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justice

Procès Clearstream minute par minute : les confrontations de Rondot et Villepin

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Sur latribune.fr, vivez le procès Clearstream comme si vous y étiez grâce à notre envoyé spécial et spécialiste du dossier Pascal Junghans. Mercredi a eu lieu la confrontation tant attendue du général Rondot, le premier enquêteur armé de ses désormais fameux carnets noirs, avec les accusés et notamment Dominique de Villepin qui le contredit. Reprise des audiences lundi à 9h30.

LÉ GÉNÉRAL RONDOT

13 h 20

L'audience de ce jour va débuter avec l'audition des témoins présentés par Dominique Ambiel : un ancien Premier ministre - encore un - Jean Pierre Raffarin, son directeur de cabinet et son dir cab adj. Ces témoins devaient montrer que les RG ont été mêlés à cette sombre affaire (voir sur latribune.fr Raffarin cité comme témoin).

Mais le combat au dernier sang devrait débuter seulement à 16 heures avec la confrontation tant attendue du général Rondot, le premier enquêteur armé de ses désormais fameux carnets noirs, avec les accusés. Dans cet agenda chargé, le tribunal devrait peut être pouvoir interroger les témoins cités par Denis Robert.

13 h 34

Le président ouvre la séance. Précédé de la greffière, Raffarin entre, tel le gladiateur, dans l'arène. Et prête serment.

Le président : le tribunal vous écoute.

Raffarin : je suis surtout venu répondre à vos questions. J'ai été informé de cette affaire au mois de juillet 2004 quelques jours avant la parution du dossier du Point.

Le président : comment avez-vous reçu les premiers échos ?

Raffarin : le lundi 5 juillet, le ministre de l'intérieur (NDLR Villepin) m'a appelé pour me faire part de la publication prochaine d'un article. Nous en avons parlé le jeudi. Nous avons commenté l'article du Point.

Le président : Avez-vous l'occasion d'en parler avec un autre membre du gouvernement ?

Raffarin : J'ai informé avant le ministre de l'économie et des finances (NDLR : Sarkozy) que le père du ministre cité dans le Point pouvait être le sien. Je n'ai jamais parlé de cette affaire avec le ministre de la Défense. J'ai demandé au ministre de l'intérieur de valider ces informations qui me paraissaient peu crédibles. J'ai aussi appris dans l'article que la Justice était saisie. Ensuite, je suis passé à d'autres affaires.

Le président : avez-vous eu des informations sur ce qui s'était passé avant, notamment l'enquête Rondot ?

Raffarin : absolument aucune.

Le président : comment appréciez vous que le ministre des affaires étrangères ait une information et la fait traiter sans que cela transparaisse au niveau gouvernemental ?

Raffarin : je suis très ferme. Je n'ai pas été informé avant le 5 juillet. Se pose la question de la transmission d'un dossier sensible et incertain dans l'appareil gouvernemental. Il n'est pas dans l'ordre des choses de transmettre des informations incertaines. Le ministre de l'Intérieur n'a pas jugé ces informations suffisamment sûres pour les transmettre au Premier ministre. Voilà ce que je peux constater.

Le président : ce dossier passe des Affaires étrangères à l'Intérieur. Est-ce logique ?

Raffarin : ce n'est pas aberrant dans un dossier de cette nature, dossier traité en direct par le ministre. Toute la question : le ministre estime-t-il qu'il doit transmettre ou pas ?

Le président : est-ce concevable que le ministre n'en parle pas à son directeur de cabinet ?

Raffarin : c'est possible. Même le Premier ministre le fait dans des affaires sensibles. Il s'agit de procédures exceptionnelles.

Le président : avez-vous eu un retour des investigations menée par la DST ?

Raffarin n : je n'ai pas eu de retour écrit mais j'ai été informé oralement et progressivement. Toutes les informations allaient vers le doute.

Le président : en avez-vous parlé avec le ministre de l'Intérieur et celui de l'Economie ?

Raffarin : je parle avec les deux. J'ai senti que la colère montait chez le ministre de l'économie progressivement.

Le président : quand avez vous eu connaissance de l'enquête Rondot ?

Raffarin : j'ai du mal à savoir précisément mais c'est au printemps 2006. J'ai exprimé mon étonnement.

Le président : vous avez été entendu par les juges sur Ambiel. Il indique qu'un de ses ouvrages a été modifié suite à une intervention du ministre de l'intérieur (NDLR : Villepin) ?

Raffarin : il estimait devoir dire sa vérité sur son départ de Matignon. Début 2005, le ministre de l'intérieur m'appelle pour me dire que le livre l'attaque et est édité avec des partenaires douteux. Le livre attaquait les RG. Ambiel me dit que ce n'est pas vrai. J'ai proposé une rencontre à trois. J'ai approuvé le ministre de l'intérieur pour que le livre soit modifié.

Le président lit le passage qui incrimine les RG. Le texte fait référence à l'affaire Clearstream et la mise en cause de Sarkozy.

Raffarin : ce qui a motivé la modification est la mise en cause des RG.

Le président donne la parole au procureur.

Le procureur : Villepin vous a-t-il informé d'instruction du Président de la République ?

Raffarin : à ma connaissance, jamais le Président de la République n'a donné d'instruction.

Le procureur : avez-vous parlé de cette affaire avec Barnier, successeur de Villepin au Quai d'Orsay ?

Raffarin : j'ai demandé à Barnier s'il était informé. Il m'a dit que ni lui ni ses services n'étaient informés.

14 h 01

Maitre Binet : Qu'est-ce que la date du 8 mars 2004 évoque ?

Raffarin : c'est la rencontre entre moi, Villepin et Ambiel. J'ai assisté à tout l'entretien.

Maitre Binet : le ministre de l'intérieur est parfaitement informé sur l'ouvrage ?

Raffarin : il est parfaitement informé.

Maitre Binet : ne trouvez vous pas étrange que le ministre de l'intérieur ne vous informe pas de la présence du nom d'Ambiel dans les listings Clearstream ?

Raffarin : je comprends que l'on n'informe pas sur un dossier sensible et incertain. Mais j'aurai aimé être informé.

Maitre Binet : dans la liste il est fait mention, dans les listings, de la qualité d Ambiel, conseil en com cab PR.Nous savons que cette mention a été inscrite par Gergorin. En novembre 2003, êtes-vous informé de la présence du nom d'Ambiel ?

Raffarin : jamais. Je découvre le nom d'Ambiel en 2006 au moment où Ambiel l'annonce à la télévision après l'avoir appris de Robert.

Maitre Binet : quant avez-vous quitté vos fonctions ?

Raffarin : au lendemain d'un référendum.

Maitre Binet : à quoi peut consacrer son temps un Premier ministre dans les dernières 48 heures de son mandat ?

Raffarin : A des préoccupations d'Etat.

Maitre Metzner : les juges retiennent contre Villepin le fait qu'il n'a pas prévenu de la présence du nom d'Ambiel dans les fichiers. Vous avez répondiu que vous ne vous l'expliquiez pas. C'est logique car les juges posent une question fausse. Rondot dit que Villepin n'a pas vu les listings et le nom de Ambiel ne figure pas sur les listings de 2004 (NDR : son nom figure uniquement dans le premier listing remis à Rondot voir latribune.fr les listings remis à Rondot) On vous a donc poussé à ne pas dire la vérité. J'attends de la justice la vérité.

Maitre Brossolet, avocat de Villepin : au ministère de la Défense, on est informé en 2003 que des hommes politiques figurent sur les listings, puis en mars 2004 que le nom d'un ministre figure sur les listings. Est-ce que le ministre de la défense vous a informé ?

Raffarin : Absolument pas. Villepin a été le premier à m'informer.

Maitre Brossolet : Après la parution du Point, MAM vous dit-elle que son ministère a enquêté ?

Raffarin : Absolument pas.

Maitre Brossolet : un ministre qui sait doit-il informer le juge qui est saisi d'une affaire ?

Raffarin : je ne peux juger une décision ministérielle. Il n'y a pas de règle générale.

Maitre Brossolet : l'identité du corbeau est connue. Fallait-il transmettre le nom ?

Raffarin : c'est à la justice de le dir.

Maitre Brossolet : MAM n'aurait-elle pas du donner l'information au Garde des Sceaux ?

Raffarin : je ne sais pas ce qui s'est dit entre les deux ministres.

Maitre Brossolet : trouvez-vous normal que Rondot retiennent les information et se contente de dire c'est bidon.

Raffarin : nous sommes dans une procédure exceptionnelle. Il est exceptionnel mais pas incohérent qu'un ministre demande à un fonctionnaire de travailler pour lui sans informer sa hiérarchie.

Maitre Brossolet : certes. Mais je parle de Rondot, coordinateur des services de renseignement.

Raffarin : c'est à lui à répondre. La seule manière de l'expliquer est de dire que la procédure est exceptionnelle.

Personne n'a plus de question, Raffarin quitte le prétoire.

14 h 23

Mélange des genres rigolo, après le Premier ministre, c'est au tour d'un ex-directeur de journal, Serge July, à témoigner. Lui intervient à l'appui de la défense de Denis Robert. Il va intervenir pour affirmer haut et clair que Robert est un excellent journaliste et que les faits dont il est accusé - recel de vol - est inhérent à son activité de journaliste dit d'investigation.

Je ne comprend pas ce que fait ici Robert, sinon comme témoin, dit celui qui fut le directeur de Libération au moment où Robert y travaillait.

Personne n'ayant de question pour July, celui-ci quitte le prétoire.

14 h 42

Re-mélange des genres : Après le directeur de journal, c'est au tour du conseiller d'Etat et président du CSA, Michel Boyon. Il était directeur de cabinet de Raffarin, Premier ministre, au moment des faits. Il est cité par la défense de Dominique Ambiel.

Boyon : j'ai été informé le 5 juillet par le Premier ministre que le ministre de l'intérieur l'avait informé de la future parution dans le Point des faux listings. Nous avons douté, d'emblée, de la véracité des listings. Nous avons appris à ce même moment que la Justice était déjà saisie de l'affaire (NDLR : le juge Van Ruymbeke). A ce moment, comme il se doit, nous ne nous sommes plus impliqués dans cette affaire.

Le procureur s'empare du micro : à partir de quel moment situez vous le moment où Raffarin constate que la justice est saisie ?

Boyon : Je le situe au moment du 25 juillet.

Maitre Binet, avocat d'Ambiel : à quelques instant de cela, novembre 2003, fin avril 2004, avez-vous reçu dans vos fonctions que Ambiel pouvait avoir été impliqué dans les listings ?

Boyon : je n'ai entendu parler de cette affaire que le 5 juillet 2004.

Maitre Binet : le 8 mars 2005, y a-t-il eu intervention de Villepin ?

Boyon : J'ai su qu'elle avait eu lieu, mais je ne sais ce qu'il s'y est dit.

14 h 51

Un quidam mal rasé est autorisé à poser une question totalement incompréhensible - mystère de la dernière réforme judiciaire.

Le président : cette question n'a rien à voir. Il n'y a pas de réponse à donner, la question n'a rien à voir avec le dossie.

La greffière va chercher Pierre Steinmetz, à l'époque directeur de cabinet de Raffarin, Premier ministre. Il est cité par la défense d'Ambiel. Il prête serment.

Le président : qu'avez-vous connu de cette affaire ?

Steinmetz : Je n'ai pas eu à connaître de cette affaire.

Le procureur n'a aucune question à poser. Ni aucun avocat.

Le président : désolé, votre témoignage a été bref. Vous pouvez quitter le tribunal.

15 h

Un journaliste qui a travaillé avec Robert sur Clearstream, témoin de moralité de Robert, remplace Steinmetz. Il explique le travail d'enquête journalistique sur la chambre de compensation menée par Robert.

15 h 18

Le substitut : le 26 février 2003, êtes vous présent ou pas lorsque Robert remet les listings à Lahoud ?

Pascal Laurent, le journaliste : je n'ai pas assisté à la remise mais nous avons mangé ensemble tous les trois ensuite et on en a parlé.

Le substitut : A qui avez-vous remis les listings ?

Laurent : Il y a un journaliste de l'Observer. Qui a donné un faux nom. Puis il y a eu 10 à 15 remises.

Le substitut : Précisément, les fichiers remis par Bourges ont-ils été remis à d'autres personnes ?

Laurent : oui.

Le substitut : vous avez évoqué deux rencontres avec Lahoud. Mais la rencontre Robert-Lahoud de mars 2004, étiez vous présent ? Robert faisait état de compte couplés.

Laurent : je ne me souviens pas.

Le substitut : nous allons demander à Robert.

Robert : cela, c'est plus tard. Mais cela ne fait aucun doute que Imad avait remis les listings à son traitant de la DGSE. Mais qu'il avait gardé une copie sur son ordinateur.

Lahoud fait l'historique des rencontres Robert-Laurent-Lahoud.

Le substitut n'a plus de questions.

Maitre Iweins, avocat de Gergorin, a une question : Lahoud parle d'un hacking informatique assez tôt.

Laurent : le 26 février 2003, il nous dit c'est éventuellement possible. Cela se précise ensuite en juillet 2003.

Maitre Iweins : et vous pensez le filmer en train de réaliser un hacking ?

Laurent : c'était effectivement la possibilité de poursuivre l'enquête sur Clearstream.

Maitre Iweins : Lahoud raconte l'affaire Volter (NDLR : le fond créé par Lahoud qui a fait faillite). Il a évoqué un chantier de la DST ?

Laurent : je ne m'en souviens pas.

Maitre Iweins : Lahoud, dans son livre, raconte la rencontre avec vous et il fait suivre cela par le récit de la perquisition chez lui. Il écrit «le vendredi précédent, j'avais été prévenu de la perquisition par une source policière haut placée. Et un ami magistrat m'avait dit de faire le ménage ». Vous a-t-il informé qu'il avait été prévenu ?

Laurent : Non.

Maitre Iweins : je pose la question à Lahoud. Est-ce Gergorin qui vous a prévenu ?

Lahoud : non.

Maitre Iweins : qui est cette source policière ? Ce magistrat ?

Lahoud : je ne peux le dire.

Maitre Iweins : vous ne pouvez pas le dire ...Mais en 2002 vous avez été prévenu de la perquisition ? Vous confirmez ?

Lahoud : je confirme.

Le président : rassurez moi, M.Lahoud, cela n'est pas couvert par le secret défense ?

Rires

15 h 38

Encore un témoin pour Robert, l'éditeur de ses livres, Laurent Beccaria. Le patron de la maison d'édition les Arènes raconte ce qu'il a vécu des enquêtes de Robert.

15 h 59

Après une longue déclaration sur l'enquête menée par Robert sur Clearstream, Beccaria rappelle de brefs souvenirs sur l'affaire en cause. Et notamment une rencontre avec Gergorin en 2006.

Le substitut : vous indiquez que lors d'une rencontre en 2006, Gergorin s'est plaint de Delmas.

Beccaria : Gergorin dit que Delmas avait failli et n'arrêtait pas de monter des affaires contre lui.

Le substitut : à un moment donné, Gergorin a-t-il fait état de l'appartenance de Bourges à un service secret ?

Beccaria : je n'en ai pas le souvenir.

Le substitut : avez-vous eu entre vos mains les listings de transaction remis par Bourges ? Et l'annuaire des comptes ?

Beccaria : non pour les transactions. Oui pour l'annuaire.

Maitre Poynard, avocat de Gomez, se dirige vers le micro : lorsque vous l'avez rencontré en 2006, Gergorin venait-il d'Angleterre après avoir consulté les litsings ?

Beccaria : je ne me souviens pas.

Le président appelle Gergorin à la barre.

Gergorin : je ne venais pas d'Angleterre mais d'Allemagne. J'ai évoqué l'Angleterre peut-être. J'avais fait faire des vérifications sur les listings ....

Maitre Poynard : des vérifications pour une somme considérable ....

Maitre Iweins : vous êtes bien placés pour parler de chiffres ...

Poynard : ne parlez pas de dossiers déjà jugés et que vous ne connaissez pas !!

Maitre Iweins, s'adressant à Beccaria : Gergorin vous a-t-il demandé les coordonnées d'un spécialiste des chambres de compensations chez BNP que connaissait Robert ?

Beccaria : Tout a fait.

Maitre Iweins : a-t-il évoqué les vérifications demandée à la société d'intelligence économique Hakluyt ?

Beccaria : Je ne me souviens pa.

Maitre Iweins : demandons à Gergorin ...

Gergorin vient à la barre : j'ai effectivement fait effectuer des recherches par Hakluyt pour comprendre. J'ai effectivement demandé au spécialiste de la BNP pour comprendre.

Au tour de Maitre Pardo, avocat de Lahoud. Il demande l'état des rencontres entre lui et Gergorin. Vous lui parlez des difficultés de votre maison d'édition ?

Beccaria : il n'y avait pas encore de difficulté.

Maitre Pardo : il ne vous jamais proposé de vous donner un coup de main via le groupe Lagardère ?

Beccaria : non jamais, j'aurais refusé.

Il n'y a plus de questions.

Le président suspend la séance. Il est 16 h 18.

16 h 42

Attirés par l'odeur du sang de la confrontation Rondot-Villepin-Gergorin, une petite foule faite d'avocats, de journalistes de premier plan, comme Elkabbach, remplissent la salle d'audience. C'est le dernier salon parisien où l'on cause. Dans l'attente du président,Gergorin tape sur son Blackberry. Bourges grignote. Lahoud tente de faire ami avec Bourges. Villepin rentre avec ses officiers de sécurité.

17 h 01

Lahoud : les 895 comptes venaient de Gergorin et la liste de dénonciation venait de Robert. Je n'ai pas rédigé cette lettre.

Gergorin : c'est Lahoud.

Le président : Robert, levez vous.

Robert : je n'ai pas souvenir d'avoir remis la lettre à Lahoud.

Lahoud : je la demande à Robert il me la donne. Gergorin et Rondot m'avait demandé de garder contact. Il fallait crédibiliser le corbeau pour lancer l'enquête de Van Ruymbeke.

Robert : un élément troublant : en mai 2006, on m'a attribué la lettre du corbeau. En aout 2004 Lahoud dit à Rondot que j'ai posté la lettre de dénonciation. Alors que dans le même temps, Gergorin rencontrait Van Ruymbeke dès mai 2004, Lahoud avait dans l'idée de créer un leurre en ma personne.

Les quatre hommes sont à la barre.

Le président : Rondot, Lahoud affirme que vous lui avait demandé de traiter Robert ?

Rondot : c'est faux.

Le président : Lahoud, pourrquoi avez-vous maintenu les contacts avec Robert?

Lahoud : c'était les instructions de Rondot, je suis désolé mon général, de vous.

Le président : on a du mal à vous suivre.

Lahoud : Robert avait une relation privilégiée avec Van Ruymbeke. Robert servait à crédibiliser le corbeau.

Le président : vous dites que Gergorin a dit que Villepin avait dit qu'il faut balancer Sarkozy ?

Lahoud : je maintiens mes propos.

Rondot : je les ai entendus.

Gergorin : je démens.

Le président : Lahoud, pourquoi introduisez vous les noms de Bocsa et Nagy.

Lahoud : j'exécutais les ordres de Gergorin.

Le président arrive et appele Rondot. Il lui demande de s'assoir.

Mais le président appelle d'abord Lahoud : Rondot vous a cité comme son fournisseur d'informations sur Clearstream.

Lahoud : j'ai effectivement donné une série d'information à Rondot

Le président : Mais qui venait d'où ?

Lahoud : de Gergorin

Le président : Ce n'est pas ce que dit Rondot

Lahoud : Rondot n'était pas là.

Le président : vous avez contesté avoir fait le hacking

Lahoud : Gergorin voulait à tout pris pousser Rondot à continuer son enquête et voulait crédibiliser ses paroles

Le président : vous avez indiqué que la source était Lahoud et qu'il avait fait des démonstration de hacking ?

Rondot : je le confirme

Le président : qui était à l'origine des tentative ? vous ?

Rondot : oui. J'ai fait une expérience en présence de Gergorin chez EADS puis dans les bois de Meudon. Je suis repartit avec quelques feuilles du hacking EADS.

Lahoud : le 12 février. C'est à la demande de Gergorin. Je refusais de le faire.

Le président : Gergorin êtes vous à l'origine du hacking ?

Gergorin : absolument pas.

Il y a avis différents sur la date du supposé hacking entre Lahoud et Gergorin fermes sur leurs positions.

Le président ; comment avez-vous vécu ces tentatives de hacking ?

Lahoud : je confirme qu'il n'y a pas eu pénétration depuis EADS. Mais la tentative de Meudon ce fut très fugitif. Cela n'a pas fonctionné. Nous nous sommes rendu au siège d'EADS. Là, Lahoud a pianoté. Je suis incapable de comprendre. Toujours est -il qu'il est sorti de l'imprimante des papiers. Mais rien n'empêchait Lahoud de sortir des documents sans avoir pénétré le système.

Gergorin : la première visite chez EADS, le 12 février. Je ne voulais pas que l'on fasse des tentatives de hacking depuis EADS

Le président : Lahoud vous a remis un CD Rom

Rondot : c'est exact. Il m'a dit que c'était ses archives. Je l'ai fait sceller dans une enveloppe. Au moment de quitter mes fonctions j'ai détruit ce CD Rom sans ouvrir l'enveloppe.

Le président : Lahoud vous avez remis ce fichier

Lahoud : oui il contenait des fichiers remis pas Gergorin

Gergorin : c'était des fichiers remis par Lahoud.

Lahoud : Je confirme avoir donné des données remis par Gergorin tous les documents concernant Clearstream.

Gergorin : tout venait de Lahoud.

Lahoud : je maintiens

Le président : Rondot, vous avait dit que Lahoud vous avait remis le listing des 895 comptes ?

Rondot effectivement.

17 h 12

Robert : Lahoud m'a conduit dns son bureau avec des ingénieurs hackers.

Lahoud : cette supposée visite, c'est en juin. Les ingénieurs ont commencé à arriver en août. Je voudrais revenir sur l'épisode Sarkozy. Un nom est donné à Van Ruymbeke. Robert m'en parle. J'en parle à Gergorin. Je transmets à Robert qui transmet à Van Ruymbeke.

Le président : on a du mal à vous suivre. Vous avez dit que votre intervention s'est limitée à introduire deux noms dans le bureau de Yves Bertrand.

Lahoud : je n'ai pas fabriqué les listings. C'est Gergorin qui me les donne. Je n'ai pas fabriqué les fichiers.

Le président : vous avez été régulièrement informé des envois ?

Lahoud : je le savais. Gergorin me prévenait.

Le président : Gergorin dit que c'est vous qui avez rédigé la lettre d'accompagnement du fichier transaction.

Lahoud : C'est faux. J'endosse la responsabilité de ce que j'ai fait. Je ne l'ai pas fait sous la dictée de Gergorin.

Le président : c'est difficile de falsifier ?

Lahoud : ce n'est pas difficile. Je ne sais pas pourquoi on me présente comme un informaticien de génie. Je me demande pourquoi on m'a demandé d'introduire les noms de Bocsa Nagy. Je ne sais pas pourquoi.

17 h 21

Le substitut prend la parole et questionne Rondot :  dans les documents remis à Rondot et remis au juge Van Ruymbeke, avez-vous souvenir d'un tampon de réception du cabinet du juge ?

Rondot : il n'y avait pas de tampon.

Le substitut : la cotation par le cabinet de Van Ruymbeke est effectivement absente.

Le président demande qui a des questions à poser à Lahoud.

Maitre Pardo, avocat de Lahoud : il y a des choses que l'on ne comprend pas. Pourquoi refusez vous de faire la première pénétration et faites vous la seconde ?

Lahoud : après ma garde à vue du 25 mars, Gergorin me tenait encore plus.

Maitre Pardo : c'est pour cela que vous acceptez de faire la deuxième tentative. Vous avez remis un CD Rom à Rondot ?

Lahoud : j'ai bien remis le CD Rom à Rondot. Il m'a fait signer un post-it.

Maitre Dalmasso, avocat de Gergorin : on retrouve sous votre plume que tous les trafics et les financements de Ben Laden transitaient par Cedel (NDLR : l'ancêtre de Clearstream).

Lahoud : Je n'ai jamais nié connaitre Cedel dès 1993.

Maitre Dalmasso : quant a été prise la décision de rencontrer Robert ?

Lahoud : dans le bureau de Rondot avec des gens de la DGSE. Ce n'était pas sur instruction de Gergorin.

Maitre Iweins, autre avocat de Gergorin il lit un passage du livre de Lahoud où Lahoud dit que la source des listings Clearstream était Rondot.

Lahoud : je regrette et je demande pardon à Rondot.

Maitre Iweins : c'est un mensonge.

Lahoud : je regrette ces mensonges.

Silence.

Maitre Iweins : ce très haut personnage policier qui vous prévient de la perquisition chez EADS n'est il pas Yves Bertrand (NDLR : ancien patron des RG).

Lahoud : quand on n'a pas le choix, on fait des choses pas intelligente. Aujourd'hui je suis libre. Je dis la vérité. Je suis professeur de maths, je suis libre. C'est mon anniversaire aujourd'hui. J'ai 42 ans j'ai quatre enfants, j'ai un job.

Maitre Iweins : bon anniversaire. Mais qui est ce haut fonctionnaire ? Bertrand ? Squaricini  ?

Lahoud : je refuse de répondre.

Le président : c'est un nom déjà cité ?

Lahoud : non.

Maitre Pardo : vous le torturez

Maitre Iweins : oh, le torturer ...

17 h 35

Maître Brossolet, avocat de Villepin, il s'adresse à Rondot : MAM vous dit : si vous ignorez tout de l'informatique, faites vous aider par un informaticien.

Rondot : elle me l'a conseill.

Maitre Brossolet : Pourquoi ne l'avez-vous pas fait ?

Rondot : cela ne pouvait être que la DGSE et j'ai déjà expliqué que je ne voulais pas mettre en œuvre la DGSE.

Maitre Brossolet : pourquoi restez vous en charge d'une mission que vous êtes incapable de mener à bien ?

Rondot : ma mission n'est pas technique mais vérifier si des gens pouvaient être compromis.

Le président : la chronologie après votre garde à vue du 25 mars 2004 ?

Lahoud : Gergorin m'explique que je dois ma libération à Villepin. Villepin a appelé Rondot pour lui dire : tu ne le lâches pas.

Rondot : je m'en tiens à ce qui a été noté dans mon agenda. Non, ce ne sont pas les propos de Villepin. Villepin a évoqué les attentats de Madrid. On ne s'y est pas attardé. J'ai compris que la démarche était de faire libérer la source. Aucun nom n'a été prononcé.

Le président : Villepin ?

Villepin : je n'ai pas tenu ces propos. J'allai à un somet européen consacré aux attenats de Madrid. Rondot évoque une indélicatesse commise par Gergorin. Il me dit que sa source est en danger. Rondot dit qu'il a résumé dans une formule lapidaire. Il y a pu y avoir une mauvaise interprétation. Rondot rend compte à Marland de cette affaire. MAM ne réagit pas. J'ai indiqué que tout aurait du s'arrêter le 25 mars. Une source est inculpée pour faux. Il ne s'est rien passé. Je m'interpelle. Je l'interroge. Cette source n'était pas infiltrée dans un milieu hostile où on soutient jusqu'au bout. Cette source est infiltrée au sommet de l'Etat. Elle est convaincue de faux. J'ai la conviction qu'il y aurait du y avoir interrogation et décision. Le ministère de la Defense ne réagit pas. Je n'ai pas demandé la libération de Lahoud que je ne connaissais pas.

Le président : Gergorin?

Gergorin : cette source était une source unique sur une affaire majeure et crédible. Cette source, il lui arrive quelque chose. Je préviens qu'elle est en danger. Je suis en Angleterre. J'appelle Rondot puis Villepin. Il y a une instruction présidentielle. Et je ne fais plus rien.

Le président : comment joignez vous Villepin ?

Villepin : Gergorin n'a jamais eu le moyen de me joindre. Il ne m'a jamais joint.

Gergorin : je maintiens.

Le micro de Villepin ne fonctionne pas.

Une voix : il faut demander à Lahoud pour le réparer.

Villepin rigole.

Villepin : la consigne était de ne pas me passer Gergorin.

Rondot : la note que j'ai fait est un document officiel.

Villepin : il y a une note de Rondot à Marland, une note faite quatre jours après les faits. Rondot a résumé en une note lapidaire. Il y a eu mauvaise interprétation.

Le président : Gergorin, vous avez informé Villepin que la source etait en garde à vu.

Gergorin : c'était la source d'une affaire majeure et d'une enquête menée sur instruction du président de la République.

Villepin : je n'ai confié aucune mission le 9 janvier. Lahoud était la source du ministère de la Défense.

17 h 53

Le procureur : après l'arrestation de Lahoud, vous appelez Gergorin puis vous recevez un appel de Villepin et vous apprenez le lendemain que Lahoud a été libéré par le juge d'instruction ?

Rondot : je n'ai entrepris aucune démarche. Mais vos propos sont exacts sur la succession des enchainements.

Le procureur : Rondot vous a-t-il joint à Londres ?

Gergorin : oui, il m'a passé une avoinée à propos du sauf-conduit que j'ai donné à Lahoud. Comme je sais que cette affaire est traitée par Villepin, je cherche à joindre Villepin via son officier de sécurité. C'est très bref. Je l'informe.

Le procureur : lorsque Villepin vous appelle il est informé de la garde à vue de Lahoud ?

Rondot : il est déjà informé.

17 h 59

Maitre Herzog : dans quel état d'esprit appelez vous Villepin ?

Gergorin : j'étais préoccupé par la situation de ma source.

Maitre Herzog : votre cousin, Stéphane Denis, déclare Rondot m'a dit que Villepin dit Lahoud « sait des trucs il faut le faire libérer ». Confirmez-vous ?

Rondot : je confirme ce que dit Denis.

Maitre Herzog : le 26 mars, que s'est il passé selon votre agenda, les téléphones ?

Rondot : je téléphone à 8h30 à Lahoud pour lui fixer un rendez-vous immédiat. Entre temps, j'ai été informé de la libération de Lahoud, la veille. A 11 h 30, je reçois Gergorin. Et là, nous avons une explication.

Villepin : il y a eu plusieurs versions données de l'épisode du 25 mars par Gergorin et Rondot. Rondot dit : il me semble. C'est un progrès vers la relativité. J'ai dit : voyez ce qu'il faut faire. Rondot le traduit en instruction. Ce jour, j'ai passé des coups de fil, et à Rondot. La chronologie peut être trompeuse. Quant on veut solliciter les faits on peut tout dire.

Maire Metzner avocat de Villepin à Rondot : vous apprenez que Lahoud est en garde à vue et ensuite, j'ai du mal à comprendre pourquoi vous passez par Gergorin pour joindre Villepin qui vous appelle. Etes vous d'accord ?

Rondot : oui, ben non. Je n'ai pas à être d'accord. Je dis oui à la chronologie. Je ne suis pas un serpent avec un joueur de flûte.

Maitre Metzner : je n'ai pas de pipeau. Je ne comprend pas la circulation.

Rondot : vous ne comprenez pas.

Maitre Metzner : je ne comprend pas souvent.

Le président : posez votre question !

Maitre Metzner : expliquez moi le circuit.

Rondot : pour un officier de renseignement, le circuit est simple. J'apprends que Lahoud est en garde à vue. Mon premier réflexe est de prévenir Gergorin qui s'occupe de Lahoud. Il est normal que Gergorin appelle Villepin et que Villepin m'appelle. Je reprends la chronologie de la rédaction de ma note. Je rédige un compte-rendu. Le week-end passe, je rédige ensuite une note pour Marland. Il n'y a pas eu de décalage. Ma note reflète ce que m'a dit Villepin.

Maitre Metzner : vous recevez une demande du ministre. L'exécutez vous ?

Rondot : je ne l'exécute pas.

18 h 20

Maître Metzner : vous dites : je reconnais avoir menti sur PV.

Rondot : A quel propos ?

Maitre Metzner : ce n'est pas à moi à répondre. vous dites avoir menti.

Rondot : je refuse de répondre à cette question car je n'ai pas les éléments.

Maitre Metzner : c'est vrai que vous refusez toujours de répondre quand vous n'avez pas de notes ....

Brouhaha.

Maitre Metzner : un ministre vous appelle, selon vos notes, vous ne le rappelez pas pour rendre compte.

Rondot : il ne me demande pas de rendre compte. Il me demande de libérer Lahoud, ce que je ne fais pas.

Maitre Metzner : vous refusez de rappeller un ministre.

Rondot : ce n'est pas mon ministre.

Maitre Brossolet, autre avocat de Villepin : avez-vous la capacité de faire libérer une source ?

Rondot : je n'ai aucune capacité.

Maître Brossolet : pourquoi Villepin vous aurait demandé de libérer Lahoud ?

Rondot : je ne suis pas dans la tête de Villepin.

18 h 32

Maitre Dupeux, avocat de Martinez : dans la première lettre de dénonciation, il apparaît un tableau à 7 entrées. Avec trois fois le nom de Martinez. C'est le premier envoi au juge. Qui l'a établit ?

Gergorin : c'est moi. Cette fameuse lettre reflète la substance de la note WSP (voir sur latribune.fr le premier envoi au juge). Martinez est cité car, selon Lahoud, c'est un émement important du réseau. J'y croyais profondément.

Maitre Poynard, avocat de Gomez : avez-vous rédigé cette lettre (à Lahoud)

Lahoud : je n'ai pas rédigé la première lettre.

Le président à Rondot : vous maintenez le compte rendu de la réunion du 9 janvier ?

Rondot : c'était comme le demandait le ministère de la Défense, de vérifier la réalité des listings.

Le président : lors de la garde à vue de Lahoud vous étiez toujours dans cette mission ?

Rondot : tout à fait.

Le président à Villepin : vous avez revu Rondot le 19 juillet. Entre temps, pas de contact ?

Villepin : oui.

Rondot : je le confirme.

Le pésident : pendant ce temps, il y aurait eu des rencontres entre Gergorin et Vilepin ?

Rondot : oui, mais je n'en connais pas la teneur ; Gergorin m'en rapporte ce que Villepin lui en a dit sur l'affaire.

Le président : Gergorin vous parle ensuite de mission présidentielle ?

Rondot : non. Gergorin n'a jamais fait état d'instruction présidentielle. Lorsqu'il transmet au juge Van Ruymbeke. Il ne fait pas état d'instruction.

Le président à Gergorin : quelles sont les rencontres avec Villepin ?

Gergorin : nous étions dans la continuité de la réunion du 9 janvier. Mon statut n'était pas clair, mais il était clair que Villepin souhaitait être informé de la suite de l'affaire. On était dans ce contexte. Il y a eu changement de contexte en avril 2004 lorsque Villepin a dit qu'il fait saisir un juge sur instruction du président de la République.

Le président : pourquoi n'avez-vous pas mentionné ces instructions à Rondot ?

Gergorin : c'était la garantie du secret. A partir du 9 janvier, les opérations de Lahoud et les vérifications de Rondot rentrent dans ce cadre des instructions présidentielles. En avril, c'est différent : il s'agit de saisir un juge.

Rondot : je confirme. Je suis soulagé lorsque l'affaire passe entre les mains d'un juge.

Le président : avez vous cherché à prévenir le ministre de l'intérieur de cette réorientation du dossier ?

Rondot : je ne suis pas chargé de la communication interministérielle.

Le président : qu'est ce qui va provoquer le 19 juillet, date de rencontre avec Villepin ?

Rondot : je lui résume la chronologie de mes démarches, les résultats. Il y a des doutes, mais très peu. Je lui fait part de mon sentiment. Villepin ne parle pas de la démarche effectuée auprès du juge. Donc je ne lui en parle pas.

Le président : qu'est ce qui a pu provoquer cette réunion ?

Rondot : peut-être une visite de MAM chez Villepin.

18 h 32

Maitre Dupeux, avocat de Martinez : dans la première lettre de dénonciation, il apparaît un tableau à 7 entrées. Avec trois fois le nom de Martinez. C'est le premier envoi au juge. Qui l'a établi ?

Gergorin : c'est moi. Cette fameuse lettre reflète la substance de la note WSP (voir sur latribune.fr le premier envoi au juge). Martinez est cité car, selon Lahoud, c'est un émement important du réseau. J'y croyais profondément.

Maitre Poynard, avocat de Gomez : avez-vous rédigé cette lettre (à Lahoud) ?

Lahoud : je n'ai pas rédigé la première lettre.

Le président à Rondot : vous maintenez le compte-rendu de la réunion du 9 janvier ?

Rondot : c'était comme le demandait le ministère de la Défense, de vérifier la réalité des listings.

Le président : lors de la garde à vue de Lahoud, vous étiez toujours dans cette mission ?

Rondot : tout à fait.

Le président à Villepin : vous avez revu Rondot le 19 juillet. Entre temps, pas de contact ?

Villepin : oui.

Rondot : je le confirme.

Le pésident : pendant ce temps il y aurait eu des rencontres entre Gergorin et Vilepin ?

Rondot : oui, mais je n'en connais pas la teneur ; Gergorin m'en rapporte ce que Villepin lui en a dit sur l'affaire.

Le président : Gergorin vous parle ensuite de mission présidentielle ?

Rondot : non. Gergorin n'a jamais fait état d'instruction présidentielle. Lorsqu'il transmet au juge Van Ruymbeke. Il ne fait pas état d'instruction.

Le président à Gergorin : quelles sont les rencontres avec Villepin ?

Gergorin : nous étions dans la continuité de la réunion du 9 janvier. Mon statut n'était pas clair, mais il était clair que Villepin souhaitait être informé de la suite de l'affaire. On était dans ce contexte. Il y a eu changement de contexte en avril 2004 lorsque Villepin a dit qu'il fait saisir un juge sur instruction du président de la République.

Le président : pourquoi n'avez-vous pas mentionné ces instruction à Rondot ?

Gergorin : c'était la garantie du secret. A partir du 9 janvier, les opérations de Lahoud et les vérifications de Rondot rentrent dans ce cadre des instructions présidentielles. En avril, c'est différent : il s'agit de saisir un juge.

Rondot : je confirme. Je suis soulagé lorsque l'affaire passe entre les mains d'un juge.

Le président : avez vous cherché à prévenir le ministre de l'intérieur de cette réorientation du dossier ?

Rondot : je ne suis pas chargé de la communication interministérielle.

Le président : qu'est ce qui va provoquer le 19 juillet, date de rencontre avec Villepin ?

Rondot : je lui résume la chronologie de mes démarches, les résultats. Il y a des doutes, mais très peu. Je lui fait part de mon sentiment. Villepin ne parle pas de la démarche effectuée auprès du juge. Donc, je ne lui en parle pas.

Le président : qu'est ce qui a pu provoquer cette réunion ?

Rondot : peut-être une visite de MAM chez Villepin.

18 h 52

Le président : Mais pourquoi cette réunion ?

Rondot : parce que Villepin veut que je l'informe avec l'accord de ma hiérarchie.

Le président : vous décidez de détruire vos notes, ce jour là ? Pourquoi les rédigez-vous ?

Rondot : j'indique que je vais détruire ces quatre notes à Villepin. C'est mon journal de marche d'où je rédige les notes personnelles, des documents de travail dans le cadre de la mission confiée par le ministre de la défense. Ces notes, jamais Villepin n'a voulu les voir. Ces notes ne sont plus d'aucune utilité car j'arrive à la fin de ma mission et que je dois rédiger une note interne.

Le président : au cours de cette réunion vous évoquez la destruction de ces notes ?

Rondot : oui.

Le président : c'est dans ces notes que figure la mention "le PR et moi nous sautons". Y a-t-il un lien entre cette destruction et cette mention ?

Villepin : Rondot m'informe qu'il va détruire ses notes. Je n'ai pas de commentaire à faire. Je l'ai vu noter quelques mots lors de cette réunion du 19 juillet.

Le président : vous avez indiqué de l'envoyer à la DST ...

Villepin : l'objet de la réunion est simple : l'affaire est devenue publique. Je veux lui dire que j'ai saisi la DST. Nous sommes tombé d'accord pour que Rondot s'adresse à la DST. Rondot est coordonnateur du renseignement. Je n'avais rien à apporter à la DST. Mon information c'était 15 minutes le 1er janvier et 45 mn le 9 janvier. Je voulais éviter les querelles de services.

Le président : vous avez d'autres entretien avec Rondot.

Villepin : nous avons échangé en termes très généraux.

Le président : avez vous des éléments sur l'enquête DST de la part de Villepin ? Sur Martini, un de vos amis ?

Rondot : je n'ai eu que quelques éléments ... je n'ai pas cherché à en savoir plus sur Martini. Ensuite, je me suis rapproché de la DST pour dire tout est bidon sans leur transmettre des documents.

19 h 06

Le président : postérieurement au mois de juillet, avez vous informé de vos doutes Villepin ?

Rondot : C'est une mise en garde sur les risques politiques. Il avait encore quelques doutes. J'ai mis plusieurs fois en garde Gergorin, pour lui dire de cesser, sur le peu de crédibilité à apporter à la source Lahoud. Gergorin continuait.

Le président : quand avez vous dit d'arrêter à Gergorin ?

Rondot : c'est difficile de dire à Gergorin d'arrêter ...que voulez vous que je fasse ? Gergorin fait ce qu'il veut. Villepin sera définitivement convaincu fin octobre 2004. Je ne sais pas ce que Gergorin a pu lui dire pour qu'il croit encore aux listings.

Gergorin : Rondot m'a fait passer deux messages : Lahoud est un drôle de zig et la deuxième observation : tout ceci va mal finir. La deuxième fois que j'ai vu Rondot, j'étais toujours convaincu. J'ai eu deux brefs entretiens avec le ministre. Lors de ces deux entretiens, j'évoque des informations en provenance de cabinets d'intelligence économiques. Le deuxième entretien, nous avons parlé rapidement de l'information de la validité des listings par les services suisses.

Villepin : Rondot m'informe de l'agitation de Gergorin. J'en ai un témoignage par les demandes de rendez-vous de Gergorin. Je ne voulais pas voir Gergorin. Nous ne nous sommes pas vu hormis deux brefs échanges dans le bureau de mon conseiller. Nous n'avons pas parlé de Clearstream.

19 h 16

Le substitut : vous avez plusieurs échanges par mails pour dire à Lahoud de cesser ses recherches à partir du 19 juillet ?

Rondot : on met en veilleuse Gergorin et Lahoud.

Le substitut à Villepin : que pensez vous de la réécriture de Rondot ?

Villepin : c'est une vraie question. Lorsque des notes sont écrites puis réécrites. Demande n'est pas une injonction ni une instruction. Par ailleurs, je n'ai rien demandé à Rondot puisque je réagis à une information qu'il me donne. Par ailleurs, il note en relation avec le ministère de la défense : "tous aux abris", en flèche : Lahoud et Gergorin. Rondot obéit aux instructions du ministère de la défense, pas à celles de l'Intérieur. Les bristols où Rondot note quelques mots n'existent pas. Nous avons des notes réécrites à partir de ces bristols. Le 9 janvier, j'aurais abusé de mes prérogatives en abusant des instructions présidentielles. Comment passe-t-on à des instructions générales que j'ai données à des instructions spécifiques sur Clearstream ?

Je ne reprend que les notes de Rondot : il note que j'ai rendu compte au président de la République. C'est vrai. Le président de la République m'a indiqué la plus grande vigilance sur les engagements internationaux et la moralisation de la vie économique. A ce moment, nous étions en discussion du contrat Miksa (NDLR : gigantesque contrat de sécurité des frontières de l'Arabie saoudite). Nous avons demandé au ministre de l'intérieur de ne pas aller dans ce pays. Je n'ai pas à partager ces informations. J'écoute, j'écoute, j'écoute et je pose quelques questions. C'était une réunion d'information. Ce n'était pas une réunion de comploteur. Je n'ai pas appelé Rondot avec son carnet et son petit crayon pour être le scribe d'une réunion de comploteurs. Si, et je dis si, cette réunion avait été une réunion de comploteurs lorsque Gergorin évoque les réseaux tangentiels, un ministre qui complote en parle, parle d'Hortefeux qui va souvent dans ces pays arabes là, on parle des intermédiaires financiers, ça, ce n'est pas dans la fiche de Rondot. Nous n'avons jamais évoqué Sarkozy en lien avec Clearstream. Une dénonciation calomnieuse en matière politique a ceci de particulier qu'elle signe la mort du ministre. Ce n'est pas avoir le sens de sa propre survie et de l'honneur. Voilà pourquoi toutes vos questions, Monsieur le procureur, sont sans fondement, j'y répondrai volontiers mais il y a quelques chose de scandaleux dans cette audience.

Une déclaration faite d'une voix forte, emportée, signe une volonté de Villepin de répondre politiquement aux déclarations de Rondot et aux questions du procureur.

Après ce coup de sang de Villepin, coup de sang visiblement bien calculé, le président suspend la séance.

19 h 50

La séance reprend. L'orage dehors fait écho à l'orage villepiniste précédent.

Le procureur : j'ai des courtes questions à Rondot. Pourquoi le 27 juillet est-il besoin de suggérer de travailler avec la DST ?

Rondot : Parce que j'ai eu le retour des services suisses qui disent les listings faux.

Le procureur : pourquoi écrivez-vous à propos de Lahoud : il a été grassement payé par EADS ?

Rondot : c'est le dernier entretien avec Villepin, on sait que tout est faux. La crainte est que Lahoud, celui qui a fourni des listings faux, pour se défendre, mette en cause des gens au-dessus de lui. Il sait des choses. On ne sait pas ce qu'il sait. Le fait qu'il ait une situation confortable chez EADS peut le dissuader de parler.

C'est au tour de Maitre Poynard, avocat de Gomez. Il s'adresse à Gergorin : vous parlez d'enquêtes ? Quand avez-vous eu le retour de ces enquêtes ?

Gergorin : je n'ai pas arrêté mes investigations après 2004.

Maitre Poynard : Avez-vous donné à Rondot les éléments de l'enquête menée par la société Hakluyt ?

Gergorin : cette société n'a pas investigué sur Clearstream. C'est du conseil en stratégie sur les investissements en Russie, en Inde.

Maitre Poynard : quand on demande l'heure à Gergorin, cela prend trois quart d'heure

Il se croise les bras et secoue la tête. Il sourit

Gergorin : j'ai bien le droit de répondre précisément à des questions qui ne m'ont jamais été posées.

Maitre Herzog, avocat de Sarkozy : je voudrais revenir à la réunion du 1er janvier avec Villepin. Vous déclarez que celui-ci vous demande de garder le secret. Vous confirmez ?

Gergorin : je confirme, monsieur le président

Maitre Herzog : merci. Concernant le 9 janvier, vous indiquez sur PV : le commentaire général fait par Villepin concernait les investigations de Rondot. Vous confirmez ?

Gergorin : je confirme, monsieur le président.

Maitre Herzog : merci. Vous avez ajouté ceci sur le déroulement de la réunion : Villepin fait référence au contexte général et à des personnalités non citées. Il fait mention des personnalités proche de Chirac : Alexandre Djouhri et Patrick Mongein. Vous confirmez ?

Gergorin : je confirme, monsieur le président.

Et cela continue comme une litanie. L'avocat lit des déclarations de Gergorin sur PV lors de l'enquête des juges d'instruction. Et lui demande de confirmer. La procédure est orale, précise l'avocat du président.

Il se fait reprendre par le président ... du tribunal.

Maitre Herzog se tourne ensuite vers Rondot et repart sur le même rythme lancinant.

Dernière question, c'est l'hallali.

Maitre Herzog donne à lire à Rondot une partie de son agenda.

Rondot (il lit) : 26 janvier : instruction du PR. puis inscription MAM le PR le 28 après midi

Lourd silence.

Que maître Herzog fait durer à plaisir.

Le président : la défense à des questions ?

Maitre Pardo, avocat de Lahoud : avez-vous vu Lahoud remettre des documents à Gergorin ?

Rondot : non.

Maitre Pardo : c'est Gergorin qui vous dit que Lahoud lui remet des documents ?

Rondot : c'est exact.

Maitre Pardo : avez-vous des preuves de la falsification par Lahoud ?

Rondot : non.

Maître Pardo : vous n'avez jamais vu Lahoud faire un document faux à partir d'un document vrai ?

Rondot : il m'a restitué sur une feuille, à partir du listing initial, un tableau de six lignes sur une page concernant un membre de la défense. Il me l'a apporté.

Maitre Pardo : vous ne l'avez jamais vu sortir un document de son ordinateur ?

Rondot : non.

Maitre Pardo : merci mon général.

20 h 34

Maitre Iweins, avocat de Gergorin, s'adresse à Rondot : Villepin vous dit, le 19 juillet 2004, que vous avez enquêté selon ses instructions, vous êtes rassuré ?

 

Rondot : je n'ai pas à être rassuré. Mais c'est exact.

 

Maitre Iweins : Ce qui me frappe, c'est que lors de ce long entretien du 19 juillet, après la parution de l'article du Point, il n'est pas fait mention du corbeau ?

 

Rondot : non, Villepin ne m'a pas interrogé sur le corbeau. Cela ne m'a pas étonné car Gergorin m'avait dit qu'il avait rencontré le juge Van Ruymbeke.

 

Maitre Iweins : le 27 juillet 2004, vous avez un entretien téléphonique, c'est vous qui appelez Villepin pour discuter encore sur le montage à explorer demain avec JLG qui a des éléments. Qui le dit ?

 

Rondot : c'est Villepin.

 

Maitre Iweins : donc, il vous dit qu'il faut continuer à vérifier les listings et voir avec Gergorin, c'est après la vérification des services suisses. Puis-je interroger Gergorin ? Aviez-vous de nouveaux éléments ?

 

Gergorin : Un rapport Hakluyt du 23 juillet 2004 qui fait des liens entre des sociétés citées dans les listings. J'ai été convoqué par Villepin. Je l'ai vu très brièvement. J'ai mentionné ce point.

 

Maitre Iweins : vous êtes troublé par des instructions venues d'une double hiérarchie : du président de la République via Villepin et d'autre part de la Défense ?

 

Rondot : Voilà une photocopie d'un extrait de mon journal de marche du 9 janvier 2004 (NDLR : la réunion entre Villepin, Gergorin et Rondot). Ce n'est pas le bristol mais le relevé chronologique de cette réunion à partir de mes bristols. C'est la même instruction : faire des recherches sur les personnels de la défense cités dans les listings. C'est la même instruction. Ni Gergorin ni Villepin ne m'ont demandé autre chose.

 

Maitre Iweins : c'est donc la même instruction en des termes différents mais Villepin et Gergorin vous demandent de ne pas informer la ministre de la défense.

 

Rondot : cela me trouble. Après débat, je me range à ma hiérarchie.

 

Maitre Iweins : et vous vous disiez que vous rendez compte à Marland qui rendait compte à MAM laquelle parlait à Villepi.

 

Rondot : je ne sais pas ce que faisait MAM des informations donnée.

 

Maitre Brossolet, avocat de Villepin : une question à Gergorin. Vous êtes convaincu de la bonne foi de Villepin ?

 

Gergorin : je n'ai jamais mis en cause la bonne foi de Villepin. La seule question qui s'est posée le 9 janvier, c'est de savoir si les listings sont vrais ou faux.

 

Maitre Brossolet : je vous demande de réagir à la longue tirade de Villepin...

Rondot : je l'ai écouté avec attention. Je ne le cache pas : j'ai été un peu ému.

 

Maitre Brossolet : Lahoud a tenté de vous impliquer dans la libération des otages en Irak ...

 

Rondot : je n'ai pas donné suite à sa proposition.

 

Maitre Brossolet : le 25 mai 2004, une seule lettre à été adressé à Van Ruymbeke. Le nom de Gergorin circule. Avez-vous informé Gergorin qu'il est soupçonné par Delmas et Alain Bauer ?

 

Rondot : non. Je n'avais pas à le dire alors que j'étais dans une enquête du ministère de la défense.

 

Maitre Brossolet : pourquoi le taire ?

 

Rondot : mais il le savait !!!!

 

Rires nerveux dans la salle.

 

Maitre d'Antin, autre avocat de Villepin : Villepin, en juillet 2004, ne vous bride en aucune manière dans vos contacts avec la DST ?

 

Rondot : je confirm.

 

Maitre d'Antin : pourquoi avez-vous remis si tard, en juin 2005, à la DST tous les éléments dont vous disposiez ?

 

Rondot : j'avais informé partiellement la DST. En juin 2005, la DST avait enquêté, je n'allais pas leur donner les informations avant. C'est une règle de cloisonnement.

 

Maitre d'Antin : bien .....le 27 juillet 2004, vous avez un rendez vous avec Marland et vous notez : Van Ruymbeke, « faire le passé de son père ».

 

Rondot : si c'est entre guillemet, c'est dans la bouche de Marland.

 

Maitre d'Antin : mais comme vous le dites, cela pourrais être un résumé d'un propos.

 

Rondot : oui cela peut être un résumé.

21 h 03

Maitre Brossolet, avocat de Villepin : je veux poser une question à Villepin, qu'en est-il de l'instruction donnée de ne pas rendre compte au ministre de la Défense et cette mention "traitement direct PR" ?

Villepin : quand Rondot met "traitement direct avec le PR", c'est le traitement entre moi et le président de la République des règles anti-corruption des grands contrats internationaux. Cela ne concerne pas Rondot. Lorsque Rondot demande à voir le Président, le chef d'Etat-major particulier du président dit : allez voir Villepin. On a sollicité cette note de Rondot de la réunion du 9 janvier dans un certain sens. Mais rien ne permet de dire que le général Rondot ne devait pas communiquer au ministère de la défense. D'ailleurs personne au ministère de la Défense n'a cru le contraire. Rondot n'a pas cessé de rendre compte. La lettre du 12 janvier, lettre officielle, écrite par Rondot reflète exactement ce qui s'est dit le 9 janvier. Ce sont les propos et non les instructions du président qui sont rapportés. Cette lettre c'est l'exacte vérité.

Le président : êtes vous d'accord avec ce que vient de dire Villepin ?

Rondot : j'ai rendu compte à Marland de cette réunion. Cela a été suivi d'une note. Je ne comprend pas que alors je recevais une instruction du président de la République, j'ai sollicité des entretiens du président, je n'ai reçu aucune réponse. Jamais, on ne m'a dit à mon ministère : mon pauvre ami, tu n'a rien compris. Ma mission, je l'ai accompli sur instruction du président. J'ai voulu protéger le président et Villepin.

L'audience est levée. Il est 21 h 21. Le procès reprend lundi matin à 9 h 30

latribune.fr

Vos réactions

  • Carlos a écrit le 09/10/2009 à 14:39 :

    • @ANTARES Perol, ami de Sarko @christophe Sur Lahoud: je ne crois pas que ce soit un agent, mais un pion du Mossad (s'il était un agent, il ne serait pas là où il est aujourd'hui). La CIA, elle aussi, ne doit pas être bien loin. Sur Gergorin: son intelligence m'a frappé et convaincu qu'il ne pouvait être à l'origine des faux listings truchés des noms de "ses amis". Pour le lecteur/ spectateur qui suit l'information en superficie, Gergorin est le cerveau des faux listings. Mais N'ALLONS PAS TROP VITE. Gardons à l'esprit les attentats orchestrés par le Mossad au Proche-Orient, notamment au pays de Lahoud: lorsque des quartiers chrétiens étaient visés, on dénonçait à la minute, et à l'unanimité, les musulmans. Or, on apprenait un peu plus tard que les attentats avaient été exécutés par la bande à Geagea, collaborant secrètement avec les services israéliens. Le but des opérations était d'accuser une partie (indocile) des musulmans. C'est cela, la politique.

  • Décidément très bon ! a écrit le 09/10/2009 à 06:45 :

    • c'est passionnant ... petit rappel utile sur les protagonistes et la fameuse chronologie : http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Clearstream_2

  • SarkPin a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • Il apparait ( mais on s 'en doutait ) que Sarko quivient encore nosu dire qu ila tous les defauts sauf celui de menteur etait au courant des 2004. Et il s 'evertue a dire qu il en a pris connaissance dans les journaux alors que tous les temoignages indiquent que ses collaborateurs les plus proches etaient au courant et que la dst a prevenu gueant , qui bizarrement n'a rien dit. Ma conviction c 'est que cette lsite a ete traffique par lahoud a l instigation de sarkozy et c 'est bien ce qui pourrait expliquer la situation actuelle de lahoud qui navigue de mensonges en mensonges A ce propos lahoud est en ce moment prof en plein paris...Comment un mec condmane avec un casier judiciaire et en plein proces mediatique a t il pu integrer aussi facilement l education nationale C'est la encore uen piste a etudier quipeut nosuy repondre

  • Carlos a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • vieil article, mais fort intéressant: http://www.recherches-sur-le-terrorisme.com/Analysesterrorisme/clearstream-lahoud.html

  • prevalli a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • Le président : vous dites que Gergorin a dit que Villepin avait dit qu?il faut balancer Sarkozy ? Lahoud : je maintiens mes propos. Rondot : je les ai entendus. Gergorin : je démens. Pas bon pour DDV 2 témoins certifient !

  • myrtille a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • bon, il y a deux affabulateurs notoires à la barre, un militaire qui s'est fait manipuler, des ministres qui ne disent pas tout ce qu'ils savent, et un qui s'en tire fort bien, quai Voltaire... l'intervention de Raffarin est intéressante dans le sens où il démontre que MAM était au courant la première de cette affaire, et qu'elle n'a prévenu personne pendant 4, se contentant de mettre le Gal Rondot sur le coup... Pourquoi n'est-elle pas citée à ce procès - je sais , je ne suis pas la seule à poser la question, mais peut-être qu'en insistant bien.....

  • christophe a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • Espérons que la justice pourra tirer quelque chose de clair. Gergorin et Lahoud semblent fortement impliqués : - Lahoud comme faussaire, total ou partiel, à définir - et Gergorin comme activiste pour remuer le maximum de monde sur le sujet Une chose qui m'a intriguée hier, c'est que Van Ruymbeke a dit ne pas s'être occupé de l'affaire de façon complète et officielle, puisque seules les frégates l'intéressaient. Et pourtant il était toujours présenté comme le juge de Clearstream. Cela veut-il dire que l'affaire n'était pas vraiment suivie ? à part par Gergorin et son activisme cité plus haut.

  • ouchka a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • on croirait quelques centurions en train de tenter de comprendre le démêlés du village breton, avec à la clé la volonté d'en coincer au moins un pour l'amener à César!

  • carambouille a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • prevalli, je crois que Rondot confirme ce qu'a dit Gergorin pas DDV, puisqu'il n'y a a pas eu de rencontre Villepin-Lahoud en tout cas en présence de Rondot. Rondot confirme que Gergorin utilisait la couverture de Villepin (à tort ou à raison ?) C'est surtout mauvais pour Gergorin ...

  • diegoschweiz a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • je crois que MAM est attendue par tous...

  • JABOU a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • Je suis de plus en plus convaincu que DDV n'est pour rien dans cette affaire concernant tout d'abord EADS et ensuite des gens tres hauts places et mal intentionnés ont piégé DDV, qui a su eviter le pire. Le Général Rondot est bizzare dans ses déclarations, il se base sur des écrits établis peut etre pour la circonstance et qu'il a appris par coeur. C'est mon avis il est traité par plus haut.

  • SarkPin a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • LA jsutice aussi bien dans les investigations que dans le pretoire n'estinteresse que par ce quipeut nuire a de villepin Et les interrogations possibles sur la chronologie qui grosso modo donne raison a de villepin ne sont pas pris en compte Raffarin en effet disculpe peu ou prou de villepin en notant que MAM etait au courant depuis 2004Or on reproche a de villepin de ne pas avoir prevenu sarko c 'est a dire ce que MAM n'a pas fait non plus Perol n 'est tjrs pas convoque a la barre Lahoud n'est tjrs pas interroge sur ses repas avec PEROL La taupe de Lahoud chez le beau frere de Villepin ( la jeuen secretaire n 'estpas convoquee ,et on ne l interroge pas pour savoir pourquoi elle a quitte brutalement l 'entreprise du bofrere de villepin qd elle a ete demasque avec lahoud) on n a pas enquete pour savoir ou elle travaillait avant et ou elle travaille maintenant On ne demande pas au bofrere de villepin de venir confirmer a la cour ses propos sur lahoud Drole de proces Comment ne pas croire que lon a agite unchiffon rouge devant de villepin qui est tombe dessus comme un benet la question c'est qui a docn agite le chiffon devant de villepin

  • ouchka a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • je me suis mal exprimée: avec l'obligation - je dis bien obligation - d'en ramener un - et pas n'importe lequel - à César, pour les jeux du cirque!

  • prevalli a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • @carambouille vous avez raison, il confirme les propos de lahoud. Cependant il commence à apparaitre clairement que DDV a menti sur la remise en liberté de lahoud. Même si encore une fois le chef de denonciation calomnieuse ne tient pas car il n'est pas demontré que DDV savait avant mai 2004 que les listings etaient faux. Et on commence a voir clairement que sarko etait au courant de la fausseté des listing dés mai 2004, et qu'i avait des relations avec lahoud.

  • jcharlesstp a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • Il est de plus en plus clair que sous la houlette de jacques Chirac, Villepin est mouillé jusqu'au coup dans cette tentative d'éliminer les rivaux des élections qui se profilaient à l'époque.

  • christophe a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • Carlos, ton article est intéressant. Question que je me pose : se peut-il que Lahoud soit un agent du Mossad ?

  • renard a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • Qui a gagné le contrat MIKSA? C'est très interessant de pousser dans cette voie. Pas bon pour Gergorin et peut être DDV

  • dom9 a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • A quand, Mam, perol, et herzog à la barre car Le juge a bien dit hiers avoir transmis les premieres lettres anonymes à THales entre autre dont l'avocat est herzog.

  • Don Devamos a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • A quand les témoignages de Pérol (qui a déjeuné une quinzaine de fois avec Lahoud), Casanova aussi? et quand Pelloquin viendra-t-il à la barre? et MAM, et Hortefeux?

  • christophe a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • Services secrets, opérations occultes, DGSE, DST, renseignement, protection des sources... on est en plein dedans, n'est-ce pas ?. Lahoud a (avait) un bon profil d'agent secret, on peut bien le dire.

  • Karamel a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • Je trouve détestable l'utilisation qui est faite par Sarkozy de ce procés pour apparaître comme une victime, alors que de toute évidence il était au courant de tout dès 2004...au moins au courant! En plus,les interrogatoires menés par son avocat prouvent que ce qu'il cherche avant tout , c'est nuire à Villepin...Alors?...Belle mentalité...

  • ANTARES a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • Ainsi le sieur Perol , dont on ne sache pas qu'il soit un ami de DDV ,appréciait hautement la compagnie du sieur Lahoud .Il est un vieil adage sur les semblables que l'on pourrait en l'instance méditer utilement.Ce sieur Lahoud paraît être très doué pour manipuler les "élites" ( ou bien ne serait-ce pas plutôt que celles-ci ne le sont qu'en matière de vanité?)

  • georges a écrit le 08/10/2009 à 15:55 :

    • Notez bien à 20 h 34 : Maitre Brossolet : je vous demande de réagir à la longue tirade de Villepin... Rondot : je l'ai écouté avec attention. Je ne le cache pas : j'ai été un peu ému. Et oui, après des heures de joute verbale, Rondot est "ému" par les propos de DDV. S'il pensait qu'à ce moment-là DDV mentait, comment un vieux briscard comme lui aurait-il pu être ému de la sorte ? Or DDV a dit notamment : "C'était une réunion d'information. Ce n'était pas une réunion de comploteur. Je n'ai pas appelé Rondot avec son carnet et son petit crayon pour être le scribe d'une réunion de comploteurs."

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