source à Imad lahoud au sein 'Arthur andersen j'en ai la conviction ;
Maitre Pardo : quant avez-vous adressé un CV à Salamandre. L'extraction des données a été faite le 1 sept et le 18 sept vous leur avez adressé le Cv. On retrouve le CV dans le CD rom contenant le dossier clearstream chez Salamandre. Bourges répond que cela n'a aucun rapport. Je n'ai pas tranmis des informations à Salamandre.
Maitre Pardo : je ne cherchais à rien déduire.
15 h 40 L'assesseur demande si Bourges connaît Gergorin. Réponse : non. Pourtant Gergorin vous traite d'agent double à la solde de la DGSE. Je ne sais pas pourquoi, répond Bourges, j'ai eu peur d'être accusé d'être le corbeau.
15 h 28 C'est Maître Lantourne qui va poser des questions à son client, Florian Bourges. Avec, inattendu dans cette enceinte, une question de droit du travail : exercez vous son la convention collective de commissaire aux comptes ?
Question de l'avocat : allez vous chercher des vérifications chez Denis Robert ? Oui
Question de l'avocat : votre première démarche chez le juge Van Ruymbeke pour venir en assistance ? Denis Robert m'a dit que e serait bien de venir l'aider
Question : Vous n'avez aucune raison d'aller chez Van Ruymbeke donc vous ne vous sentez pas coupable ? Oui d'ailleurs le juge ne m'a pas considéré coupable
Question : Evoquez vous le caractère faux des documents ? oui je l'ai dit au juge et je lui ai montré.
Question : vous montrez le caractère falsifié des documents. Le juge en avait-il conscience ? sans aucun doute. Le juge n'insiste pas pour faire un PV.
Question : lorsque vous avez vu la manipulation dans la presse, avez-vous tenté de vous rendre chez le juge d'Huy. Réponse : oui il y a eu un échange avec DENis Robert et il y a eu un échange entre D'Huy et Robert la dessus.
Maitre Lantourne se rasseoit dans un silence lourd.
15 h 11 La salle s'endort doucement devant les questions maintes fois posées. L'avocat de BFA, employeur de Bourges et filiale d'Arthur Andersen, un vieux briscard blanchi sous le harnais, s'empare du micro du procureur sous les lazzis de la salle et les remarques du président : « cette audience doit garder une certaine tenue ». Personne n'écoute l'avocat. Le président lui répète de poser sa question. Maître Lantourne, l'avocat de Bourges, demande à son confrère au nom de qui il intervient. Arthur Andersen est mort, lance-t-il.
15 h 08 Revient sur le tapis la conservation des documents Clearstream. Même réponse: Lahoud est un agent de la DGSE j'ai eu raison de lui donner les listings
15 h 07 Maître Belloc, l'autre avocat de Clearstream attaque à son tour.
14 h 53 La parole est maintenant aux avocats de Clearstream. Pourquoi n'avez-vous pas transmis les documents au parquet du Luxembourg alors qu'il y avait une enquête ? questionne l'avocat. Je voulais vérifier auprès de Robert si mes soupçons étaient fondés, répond Bourges. L'avocat insiste sur le fait que dans un mail, Bourges affirme à Robert qu'il n'y a rien dans les vérifications. Bourges insiste sur ses motivations nobles. L'association qui recoit l'argent de la DGSE soi disant via Lahoud, demande l'avocat, vous la présidiez et vous en étiez rémunéré. Non, pas au début, répond Bourges. Vous avez bien 16 comptes bancaires ? Non répond Bourges en bafouillant même si l'association en a.
Denis Robert me déconseille d'aller voir les juges d'Huy et Pons alors que l'affaire de la manipulation est connue. L'avocat demande vous avez assez d'initiatives pour prendre des fichiers et pourquoi vous avez besoin de l'autorisation de Denis Robert pour aller voir les juges ? J'avais peur, répond Bourges.
14 h 49 Villepin se penche vers ses dossiers. Lahoud baille aux corneilles. Gergorin se tourne vers les avocats.
14 h 47 Le procureur revient sur la mission d'audit chez Clearstream. Quel est son contenu ? Vous êtes dans une mission qui consiste à vérifier les allégations de Denis Robert. Vous êtes dans une mission de commissariat aux comptes. Non, répond Bourges. Je n'ai pas le détail de la mission.
14 h 42 Le président donne la parole au procureur. C'est le substitut du procureur Marin qui est seul présent pour porter la parole du ministère public. Celui-ci précise qu'en demandant de l'argent à Denis Robert, cela voulait dire que les documents sont précieux, confidentiel. Bourges répond qu'il aurait refusé d'être payé. La DGSE m'avait proposé de me payer. Je leur ai dit que l'argent serait versé à l'association « les tout petits » qui gère des crèches. Le procureur : vous imaginez la DGSE payer des crèches ?
14 h 36 On a chez Clearstream une culture du mystère. Un climat tendu, dit Bourges. Qui répond avec aisance aux questions techniques informatiques et financières. Je n'étais qu'un executant, le détail de la mission je ne le connais pas.
14 h 34 Un des assesseurs du président pose des questions techniques.
14 h 31 A quel moment avez-vous eu la conviction que Lahoud avait falsifié les fichiers ? Je ne suis pas là pour juger Lahoud, répond Bourges. C'est quand jai vu les documents circuler, ces documents que je n'avais transmis qu'à une seule personne : Lahoud.
14 h 29 Vous entrez en relation avec le juge Van Ruymbeke par l'intermédiaire de Denis Robert ? demande le président. J'avais peur, certains journalistes me disait que j'avais remis des documents à Gergorin.
14 h 26 Bourges reprend sur les listings envoyés à Van Ruymbeke. Ils n'ont aucun rapport avec mes documents de travail. Je les ai expertisé à la demande du juge. Ce n'est qu'à la fin que je constate que le 5eme envoi provient de mes documents de travail. Je lui dit c'est un faux et pour moi l'affaire s'arrête. Si on m'avait écouté, il n'y aurait pas eu d'affaire.
14 h 16 Et c'est à ce moment-là que vous envoyez un CV chez Salamandre ? demande le président. Oui, c'était un cabinet d'intelligence économique, dit Bourges. Le président reprend et ajoute : et qui travaille chez EADS ? demande le président. Je ne savais pas. Je les ai contactés car ils faisaient de l'investigation.
14 h 15 On me dit mon boulot c'est la transparence, dit Bourges. Et après on me dit de tout oublier de ce que j'ai vu et qui peut poser question.
13 h 45 A l'issue de votre mission, avez vous conservé les documents ? demande le président Pauthe alors que la convention de stage vous oblige à la confidentialité. Bourges répond qu'il y a continuité entre le stage et l'emploi que j'ai eu ensuite. Ce dernier travail était aussi régi par la confidentialité, dit le président. Bourges bafouille et se lance dans l'histoire d'Arthur Andersen.
13 h 24 La deuxième journée du procès va commencer. Aujourd'hui, le tribunal entendra deux des accusés : Florian Bourges et Denis Robert. Le premier, jeune auditeur, est d'abord accusé d'avoir détourné des listings de comptes au préjudice de Cleartrseam et du cabinet d'audit Barbier Frinault et associés (BFA), son employeur. Cet abus de confiance est puni de trois ans d'emprisonnement et de 375.000 euros d'amende au maximum. Il est également poursuivi pour vol au préjudice de Clearstream. Le vol est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45.000 euros d'amende au maximum.
Début de la deuxième journée.
Fin de la première journée.
18 h 25 Le président Pauthe rappelle les listings reçus par Le juge Van Ruymbeke. Pour savoir ce qu'il dit, il suffit de lire l'affaire Clearstream raconté par les juges sur latribune.fr.
18 h 10 Le président Pauthe effectue la lecture de tout le dossier. Dans le calme. Toute l'affaire qui remonte aux tréfonds de la vente des frégates à Taiwan par Thomson CSF. Une affaire qui, selon la justice suisse, aurait conduit à la distribution de 500 millions de dollars de commissions. Une affaire dans laquelle les listings accusent Alain Gomez et Philippe Delmas de diriger, avec des oligarques russes et des narcos trafiquants colombiens un réseau financier occulte abrité par Clearstream..
Dehors, une forêt de caméras entoure Maître Herzog..
Les commentaires vont bon train. Celui d'un vieux routier des prétoires : « ce serait un joli coup si Sarkozy se retirait maintenant ».
18 h La salle s'est vidée. Le president Pauthe joint au fond la demande d'irrecevabilité de la partie civile de Nicolas Sarkozy. Traduction : la demande du Président de la République est acceptée.
17 h C'est le procureur Marin qui va porter la parole du ministère public. Il va passer en revue la demande d'annulation de la partie civile de Nicolas Sarkozy. Rien n'interdit au president de se porter partie civile dit le procureur du haut de sa tribune tres nettement en s'appuyant sur une jurisprudence.
16 h 55 Sarkozy, dit Maître Herzog, a une exigence de vérité. Il rappelle qu'il y a 41 parties civiles et une instruction de 42 tomes avec l'ordonnance. Villepin est presumé innocent, rappelle Maitre Herzog. C'est la règle. Seules les preuves apportées au cours des debats comptent. M deVillepin, faites confiance à la justice, conclut Maître Herzog.
16 h 50 Maître Herzog dans sa démonstration de la possibilité qu'a Sarkozy d'agir en justice cite une action d' Ivan Colonna accusé d'avoir assasiné un prefet en Corse. Villepin égale Colonna ?
16 h 48 Maître Herzog assène au nom de quoi Nicolas Sarkozy serait-il le seul a ne pas pouvoir ester en justice. Villepin est comme Gergorin, comme Lahoud, il peut mentir.
16 h 44 Maître Herzog poursuit tel le rouleau compresseur. Comme les formidables avocats américains, il arpente le pretoire.
16 h 28 Villepin n'a jamais contesté la partie civile Sarkozy dans la procédure, souligne Maître Herzog. Je termine en disant que le mis en examen a les mêmes droits et les mêmes devoirs de faire des demandes d'actes. Il n'en n'a pas fait. Alors qu'il est un prévenu comme les autres. L'avocat démolit les arguments de procédure de Villepin. Sarkozy n'est pas le premier président à saisir la justice au vu et au su de tout le monde. Pompidou l'a fait. VGE l'a fait.
16 h 20 Maître Herzog affirme ensuite que villepin est un mis en examen comme les autres. Villepin a des raisons légitimes d'appréhender la justice. Pourquoi Villepin n'a-t-il pas demandé la Cour de Justice de la République dans laquelle il se débarrassait de la partie civile Sarkozy ? Souvent tourné vers les bancs de la presse avec des effets de manche, Maître Herzog semble s'adresser non seulement au tribunal mais aussi aux citoyens.
16h 13 La partie civile de Nicolas Sarkozy, poursuit Maitre Herzog, n'a pu interférer. Depuis, le Président n'est plus jamais intervenu. Moi je suis intervenu une fois lorsque Lahoud a affirmé qu'il avait rencontre Sarkozy. Mon client a deposé sa plainte alors qu'il n'était pas président de la République.
15 h 51 Maitre Herzog, pour Nicolas Sarkozy, répond à son confrère. Je veux rétablir un certain nombre de contre vérités. Malgré les exhortations de la salle, Maitre Herzog reste à sa place et ne se dirige pas vers le micro. Maitre Herzog cite Villepin qui ne conteste pas devant les caméras de M6 que le président de la République soit partie civile. Le président est une partie civile comme les autres. Villepin est un prévenu comme les autres. Cette affaire n'a pas comme origine une plainte de Nicolas Sarkozy. Mais de Phlippe Delmas puis de Gomez puis de Martinez. Ce n'est que longtemps ensuite que mon client se constitue partie civile. A cette date aucune mise en examen n'ont été prononcées.
15 h 48 Ll faut face à ce tumulte, lance maître Leclerc, il faut qu'un tribunal manifeste sa volonté et de dire que dans de telles conditions, la partie civile de Sarkozy ne peut descendre dans l'arène, qu'elle est irrecevable.
15 h 35 M. Lahoud a fait des déclarations qui met en cause Villepin et dès le jour même le procureur en a connaissance le parquet ne bouge pas. La défense n'est pas informée de ces déclarations nouvelles. On aurait su cela au procès, cette déclaration surprise ! un coup de théatre. cela est extraordinaire. Deux conséquences ; vous devez contrôler ces pièces, c'est une obligation. Et le procureur doit dire tout ce qu'il sait à la défense. Il se passe dans cette affaire des choses anormales. Vous devez annuler les PV de Lahoud et Gergorin dans une autre affaire.
15 h 25 Maître Leclerc poursuit sa charge contre Nicolas Sarkozy. Il est inusuel que le président de la République parle aussi fortement dans une affaire.
Micro, dit la salle, quand l'avocat s'en éloigne.
Maître Leclerc s'en prend ensuite au ministère public et à son représentant le procureur de la République Marin qu'il accuse d'être aux ordres de Nicolas Sarkozy, partie civile. Il fait ensuite référence aux déclarations de Lahoud et à l'enquête qu'a poursuivie le juge d'instruction d'Huy hors procédure. Est-ce normal que le garant de la magistrature, qui nomme les magistrats, puisse faire des déclarations du Brésil se réjouissant des déclarations de Lahoud disant qu'il a mis le nom de Sarkozy dans les listings sur ordre de Villepin, s'exclame fortement Maître Leclerc. Peut-on entendre ceci sans trembler ?
15 h 06 Maître Leclerc, l'un des quatre avocats de Villepin, prend la parole (silence dans la salle) : après tant de bruit, après tant de rumeurs, après tant de page de dossier, Villepin demande a être jugé. Je ne vais pas me mêler des débats politiques. Mais dans une procédure équitable.
La salle réclame un micro pour l'avocat qu'on n'entend pas.
Ah ! dit la salle lorsque maître Leclerc s'en empare
Deux moyens pour la défense. Nous voulons être jugés démocratiquement. Qu'est ce qui se pose : les principes fondamentaux de la Justice. La procédure doit préserver l'équilibre des parties. La justice est-elle indépendante ? oui. La justice est elle impartiale ? qu'est ce que c'est que l'impartialité ? c'est ce qui se donne à voir. Ce sont les apparences. Et il s'appuie sur les arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme. Qui rappelle l'égalité des droits des parties. Le président de la République est garant de l'indépendance de la Justice. Il est président du Conseil supérieur de la magistrature. Il ne peut acter en justice. Il ne peut être cité comme témoin. Il bénéficie de l'immunité. Pendant la durée de son mandat. Nous sommes dans une procédure particulière dans laquelle le président s'engage vigoureusement en promettant de pendre les manipulateurs à « un croc de boucher ». Le président ne peut nier qu'il est passionné par cette histoire. Il a un rôle : il conduit l'acusation.
14 h 58 Le substitut du procureur Marin s'exprime sur les arguments des défenses. D'abord, celle de Denis Robert qui pose une question de fond : un journaliste peut-il commettre un délit ? certainement qu non. Sur la défense de Bourges, même si Clearstream a été indemnisé comme le dit la note de la DST, Bourges a quant même commis un délit de vol et aucune décision définitive n'a été rendue au Luxembourg.
14 h 53 Maitre Belloc, avocat de Cleartream, répond. L'élément matériel, le vol, de l'infraction s'est bien déroulé en France.
14 h 48 La défense est reprise par Maître Lantourne, autre avocat de Bourges. Il fait référence à la procédure en cours au Luxembourg dans laquelle est impliqué Bourges. La plainte luxembourgeoise n'est pas encore jugée. Or les faits ont été commis au Luxembourg. Les faits reprochés c'est le vol de documents que Bourges a lui-même créés.
14 h 40 C'est au tour de Maître Gondran de Robert, avocat de Florian Bourges, l'auditeur accusé d'avoir volé les listings. Il affirme qu'il n'y a pas vol. Il argumente en droit, pointu. Ca change avec les grandes envolées passées et à venir. Il argumente sur l'histoire, complexe de l'employeur de Bourges, filiale d'Arthur Andersen, groupe aujourd'hui disparu. Il fait référence à la note de la DST qui dit qu'il y a déjà eu vol
14 h 37 l'avocat de Clearstream répond à Maître Themime. Nous sommes dans l'affaire depuis 2001. Je suis d'accord, dit l'avocat, avec ce que vient de dire mon collègue Themime. Mais il ne comprend pas que l'on puisse considérer cela comme innocent.
14 h 26 La parole est à la défense de Robert. L'avocat Themime sera bref. L'exception de forme sera proche du fond, affirme-t-il. Robert n'a rien à faire, insiste-t-il fortement. Il demande la nullité partielle de l'ordonnance de renvoi comme il l'avait indiqué dans latribune.fr. Car il est poursuivi pour seulement avoir détenu les fichiers. Il a commis un délit de journalisme qui n'est pas un délit. Mais Robert et Maître Themime acceptent de participer au procès.
14 h 25 Le président Pauthe lance la période des incidents de procédure. D'abord celle de Robert et Bourges.
14 h 21 Le président donne les dates des auditions des témoins.
14 h 19 Fin de l'appel. L'avocat Mignard cite Dominique Perben, ancien ministre de la Justice et le procureur Bot, pour des problèmes judiciaires. Le procureur Marin répond.
14 h 10 Appel des témoins : Beccaria (éditeur) Bertossa (procureur suisse) Yves Bertrand (ancien patron des RG) Pierre de Bousquet (ancien patron de la DST), Cousseran (ancien patron de la DGSE) Guthman (diplomate) Boyon (ancien dir cab de Raffarin) Brigitte Henry (ancienn des RG) July ex patron de Libé) Laurent Pascal, Peyrolle (écrivin) Raffarin (ancien Premier ministre) Steinmetz (préfet,) Van Ruymbeke (juge) Sorbas von Coester (consultant pour EADS), le général Rondot. Certains ne sont pas présents.
14 h 07 Passe d'armes rapide autour de la plainte de Gaydmak contre tous les prévenus. Metzner (avocat de Villepin) et Pardo (avocat de Lahoud) montent au créneau.
14 h 07 Georges Kiejman est absent et non représenté. Un ancien ministre (de la justice) en moins ! Strauss-Kahn est également absent et pas représenté. Le G20 peut-être.
14 h 01 Appel des parties civiles. Il y en a 41 !
14 h Fin de la lecture. Lahoud parrait tout petit entre les hautes statures de Villepin et Gergorin.
13 h 50 Le président lit les faits qui sont reprochés aux prévenus. Les accusés sont debout.
13 h 47 Appel des témoins. Le président commence par Gergorin. Puis Lahoud. Puis Bourges. Puis Robert. Ils répondent avec un ton tendu. Enfin Villepin. De manière plus forte. Les avocats se présentent également.
13 h 40 Dans la salle, c'est la foule des grands jours, avocats et journalistes. Au premier rang, les adversaires, Villepin, Gergorin et Lahoud sont assis côte à côte. Robert et Bourges, debout, se côtoient. Le président Pauthe qui va diriger les débats se fait attendre. Les avocats des parties civiles sont debout dans le couloir face au président.
13 h 40 Devant les caméras, en costume élégant et accompagné de ses enfants, Dominique de Villepin fait une déclaration au bazooka contre Nicolas Sarkozy, nommément cité : "Je suis ici par la volonté d'un homme, par l'acharnement d'un homme, Nicolas Sarkozy". Parlant
des droits de l'homme et de "procès politique", il a conclu : "la justice est un bien précieux et est aussi un bien fragile. Je sais que la vérité triomphera."
latribune.fr
Pied de page :