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http://www.latribune.fr/actualites/politique/affaire-clearstream/le-proces-clearstream/20091012trib000432200/le-proces-clearstream-minute-par-minute-bertrand-contre-lahoud-delmas-contre-gergorin.html
La Tribune.fr - 12/10/2009 | 19:47 - 10283 mots

Suivez les audiences du procès Clearstream minute par minute comme si vous y étiez grâce à notre envoyé spécial Pascal Junghans. Ce lundi, les audiences ont repris à 9h30
Aujourd'hui, Yves Bertrand, ancien patron des renseignements généraux (RG, fusionnés depuis avec la DST pour créer la DCRI), répondait aux attaques d'Imad Lahoud qui l'accuse d'avoir tenu dans son bureau une réunion au cours de laquelle auraient été falsifiés les fameux listings Clearstream.
9 h 29
Le procès Clearstream entame sa dernière ligne droite. Les derniers témoins vont êre cités aujourd'hui. Ce matin, c'est la belle-sœur de Villepin qui va témoigner sur un éventuel dîner chez elle avec Villepin et Lahoud. Ce qu'affirme ce dernier. De ce témoignage, le tribunal en déduira soit un nouveau mensonge de Lahoud soit un indice certain de la culpabilité de Villepin qui a toujours affirmé ne pas connaître Lahoud. C'est l'enjeu de cette matinée.
9 h 34
Le président ouvre l'audience. Il lit une lettre d'Odile Jacob, l'éditrice, citée dans les listings falsifiés. Elle devait témoigner ce matin. Elle ne se présentera pas, effondrée que son nom soit cité dans ces listings. Elle veut mettre fin au fait que son nom et celui de sa maison d'édition soit cité dans cette "liste d'infamie".
Le tribunal va donc entendre François Gontier, partie civile, qui connaît très bien Lahoud, depuis 1996.
9 h 37
Gontier dresse l'état de son arbre généalogique qui le relie à la famille de Lahoud. Et aussi ses liens professionnels avec celui-ci. Gontier insiste sur la méfiance, voire de la haine, qu'il avait à l'égard de l'accusé. Il explique aussi ses relations avec Gergorin, relations de conflits. Complètement tombé dans "une névrose paranoïde". L'affaire l'a traumatisé et lui a nui professionnellement.
Gontier : Lahoud a offert son ordinateur à sa sœur après avoir écrasé sa mémoire. J'ai pu récupérer l'ordinateur et le faire mettre chez un avocat. La famille n'a pas souhaité que je donne l'ordinateur aux juges. Mais je l'ai fait.
Le président : vous faites état des relations entre Lahoud et Villepin ?
Gontier : ce qui est certain, c'est qu'il y a eu une intervention du ministère des affaires étrangères pour obtenir une place au lycée français de Beyrouth, très recherché, pour un membre de la famille de Lahoud à la rentrée de 2004.
Le président : ce qui est étonnant, c'est que vous dites aux juges : c'est Villepin qui a obtenu une place. Aujourd'hui, vous ne dites pas cela ...
Gontier : c'est ce qui ce disait dans les repas de famille.
Le président demande s'il y a des questions.
Me Metzner, avocat de Villepin, se lève : à l'époque de la rentrée 2004, Villepin n'était plus aux affaires étrangères
Gontier : je répète : il m'était rapporté dans les dîners de famill que c'était grâce à Villepin. C'était la preuve donnée que Lahoud était un garçon formidable.
Me Metzner : nous sommes bien d'accord que Villepin n'était plus au Quai d'Orsay mais que la femme de Lahoud était au Quai d'Orsay ...
Gontier : exactement.
Me Metzner : vous avez été poursuivi dans une affaire où vous avez acheté des actions Sita. Comme Lahoud.
Gontier : j'ai été cité dans cette affaire de manière peu exemplaire. J'ai trouvé que je n'étais pas traité de la même manière que Lahoud
Maitre Metzner lit les déclarations de Gontier qui s'interroge sur les protections de Lahoud.
Gontier : moi j'ai vendu rapidement mes titres. Lahoud les a portés jusqu'à la fin.
Le président : le jugement dans cette affaire date de 2004.
Gontier : j'ai été condamné mais l'AMF a trouvé que c'était une opération tout à fait normale.
Le président appelle Lahoud.
Lahoud : c'est une personne travaillant pour moi au sein du fond Volter (NDR : qu'a créé et dirigé Lahoud) qui a acheté les actions. Je n'ai jamais été convoqué par la brigade financière et l'AMF a estimé que je n'avais pas commis de délit d'initiés.
Le président : je veux vous interroger sur l'intervention de Villepin ...
Lahoud : Villepin n'est jamais, jamais, jamais, jamais intervenu pour trouver une place au lycée français de Beyrouth. De plus, ma femme est un inspecteur des finances brillant. Il est normal qu'elle soit appelée au cabinet de Woerth et de Barnier. Il n'y a pas besoin d'intervention. De plus, j'ai donné cet ordinateur à ma sœur en France et pas pour ses 18 ans.
Le président demande si Gergorin connaît Gontier.
Gergorin : je le connais depuis 1998. j'ai recommandé à Camus (NDLR : le co-président d'EADS) de le voir. J'ai un souvenir d'un déjeuner que j'ai dû annuler.
Le président demande les réactions de Villepin.
Villepin : je n'interviens pas ni pour les écoles, ni pour autre chose. Manifestement, je suis un enjeu dans la famille Lahoud.
Me Metzner : Gontier vient d'annoncer qu'il avait été interrogé par un magistrat qui aurait enquêté sur le fond Volter ?
Gontier : c'est lui. C'est le même.
Me Metzner : qui était commissaire du gouvernement dans cette affaire ?
Gontier : François Pérol.
Me Metzner : qu'est devenu le magistrat ?
Gontier : je ne sais pas.
Me Metzner : il travaille aux Caisses d'épargne. Qui a repris les caisses d'épargne ? Ce n'est pas Pérol ?
C'est au tour de Me Pardo, avocat de Lahoud : vous déduisez que Lahoud est le faussaire des listings parce qu'il a demandé l'orthographe de votre nom à la famille ?
Gontier : oui
Me Pardo : sur l'ordinateur, avez vous payé la famille de Lahoud pour qu'elle vous remette l'ordinateur ?
Gontier : à aucun moment. Je voulais le récupérer parce qu'il devait contenir des traces. Je l'ai mis chez un avocat en 2006.
Me Pardo : vous avez cru Lahoud alors que vous connaissez son côté vantard ? Et vous êtes sûr que Villepin est intervenu comme vous le déclarez aux services de police ? Je n'ai plus de questions.
Me Dalmasso : selon vous, Lahoud connaissez-t-il Lasteyrie, dont le nom figure sur les litsings ?
Gontier : c'était mon premier client.
Me Dalmasso : et vous, Lahoud ?
Lahoud : je ne connais pas Lasteyrie
Le président : il n'y a plus de question pour Gontier ? Vous pouvez reprende votre place ?
Me Iweins : connaissez vous le président de la COB Michel Prada à l'époque ?
Lahoud : oui, je l'ai rencontré une fois à la COB. Puis j'ai vu Prada à un concert.
Me Iweins : cette réunion, vous la situez quand ?
Lahoud : fin 1999. On avait demandé un agrément pour être société de bourse. On avait présenté le dossier à la COB.
Me Iweins : avez-vous fait état d'une tentative de chantage de la part d'un agent de la COB ?
Lahoud : je ne veux pas en parler. C'est à l'instruction du dossier Volter.
Le président : entre tous ces secrets, le chemin du tribunal est très étroit
Me Iweins : vous faites l'objet d'une plainte de la part de ce membre de la COB ?
Lahoud : je ne souhaite pas répondre.
Me Metzner : qui a instruit le dossier de la COB ?
Me Pardo : il a le droit de ne pas répondre, il est mis en examen dans ce dossier ! La présomption d'innocence est bien mal traitée par Me Metzner !
10 h 19
Le président appelle Mme Delphine Pilloquet.
Le président : vous êtes belle-sœur de Villepin, la sœur de la femme de Villepin.
Piloquet prête serment. Et dit qu'elle est disponible à répondre aux questions. Je crois savoir que la seule raison de ma présence est que Lahoud dit que j'aurais organisé un diner chez moi. Je déclare solennellement que c'est un pur mensonge. Je n'ai jamais présenté Lahoud à Villepin, jamais je n'ai organisé de dîner entre eux. Ce n'est qu'un pur mensonge et une calomnie.
Le président : vous étiez bien voisin avec Lahoud ?
Piloquet : oui. On s'est rencontré car nos aînés étaient inscrits à la même école. Mme Lahoud et moi nous nous croisions régulièrement pour aller chercher nos enfants et avons noué des relations de copinage.
Le président : vos relations se sont distendues ?
Pilloquet : on ne peut pas le dire, sauf à la fin lorsque l'affaire a fait du bruit.
Le président : avez-vous reçu Lahoud chez vous ?
Piloquet : nous nous sommes vu chez eux en 2007 à la demande insistante de Mme Lahoud.
Le président : la dernière fois qu'il est venu chez vous ?
Piloquet : c'est en 2007, il est venu seul de manière étrange, angoissante, un après-midi le premier semestre 2007. Il voulais me parler, c'était très confus. Il me dit qu'il était suivi. Il a vérifié s'il y avait des micros. Il avait une perche pour voir s'il y avait des micros chez moi. Il m'a dit qu'il avait rencontrré deux fois Sarkozy. Il est reparti rapidement et quelques heures après, j'ai recu un coup de fil de Mme Lahoud me demandant si j'avais croisé Lahoud à la Fnac.
Le président : connaissez vous Anne Casanova ?
Piloquet : non.
Le président : votre mari a-t-il recruté une stagiaire que lui a présentée Lahoud ?
Piloquet : non.
Le président donne la parole au procureur qui n'a pas de question, puis aux avocats
Me Herzog : vous dites que Lahoud est venu seul en 2007 ?
Piloquet : en mars, mais j'ai un souvenir très vague de cette affaire. J'ai été très surprise.
Me Herzog : vous étiez seule ?
Piloquet : j'étais seule, déjà séparée de mon mari.
Me Herzog : vous avez dit à votre beau-frère que vous connaissiez Lahoud ?
Pilloquet : je n'ai jamais parlé à mon beau-frère (NDLR, Villepin) de Lahoud. J'en ai parlé à ma sœur, sa femme. J'ai des relations distanciées avec Villepin de par ses fonctions.
Me Herzog : ce n'est pas anodin cette visite de Lahoud. Concernant vos relations "distanciées" avec Villepin, j'ai regardé avec attention le PV de perquisition de l'appartement de Villepin. Mme Pilloquet a été contactée par sa sœur pour assister en qualité de témoin à la perquisition.
Piloquet : bien sûr, c'est moi. Mais je peux l'expliquer. Je souhaitais surtout venir pour vérifier que mes neveux n'étaient pas trop choqués par la violence de la perquisition.
Me Herzog : vous n'avez pas pensé à dire ce jour là que vous connaissiez Lahoud ?
Piloquet : je l'avais déjà dit à ma sœur !
Le président donne la parole à Me Pardo.
Me Metzner : étiez vous au courant de la mise en détention de Lahoud (NDLR : dans l'affaire Volter) ?
Piloquet : c'est à cette occasion que nous nous sommes rapprochés de Mme Lahoud.
Me Pardo : avez-vous parlé précisément de Lahoud à Mme de Villepin ?
Piloquet : elle savait déjà tout.
Me Pardo : connaissez vous Marwan Lahoud (NDLR : le frère de l'accusé, patron de MBDA à l'époque) ?
Piloquet : il était mécène de mon association, je l'ai rencontré sans Lahoud.
Me Pardo : M. Piloquet raconte qu'il a vu Lahoud trafiquer l'ordinateur de sa stagiaire Anne Casanova ...
Piloquet : je crois qu'il m'en a fait part.
Me Pardo : vous vous êtes séparée de M. Pilloquet en 2004, après vos relations avec la famille Lahoud sont sans votre mari ?
Piloquet : oui.
Le président : faites venir M Piloquet. Le tribunal vous écoute.
M. Piloquet : on a eu une relation de voisinage avec les Lahoud. Puis comme Marwan a financé l'association de ma femme, cela a mis un climat sympathique entre les Lahoud et nous. Mais j'ai vu M. Lahoud rentrer une clé biométrique dans mon ordinateur. Il m'avait présenté une jeune fille Anne Casanova pour qu'elle soit ma stagiaire (NDLR : fille de Casanova, policier des RG proche de Bernard Squarcini, aujourd'hui patron de la DCRI et proche de Sarkozy). Cet évènement a mis fin au stage.
Le président : il a été question d'un dîner entre Lahoud et Villepin en 2005 ?
Piloquet : nous étions proche avec ma femme même si nous étions séparés. Mais si ce dîner avait eu lieu, elle m'en aurait parlé. Mais la manière dont nous considérions Lahoud, comme un bonimenteur, un escroc sympathique, il était impossible que ce dîner ait lieu. Nous ne l'aurions pas présenté à Villepin.
Le président : Lahoud vous a présenté Anne Casanova comme orpheline ?
Piloquet ; elle était orpheline de mère. Son père un policier, était très malade. Il m'a été présenté comme le policier qui a arrêté Yvan Colonna. Ce stage a duré une dizaine de jours. Il y a eu un dérapage après l'incident de la clé.
Le président : avez-vous eu connaissance qu'il avait raconté à votre épouse que Lahoud avait rencontré Sarkozy ?
Piloquet : ma femme m'a raconté sa visite impromptue où il est venu chez nous en se prétendant suivi et sa double rencontre avec Sarkozy.
Le président : En avez-vous parlé avec Villepin ?
Piloquet : oui, tardivement. On se voyait rarement.
Le président : quand avez-vous eu cette conversation avec Villepin ?
Piloquet : fin août 2009. Villepin était surpris et choqué et m'a demandé pourquoi je ne lui en avais pas parlé plus tôt. C'était à l'occasion d'un déjeuner, le 24 août.
Le président : vous infirmez le dîner Lahoud-Villepin chez vous ? vous avez donné une interview à Mediapart où vous révélez l'incident de la stagiaire Casanova. Y a-t-il un lien avec le déjeuner avec Villepin ?
Piloquet : oui, j'infirme le dîner. Pour l'interview il n'y a pas de lien. Je connais Plenel (NDLR le patron de Mediapart) de longue date.
10 h 59
Le président : Lahoud, qu'avez-vous à dire sur l'incident avec la stagiaire Anne Casanova ?
Lahoud : cet incident n'a jamais eu lieu. Jamais, jamais, jamais...
La salle éclate de rire.
Le président : quant au dîner de 2005 ?
Lahoud : je n'ai jamais fait état d'un dîner mais d'une rencontre en milieu de matinée le 16 mai 2005 chez Piloquet. Je n'ai jamais dîné avec Villepin. Il n'y a avait pas M. Piloquet. Mais Mme Piloquet était présente.
Le président : Mme Piloquet, qu'en pensez vous ?
Mme Piloquet : Je m'insurge, c'est un mensonge. Jamais Villepin et Lahoud ne se sont rencontrés par mon intermédiaire. Je le dis avec acharnement !!!
M. Piloquet : Lahoud est un bonimenteur. Cette rencontre est inimaginable. C'est un mensonge parmi d'autres de Lahoud.
Mme Piloquet : je trouve curieux que Lahoud évoque cette rencontre après être venu chez moi dire qu'il avait rencontré Sarkozy.
Lahoud : je ne suis jamais venu dire que j'ai rencontré Sarkozy. Jamais, jamais, jamais.
Le président donne la parole au procureur.
Le substitut : fin août 2009, avez-vous, M. Piloquet, envisagé d'écrire à la Justice pour informer de cet incident de la stagiaire ?
Piloquet : personne ne m'a demandé de témoigner.
Le substitut : avec vous évoqué cette interview à Mediapart avec Villepin ?
Piloquet : jamais.
Le substitut : est-ce que Anne Casanova est présente dans votre bureau lors de l'incident ?
Piloquet : oui. Lahoud était assis à ma place.
Le substitut : je n'ai pas d'autres questions.
Maitre Herzog (avocat de Sarkozy) : avez-vous souvenir d'un dîner chez Lahoud le 25 février 2004 ?
Piloquet : oui.
Maitre Herzog : avez-vous dîné avec Grappinet et Pérol chez Lahoud (NDLR : membres du cabinet de Sarkozy à l'économie et finances, Pérol est aujourd'hui Président du groupe bancaire BPCE, fusion des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne) ?
Piloquet : oui.
Maitre Herzog : Dans quelles conditions avez-vous pris en stage Anne Casanova ?
Piloquet : c'est tout naturel car cette jeune fille était diplômée, son père malade et sa mère morte, et ma femme s'occupait d'une association aidant les enfants à l'école. Lahoud nous l'a présentée et son frère sponsorisait l'association de ma femme.
Maitre Herzog : le 24 février 2004, elle passe un CV. Le 1er mars 2004, c'est le début du stage. Le 10 mars 2004, c'est bien l'incident ? Puis c'est le départ de Anne Casanova de votre société le 11 mars.
Piloquet : Il n'est pas exclu que l'incident date de la semaine d'avant ou le 10 mars. Je n'ai pas daté au carbone 14. Lorsque j'ai vu Lahoud et la stagiaire penchés sur un ordinateur, j'ai pensé qu'il pouvait introduire un « cheval de Troie » (NDLR virus informatique) ou un fichier.
Maitre Herzog : vous êtes précis pour la remise du CV mais vous avez dit deux fois que c'était le 10 mars. Aujourd'hui vous êtes moins précis ...
Piloquet : je tiens à votre disposition le mail de remise du CV. L'incident lui ne peut être daté aussi précisément. Le dernier mail d'Anna Casanova date du 11 mars, c'est comme cela que je peux dater la fin de sa collaboration.
Maitre Pardo se lève.
Maitre Pardo : vous avez daté du 10 mars l'incident et dites que Anne Casanova est partie le 11 mars. Puis vous semblez ne plus vous souvenir de la date. Auriez vous eu connaissance depuis l'interview d'un document qui dit que le 10 mars, Lahoud était au restaurant et a payé par carte bleue à 15 heures ? A cette date, Lahoud ne pouvait pas être dans vos bureaux. Je n'ai pas d'autres questions.
Maitre Metzner : vous avez dit que c'est au retour du déjeuner que vous avez eu cette surprise avec Lahoud et la stagiaire ?
Pilloquet : Oui. Anne Casanova travaillait à une trentaine de mêtres de mon bureau. Elle avait un ordinateur dans son bureau.
Maitre Metzner : vous connaissez M. Grappinet et M. Pérol ?
Pilloquet : je pense avoir dîné avec eux chez Lahoud. Sans pouvoir dater cette rencontre.
Maitre Brossolet : j'ai une question à Lahoud. Avez-vous pensé à citer Anne Casanova pour valider l'incident ?
Lahoud : Je n'ai plus de contact avec Anne Casanova. Je n'ai jamais été chez Piloquet le 10 mars.
Maitre Iweins (à Lahoud) : vous avez eu connaissance de l'interview donné par Piloquet à Mediapart et la réaction de Anne Casanova dans laquelle elle dit «je ne veux rien à vous avec cela. Je ne veux pas rentrer là dedans. Lahoud n'a dit que des mensonges ». Ce n'est pas faire preuve de gratitude à votre égard. Je n'ai plus de question.
11 h 34
C'est au tour des témoins de moralité de Denis Robert de passer à la barre et d'abord Paul Moreira, journaliste à Canal +. Il vient dire qu'un journaliste doit détenir des documents volés.
Le président : Pas de question ? On ne fait pas recette à cette heure là !
La salle s'est vidée. Le silence règne. Seuls les claviers d'ordinateurs des journalistes rompent le silence.
C'est au tour de Bernard Barrault, éditeur, qui témoigne aussi pour Robert. Il décrit le travail de Robert.
Il n'y a pas de question. Le témoin s'en va.
Le président lit une lettre d'un témoin, cité par Gergorin. Le témoin a été en prison avec Lahoud en juin 2002. Celui-ci lui dit qu'il cible Chirac, pour cela il s'était procuré des listes de client Clearstream. Il raconte également qu'il a rencontré Lahoud avec une certaine Brigitte qui souhaitait adopter un enfant au Liban. Le témoin ne souhaite pas se présenter à l'audience. La lettre a été remise par Maitre Vaconsin son avocat qui est aussi l'avocat de Maître Guilloux, partie civile.
Le président à Lahoud : que pensez vous de cette déclaration ?
Lahoud : c'est entièrement faux. Je n'ai jamais présenté Brigitte Henri (NDLR : adjointe de Yves Bertrand, ancien patron des RG). Je lui ai présenté mon frère Marwan Lahoud (NDLR patron de MBDA à l'époque). Le témoin a été évincé d'un marché en Inde. C'est entièrement faux, faux et faux.
Le président : il a dit que vous avez travaillé pour la police ?
Lahoud : tout est faux.
11 h 54
Le président lève l'audience. Elle reprend à 13 h 30.
13 h 19
Alors qu'une longue après-midi va débuter, la salle de tribunal bruit de rumeurs sur les peines encourues par les accusés. La condamnation de Villepin rencontre de moins en moins de partisans. Deux vieux routiers des prétoires parient même sur sa relaxe. La condamnation de Lahoud rencontre l'unanimité. Certains pensent même que Maitre Pardo aurait dû citer un expert psychiatre pour mieux assurer la défense de son client.
Les conversations courent en attendant une après-midi chargée. Bien que le programme distribué aux journalistes n'en fasse plus mention, le tribunal devrait entendre Philippe Delmas, la première victime. Au programme officiel cette fois : les auditions d'Yves Bertrand, ancien patron - pendant 12 ans ! - de la Direction centrale des renseignements généraux, puis son adjointe, Brigitte Henry, et les témoins de Jean-Louis Gergorin, un ancien patron de BAE, un ancien patron de la DGSE, un ancien ambassadeur et un polytechnicien spécialiste de cryptographie. Le procés Clearstream reste du dernier chic parisien.
13 h 37
Le président arrive pour une fois en retard. Et demande aussitôt d'appeler Yves Bertrand. Celui arrive et prête serment.
Yves Bertrand : je le jure. Je dirai toute la vérité.
Rires.
Yves Bertrand : sur l'affaire Clearstream, j'ai été en possession, on m'a montré un listing, sur la date je suis un peu imprécis, mes brouillons ont été soustraits, même si on les retrouve dans tous les journaux. J'ai eu connaissance du listing authentique à la fin 2003 ou au début 2004. Car j'ai pris ma retraite au 25 janvier 2004. Je les ai fait décrypter par les service infomatiques de la DCRG. Il n'y a rien d'intéressant, m'a-t-on dit. Il n'y avait pas de personnalité susceptible d'attirer l'attention. Aucun des noms cités dans les autres listings ne figuraient dans le listing que m'a montré un journaliste Van Geirt, de l'Investigateur. Après je ne sais plus rien, j'ai pris ma retraite.
Le président : c'était quoi comme support ?
Bertrand : un CD, une cassette je ne sais plus, je ne suis pas un spécialiste informatique.
Le président : d'où venait ce CD?
Bertrand : je ne sais pas. Je n'ai pas demandé d'où venaient ses sources.
Le président : vous avez sous votre autorité Brigitte Henry ?
Bertrand : ah non, elle était à Bruxelles, puis à Grenoble. Elle était sous mon autorité. Mais je ne lui ai jamais donné d'ordre sur Clearstream.
Le président : figurait-il sur ce listing les noms de DSK de Chevènement ?
Bertrand : non. S'il y avait le moindre nom de personnalité, j'aurai informé ma hiérarchie et le ministre qui était Nicolas Sarkozy.
Le président : parmi les documents saisis figurent vos carnets où figurent des noms cités dans les listings. Quels liens faites vous ?
Bertrand : je ne comprends pas votre question. A qui faites vous allusion ? Regardez ...
Le président (il regarde) : le nom de Flam.
Bertrand : ce nom me dit beaucoup. Une fois sur vingt, un nom cité faisait l'objet d'une note. Ce nom.
Le président : ce nom apparaît dans les premiers listings de 2003.
Bertrand : ces faux listings, c'est fait de bric et de broc, on dirait un film de Louis la Brocante. Je ne les connais pas, ces noms. Citez moi un nom ?
Le président : ne renversons pas les rôles.
Bertrand : je ne peux répondre sans mes carnets et mes carnets je ne les ai plus.
Le président : Brigitte Henry a travaillé avec vous ?
Bertrand : de 1993 à 1997, elle a travaillé avec moi, puis elle est partie à Bruxelles puis à Grenoble, puis elle a pris sa retraite.
Le président : elle vous a parlé de Lahoud ?
Bertrand : oui.
Le président : et vous en parlez dans vos carnets : « pourrait travailler contre Jospin » ...
Bertrand : oui, c'était mon rôle de noter, ce n'était pas un souhait.
Le président : elle le voyait souvent ?
Bertrand : demandez-le lui. J'ai rencontré Henry, elle m'a parlé de Lahoud en me disant qu'il allait l'aider à adopter au Liban.
Le président : on cite d'autre noms dans les listings : Gaydamak...
Bertrand : oui, l'Angolagate.
Le président : avez-vous donné des informations à celui qui aurait pu devenir l'auteur de la dénonciation?
Bertrand : c'est-à-dire Gergorin ?
Le président : nous sommes dans une enceinte judiciaire, nul n'est encore jugé.
Bertrand : je ne comprends pas.
Le président : mais si vous comprenez.
Bertrand : alors, je réponds non. Ce sont les média qui en ont parlé. Je n'étais pas au courant.
Le président : connaissez vous Rondot?
Bertrand : je l'ai vu une fois. On s'est vu 10 minutes.
13 h 58
Bertrand : La présence du nom de Squarcini sur les listings m'a été donnée par les média.
Le président : étiez vous au courant des liens entre Casanova, officier des RG, et Lahoud ?
Bertrand : non. Casanova m'a rendu visite pour regretter que j'ai été tenu à l'écart de l'arrestation de Yvan Colonna. Après sa mort, j'ai appris que Casanova était un officier traitant de Lahoud.
Le président : Lahoud a dit qu'il avait participé à une falsification dans votre bureau.
Bertrand : c'est une fable. Je le souligne avec force, je ne l'ai jamais rencontré. A la date où il affirme l'avoir fait, je n'étais plus aux RG.
Le président : votre bureau a été perquisitionné ?
Bertrand : à l'inspection générale de l'administration.
Le président (à Lahoud) : confirmez vous votre déclaration ?
Lahoud : oui, c'était le 9 mars 2004 dans le bureau de Bertrand en présence de Gergorin et Bertrand.
Bertrand : j'infirme totalement. Je ne l'ai jamais rencontré. C'est une invention, une fable. Je ne connais pas Gergorin.
Le président (à Gergorin) :
Gergorin : je ne suis jamais allé dans le bureau de Bertrand que je vois pour la première de ma vie.
Bertrand : M. Le président, m'autorisez vous à poser une question ?
Le président : dites-moi la question.
Bertrand : qu'il me décrive le bureau.
Le président répète la question.
Lahoud : je ne sais plus à quel étage, je me souviens parfaitement d'avoir passé 15 minutes dans son bureau à l'IGA.
14 h 10
Le président : Brigitte Henry vous a t-elle donné un rapport sur les informations données par Lahoud ?
Bertrand : non, jamais. Elle ne m'a parlé de Lahoud que pour ses problèmes d'adoption. Je lui ai conseillé d'éviter de se méler d'histoires qui pouvait mal tourner.
Le président : connaissez-vous Merlen ?
Bertrand : c'était un journaliste que connaissait Brigitte Henry.
Le président : Henry vous a-t-elle parlé de Lahoud ? (NDLR : Merlen a présenté Lahoud à Robert)
Bertrand : non.
Le procureur s'empare du micro.
Le procureur : vous indiquez que vous n'avez vu qu'une fois un listing. Le listing authentique. Comment savez-vous qu'il s'agissait du listing authentique ?
Bertrand : si j'avais vu des noms qui ont été cités, j'aurai rendu compte dans le quart d'heure qui suit.
Vaconsin, l'avocat de Guilloux, partie civile : maintenez vous que vous ne connaissez pas Robert ?
Bertrand : je maintiens.
Robert : j'ai rencontré Bertrand en mars 2001 avec un journaliste Jean Nicolas. C'est la seule fois que je vous ai vu. Vous sembliez très intéréssé par les listings, par Cleartream. Je suis resté 15 minutes.
Bertrand : je me souviens de Nicolas, un journaliste luxembourgeois, je ne me souviens pas que vous l'accompagniez.
Robert répète à plusieurs reprises que Bertrand semblait très intéressé par les listing.
Bertrand : ces listings il ne s'agissait pas de falsification à l'époque. Je confirme la rencontre avec Nicolas.
Le président : vous étiez intéressé par Clearstream?
Bertrand : je suis intéressé par tout. Mais on n'était pas dans l'affaire qui nous intéresse aujourd'hui. Voilà ce que je peux répondre.
Maitre Vaconsin : vous notez que Lahoud pourrait travailler contre Jospin...
Bertrand : ce renseignement m'a été donné par une source qui me paraissait fiable.
Maitre Vaconsin : c'est Mme Henry qui vous a donné ce renseignement ?
14 h 21
Bertrand fouille dans son carnet que lui a donné l'avocat pour répondre à la question.
Bertrand arrive difficilement à se relire, un mélange de pétrole, de trafic d'armes, de présidence de VGE, et là dedans une citation sur Lahoud.
Maitre Vaconsin : c'est un renseignement que l'on vous a donné ?
Bertrand : c'est une information. C'est une suite d'informations pas forcément de la même source. Ces cahiers sont des brouillons. Des brouillons qui m'ont été soustraits.
Maitre Vaconsin : vous avez été convoqué par Sarkozy le 28 février 2005 et accusé d'avoir falsifié les listings?
Bertrand : alors qu'il était patron de l'UMP, il m'a accusé d'avoir constitué un axe avec Massoni (NDLR : conseiller à la sécurité de Chirac). Mais on n'a pas parlé de Cleartream. Il m'a reconvoqué. Ensuite nos rapports se sont sensiblement améliorés, je dis bien sensiblement. Et jusqu'à l'affaire de mes carnets.
Maitre Vaconsin : Guéant assistait à l'entretien a dit que Sarkozy affirmait de source sûre ...
Bertrand : Sarkozy ne m'a jamais parlé de source. Il m'a engueulé ...
Maitre Vaconsin : Henry dit qu'en janvier 2004, elle dit qu'elle vous a fait une note que vous n'avez jamais reçue. Pourquoi dit-elle cela ?
Bertrand : je ne sais pas.
Maitre Vaconsin : pensez vous que Henry, qui travaillait sur des dossiers économiques, aurait pu lâcher des noms à Lahoud ?
Bertrand : elle a travaillé avec moi de 1993 à 1997. En 1988, nous avions reçu l'instruction de travailler sur la corruption. Henry travaillait sur des dossiers sensibles, tout azimuts. Moi, je ne lui ai donné aucune instruction après qu'elle a quitté la DCRG. Je lui ai donné des conseils de père de famille de s'éloigner de ces affaires, une foi qu'elle a été à la retraite et travaillant à la banque.
14 h 33
Bertrand a obtenu l'autorisation de rester assis en présentant un certificat médical faisant état d'une facture.
Un avocat demande à Lahoud : vous étiez à Suresnes appellé par Gergorin et ensuite vous avez été dans le bureau de Bertrand. Avez-vous la date ?
Lahoud : avant la garde à vue du 25.
L'avocat : cette insertion des deux noms de Bocsa et Nagy est la seule falsification que vous reconnaissez ? Comment avez-vous procédé ?
Lahoud : Gergorin avait un ordinateur portable. J'ai créé une ligne dans un fichier Excel, j'ai émis des réticences. Gergorin a insisté, en lien avec l'affaire des frégates.
L'avocat : il vous a menacé ?
Lahoud : Gergorin était hystérique. Il était anxiogène.
Maitre Dalmasso, avocat de Gergorin : vous avez su après les faits que Casanova était l'officier traitant de Lahoud. Qu'est ce qu'un officier traitant ?
Bertrand : Casanova était un fonctionnaire d'élite, il obtenait des résultats. Il était à la sous-direction de la recherche. Pourquoi a-t-il entretenu des liens avec Lahoud ? Je ne sais pas.
Maitre Dalmasso : vous n'avez pas répondu à ma question. Cela signifie-t-il des rencontres régulières ?
Bertrand : dans officier traitant, il y a officier et traitant. Il doit obtenir des renseignements d'une personne.
Maitre Dalmasso : qu'obtient un officier traitant ? Y avait-il des relations régulières ?
Bertrand : Casanova était rattaché à mon directeur adjoint (NDLR : Squarcini), je ne le voyais quasiment jamais.
Maitre Dalmasso : on ira pas plus loin. Vos brouillons ne donnent pas toujours une note ? Veuillez raconter l'itinéraire d'une note.
Bertrand : d'abord, il y a le brouillon, la matière brute. Je prenais des notes lorsque je recevais une information. Après, j'appelais un fonctionnaire spécialiste et lui demandais de vérifier. Si cela était vérifié, cela pouvait éventuellement devenir une note qui était adressée aux autorités, je dis bien aux autorités.
Maitre Dalmasso : en un exemplaire ?
Bertrand : au moins 5 exemplaires, je vous ai répondu.
Maitre Dalmasso : Henry dit qu'elle vous a fait une note sur ses rencontres avec Lahoud. C'est la seule note. Rassurez vous, Monsieur, il n'y a pas de piège !
Bertrand : je le sais.
14 h 50
Bertrand ne veut pas lire ses notes.
Le président demande à Maitre Dalmasso de lire les notes Bertrand.
Maitre Dalmasso lit Jevakoff, Geos, Delmas, et toute une liste de noms cité dans les listings.
Bertrand : je ne suis pour rien dans l'affaire du rajout, d'ailleurs il faudrait lire ce qu'il y a à côté : « Heinrich amis de Roussin. Deuxième cassette n'existe pas ». Ah non, il s'agit de l'affaire Méry. Rien à voir avec l'affaire Clearstream !!!!
Maitre Iweins : je vais m'intéresser à quelque chose qui a à voir avec notre dossier. Cela est dans vos carnets.
Bertrand : carnets noirs, notes blanches ...
Maitre Iweins : en juillet 2002, vous citez...
Bertrand lit : Stéphane Fouks, Euro RSCG, une comptable à Toulouse a trouvé une anomalie dans les comptes et a refusé de les valider. On n'est plus dans Clearstream !
Maitre Iweins : si !
Bertrand : ah bon !
Il lit les notes. Elles racontent l'affaire où Delmas a été accusé du financement de la campagne de Jospin.
Bertrand : On sort du dossier, maitre !
Le président : c'est au tribunal d'apprécier si on est au dossier. Continuez.
Maitre Iweins : il y a dans le dossier un soi-disant incident où Gergorin est impliqué. Dix jours avant, vous êtes informé par deux journalistes qui n'ont rien à voir avec Gergorin...
Bertrand : vous êtes en train de dire que j'ai eu des informations. Je dis oui. Mais elles ne sont pas toujours exactes.
Maitre Iweins : vous avez dit que Casanova est officier traitant de Lahoud. A-t-il remis des notes ?
Bertrand : attendez, c'est Squarcini, sa hiérarchie. S'il avait fait des notes, il les aurait transmis à sa hiérarchie.
Maitre Iweins : toutes les demandes d'informations faites à la DCRG nous sont revenus avec : « pas de notes ».
Bertrand : il n'y a pas de notes. Ce n'est pas moi qui les enlevées du Service d'archives si elles ont existé. Il n'y a que des brouillons.
Maitre Iweins : il vous parait normal qu'il n'y ait pas de notes sur l'affaire Clearstream aux RG ?
Bertrand : je suis désolé de vous décevoir mais c'est comme cela.
Maitre Iweins : je ne comprends pas : quand on va à la DGSE, on trouve des comptes rendu d'entretien avec Lahoud. Quant on va aux RG, on ne trouve rien.
Maitre Iweins passe à une autre question.
15 h 06
Maitre Iweins : la cohabitation doit être une période compliquée pour vous ?
Bertrand : pendant 12 ans, j'ai essayé de produire des bons renseignements. Cela a été fait à la satisfaction de tous les ministres de l'intérieur. Seul Vaillant, le ministre de l'intérieur de Jospin, ne voulait pas me voir.
Maitre Iweins : je vous remercie.
Maitre Metzner, avocat de Villepin : vous avez été mis en cause par une interview de Lahoud. Vous dites que Squarcini était le correspondant de Lahoud.
Bertrand : c'est un lapsus. Casanova était le traitant. Je pense que Squarcini ne l'a jamais vu.
Maitre Metzner : il l'a dit à la barre. Mais Casanova, c'est la filière Squarcini ?
Bertrand : Bien sûr !!!
15 h 11
Comme il n'y a plus de question, le président appelle Brigitte Henry, commissaire divisionnaire, ancienne collaboratrice de Yves Bertrand à la DCRG, aujourd'hui spécialiste de la conformité dans une banque.
Elle prête serment.
Henry : J'ai rencontré Lahoud en 2003 sur les conseils de Eric Merlen un ami journaliste, pour des raisons personnelles, je souhaitais adopter un enfant au Liban. Nous avons déjeuné ou dîner ensemble. Nous avons parlé 10 minutes adoption. Il m'a ensuite parlé du traumatisme de sa garde à vue. Je l'ai recontacté en juillet 2003 pour avancer sur mon dossier. Il est resté évasif. Mais il me disait qu'il avait des contacts étroits avec le président du Liban. Puis j'ai compris que Lahoud me menait en bateau. J'ai revu Lahoud en octobre ou novembre 2003. Echec. C'était la concrétisation qu'il me racontait des histoires. A chaque fois, il me parlait de ses contacts à la DGSE. Il m'a relancé en avril ou mai 2004, il souhaitait me voir pour me demander conseil. Je me suis dit qu'il était intéressant de le rencontrer car il travaillait chez EADS et je souhaitais quitter la DCRG. Lahoud était un contact intéressant. Il m'a parlé d'un voyage en Syrie ou au Liban pour la DGSE pour retrouver des documents sur le terrorisme. Je lui ai conseillé de se couvrir par un ordre de mission. J'ai revu Lahoud deux fois. Il m'a invité à déjeuner à EADS. Puis il m'a demandé si je souhaitais rencontrer Gergorin. J'ai dit oui, très volontiers. J'ai rencontré Gergorin en juillet 2005 pour un rendez-vous d'une heure. Il m'a parlé des soupçons concernant la mort de Lagardère lié à la mafia russe. A l'issue, il m'a proposé le poste de directeur de la sécurité d'EADS. J'étais intéressée. Il m'a demandé de lui envoyer un CV. Je l'ai fait dès le lendemain. Je n'ai jamais eu de nouvelle. J'ai ensuite rencontré Lahoud, après que l'affaire Clearstream eut éclaté. Il m'a demandé si Gergorin était le corbeau de Clearstream. je lui ai dit que je n'en savais rien.
Le président : les RG s'intéressaient-il à cette affaire ?
Henry : pas à ma connaissance. Je ne me suis jamais intéressée à cette affaire.
Le président : avez vous établi une note sur les contacts avec Lahoud ?
Henry : j'ai fait cette note car Lahoud me parlait de ses contacts avec Ben Laden et le financement du terrorisme. Cela pouvait intéresser Squarcini.
Le président : connaissez vous Casanova ? Et ses liens avec Lahoud ?
Henry : Non du tout.
Le président : avez-vous noté une évolution du comportement de Lahoud ?
Henry : il était demandeur de conseils.
Le président : comment expliquez vous que votre CV se retrouve dans les carnets Rondot ?
Henry : je ne me l'explique pas.
Le président : Bertrand vous a-t-il parlé de l'affaire Clearstream ? De ses rencontres avec Robert ?
Henry : à aucun moment. D'ailleurs, Bertrand n'a pas une bonne connaissance des réseaux financiers.
15 h 29
Henry : quant l'affaire éclate, j'étais chef des RG dans l'Isère. Je n'avais rien à voir avec les affaires financières dont je m'occupais avant.
Le président : vous avez parlé d'une note sur Lahoud. Bertrand dit qu'il n'a pas connaissance de cette note.
Henry : j'ai parlé à mon directeur très rapidement après ma première rencontre. Je ne lui donnais pas de nom. J'ai parlé de Lahoud car Lahoud disait qu'il était le gendre de Heilbronner. J'ai demandé à Bertrand qui était Heilbronner. Bertrand n'a eu aucune réaction quant je lui ai cité Lahoud. Il s'est renseigné sur Heilbronner.
Le président : Lahoud a dit qu'il avait fait une falsification dans le bureau de Bertrand.
Henry : c'est farfelu. Jamais, Lahoud ne m'en a parlé. Cela ne tient pas debout. Tout le monde qui rentre dans le bureau du directeur central des RG.
Maitre Vaconsin, avocat de Maitre Guilloux : avez-vous entendu parlé de Lahoud avant de le rencontrer ? Car Merlen le connaissait depuis 2000 ?
Henry : jamais.
Maitre Vaconsin : est-il normal que vous rencontriez Lahoud sur un projet privé et que vous en rendiez compte à votre supérieur ?
Henry : j'en ai parlé car il connaissait Heilbronner.
Maitre Vaconsin : pourquoi avez-vous continué à le rencontrer alors qu'il mentait ?
Henry : par curiosité et parce qu'il avait un beau poste à EADS.
Maitre Vaconsin : pourquoi cette note de janvier 2004 que Bertrand dit n'a jamais reçu ?
Henry : Bertrand lisait des dizaines de notes par jour.
Maitre Pardo, avocat de Lahoud : vous voyez Gergorin pendnat une heure et il vous propose de devenir chef de la sécurité de tout EADS. C'est étonnant....
Henry : il y a des dirigeants qui réfléchissent assez vite et j'ai un beau CV.
Le président demande le témoignage de Gergorin.
Gergorin : sur ma relation avec Mme Henry, je l'ai vu une première fois lors d'un colloque et Lahoud avait invité Mme Henry. C'est la première fois où Lahoud m'a présenté Henry. Ensuite, sur sa candidature au poste chez EADS, j'ai reçu différents CV pour le poste de chef de la sécurité d'EADS. Elle m'a paru avoir totalement le profil. Je n'ai pas transmis son CV à Rondot car je n'avais plus de rapport avec Rondot à cette époque.
15 h 42
Maitre Dalmasso, avocat de Gergorin : selon le traitant de Lahoud à la DGSE, Lahoud aurait eu accès à des notes blanches de la DCRG. Est-ce vous ? est-ce Merlen ?
Henry : je n'ai jamais transmis de notes blanches. Quant à Merlen, je ne vois pas à quel titre il en aurait disposé.
Maitre Iweins, avocat de Gergorin : Madame Bertrand, euh je veux dire, Madame Henry ....
Eclat de rire dans la salle.
Maitre Iweins : excusez moi. Madame Henry, donc, dans une interview, vous êtes interrogée sur le parrallèle entre l'affaire des HLM de Paris et Cleartsream, vous dites que Lahoud à trafiqué lui-même les listings ?
Henry : je pense effectivement que Lahoud a trafiqué lui-même les listings qu'il a obtenu auprès de Robert.
Maitre Iweins : vous avez dédicacé votre livre à Lahoud en 2004.
Elle fait référence aux secrets.
Henry : pour moi, Lahoud n'apparaît qu'en 2005.
Maitre Iweins : vous avez travaillé de 1993 à 1997 et aussi ensuite ?
Henry : c'est normal, après j'étais directeur départemental des RG, je rendais compte à Bertrand.
Maitre Iweins : En 2001, vous faites une note sur Lahoud qui pourrait travailler contre Jospin ?
Henry : Je ne m'explique pas comment mes initiales se retrouvent en tête de cette note. Je travaillais à l'époque sur l'affaire de la MNEF.
Maitre Iweins : Lahoud se vante d'une visite de la police en prison. Le registre des visites a d'ailleurs disparu. Et il dit avoir été prévenu par une haute personnalité policière d'une perquisition chez lui dans le cadre de l'affaire Volter...
Henry : ce n'est pas moi.
Maitre Iweins : posons la question à Bertrand.
Bertrand : je n'ai rien à voir avec cette affaire. Cette mention "pourrait travailler sur Jospin" ne vient pas d'Henry.
15 h 52
Le président : plus de question ? Mme Henry et M Bertrand, vous pouvez disposer.
La séance est suspendue.
16 h 14
L'audience reprend. Le président réouvre la séance. Une avocate blonde sort en courant.
Le président : restez avec nous, maître !
C'est au tour du témoin de Robert, Gilles Perrault (pseudo de Gilles Peyrolles), écrivain et investigateur dans les années 60, 70 et 80. Peyrolles témoigne sur la difficulté d'enquête de Robert dans un univers sans pitié qui ne respecte pas la loi. « Robert devrait être déclaré d'utilité publique, d'utilité publique», répète-t-il.
Pas de question. Gilles Peyrolles quitte la salle.
Le président appelle Philippe Delmas, la première victime. Il est partie civile.
Le président : vous êtes celui qui a déclenché l'action publique par votre plainte. Veuillez indiquer votre perception de l'affaire.
Delmas : l'affaire, ce n'est pas un nom sur les listings, c'est la destruction d'une carrière, un nom entaché. Pour moi, cette affaire a débuté d'une manière exceptionnelle, après une cérémonie d'inauguration de la chaîne de montage de l'A380. Je suis interpellé par trois gendarmes maritimes. Je sais, je n'imagine pas, je ne pense pas, je sais qu'il s'agit là d'une opération de Gergorin. Je leur dis tout de suite. L'ensemble de l'opération est assez improvisé. Je vous dit cela d'un ton léger mais Ce n'est pas léger du tout que d'être mis en garde à vue. Dans les documents, les listings, fournit à Van Ruymbeke, il y avait des noms virtuels, les mafieux russes, des gens déjà entendus, Gomez et Martinez, il y en avait un seul réel et nouveau , c'est moi. J'ai reconnu tout de suite la patte de Gergorin car je l'avais vu travailler et je savais ce dont il était capable. J'ai demandé à mon avocat d'informer le juge Van Ruymbeke. Les liens entre les différents acteurs de l'histoire ont une antériorité. La matrice de l'affaire Clearstream, c'est la privatisation de Thomson, qui a déclenché une bataille entre le groupe Lagardère et Thomson. J'ai pu voir Gergorin à l'affaire. Dans son équipe il régnait un combat moral : le bien, Lagardère, et le mal les autres. Dans le mal, il y avait une hiérarchie. Au sommet, il y avait un personnage satanique, le coté sombre, Gomez et son bras droit Martinez. Nous avons été ébahis, moi et Forgeard, des révélations que nous faisait Gergorin, armé de ses cinq téléphones. Elles étaient étonnantes. Nous nous disions que tout ne pouvait pas être faux. Le gouvernement a fait savoir que pour la privatisation de Thomson, le projet de Lagardère était retenu. Mais la commission de privatisation a dit le contraire. Gergorin est venu avec la liste des membres de cette commission et dit qu'ils étaient payés par Thomson. Je me souviens, j'en ai un souvenir physique, Gergorin me raconte comment il a falsifié un télégramme diplomatique pour décrédibiliser Alcatel et l'a fait porter à la présidence de la République. Toutes les opérations de Gergorin sont restées sans conséquence. J'espère que cela va cesser aujourd'hui. La privatisation de Thomson, contraire au projet de Lagardère, conduit Gergorin à monter une autre opération : subordonner un service public, la DST, et porter plainte contre Thomson dans l'affaire « couper les ailes de l'oiseau ». La cour d'appel déclarera un non lieu. Et Gergorin va féliciter Gomez. Toute la méthode Gergorin est là : manipulation, soupçon, impunité et introduction d'un service public. Ce qu'on retrouve aujourd'hui. Après la privatisation de Thomson, Lagardère s'est impliqué dans la création d'EADS, et avec lui Gergorin. Ce fut un succès. Puis en 2003, il est prévu que EADS serait réorganisé avec un seul président. Qui devrait être Forgeard. Cela ne faisait pas l'affaire de Gergorin. Puis, une campagne est lancée : Stéphane Fouks, patron d'Euro RSCG et conseil en communication d'Airbus, est accusé par voie de presse de financer la campagne de Jospin avec les fonds d'Airbus, de la direction de la communication, que je dirigeais. C'étaient des accusations extrêmement graves. La première défense est venue des dirigeants allemands d'Airbus. Gustav Humbert a démenti le jour même. Mais le coup de Trafalgar est venu d'un audit. Gergorin ignorait que la direction de la communication, dont j'étais en charge, faisait l'objet d'un audit et que cet audit a délivré un satisfecit. Nous avons été dissuadés de porter plainte par Lagardère, qui a dit que la signature du crime ne faisait pas de doute. Gergorin a fait l'objet d'un blâme. Si nous avions porté plainte, nous n'en serions pas là aujourd'hui. Lagardère meurt. Son fils rétrograde Gergorin et supprime sa double tutelle. Camus, son seul chef, le met sous la direction de Gut. Puis vint le changement de direction d'EADS. Gergorin sentait que si Forgeard l'emportait, il serait mis sur la touche. Par sa nature même, le groupe d'EADS faisait de ce type de décision une affaire politique. Le choix des bons alliés politiques étaient importants pour gagner la bataille. Gergorin a décidé de s'appuyer sur deux des plus proches collaborateurs de Chirac : Maurice Gourdault-Montagne et Villepin. Dans la batille politique qui opposait Sarkozy à Villepin, Gergorin était persuadé que Villepin et Chirac allaient l'emporter. Mais Arnaud Lagardère n'avait pas la tolérance résignée de son père pour Gergorin. De plus, Forgeard était en pointe car Airbus ramenait du cash. Il fallait donc me viser, moi collaborateur direct de Forgeard. Il fallait faire vite. La décision du futur président d'EADS va être prise dans les prochains mois.
16 h 59
Delams continue : Gergorin veut montrer que Lagardère père a été assassiné par la mafia russe, que Sarkozy doit bénéficier des rétro-commissions du contrat Miksa. Conséquence : la gestion de ce contrat passe aux mains du conseiller diplomatique. Je suis aussi accusé de remettre des fonds à Hortefeux. Et que des listings accréditent l'idée de retro-commisisons à Gomez, Martinez et moi. Ces listings mettent de la distance entre Rondot et moi-même, alors que nous avions toujours eu de bonnes relations. Cette communication à Rondot aurait pu me mettre gravement en cause. Ce n'est pas ce qui est arrivé. Je le dois à la prudence de Rondot (NDLR : à qui on été remis les premiers listings, cf sur latribune.fr les listings Rondot). Pour intéresser Rondot, Gergorin met des noms de fonctionnaires de la Défense et de l'Intérieur. Le recrutement de Lahoud est un coup formidable. Il était supposé être l'expert de domaines, la finance et l'informatique, que Rondot ne connaissait pas. Cela explique que Gergorin ait passé outre à tous les avertissements de Marwan Lahoud. L'intérêt de Rondot était sa réputation d'indépendance qui lui valait l'estime des principales autorités de l'Etat. Cela a ainsi permis d'accrocher Villepin qui voyait son rival politique cité dans une affaire louche. Il manquait à ce montage le retentissement que seul pouvait donner une enquête d'une autorité publique. Gergorin a été habile en disant que la DGSE devait investiguer. Mais il savait que la DGSE n'investiguerait jamais car la DGSE sortait de l'affaire du compte supposé de Chirac au Japon. Il était largement temps de changer de monture. Van Ruymbeke était l'homme idéal. D'où les lettres anonymes transmises et mon arrestation. Mais Van Ruymbeke se méfie. Encore raté, Gergorin ? Gergorin avait seulement besoin que les choses soient vraissemblable. Nous sommes en 2003. Il suffit de rumeurs. Nous sommes dans une affaire gravissime, un réseau de corruption. Mon arrestation fait l'objet d'une couverture de presse formidable. J'ai décidé de porter plainte. Ce brouhaha médiatique qui m'accablait ne suffisait pas à protéger Gergorin. On se pose des questions. Joulin l'accuse. Gergorin décide de créer une diversion. Il lance d'autres listes. Ces listes rassemblaient tous les adversaires de Gergorin. C'est le seul point commun. Mais ces relations étaient connues de très peu de personnes. Il n'y a aucun doute, aucun, sur l'origine de la confection des listes. En douter, c'est une insulte au bon sens. Dans ce brouhaha, ma propre affaire a disparu. De mon point de vue, Gergorin était en train de s'en tirer après avoir détruit une réputation. Mais l'affaire ne s'est pas arrêtée. Le juge d'Huy a investigué. Sarkozy a fait une question de principe de démasquer les coupables. Nous sommes fin 2004. Gergorin n'est pas en bonne forme. J'ai conservé mon travail. Forgeard va devenir patron d'EADS. Gergorin contre-attaque et porte plainte. Il répand l'idée que c'est moi le Corbeau. Mais cela ne suffit pas. Gergorin se rend compte que Forgeard va gagner et que Camus va perdre. Il est donc urgent de flinguer Sarkozy et de me faire la peau. Il sait que Forgeard a horreur de ce genre d'histoire. Si je ne suis pas là, il gagnera. Il envoie deux courriers à Villepin. Il fait un calcul montrant ce que Sarkozy va retirer du contrôle de EADS. Ce n'est plus une valise, c'est un camion. Gergorin ne lâche rien. Mais Arnaud Lagardère l'écarte. Sarkozy devient ministre de l'Intérieur et son poids politique croît. Mais Forgeard devient patron d'EADS. Lahoud donne alors des signes de faiblesse.
17 h 20
Delmas continue son acte d'accusation. Il raconte la mi-2005 : Lahoud est incité à aller voir le juge d'Huy. Mais Gergorin le reprend en main. Gergorin pense que le temps joue pour lui. J'ai pu constater que les atteintes à la réputation durent. J'avais pour vocation de rejoindre le comité exécutif d'EADS. C'était d'accord avec Forgeard. Mais j'ai vu, j'ai vu qu'il se heurtait à un marécage. Fin 2005, quand même disait-on, il y a eu cette histoire, il faudrait aller au bout des procédures judiciaires, disaient d'autres. Et Gergorin expliquait à Gut que je l'avais dénoncé au fisc. A la fin 2005, Forgeard écrit une lettre où je dois être nommé au comité exécutif dans les trois mois, faute de quoi ce serait une rupture de mon contrat de travail. Cela n'a rien donné. J'ai été licencié après 13 ans de bons et loyaux services. J'étais usé moralement. Je venais de perdre ma carrière dans une industrie dont je rêvais étant gosse. J'ai perdu des stocks-options, des retraites garanties. Mais surtout ma réputation. On ne m'a jamais plus parlé de recrutement. C'est une blessure qui marque. Il y a des gens qui en sont responsables dans cette salle. Je demande qu'ils soient condamnés.
17 h 27
Après cette très longue délcaration, Delams répond aux questions du président, dont la première comment le groupe EADS a réagi ?
Delmas : les gens ont été choqués.
Le président : vous faites état du blâme adressé par Camus à Gergorin ?
Delmas : je confirme.
Le président : pourtant, Gergorin est resté plus longtemps que vous ?
Delmas : cela paraissait à Camus inimaginable. Gergorin a nié avec une telle force ! Et la chose s'est peu à peu estompée
Le président : avez-vous eu des contacts avec Rondot ?
Delmas : oui. Mais nous ne sommes pas allés au delà de la conversation.
Le président : connaissez vous les liens entre Rondot et Lahoud ?
Delmas : non. Je ne connaissais pas Lahoud.
La parole est au procureur.
Le substitut : Gergorin se présente comme victime d'une manipulation.
Delmas : cela fait partie de la méthode de Gergorin de toujours plaider la bonne foi. Il est venu féliciter Gomez lors d'un non-lieu obtenu dans un procès que Gergorin avait monté. Depuis plusieurs mois, il tente de me faire part de son regret.
Le substitut : pouvez vous expliquer les relations avec Gergorin ?
Delmas : nos relations avaient très bien commencées. Cette relation s'est dégradée quand le mode de fonctionnement de Gerhorin m'avait mis très mal à l'aise. Le mode de fonctionnement de l'industrie, cela n'est pas cela, ce n'est pas celui des grands patrons que j'ai pu côtoyer.
Le substitut : avez-vous une opposition professionnelle avec Gergorin ?
Delmas : nous avions des visions très différentes mais cela n'avait rien d'une opposition. C'est pourquoi j'ai été surpris par l'attaque.
Le substitut : vous avez eu très tardivement des relations avec Gergorin tout au long de la période de dénonciation ?
Delmas : je confirme. Mais ces relations se sont arretées après ma garde à vue. Gergorin a tout fait pour m'endormir.
Le substitut : j'ai des questions à Gergorin. Delmas a indiqué que vous aviez été le responsable d'une campagne visant à le dénoncer comme le Corbeau. Confirmez vous ?
Gergorin : je suis très ému, c'est une relation passionnelle. Ce n'est pas une raison pour que j'accepte cette charge, fausse sur certains points. Cette relation avec Philippe a été très passionnelle, très forte. Elle a duré 14 ans. La rupture date de la fin 2000. Je ne comprenais plus. J'ai été vulnérable, en raison de cette masse d'informations reçues. M. Le procureur, j'ai nié être l'auteur des lettres à Van Ruymbeke parce que soit je disais tout, soit je ne disais rien. J'ai énormément souffert d'une chose : Delmas, qui est un grand ami, s'est servi de cette affaire pour éloigner Camus. C'est tout.
Le substitut : vous avez évoqué une situation passionnelle. Cela pouvait-il aller jusqu'à la haine de la part de Delmas ?
Gergorin : non. Mais je ressentais une énorme incompréhension.
Le substitut : vous faites état de déni de votre part. C'est très différent d'accuser avec votre plainte ?
Gergorin : la seule faille, c'est l'affaire d'un faux rapport de la DST. Et j'ai porté plainte.
Le substitut : pour dénonciation calomnieuse ...vous êtes dans une stratégie de déni. Vous indiquez devant la police : J'ai été choqué d'apprendre par Alain Bauer que Delmas a été mis en garde à vue et j'ai trouvé aberrant ce fait. Confirmez vous ?
Gergorin : lorsque je tiens ces propos, je crois encore à la validité des listings.
Le substitut : quand avez-vous eu connaissance de la plainte de Delmas, déposée le 1er juillet ?
Gergorin : à la rentrée 2004 sans que j'ai un souvenir précis.
Le substitut : avant la dernière dénonciation ?
Gergorin : avant, oui.
Le substitut : j'ai une question à poser à Lahoud. Ce sont les extraits de l'édition papier de l'ordinateur de Lahoud : « je ne pense pas être suivi en ce moment mais JLG me dit que c'est le cas ; Delmas ».
Lahoud : Gergorin me disait que tous ses consultants étaient suivis. C'était sa manière de nous tenir.
Le subsitut : Gergorin peut-il confirmer ?
Gergorin : Lahoud me disait être suivi. Dans les listings, la personne la plus importante après Gomez était Delmas. Il était possible que Delmas suive des gens. C'était fantasmatique. Delmas me décrit comme le génie du mal. Mais il m'impute des faits faux du points de vue chronologique.
Le président : vous continuez à vivre avec lui comme s'y rien n'était ...
Gergorin : dès la fin 1999, nos relations deviennent très espacées, très distante.
Le président : vous lui avez proposé d'être le parrain de votre fille ..
Gergorin : oui mais c'était en 1996.
Le substitut : vous continuez à revoir Delmas dans des moment très agréables. Il est difficile en même temps de le dénoncer.
17 h 57
Le procureur : au sein d'EADS, avait-on reconnu la patte de Gergorin ?
Delmas : Dans le groupe, il y avait consensus pour désigner Gergorin. La parole de Gergorin n'aurait pu convaincre Villepin. Mais Rondot, prudent, connaissant bien Gergorin, pouvait faire basculer Villepin. La solution Rondot était parfaite. Rondot n'a jamais été soupçonné.
La parole est à Maitre Garaud, avocat de Delmas : rappellez-vous la lettre écrite à Villepin ?
Gergorin : oui.
Gerhorin veut la voir. Maitre Garaud la lui fait lire.
Maitre Garaud : il y a une erreur entre la version tapée et la version manuscrite. Dans cette lettre du 15 novembre 2004, J'attire votre attention sur le dernier paragraphe : le contrôle de EADS par l'équipe Delmas proche d'Hortefeux : 10 milliard d'euros ou 100 milliards d'euros. On peut lire dans une autre version retro ?
Gergorin : retro potentielles.
Maitre Garaud : vous écrivez aussi : Gut a fait déclenché une enquête préliminaire.
Gergorin : je ne suis pas l'origine de cette information. Je crois toujours à ces listings. mais je note qu'aucune transaction d' Airbus n'apparait dans les listings. Mais Hortefeux et Delmas apparaissent dans les listings. Dans la campagne pour le remplacement de Camus, c'est le basculement de Sarkozy pour Forgeard qui donne la victoire à celui-ci. La période d'angoisse où je suis explique...
Maitre Garaud : quand vous écrivez Miksa fois vingt à propos de la prise du contrôle d'EADS, vous êtes dans un sentiment passionnel ?
Gergorin : oui.
18 h 12
C’est au tour de la défense de poser des questions à Delmas.
Maitre Brossolet, avocat de Villepin : qui était le favori de Chirac pour la présidence d’EADS ?
Delmas : je ne peux parler au nom de l’ancien président de la République.
Maitre Brossolet : vous appelez Rondot après votre arrestation ?
Delmas : je lui fait part de ma volonté de porter plainte. J’ai trouvé Rondot très aimable mais pas particulièrement précis dans ses réponses.
Maitre Brossolet : l’informez vous de la visite de votre avocat à Van Ruymbeke ?
Delmas : je ne pense pas.
Maitre Brossolet : c’est indiqué dans les carnets Rondot qui indique que Van Ruymbeke était informé.
Delmas : je n’étais nullement informé.
Maitre Brossolet : Sarkozy était-il informé ? Dans les notes Rondot, Il semble que vous rapportez à Rondot que vous êtes intervenu auprès de Sarkozy pour le mettre en garde.
Delmas : je ne connais pas Sarkozy.
Maitre Brossolet : Rondot écrit qu’une source l’a informé que Delmas et Forgeard ont informé Hortefeux des turpitude d’EADS. Rondot indique que ces turpitudes sont l’affaire Clearstream.
Delmas : je n’ai jamais rencontré Hortefeux.
Maitre Brossolet : par qui êtes vous informé que Rondot connaît cette affaire ?
Delmas : je ne sais pas.
Maitre Brossolet : il est revenu à Delmas que l’Elysée connaît cette affaire et lui a demandé d’enquêter.
Delmas : cette information n’est pas exacte : l’Elysée était au courant, il semble.
Maitre Brossolet : que dites vous aux juges lorsque vous portez plainte ?
Delmas : c’est vrai que je ne mets pas en cause Gergorin, la question pouvait être posée qu’il ne soit pas le seul.
Maitre Brossolet : vous ne dites pas non plus aux juges d’Huy que Rondot est au courant.
Delmas : non.
Maitre Brossolet : vous connaissez bien Alain Bauer ? Il a téléphoné à Gergorin pour lui dire que c’était lui le corbeau. Alain Bauer est proche de Sarkozy ?
Delmas : oui.
Maitre Brossolet : connaissez vous Sarkozy ?
Delmas : à l’époque non.
Maitre Dalmasso, avocat de Gergorin : la culpabilité de Gergorin est évidente selon vous. Vous auriez du aller voir Camus. Or Camus découvre tout par la presse …
Delmas : Camus est persuadé que c’était trop énorme pour Gergorin de faire une chose pareille.
Maitre Dalmasso : avez vous eu vent d’opération de destabilisation visant Camus?
Delmas : moi pas.
Maitre Iweins, autre avocat de Gergorin : êtes vous le parrain de Mélanie Gergorin ?
Delmas : j’ai le sentiment de ne pas l’être.
Maître Iweins : voilà le certificat de baptême. Vous avez tenu ce bébé sur les fonts baptismaux, cela ne vous a laissé aucun souvenir ?
Delmas : aucun.
Maître Iweins : voilà ce que cite Bertrand dans ses carnet sur l’affaire du (faux) financement de la campagne de Jospin par Airbus. Delmas est notoirement jospiniste, note Bertrand, le 10 juillet.
Delmas : Bertrand a fait état de la différence entre une information et le renseignement.
Maitre Iweins : un livre a été publié sur les guerres chez EADS. Il explique que Camus a été la cible d’une campagne de déstabilisation. Qu’en pensez vous de cette campagne ? Ce n’est pas Gergorin l’auteur ?
Delmas : je n’en jurerai pas ! il y avait une tension entre Camus et Forgeard avec un vrai désaccord. C’était un débat assez sain.
Maitre Iweins : seriez vous l’auteur de la note disant que l’histoire d’EADS est celle de la victoire de l’Allemagne ?
Delmas : non.
Maitre Iweins n’a pas d’autres questions.
C’est au tour de maitre Metzner, avocat de Villepin : vous avez dit qu’il était habituel à Gergorin de faire recours à l’autorité publique. Est-ce qu’il avait tendance à faire penser qu’il agissait au nom d’une autorité publique ?
Delmas : C’est arrivé. Il faisait le distingo entre agir au nom et agir sous le contrôle. Il a pu manipuler Rondot.
Maitre Metzner : a-t-il pu faire la même chose avec d’autres personnes ?
Delmas : c’est arrivé.
Il est 18 h 43.
Le président accorde cinq minutes de pause. Ouf !!
18 h 54
La séance reprend avec les témoins de Gergorin. C’est d’abord Michael Turner, qui fut l’un des dirigeants de BAE. Sans Jean-Louis Gergorin, jamais EADS n’aurait pu exister, explique le témoin.
Maitre Iweins l’interroge sur les relations entre Gergorin et Delmas.
Mike Turner confirme les bonnes relations puis l’effondrement de cette relation. Il affirme aussi qu’il avait moins confiance en Delmas.
Maitre Iweins : connaissez vous le rôle de Gergorin dans le contrat sur les ravitailleurs aériens US ?
Mike Turner : ce qui m’a surpris c’est que Jean-Louis avait une excellente relation avec les américains, alors qu’on le voyait très pro-français. Lorsque les discussions ont commencé, ce fut une vraie croisade pour Jean-Louis. Il a été le vrai responsable de la stratégie pour emporter le contrat.
En marge de l'audience, Dominique de Villepin a fait une déclaration publique : Le fait d'être désigné comme un rival politique de Nicolas Sarkozy me vaut d'être aujourd'hui devant vous, ne pas l'être pour Michèle Alliot-Marie lui permet d'être Garde des Sceaux. Toutes ces accusations reposent sur un parti pris, une sorte d'inégalité ministérielle: le ministre que j'ai été aurait été plus impliqué que d'autres. J'ai fait ce qui était mon devoir de ministre: j'ai informé le Premier ministre, j'ai informé le président de la République, j'ai fait en sorte que toutes les règles soient respectées.
Fin des débats. Les plaidoieries des parties civiles débuteront demain.
Pascal Junghans
francois paulle a écrit le 16/10/2009 à 17:26 :
a la lecture attentive de vos comptes rendus,j'ai le sentiment qu'il n'y a rien dans le dossie.La seule chose qui apparaise est la haine de Sarkozy pour Villepin
quipayelahoud a écrit le 13/10/2009 à 10:52 :
La justice essaiera t-elle vraiment de savoir qui tient Lahoud dans cette histoire? Qui le finance ? A qui doit il de l'argent ? A qui profite et/ou à profité le "crime"?
arnaud a écrit le 13/10/2009 à 10:47 :
merci à la Tribune, qui ne roule pour personne, contrairement au Monde, qui est devenu une girouette. H.BEUVE MERY doit se retourner ds sa tombe, j'ai mis fin à mon abonnement à ce journal et vient tout juste de m'abonner à la Tribune. j'ai la conviction que c'est NS qui tire les ficelles par le biais du PROC Marin en attendant pour celui-ci un poste doré quand DDV sera flingué. et on nous parle de justice, car clearstream c'est un écran de fumée pour NS de se débarasser définitivement de DDV... quant aux magistrats on verra s'ils sont réellement libres.
gilburt a écrit le 13/10/2009 à 10:46 :
Bravo à Pascal Junghans pour sa retranscription en direct de cette incroyable comédie politico-économique. J'espère qu'une partie des droits d'auteur lui reviendront lorsque que le texte sera mis à l'écran ou sur les boulevards. En attendant, que va faire MAM après avoir été cité par le flamboyant Dominique? Pourrait-elle sortir de sa réserve ministérielle?
henry a écrit le 13/10/2009 à 00:05 :
Je ressens Galouzeau dit De VILLEPIN assez vicieux pour être responsable de cette horreur mais pas SARCOZY de NAGY-BOCSA; le sang bleu a ses règles d'Honneur guère transmissibles à "l'aristocratie" républicano-française
surpris a écrit le 13/10/2009 à 00:02 :
C'est vrai qu'on est étonné que beaucoup de questions ne soient pas posées! Même avec une connaissance très réduite du dossier on a envie de poser des questions très pertinentes. Pourquoi ces magistrats expérimentés ne le font-ils pas? Quelqu'un peut m'éclairer sur les relations Delmas-Gergorin? C'est très ambigu dans les débats...Avaient-ils une relation homosexuelle en plus de leurs rapports professionnels? Merci!
Michel P. a écrit le 12/10/2009 à 23:30 :
Dans ce "Salmigondis" de témoignages et déclarations où se trouve la culpabilité de Dominique de Villepin.? Bien inspiré celui qui pourra prouver quelque chose de cela.
caton a écrit le 12/10/2009 à 23:05 :
Il y a au moins une certitude: la Tribune gagne haut la main devant tous les autres médias...
TheVoice a écrit le 12/10/2009 à 21:08 :
Francais de nationalite, expatrie par choix, je suis enfin soulage qu'un proces illustre tout le mal terriblement francais qui nourrit la culture de notre pays. Aussi bien dans les affaires que dans la vie privee. car le resultat de ce proces n'est pas aussi important que son contenu. Tout y passe : mensonges, flagornerie, vices caches, jalousie, etc. C'est bien cela dont souffre la France. Un ensemble de pathologie qui remonte a la revolution jusqu'a la periode sombre de l'occupation. Il faut guerir cette France qui pense que la reussite de son voisin est un mal et que le succes d'une entreprise se mesure a la qualite de ses hommes et non au principe de delation. Les Francais se doivent de devenir pragmatique, sans prejuges du reste. Au final, ce proces est l'unique chance pour sauver un systeme et une mentalite qui s'est embourbe dans la jalousie et le mensonge. Francais, reveillez-vous ! Cessez de vous complaire dans des querelles de clochers, de jalouser les uns et de fomenter des conspirations ridicules envers les autres. C'est comme cela que nous perdons des parts de marche et ipso facto notre grandeur. Concentrons-nous sur le positif, la volonte de construire ensemble et non pas contre les autres. J'ose esperer que ce proces montrera nos faiblesses pour les annihiler definitivement. Entourez-vous d'hommes et femmes positifs et pragmatiques animes d'un sentimenet de progres. Une equipe qui gagne, c'est tout simplement ce dont je reve pour la France. Il n'est pas trop tard. Wake up!
luther a écrit le 12/10/2009 à 20:58 :
bravo à vous je vais m'abonner dès la semaine prochaine j'ai cru un instant que vous rouliez pour qqn mais en retransmettant ce procès, j'ai changé d'avis. je vous lisais occasionnelement, maintenant, je vais m'abonner. Merci à vous.
luther a écrit le 12/10/2009 à 20:46 :
on arrive presqu'au bout encore qq minutes
Mojorisin a écrit le 12/10/2009 à 19:39 :
Pour ma part, je trouve ce procès plus que passionnant... entre le fantasme des uns, les non-dits des autres, la haine, la revanche, la vengeance et même "la passion" , c'est Dallas... en mieux (excusez la référence télévisuelle à deux euros mais bon, au moins tout le monde comprend). Toutefois, quand vous écoutez dans la rue les réactions du français moyen dont je fais parti, cette "affaire dans l'affaire" semble de plus en plus se retourner contre celui qui a pu, un temps, penser pouvoir en tirer avantage... sauf que les français ont beau être des veaux, on ne leur fait pas deux fois (mais trois peut-être, il suffit d'y mettre les formes me direz-vous lol). Bref. Encore merci à La Tribune pour cette prouesse et ce courage; courage que d'autres ont pris en chemin bien tardivement, n'est-ce pas LCI (dont je salue les modérateurs mais qui n'ont pas du bien dormir tous les soirs en retrouvant bobonne je crois; ne leur demandez pas pourquoi, eux le savent...)
RMN a écrit le 12/10/2009 à 19:05 :
Il va falloir que Lahoud, Gergorin ou De Villepin disent ENFIN la vérité ! Sinon, ce sera une condamnation pour tous les trois.
dany a écrit le 12/10/2009 à 17:53 :
un proces aussi long, pour en savoir aussi peu.combien cela coute aux contribuables?personnes ne connait personnes,ou ne se souvient de rien!l affaire cleastream = petard mouillé!!!
icare a écrit le 12/10/2009 à 17:35 :
Procès pitoyable, attisé par des gens de faible hauteur de vue, temps et argent perdu par la justice française. Je crois que De Gaulle parlait de la grandeur de la France... Quelle petitesse aujourd'hui. Reconnaissons à Sarko d'être à la hauteur de la France d'aujourd'hui, ça ne nous grandira pas mais au moins nous savons dans quoi nous marchons! Pourquoi personne ne s'étonne que le candidat Sarkozy ait rencontré deux fois Lahoud??? alors que ddv pas une fois? Qui a voulu piéger qui dans cette histoire? Aucune question n'est posée à Lahoud sur Sarkozy et Pérol quand au contenu de leurs discussions : c'est inconcevable.
prevalli a écrit le 12/10/2009 à 17:27 :
C'est interessant ce fonds Volter... quel role perol a joué dans l'affaire Volter. Pourquoi Perol a rencontré Lahoud 12 fois ?
louise a écrit le 12/10/2009 à 17:27 :
Donc Lahoud était à la fois traité par Casanova pour le compte des RG et par un certain " Thyphose" officier traitant de la DGSE.On peut en déduire que c'est une source importante.
SarkPin a écrit le 12/10/2009 à 17:25 :
N oublions pas que le procureur actuel avait deja estime quil n y avait pas assez d elements pour renvoyer Devillepin devant un tribunal.C'est l elysee qui lui a demande de revoir sa copie. A 15h06 >>Il apparait bien que Lahoud a comme officier traitant avant le debut de l'affaire clearstream squarcini lie a casanova qui est lie a Sarkozy.CQFD et ca ce n'est pas le monde qui va le repeter urbi et orbi Ce proces va reveler autre chose que ce qui etait prevu par sarko c'est presque sur L intuition de depart que nous avions semble se dresser.....villepin est mis au courant d une liste sur laquelle figure le nom de sarko , il pense en profiter et cadenasse l affaire en disant qu il a des ordres de Chirac. Sarko qui est a l origine de son propre nom sur la liste fait le maximum pour mouiller de villepin , sa famille sa belle famille via lahoud. De villepin sentant le petard mouille et pressentant le retour de sarko a l interieur renvoi le tout vers le juge pour courtccuiter sarko se disant que le dossier sera classe sans suite. Sarko avec tous ses amis de la presse fait mousser le tout pendant toute la campagne pour apparaitre victime.Il porte plainte pour faire durer l'affaire clearstream ....et au proces totu ce que les journalistes disent tout bas dans les redactions apparait ...Il est probable que sarko ait mis son nom sur la liste pour pieger villepin
prevalli a écrit le 12/10/2009 à 17:23 :
@ titus "A-t'il su avant la judiciarisation du dossier ? Cette réponse suffit à établir la complicité" A t'il su quoi ? Il faut qu'il ai su deux choses : A t'il su que Sarko etait dans les listings = Oui A t'il su que les listings etait faux (en mai) = reponse des temoignages NON (Juillet Rondot doute, Octobre il est sur, et les autres n'ont pas rencontré DDV et Rondot non plus). La relaxe ne fait presque pas de doute.
henry a écrit le 12/10/2009 à 17:20 :
Je ne suis pas le ou la (j'y perds mon latin) henry des débats
alex a écrit le 12/10/2009 à 17:19 :
Imad Lahoud est en effet le mari d'Anne-Gagrielle Heilbronner,un banquier proche de Jacques Chirac.Enarque et inspectrice des finances,elle se retrouve -sans intervention prétend-elle-au Ministere des Affaires etrangéres,en charge,parait-il, du secteur tres sensible de l'intelligence économique.
joel a écrit le 12/10/2009 à 17:12 :
Gergorin a dirigé Dominique de Villepinau Quai d'Orsay ,dans la cellule stratégique du ministere(le CAP),ou travaillait le general Rondot durant "une periode de mise en sommeil"(Le journal du dimanche en date du 14 mai 2006).
marie a écrit le 12/10/2009 à 17:02 :
En septembre 2005 Imad Lahoud reprent contact avec Brigitte Henri dans une brasserie des Champs Elysées,le Madrigal.Elle désire adopter un enfant libanais.Lahoud lui parle de ses connaissances hauts placées au pays du Cédre.Plusieurs années plus tard,Brigitte Henry,seule et en manque d'affection,elle finit par adopter une petite fille du Vanuatu.Sans l'aide de Lahoud,tout en travaillant à la BRED Banque Populaire...
Voisin de Jean-Louis a écrit le 12/10/2009 à 17:00 :
J'ai eu Gergorin comme voisin il y a une vingtaine d'annees. Il est plus que bizarre.Je ne dirai pas plus.
ASSURFOU a écrit le 12/10/2009 à 16:57 :
Quid de Chirac dans cette affaire ? Villepin fusible comme tant d'autre!!!
titus a écrit le 12/10/2009 à 16:54 :
Hallucinant silence des RG... Toute la république est au courant, même la presse... Mais pas eux ???
zorro a écrit le 12/10/2009 à 16:27 :
je suis l'avis de sarkpin .
Guigui la farfouille a écrit le 12/10/2009 à 16:26 :
Quel suspens ! Vivement la fin de ce procès ...
Padbol a écrit le 12/10/2009 à 16:25 :
Quand on fait l'organigramme de qui connait qui dans l'affaire clearstream, on voit vite se dessiner des point névralgiques. Ces points névralgiques sont en contact avec DDV ou Y. Bertrand. Mais ils ne sont au courant de rien.... pas de bol, hein ? Mr Lahoud semble tout désigné pour tout prendre à sa charge. Et il ne se défend même pas... Tout se déroule donc comme prévu !...
argone a écrit le 12/10/2009 à 16:05 :
Il commence a être évident qu'il y'a autre chose derrière...que dire, plutôt quelqu'un d'autre...et je suis également très étonné comme d'autre de la "lecture" que font certain média du procès ou alors il ne lise pas tout, car en lisant l'intégral des débats, ont vois bien que cette affaire est tout sauf ce que l'ont a bien voulu nous servir en haut lieu...
Titus a écrit le 12/10/2009 à 16:00 :
Vous devriez arreter de prendre vos désirs pour des réalités. Ce que ce tribunal recherche, c'est à établir des faits et rien d'autre; C'est la procédure. Ensuite les juges prendront leur décision sur la foi de leur conviction. Que laoud soit ce qu'il est, c'est établi sur procès verbaux depuis des mois. Que Gergorin soit ce qu'il est, c'est dito. Pour ce qui est de DDV, le problème est la chronologie de Rondot et rien d'autre. A-t'il su avant la judiciarisation du dossier ? Cette réponse suffit à établir la complicité. Il n'y a pas à établir de matérialisation de preuve en cette matière du point de vue pénal, et la coroboration des témoignages est elle-même suffisante. Y-a t'il agravation de peine à prononcer ? Oui si le tribunal décide que DDV a participé à la judiciarisation du dossier en question. Et la-dessus, à part son indignation, son seul système de défense est de dire : il n'a pas compris, il a interpreté, ce n'était pas ce jour là... Alors que la chronologie colle bien avec les affirmations de Gergorin et de Laoud... De plus, il est maintenant établi sans conteste à la barre par tous les témoins (DST, préfets, journalistes, etc...) que la chrono de Rondot est juste... Pas certain que cela échappe aux magistrats dont vous remarquerez qu'ils écoutent et écoutent encore, et sont très peu interventionistes dans les débats, se contentant de relancer habilement les intervenants. A suivre, donc...
Pecci a écrit le 12/10/2009 à 15:40 :
Incroyable que la justice ne s'interroge pas plus sur les motivations de Lahoud. Où prenait-il ses instructions ? Et pour paraphraser Gergorin : qui le tenait par les c.? Avec son affaire Volter et ses dettes potentielles envers Bercy, n'y a t-il pas au moins une réelle enquête à mener? Affligeant ce procès !!! A croire qu'il ne s'agit que d'un écran de fumée pour protéger on ne sait quoi, on ne sait qui. La République peut-elle trembler à ce point ?
Veritas a écrit le 12/10/2009 à 15:36 :
Lahoud est completement grille. La question maintenant est : pour qui travaillait-il ?
Lemondementeur a écrit le 12/10/2009 à 15:20 :
Je suis étonné à la lecture de ces notes d'audience des commentaires qu'une certaine presse soit-disant de référence comme le Monde fait de ce procès. Exemple: Villepin serait intervenu pour l'inscription d'une fille Lahoud... Etrange, au moment où j'écris cela, le site le Monde a fait sauter cette info. Etrange, étrange.. Merci à la Tribune pour cette lvraison d'infos en vrac mais en direct.. Sarko semble avoir bien bétonné les pseudo grands titres de la presse française. J'ai essayé de le dire sur le site du Monde...mais il faut s'abonner AVANT. Que nenni! Finalement, Internet a du bon malgré les excès ici ou là..
SarkPin a écrit le 12/10/2009 à 15:16 :
En gros Sarko a voulu retourner Yves Bertrand mais il n a pas reussi .
carambouille a écrit le 12/10/2009 à 14:44 :
Arnaud 100 % d'accord avec toi. On se demande pourquoi DDV se retrouve là. Tout les protagonistes disent qu'il était de bonne foi. Dénoncer des crimes ou délits à la justice (si il l'a fait, ce que seul Gergorin affirme) serait-il répréhensible pénalement ? La vrai question c'est comment deux juges d'instruction peuvent envoyer quelqu'un en correctionnel sur des éléments aussi vagues ?
RMN a écrit le 12/10/2009 à 14:40 :
Je ne suis pas certaiin de connaître toute la vérité.... Quel dommage !
henry a écrit le 12/10/2009 à 14:12 :
Je ne veux pas voir cette vérité-là toute nue
arnaud a écrit le 12/10/2009 à 13:57 :
c'est invraisemblale. ce procès! je me demande ce que fiche un EX-PREMIER MINISTRE de grande valeur, accusé de tout et pour tout par : un apprenti espion qui prend des notes, un ancien traideur pseudo crac en informatique et tout ce mic-mac juste pour faire plaisir à NS. mais plus sérieusement peut-on condamner qq'1 avec des conneries pareils (notes du général...) c'est affligeant. la justice et la France ne méritent pas ça!
SarkPin a écrit le 12/10/2009 à 13:53 :
Et toujours les relations etranges entre Lahoud et Perol Conseiller de Sarko. On passe des heures a vouloir savoir si De villepina dejeuner ou diner une fois avec Lahoud par contre on ne cherche pas a savoir de quoi il en retournait sur les repas lahoud /Perol. sacre Sarko,les temoignages de ce matin semble selon moi commnecer a montrer que Sarko doit etre l instigateur de son propre nom sur la liste. De plus il aide la famille Lahoud et ses amis a sortir des griffes de la justice , quandil n aide pas sa femme a trouver des postes dans les cabinets ministeriels.
luther a écrit le 12/10/2009 à 11:59 :
humm on n'est pas loin de la vérité dans tout cela!!!!
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