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Affaire d'Etat

Procès Clearstream : le procureur demande 18 mois de prison avec sursis contre Villepin

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Grâce à notre envoyé spécial au procès, Pascal Junghans, suivez en direct les audiences. Avec ce mardi le moment fort des réquisitions du procureur de la République.

13 h 22

C'est certainement le moment central du procès Clearstream. Ce moment où le procureur de la République, Jean-Claude Marin, et son substitut Romain Victor, vont se lever pour tenter de prouver la culpabilité des cinq accusés et requérir les peines qui sanctionneront leurs délits. La loi fixe une limite maximum aux peines que peut requérir le ministère public.

Florian Bourges risque trois ans d'emprisonnement et 375.000 euros d'amende.

Denis Robert peut être condamné à cinq ans d'emprisonnement et de 375.00 euros d'amende.

Pour Imad Lahoud, la peine maximum possible est de cinq ans d'emprisonnement et 375.00 euros d'amende.

Le procureur peut requérir contre Jean-Louis Gergorin cinq ans d'emprisonnement et 375.00 euros d'amende.

Enfin, Dominique de Villepin encourt cinq ans d'emprisonnement et 375.00 euros d'amende.

A toutes ces sanctions qui menacent les accusés, s'ajoutent l'interdiction d'exercer certaines professions et la privation de droits civiques, dont la possibilité d'être élu.

13 h 33

Le président arrive. Le procureur a la parole.

Jean-Claude Marin : nous voici à l'instant de conclure. Après avoir analysé tous les documents rassemblés. Nous voici au bout du parcours judiciaire. La procédure que vous avez à juger tient de l'intrigue. Mais c'est un dossier paradoxal et emblématique. Paradoxal, pas de meurtre, pas de crime mais des délits, dont la plus centrale des infractions : faux et usage, abus de confiance et complicité, dénonciation calomnieuse. Pourtant, cette procédure a été annoncée comme le procès du Siècle. Un procès politique, dit-on. La république est-elle en danger ? Une section spéciale est-elle en action ? Est-ce un procès stalinien ? Le tribunal est-il un serviteur zélé des pouvoirs d'Etat ?

Mais ce procès n'est pas un procès politique. Si nous ne parvenons pas à prouver la culpabilité, ce sera la relaxe, en partie ou en totalité.

Ce procès est celui de pratique inacceptable, d'hommes pour qui la fin justifie les moyens. Il a suffit d'une lettre anonyme pour que Delmas soit placé en garde à vue et perquisitionné. Les documents détournés et falsifiés ont tenté d'accréditer la thèse d'une prise de contrôle mafieuse sur EADS et de comptes alimentés par des retro-commissions.

La fausseté des listings est établie. Le procès doit établir trois choses : qui a détourné les documents ? Qui les a falsifiés ? Qui a organisé et profité de la manipulation ? C'est une démarche banale de droit commun même si un président de la République est partie civile et un ancien Premier ministre accusé. Villepin n'a pas tenté de rattacher les faits à ces anciennes fonctions en saisissant la Cour de justice de la République.

Il faut aborder un point : les magistrats instructeurs et le ministère public n'ont pas eu la même analyse. Cela prouve bien que le droit d'une partie civile n'a pas dirigé les débats.

Marin est debout face à un pupitre dressé pour l'occasion. Il parle au micro. Il domine la salle et les avocats de la défense. On appelle cela : l'erreur de charpentier.

13 h 48

Le procureur Marin : le ministère public va se soumettre à des règles. La preuve absolue, intangible n'existe pas. Nous allons nous proposer une démonstration. Elle sera le fruit de notre conviction de magistrat. Le socle de nos réquisitions sera constitué par des documents écrits intangibles. Quant aux déclarations multiples des accusés, nous les aborderons avec beaucoup de circonspection, notamment en ce qui concerne Gergorin et Lahoud. Il convient de ne pas perdre de vue leurs talents de persuasion, qui sont un élément de la dénonciation calomnieuse. Les mots d'éthique, de déontologie ont souvent raisonné. Ce sont ces valeurs qui vont guider nos réquisitions.

C'est au tour du substitut Victor, subordonné du procureur, de passer à l'analyse plus pointue des dossiers des cinq accusés.

Le substitut Victor : il y a deux accusés qui se distinguent : Bourges et Robert. S'intéressant à Denis Robert, la poursuite soulève deux difficultés. Le simple recel de chose est bien mince par rapport au périmètre de son intervention dans le dossier. Autre difficulté, sa place importante dans la commission de l'infraction.

Je vois quatre raisons à la complicité involontaire : les thèses de Robert sur le comportement dévoyé de Clearstream ont préparé l'opinion. Cette complicité complémentaire, c'est aussi Robert fournissant à Lahoud le support matériel de l'infraction. Robert a été un relai d'opinion auprès de Van Ruymbeke de ses thèses sur Clearstream. Robert est devenu auprès du juge et des policiers un sachant sur Clearstream. Enfin, Robert a été complice en servant de caisse de résonance médiatique de la dénonciation, en écrivant que le corbeau va dans le sens de ses livres. Robert a été réjoui de ces dénonciations. Denis Robert a singulièrement manqué de présence. Dans des échanges de mails avec Lahoud, il va s'interroger sur des incongruités dans le dossier. Il fait alors son travail de journaliste. C'est après avoir applaudi qu'il déchantera. Vous allez devoir faire un arbitrage entre deux normes : le délit de recel, norme de droit interne, et une norme de droit international : celle du droit de toute personne à la liberté d'information et de détenir des documents. La Cour européenne demande de vérifier si l'intérêt du public peut déborder la règle interne. Robert est bien un journaliste. Dans ce contexte, il lui est reproché deux choses : avoir reçu de Bourges les fichiers volés et les avoir transmis à Lahoud. Cela n'est pas démenti. Seule question : l'élément intentionnel. Robert avait une exacte connaissance de l'origine volée des listings. Mais Robert a intégré ces éléments dans un livre. Comment comprendre la remise à Lahoud, qui n'est pas un journaliste soumis aux mêmes obligations que Robert ? Ces circonstances tendent à faire disparaître l'élément intentionnel du recel. Il devra être relaxé.

14 h 10

Le substitut Victor : Bourges est parfaitement étranger au fait de dénonciation calomnieuse. Bourges avait conscience des fautes qui sont les siennes. A sa décharge aussi, Bourges est le prévenu le plus jeune de cette audience. Il présente quelques traits d'immaturité. Or, c'est quelques jours seulement après la conclusion de son contrat de travail qu'il va contacter Robert et Lahoud pour leur céder des documents. Curieux passage à l'acte ! C'est de ces faits qu'il répond devant vous : abus de confiance et vol. Bourges dit qu'il a remis des documents publics. Mais cette affirmation est contredite par les déclarations de Robert et les expertises informatiques. S'agissant des documents fournis à Lahoud, les documents n'étaient pas publics. Bourges ne le conteste pas. Il s'agit de données confidentielles. Bourges n'a pu manquer de se dire que la communication de ces documents constituait un viol du devoir de confidentialité qui figure dans son contrat de travail. Comment Bourges peut-il invoquer une méprise ? Ces documents ne devaient pas rester en sa possession. Ils ne devaient pas être transmis. La transgression est tellement flagrante. Bourges n'était pas dans une mission de commissaire aux comptes, c'était un auditeur. L'argumentation selon laquelle il a remis les documents à Lahoud qui se présentait comme agent de la DGSE n'est pas tenable. Bourges a-t-il pu croire qu'il était délivré du secret face à Lahoud ? Je n'en crois rien. Bourges a connu Lahoud comme un trader spolié. Il n'est pas venu à la DGSE. Il n'a pas été confronté à un ordre. Nous mettons le doigt sur une difficulté : il est difficile de justifier la remise des documents à Lahoud qui n'est pas journaliste. Nous en revenons aux motivations de Bourges.

Bourges ne saurait être reconnu coupable de deux délits distincts, Clearstream où il fait son audit, et BFA son employeur. Il y a un double détournement à l'égard de Clearstream, doublement préjudiciable moralement. Bourges est coupable du seul délit d'abus de confiance. Mais des interrogations demeurent sur son passage à l'acte.

14 h 28

Le substitut demande une courte suspension d'audience pour 10 minutes.

Accordé, dit le président.

 14 h 40

L'audience reprend et le siège de Me Metzner, un des avocats de Villepin, s'effondre.

Le substitut Victor se dirige vers le micro : j'en viens maintenant aux faits de dénonciations calomnieuse. Ce qui frappe, c'est la séduction fatale que cette affaire a exercé sur ceux qui en sont saisis. Cette affaire n'est qu'une déclinaison de la théorie du complot, qui unifie tout. C'est une pratique du soupçon. Cette affaire est aussi la première grande dénonciation de l'ère moderne, technologique. Les faits se produisent sous nos yeux. La source tient son monde en haleine. Je dois déterminer les responsabilités respectives de Gergorin et de Lahoud dans ce qui est le cœur de l'affaire.

Deux faits : la dénonciation auprès de Rondot et les envois à Van Ruymebeke. Il ne sera pas besoin de demander un sursis à statuer : les faits ont été commis. Les procédures sont éteintes. La preuve de la fausseté des listings a été démontrée par l'instruction des juges. Les listings pouvaient faire encourir des peines aux victimes. Les victimes sont bien des personnes identifiables. Les destinataires : Van Ruymbeke est un officier de justice. Quant à Rondot, il est une autorité officielle capable de donner suite à la dénonciation. La dénonciation effectuée entre les mains de Rondot a servi d'annonce aux dénonciations Van Ruymbeke.

Le vrai sujet, la vraie complexité réside dans l'administration de la preuve de l'élément intentionnel de la dénonciation. La bonne foi des prévenus est présumée. La preuve de la mauvaise foi s'agissant de Gergorin et Lahoud, je vais la démontrer en cinq points.

1/ Gergorin est un stratège de haut niveau. Sa crédibilité auprès de Rondot et de Van Ruymbeke résulte de son statut. Au-delà des diplômes (X, ENA, Stanford), c'est son parcours qui lui permet de croiser différents cercles. Il est à l'aise aussi bien au salon du Bourget qu'au salon du Livre. Mais il y a un intérêt majeur pour les questions de renseignement et les « services ». La formation intellectuelle de Gergorin est dans la période de la guerre froide, de la lutte contre le KGB. Il est responsable de la stratégie. Il est aussi chargé des relations avec les « services » et de la protection de son groupe. Il a accès à un environnement plus secret, les coulisses du monde des affaires. Arnaud Lagardère relève son côté paranoïaque. Il est capable de manipuler son interlocuteur. On retrouve dans l'affaire « couper les ailes de l'oiseau » les méthodes de Gergorin. Nous tirons une conclusion : Gergorin, ce grand stratège, n'est pas un grand étourdi, son comportement n'est pas le fait du hasard. Il savait en se livrant à la dénonciation qu'il pourrait être mis en cause.

15 h 03

Le substitut Victor passe au deuxième point de sa démonstration :

2/ La dénonciation est l'œuvre de Gergorin. Il y a eu une dynamique de la dénonciation en plusieurs temps. Il va voir Rondot. Il est en terrain connu. Rondot n'a aucune compétence en matière informatique et financière. Et c'est tout naturellement que Gergorin présente l'affaire à Rondot. A ce stade, il faut noter que Delmas figure parmi les premiers noms cités, il n'est pas fait référence aux frégates de Taiwan. Puis Gergorin remet progressivement des documents à Rondot et on en vient à l'affaire des frégates. Je soutiens qu'à ce moment Gergorin reprend à son compte le premier envoi même s'il dit qu'il n'en est pas l'auteur matériel mais Lahoud. A ce stade on s'intéresse aux noms et aux fonctions des personnes citées. Et on établit entre eux des liens.

Marland (NDLR : directeur de cabinet de MAM à la Défense) confie à Rondot des investigations sur les personnels de défense. Puis, Gergorin prend seul l'initiative d'informer Villepin, le 1er janvier, sur l'affaire. Rondot est surpris. Il a le sentiment d'être pris à revers. Trois mois passent, les pénétrations informatiques de Lahoud laissent à Rondot un sale goût. Il reçoit la réponse des services suisses. Elle est négative. Rondot envisage la fausseté d'ensemble des listings. Il convoque Lahoud et Gergorin et leur fait part de ses doutes. C'est le 14 avril. Le même jour, Gergorin est dans le cabinet de maître de Montbrial où il lui demande d'aller voir Van Ruymbeke pour l'informer sur l'affaire des frégates. Gergorin remet les listings à Van Ruymbeke. Rondot apprend plus tard cette remise. Il est dépassé. Il sent que la situation lui échappe. Nous entrons alors de plein pied dans la manipulation.

Trois autres dénonciations suivent, toutes imputables à Gergorin. Il dit que dans les listes il y a des mafieux, des industriels et des politiques. Il sait que le juge a transmis des commissions rogatoires internationales. Les dénonciations ont été poursuivies après la révélation médiatique de l'affaire. Et aussi après le dépôt de la plainte de Delmas. Deux conclusions : de la saisine de Rondot à celle de Van Ruymbeke, Gergorin a tenu un rôle moteur. Et Lahoud brille par son absence et sa position subalterne. C'est un plan minutieusement construit par Gergorin.

15 h 20

Le substitut Victor attaque le troisième point de sa démonstration, le plus long : 3/ La mauvaise foi résulte de la manière de dénoncer et du contenu de la dénonciation. Gergorin a présenté les faits au juge des faits comme certains. Elle échappe à toute logique de vérification. La sémantique utilisée est péjorative : groupe mafieux, cupidité, système de blanchiment, prédateur, intérêts crapuleux, exode chez les crapules, poisson pourri. Des accusations aussi franches contrastent avec le niveau de conviction indiqué par Gergorin lors de ses interrogatoires, plus en retrait. Cette défense a atteint ses limites. Elle ne peut pas faire oublier qu'il a dénoncé auprès d'un juge d'instruction chargé d'un dossier. Les lettres et les notes contiennent des accusations non étayées.

D'où sort-il des indications sur l'implication de Gomez dans le narco-trafic ? De quoi tire-t-il que tel ou tel un rôle d'initiateur. Gergorin a opéré un tri dans les informations communiquées au juge Van Ruymbeke. Il ne parle pas de Rondot ni des doutes du général. Ni que Villepin a été étroitement associé à la communication des lettres. Le nombre de noms cité varie, et se réduit à 5 dans un listing. Si Gergorin était dans une démarche de bonne foi visant à protéger son groupe, pourquoi recèle-t-il des noms ? La dénonciation calomnieuse n'est pas une science exacte !

Ensuite, Gergorin a modifié la présentation des faits dénoncés. Des éléments ont été modifiés quant à la matérialité des faits dénoncés. Il y a un dernier paragraphe dans la note WSP complètement réécrit entre l'envoi à Rondot et l'envoi à Van Ruymbeke (NDLR, voir sur latribune.fr, l'envoi à Rondot et le premier envoi à Van Ruymbeke). Le paragraphe st une reconstruction de Gergorin. Gergorin n'a jamais assisté à une pénétration informatique de Clearstream par Lahoud. Pourtant, il présente Lahoud comme un informaticien génial. Il dit aussi que les documents transmis à Rondot et au juge viennent d'une pénétration.

Toutes les vérifications demandées par Gergorin, dont celle demandée au cabinet Hakluyt, sont postérieures à la dénonciation. Le contexte allégué par Gergorin de menace sur sa sécurité physique relève d'une construction intellectuelle, d'une mise en scène. C'est ce climat qui a emmené Van Ruymbeke à sortir de son cabinet et à intégrer des lettres anonymes dans son dossier. Gergorin n'a jamais envisagé de dire d'où il tenait ses informations. A cette date, Gergorin n'avait jamais demandé de protection. Il a maintenu des relations personnelles avec les personnes dénoncées, comme Joulin. Le comportement postérieur à la dénonciation révèle une stratégie du déni. Gergorin, lors d'une reprise de contact avec Rondot, il évoque des replis tactiques nécessaires. C'est la destruction des fichiers. Cette stratégie a permis de gagner du temps.

Puis il met en place une contre-offensive médiatique. Il donne une interview où il affirme qu'il n'est pas le corbeau et qu'il ne connaît rien à Clearstream. Sur le terrain professionnel, il constitue un classeur de lettres de soutiens. Il écrit à Sarkozy pour qu'il soit renouvelé comme vice président d'EADS. Il écrit un livre où il se targue d'avoir découvert un pan obscur de la finance mondiale. Sur le terrain judiciaire, il dépose plainte contre un rapport de la DST qui n'existe pas. Cette procédure clôturée par un non lieu. La justice est une arme comme les autres.

Il y a aussi déni dans le dossier. L'évolution incroyable de Gergorin qui décrit Lahoud comme un menteur. Il nie la dénonciation puis il se présente comme un dénonciateur de bonne foi. Une remarque sur le nom de la source. C'est une posture quant il dit vouloir la protéger. Or, quand il dit cela sa source est parfaitement connue. Lahoud a été entendu. Attitude parfaitement incohérente de dire taire le nom de la source alors qu'il a donné son nom à Van Ruymbeke. Y a-t-il un sens à donner le nom d'une source ? C'est la possibilité de se dédouaner ultérieurement de faux renseignements donnés. C'est aussi faire accepter l'idée de sa bonne foi. Gergorin s'est moqué de la Justice lorsqu'il dépose plainte alors qu'il connaît la vérité. Il s'est moqué de la justice en se livrant à des dénonciations nauséabondes. Gergorin a été de la plus parfaite mauvaise foi avant, pendant et après les dénonciations. Vous allez devoir le déclarer coupable du chef de dénonciation calomnieuse. Vous allez aussi le reconnaitre coupable des faits d'usages de faux. Quant au recel, il connaissait l'origine des listings.

15 h 59

Le substitut s'attaque maintenant à Lahoud : 4/ Lahoud fait figure de complice intéressé et malveillant dans cette affaire. C'est une triste figure une figure sombre. C'est un escroc et sa propension est incomparable. Plus personne ne le croit. Il est condamné à faire rire. Il a reconnu une falsification celle dans le bureau de la DCRG oùil a introduit Bocsa et Nagy. Pourquoi ? Il se retrouve dans une logique de fuite comme tous les menteurs. Il ment sur tout. Il est aussi malveillant à l'égard des magistrats, du juge Van Ruymbeke, de Rondot, à l'égard d'"Antoine", le traitant de la DGSE. Je porte un jugment sévère lorsqu'il livre le nom et le prénom d'Antoine aux juges en poste à l'étranger. Les faits qui lui sont reproché ont été commis juste après son élargissement de prison. Lahoud n'a pas compris et sa responsabilité est immense.

Que peut-on lui reprocher ? Il s'est procuré la matrice de la dénonciation, les listings. Il a commis le délit de recel. Il les a ensuite falsifiés. Dans son ordinateur figure des faux noms et des faux comptes. Il n'est pas crédible que Lahoud soit le simple dépositaire de faux listings. Nous devons constater qu'il est le point d'entrée des listings remis par Robert et Bourges et le point de sortie des listings falsifiés. Les effacements montrent sa mauvaise foi et sa collusion avec Gergorin. Il a été le dépositaire des lettres à Van Ruymbeke. Il a commis le délit de faux. Il a participé à la dénonciation calomnieuse. En conclusion, usage de faux de dénonciation calomnieuse pour les listings remis à Rondot et complice de Gergorin pour la dénonciation calomnieuse dans le cadre des listings transmis à Van Ruymbeke.

16 h 24

Le substitut Victor s'attaque enfin au dernier point de sa démonstration : 5/ Les dénonciations opérées servent les intérêts de l'un et de l'autre. Lahoud en soprtant de prison avait besoin d'argent et EADS l' grassement payé. Et Gergorin vante ses qualités. Il bénéfice du secret, du fameux sauf-conduit. Gergorin lui trouve son intérêt dans les personnes dénoncées. Mais Gomez, Martinez et Delmas figurent dans la liste de ceux qui déplaisent à Gergorin. J'aborde le terrain de l'intime conviction : qui peut croire que Gergorin n'a pas cité Delmas pour écraser un rival. Et les autres pour régler des comptes ?

 

Le substitut propose de suspendre la séance.

Le président accorde 15 minutes.

16 h 49

C'est le procureur lui-même qui s'attaque à Villepin à la reprise de l'audience après l'excellente prestation de son subordonné. Claire et précise.

Le procureur Marin : je vais démontrer sa responsabilité pénale. Puis, je vais requérir les peines. Il y a divergence entre les juges et le Ministère public. Cette différence complicité de dénonciation calomnieuse sont les même chez les juges et le Parquet. Mais c'est le périmètre qui pose problème. Les juges font de Villepin le commanditaire et l'instigateur de la fraude, donc l'auteur du délit de complicité d'usage de faux, de recel de vol et recel d'abus de confiance. Tel n'est pas l'analyse du Parquet. Il manque dles preuves tangibles de son implication délibérée au début de l'affaire. Villepin a eu une attitude équivoque dans cette affaire c'est au mois de juillet, à partir du 19 juillet qu'on peut lui reprocher sa complicité de dénonciation. Sa carrière, Villepin est la voix de Chirac, ce qui lui permet de s'affranchir de rendre compte à des ministres et au Premier. C'est en raison de cette place particulière que Gergorin va lui parler de l'affaire. C'est l'effet d'aubaine.

 

Le procureur est sous tension. Sa voix tremble. Son visage est de plus en plus rouge. Il rappelle l'affaire sous l'angle des liens Gergorin-Villepin

 

Le procureur Marin : force est de constater que le 1er janvier 2004, Villepin abonde dans le sens de Gergorin. Il convoque une réunion dès le 9 janvier, sans se soucier de ses contraintes d'agenda. L'entretien n'est pas contesté. Ce sont les termes qui le sont. Villepin dit qu'il rappelle les instructions générales du président Chirac sur la lutte contre la corruption. On sait que le nom de Sarkozy est cité souvent. Villepin invoque ensuite les instructions du président pour démonter le système. Il demande à Rondot de procéder à une enquête discrète dans un cadre secret. Rondot confirmera tout au long de la procédure, la fidélité de son compte-rendu. Villepin a toujours nié que le nom de Sarkozy ait été cité, ni avoir donné des instructions précises du président, ni avoir demandé une enquête secrète. 12 jours après, Rondot note son embarras. Il en parle à Marland (NDLR : directeur de cabinet de MAM). Dans un communiqué, Chirac dément avoir demandé la moindre enquête. Le 12 janvier, Rondot envoie une lettre relatant la réunion. Cette lettre ne sera pas retrouvée, ni au ministère de l'intérieur, ni à celui des affaires étrangères. Elle sera retrouvée dans l'ordinateur de Rondot. Cette lettre est restée sans réponse de la part de Villepin à l'audience. C'est le souci de ne pas perdre la face qui a conduit Villepin à s'impliquer dans le processus.

Dès le 9 janvier, Villepin est ferré. En citant ses principaux rivaux, DSK et Sarkozy, Gergorin emporte l'adhésion de Villepin. Qui va plus loin. Il glisse le nom d'Ollier pour atteindre MAM, autre rivale. Il préempte une affaire traitée par un autre département ministériel. Est-ce parce qu'elle va avoir des conséquences politiques ? Villepin est la voix du Président. Il s'agit de faire un coup politique en dénonçant un système mafieux. Ce comportement ne ressort pas des actes d'un ministre. C'est pour cela que la saisine de la Cour de justice de la République ne pouvait se justifier. Ce comportement choquera Rondot. Anormal aussi le suivi de l'affaire. Villepin ne demande aucun compte-rendu à Rondot qui n'a de contact avec Villepin qu'à travers Gergorin. Rondot est toujours entre doute et réalité. A ce moment, le ministère public n'avait pas la certitude de la fausseté des listings qui lui sont soumis.

17 h 16

Le procureur : Nous sommes le 25 mars 2004. Lahoud est mis en garde à vue. Villepin est dans une position intenable. Il nie être intervenu pour faire libérer Lahoud. Mais il n'y a aucun doute sur son intervention. Lors de son arrestation, Lahoud se munit du sauf-conduit remis par Gergorin où sont cités les coordonnées de Rondot. Rondot est informé. Il appelle Gergorin qui appellera Villepin qui appellera Rondot. C'est l'agenda de Rondot qui montre la chronologie.

 

Le procureur s'attarde longuement sur ce point. Il veut démontrer que Villepin suivait Lahoud, qui fournissait tant de renseignements. Cet épisode prouve aussi que Gergoirn peut joindre Villepin à tout moment pour l'informer sur l'affaire Clearstream.

Le procureur : tout au long de ce deuxième trimestre 2004, les doutes de Rondot montent. C'est dans ce contexte, où Rondot manque d'allant, qu'on passe à la deuxième phase, la transmission à Van Ruymbeke. Peu importe que Villepin ait donné ou non l'instruction. Il n'est pas certain qu'à ce moment, Villepin n'avait pas conscience de la fausseté des listings. ce qui caractérise cette période, Rondot n'a pas été en relation directe avec Villepin. Cela montre bien la distance entre le ministre et le général. En revanche, c'est l'accessibilité facile de Gergorin à Villepin lorsqu'il est au Quai d'Orsay. C'est plus difficile lorsque Villepin est au ministère de l'intérieur. C'est pour cela qu'est mise en place une procédure spéciale. Rondot relève les conséquences politiques de l'affaire. Le chef de l'Etat se trouverait mis en cause.

Nous passons de l'effet d'aubaine à la manipulation. Au plus tard au début de juillet 2004, Villepin va cautionner par son silence les agissements de Gergorin en feignant de croire à la validité des listings et en feignant de découvrir l'affaire le 5 juillet 2004 lorsqu'il demande à Bousquet le patron de la DST de « voir ce qu'il y a derrière » l'affaire. Mais Villepin ne dit pas qu'il est informé de l'affaire depuis le 1er janvier. Le 8 juillet, le Point lance l'affaire médiatiquement. La DST a la certitude de la fausseté des listings à la suite des contacts avec leurs homologues luxembourgeois.

17 h 34

Le procureur (qui a repris toute son assurance) : dès lors pour la DST, la question n'est plus de savoir si les listings sont faux mais qui est le corbeau. Les contacts attestent le mauvais coup qu'est en train de monter Gergorin. C'est pour cela que le 19 juillet, lorsque Rondot demande s'il peut s'associer à la DST, Villepin dit que Bousquet manque d'imagination. Heureusement que Bousquet manque d'imagination !! Pendant tout juillet, la DST va investiguer sans savoir que Villepin détient toutes les informations. A la jubilation succède l'inquiétude. Les notes de la DST du 8, 13 et 16 juillet apprennent au ministre que les listings sont faux et que le corbeau est Gergorin. Villepin demande à Gergorin de ne plus le rencontrer. Tiens ! Je pensais qu'il ne le rencontrait plus. Villepin convoque Rondot 4 jours après la parution du Point. Gergorin devient persona non grata. Le verbatim de Rondot du 19 juillet 2004 prépare la défense. Et consacre la certitude de Villepin du piège dans lequel il se trouve. Le général note « si nous apparaissons, le PR et moi, nous sautons ». Rondot a maintenu qu'il avait écrit cette note le même jour. Alors Villepin va faire croire que tout n'est pas faux dans ces listings. Villepin valide encore la démarche de Gergorin qui poursuit son œuvre de délation. Villepin sait toute l'histoire mais feint d'ignorer la falsification des listings et l'implication de Gergorin ! Le 2 septembre, Rondot rencontre Villepin. Il note malgré les vérifications que Villepin dit qu'il « y a quelque chose ». Cette posture restera inexpliquée.

17 h 46

Le procureur : La stratégie d'entêtement de Villepin va se poursuivre. Bousquet l'informe des risques pour le groupe Lagardère. Devant Bousquet, Villepin appelle Lagardère et organise un rendez-vous urgent. Au cours de la rencontre, Villepin n'évoquera pas l'affaire Clearstream ni le rôle de Gergorin. Depuis juillet 2004, Rondot n'a plus de mission au ministère de la Défense. Il est de plus en plus consulté. Il note l'inquiétude qui monte. Pendant ce temps, la DST est chargée d'apporter les preuves de la falsification à un ministre qui sait tout. Ce n'est que le 14 juin 2005 que Bousquet, le patron de la DST, apprendra la rencontre du 9 janvier 2004 entre Villepin, Rondot et Gergorin.

Villepin est le maître d'œuvre de la mise en lumière de réseaux tangentiels. Il a joué de tous les claviers des services de l'Etat. Il s'est laissé entraîné dans la thèse de la fraude. Il fallait maintenir l'illusion de la vérité. Et maintenir Gergorin dans son œuvre de corbeau. Cette assistance ira très loin. Jusqu'à informer de l'existence d'une perquisition chez Lahoud et Gergorin ? Qui a intérêt à ce qu'on ne retrouve pas les fichiers ?

Il n' y a pas d'élément probant démontrant que Villepin est l'instigateur et le commanditaire initial de la manipulation. Mais c'est une complicité par abstention volontaire équivalente à un acte positif.

17 h 55

Le procureur analyse l'acte positif de complicité à l'aide de la doctrine et de la jurisprudence qui indiquent que le laisser-faire est égal à une instruction donnée. C'est là malgré sa technicité le point essentiel de la plaidoirie de ce fin juriste qu'est Jean-Claude Marin. Mais on fera grâce des citations qui lasserait le lecteur non familier du JCP (jurisclasseur périodique).

 Le procureur : il ne s'agit pas révéler une infraction déjà commise mais d'une abstention volontaire qui permet à l'infraction de se commettre ou de continuer à se commettre. En ne révélant pas à la DST ce qu'il savait, Villepin est coupable de ce délit. Avec cette jurisprudence, Ponce Pilate ne peut plus se laver les mains !

18 h 05

Le procureur : J'en viens à mes réquisitions. Les rôles joués par les uns et les autres ne peuvent se mélanger. Il faut distinguer Bourges et Robert.

Pour Robert, même s'il connaissait l'origine des listings, la relaxe s'impose. Pour Bourges, le fait d'abus de confiance est caractérisé. Il n'a pas participé à la dénonciation. Je requiers 4 mois de prison avec sursis simple. Compte tenu de sa situation financière, je ne requiers pas de peine d'amende.

La sitaution de Lahoud, Gergorin et Villepin est tout autre.

Gergorin est l'artisan de l'ensemble de la manipulation. Sa responsabilité est prééminente. Je requiers 3 ans de prison dont 18 mois avec sursis soit 18 mois de prison ferme. Plus une peine maximum d'amende de 45.000 euros

Lahoud, c'est le second couteau mais sans lui rien n'était possible. Je requiers 2 ans de prison dont 6 mois avec sursis donc 18 mois de prison ferme et une amende de 45.000 euros.

Contre Villepin qui a connu l'affaire et n'a rien fait pour l'empêcher, je requiers 18 mois de prison avec sursis et 45;000 euros d'amende.

Dominique de Villepin a réagi à ce réquisitoire en estimant que "la promesse" de Nicolas Sarkozy de le "pendre à un croc de boucher" avait été "tenue".

Les avocats des trois principaux prévenus de l'affaire Clearstream ont ensuite dénoncé les réquisitions qu'ils ont qualifiées d'"excessives" : "on s'est toujours interrogé dans ce dossier de savoir où les réquisitions avaient été prises, si c'était boulevard du Palais ou rue du Faubourg Saint-Honoré (l'adresse de l'Elysée, ndlr). On a peut-être eu la réponse ce soir" selon l'un des avocats de l'ex Premier ministre, Me Olivier Metzner.

"Je veux croire que le procureur de Paris a exprimé aujourd'hui devant le tribunal son intime conviction. Ce que je sais, c'est qu'il n'a pas dit la réalité des faits", a réagi Dominique de Villepin à sa sortie de la salle d'audience. "Je ne crois pas qu'il ait dit non plus la vérité du droit", a ajouté l'ancien Premier ministre, applaudi par quelques fervents supporters.

Pour Me Paul-Albert Iweins, avocat de Jean-Louis Gergorin "les réquisitions n'ont pas de sens par rapport à ce qu'on a pu entendre et voir au cours de cette audience". "La sévérité de ces réquisitions n'a pas de sens à mes yeux et m'inspire simplement que tout ce qui est excessif est insignifiant", a ajouté l'avocat, qui ne se dit pas surpris de la position du parquet. "J'espère que le tribunal tiendra compte de ces évolutions et nous plaiderons avec confiance", a-t-il précisé.

Son client est "le grand perdant de ce réquisitoire", a encore soutenu Me Iweins. "M. Gergorin est digne. Ça ne veut pas dire qu'il soit heureux. Il sait que la vérité ne se divise pas et que nous allons nous battre pour lui. Les peines requises, sauf pour M. Lahoud qui s'en tire le mieux finalement, ce qui n'est peut-être pas un hasard, sont sans rapport avec les faits tels qu'ils ont été présentés au cours de l'audience", a encore insisté l'ancien bâtonnier de Paris.

Très indigné, Me Olivier Pardo, le conseil d'Imad Lahoud, a regretté l'absence de preuves matérielles apportées par le parquet. "On s'est contenté de dire de façon lapidaire, il a une face triste, il a une face sombre, donc il est coupable. Coupable de quoi? D'avoir menti? Mais depuis quand dans ce pays on poursuit les gens qui mentent? Parce que si on devait se contenter de poursuivre les menteurs dans ces dossiers, les bancs des prévenus ne seraient pas assez larges".

"Je dois dire que je m'attendais à beaucoup mieux de magistrats aussi talentueux que Romain Victor et Jean-Claude Marin", a-t-il dénoncé. "Je m'attendais à ce que dans le dossier Clearstream, qui est présenté comme un dossier emblématique, on ne se contente pas de constructions intellectuelles. Ce qui fait un Etat de droit, c'est qu'on condamne, qu'on poursuive des gens sur des preuves, sur des faits et pas uniquement sur des impressions".

Pascal Junghans

Vos réactions

  • odette a écrit le 22/10/2009 à 10:22 :

    • Cette affaire " est cousue de fils blanc " il n'y a aucune preuve contre De Villepin. L' avocat de Sarkosy est là uniquement pour démolir dans l'opinion, car De Villepin est un candidat sérieux contre Sarkosy qui désespère tout le monde : du chômeur aux trusts de l'industrie et par ses façons de disposer de la France pour sa famille ... Je pense que Sarkosy devrait arrêter cette bouffonnerie ! à y réfléchir cela lui ressemble. Félicitation aux comptes-rendus de Pascal Junghans.

  • paulhermin a écrit le 21/10/2009 à 09:21 :

    • Ce procureur n'est pas fiable,mais vicieux simplement!Bien entendu qu'il s'est inspiré du réquisitoire(et non pas plaidoirie)de Me Herzog(futur proc pour services rendus)et il a requi en construisant de toute piece une histoire qui "colle"à peu près à ce qui pourrait etre à peu près un semblant de vérité!Bref,ce magistrat invente,suppute,imagine,suppose,mais ne sait visiblement rien!Tout commeMe.Herzog,qui lui disait à tout bout de champ"Pour moi DdV ceci,DdV celà...La savent-ils la vérité?Est-ce la vérité ce qu'ils disent?Me.Metzner va certainement "bousculer"quelques reptiles dans cette fosse!

  • zozo a écrit le 21/10/2009 à 04:42 :

    • Merci à la Tribune pour la fin de siècle de la Cinquième République, pour rappel - la société du 2 décembre - Une très bonne ànalyse de "quivivraverra a écrit le 20/10/2009 à 20:10 :" Maintenant que l'autre nous a vendu aux Américains, et via Bruxelles, çà va être le retour au pain noir et au topinambours. Et bien on fera avec : comme un disait un capitaine en 14 : "en haut de la butte, la culbute" Un peu de patience

  • chadi a écrit le 20/10/2009 à 23:41 :

    • que veut sarkonotre empereurah cé le ...du 20eme siecle

  • marianne a écrit le 20/10/2009 à 21:45 :

    • Parfait le réquisitoire des magistrats ! Le trio d'enfer s'en tire trop bien, c'est bien le minimum que demande le procureur. Si les accusés avaient eu du courage, ils auraient du plaider coupable et dire la vérité. Alors on aurait pu pardonner. Leurs paroles ne seront jamais plu crédibles.

  • King David a écrit le 20/10/2009 à 20:49 :

    • Sarkpin est malin. Myrtille n'est pas une bille. Avec Mixman c'est evident. Imad De Lafontaine n'est pas bon qu'en maths.

  • formule1 a écrit le 20/10/2009 à 20:11 :

    • C'est une parodie de justice, il fallait condamner de Villpin, qui devra faire appel et puis comme disent les suisses, la Partie Civile montre qu'elle se défendra bec et ongles pour dire qsu'il ne faut pas l'attquer ( dans l'afffaire des soumarins au Pakistan). Il fallait montrer ses muscles dans une affaire qu'on a bidouille soi même c'est plus sur.

  • quivivraverra a écrit le 20/10/2009 à 20:10 :

    • Monsieur de Villepin est tombé dans un piège. Il eût mieux fait de le reconnaître. Mais qui a tendu le piège? Il est extraordinaire que personne ou presque, ni la justice, ni la presse, ne se soit réellement intéressé à la question des sources de l'affaire. Tout montre cependant que les principaux auteurs des listings sont d'une façon ou d'une autre liés à la CIA, et vparticulièrement les deux complices Lahoud et Gergorin, et bien entendu Sarkozy... Hypothèse: M. Sarkozy, féal de Georges Bush, s'est fait offrir sur un plateau le traquenard où devaient tomber et Chirac et Villepin, lui assurant son élection et débarrassant ainsi le pouvoir américain du seul adversaire sérieux à l'Ouest de sa politique hégémonique. Il suffit de voir les cris de victoire poussés par le clan des "néocons", lors de son élection, proclamant sans vergogne que le temps du retour de la France dans le giron de l'Otan était enfin venu et que l'Amérique était enfin débarrassée de 50 ans de Gaullisme. Le discours de Villepin à l'ONU a cellé son sort et assuré la mise en marche de la machine à élire Sarkozy. La CIA a bien travaillé. Avec Chirac et Villepin, les français sont tombés dans le piège. nouvel évêque Cauchon, Sarkozy acheté par la CIA a vendu la France aux anglosaxons. Depuis lors , après s'être couché aux pieds de GWBush, le vendu a payé sa dette: retour dans l'OTAN, empressement à soutenir les guerres d'Irak et d'Afghanistan, abandon de toute dignité, fin de la politique d'indépendance et de la tradition d'amitiés avec les pays arabes ou avec la Chine, régression de la France au rang de médiocre allié des américains, etc. , faisant de nous la risée de pseudo alliés qui nous méprisent... Seule consolation: le mépris dans lequel Sarkozy est tenu lui-meme par Obama...

  • yechoua a écrit le 20/10/2009 à 19:56 :

    • Si Villepin n'est pas l'instigateur de cette machination, quel est le mobile de Gergorin ? était il persuadé que son ami Villepin aurait le pouvoir de le remttre à la tête d'EADS et tout cela en portant préjudice à son rival Nicolas Sarkosy ? Et si Villepin l'avait vraiment commandité, aurait il été assez naif de croire à un aboutissement et à un espoir électoral ? comme dirait Anne, on ne nous dit pas tout !

  • HOTPATATOE a écrit le 20/10/2009 à 19:45 :

    • quel genie ce procureur; faute de preuve il aurait du demander la relaxe de villepin, mais impossible sinon il est massacré par Sarko alors il dit; complicité .... pour son silence; ca fallait le trouver... c est nouveau et pas dans le code penal bravo le procureur; il a passé la patate chaude au juge maintenant normalement faute de preuve si le juge lit le droit et uniquement le droit il y aura acquittement pour villepin; mais les juges sont ils a l abri des politiques?

  • ANDRE SILLAM a écrit le 20/10/2009 à 19:30 :

    • VILLEPIN S'EN TIRE BIEN MALGRE UN REQUISITOIRE DEMONSTRATIF? On peut dire que la réquisition de peine prononcée, le 20 octobre 2009, par le Procureur Général à l'encontre de Dominique de Villepin est relativement bénigne (18 mois de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende ; pas de prison ferme donc, ni d'inéligibilité requises), eu égard aux accusations relevées à son encontre, depuis le début de l'affaire Clearstream, suivant des extraits de la Tribune : 9 JANVIER 2004 : "On sait que le nom de Sarkozy est cité souvent à cette rencontre. Villepin invoque ensuite les instructions du Président Chirac pour démonter le système. Il demande à Rondot de procéder à une enquête discrète dans un cadre secret." "Villepin préempte une affaire traitée par un autre département ministériel." 25 mars 2004 : "Mais il n?y a aucun doute sur son intervention pendant la garde à vue d'Imad Lahoud. Lors de son arrestation, Lahoud se munit du sauf-conduit remis par Gergorin où sont cités les coordonnées de Rondot. Rondot est informé. Il appelle Gergorin qui appellera Villepin qui appellera Rondot. C?est l?agenda de Rondot qui montre la chronologie." DEBUT AVRIL 2004 : Le Général Rondot reçoit la réponse des services suisses. Elle est négative. Rondot envisage la fausseté d'ensemble des listings. Il convoque Lahoud et Gergorin et leur fait part de ses doutes. C'est le 14 avril. Le même jour, Gergorin est dans le cabinet de maître de Montbrial où il lui demande d'aller voir Van Ruymbeke pour l'informer sur l'affaire des frégates. Gergorin remet les listings à Van Ruymbeke. Rondot apprend plus tard cette remise. 14 AVRIL 2004 : Gergorin a opéré un tri dans les informations communiquées au juge Van Ruymbeke. Il ne parle pas de Rondot ni des doutes du général. Ni que Villepin a été étroitement associé à la communication des lettres. Debut juillet 2004 : Nous passons de l?effet d?aubaine à la manipulation. Au plus tard au début de juillet 2004, Villepin va cautionner par son silence les agissements de Gergorin en feignant de croire à la validité des listings et en feignant de découvrir l?affaire le 5 juillet 2004 lorsqu?il demande à Bousquet le patron de la DST de « voir ce qu?il y a derrière » l?affaire. Mais Villepin ne dit pas qu?il est informé de l?affaire depuis le 1er janvier. Pendant tout juillet 2004 : Pendant tout juillet, la DST va investiguer sans savoir que Villepin détient toutes les informations. A la jubilation succède l?inquiétude. 12 juillet 2004 : Villepin demande à Gergorin de ne plus le rencontrer. Tiens ! Je pensais qu?il ne le rencontrait plus. Villepin convoque Rondot 4 jours après la parution du Point, le 8 juillet 2004. Gergorin devient persona non grata. 19 juillet 2004 : Le verbatim de Rondot du 19 juillet 2004 prépare la défense. Et consacre la certitude de Villepin du piège dans lequel il se trouve. Le général note « si nous apparaissons, le PR et moi, nous sautons ». Rondot a maintenu qu?il avait écrit cette note le même jour. Alors Villepin va faire croire que tout n?est pas faux dans ces listings. Villepin valide encore la démarche de Gergorin qui poursuit son ?uvre de délation. Villepin sait toute l?histoire mais feint d?ignorer la falsification des listings et l?implication de Gergorin ! le 2 septembre 2004 : Le 2 septembre, Rondot rencontre Villepin. Il note malgré les vérifications que Villepin dit qu?il « y a quelque chose ». Cette posture restera inexpliquée. Mi-septembre 2004 : La stratégie d?entêtement de Villepin va se poursuivre. Bousquet (DST) l?informe des risques pour le groupe Lagardère. 2004 et 2005 : Villepin est le maître d??uvre de la mise en lumière de réseaux tangentiels. Il a joué de tous les claviers des services de l?Etat. Il s?est laissé entraîné dans la thèse de la fraude. Il fallait maintenir l?illusion de la vérité. Et maintenir Gergorin dans son ?uvre de corbeau. Cette assistance ira très loin. Jusqu?à informer de l?existence d?une perquisition chez Lahoud et Gergorin ? Qui a intérêt à ce qu?on ne retrouve pas les fichiers ? du 5 juillet 2004 à fin 2005 : Pour le Procureur : il ne s?agit pas de révéler une infraction déjà commise mais d?une abstention volontaire qui permet à l?infraction de se commettre ou de continuer à se commettre. En ne révélant pas à la DST ce qu?il savait, Villepin est coupable de ce délit. On verra ce que le Tribunal Correctionnel prononcera comme sanction en janvier 2010 mais si le Procureur est suivi dans ses réquisitions, Dominique de Villepin prendrait un gros risque de se voir condamné plus lourdement en Appel.

  • carambouille a écrit le 20/10/2009 à 18:47 :

    • Finalement on reproche à Villepin de ne pas avoir prévenu la DST quand il aurait pu savoir que les listings étaient bidons. Mais alors il faut condamner Rondot, MAM, Marland, et même Sarkosy et Herzog ....

  • berlin a écrit le 20/10/2009 à 18:44 :

    • Au moins on comprend ce qu'ils dit.... parce que pour ce qui est des avocats, c'est trop d'effets de manche. Surtout le dernier.... pressé d'en finir par le président du tribunal! Mort de rire, on se serait cru à une soutenance de mémoire.

  • Sarkpin a écrit le 20/10/2009 à 18:42 :

    • c?est une complicité par abstention volontaire équivalente à un acte positif.dit le procureur. il ne s?agit pas de révéler une infraction déjà commise mais d?une abstention volontaire qui permet à l?infraction de se commettre ou de continuer à se commettre. En ne révélant pas à la DST ce qu?il savait, Villepin est coupable de ce délit. Avec cette jurisprudence, Ponce Pilate ne peut plus se laver les mains Mais comme Sarkozy lui aussi etait au courant et qu il a laisse faire comme l ont demontre les debats et les collusions sarko perol lahoud.Sarkozy est coupable de ce delit Mais comme MAM elel aussi etait au courant via son dircab et qu elle en a meme parle a chirac ; MAM est coupable de ce meme delit En gros le procureur n'est pas convaincant il est arcboute sur ses positions de depart sans tenir compte des elements pouvant disculpuer juridiquement oui je ds bien juridiquement de villepin car ds la realite au vu de ses debats on a tous compris qu il s 'est fait doubler par sarkozy des le debut de l'annee 2004 , que MAM n' a rien dit en esperant qu ils allaient cramer tous les deux et qu elle apparaitrat comme la personnalite de droite pour les presidentielles

  • carambouille a écrit le 20/10/2009 à 18:39 :

    • C'est incroyable que ce soit le substitut qui requiert contre les quatre et le procureur contre DDV. Le substitut fait le travail judiciaire et le procureur le travail politique ? Sarko lui a promis le poste de procureur général si il arrivait à faire condamner Villepin

  • paulhermin a écrit le 20/10/2009 à 18:33 :

    • Eh!Attendez ce n'est meme pas le début ça c"est la mise en "bouche"vous allez voir les couloeuvres...viennent à peine de se réveiller!Il faut d'abord qu'elles prennent le petit dejeuner!Et puis après il y a tout le cérémonial!La cours d'Assises aujourd'hui c'est du gnan!gnan à coté de cette cour Correctionnelle!Je remercie la tribune tout de meme,fabuleux travail,GEANT!Merci encore c'est un délice!

  • Bobarr a écrit le 20/10/2009 à 18:32 :

    • Sarkomarin aurait du consacrer toute leur energie et tout leur temps aux affaires des frigates taiwanais et sous-marins pakistanais pour condamner les "escros". Secret defense, dira-t-on. En effet, c'est secret defense quand il s'agit des copains!!!

  • zorglub a écrit le 20/10/2009 à 18:25 :

    • Le procureur s'enferre, car la saisine du tribunal est limitée aux faits commis courant avril 2004.

  • lecancrelas a écrit le 20/10/2009 à 18:20 :

    • auprès des paranos qui nous gouvernent les informatitiens vont remplacer les tireuses de cartes

  • taodebout a écrit le 20/10/2009 à 18:20 :

    • En résumé, DDV savait tout depuis le début, mais il n'y a pas de preuves suffisantes avant juillet. Bien sûr, puisque ces preuves ont été détruites sur son instruction ou au minimum avec son assentiment. Si la destruction de pièces à conviction ne constitue apparemment pas un délit, elle fait peser une lourde présomption de culpabilité.

  • pacryon a écrit le 20/10/2009 à 18:19 :

    • "complicité par abstention volontaire" : complexe ; en plus, pourquoi l'équivalente avec un acte positif ?

  • pacryon a écrit le 20/10/2009 à 18:16 :

    • Une belle construction intellectuelle mais qui part du postulat que Villepin sait que les listings sont faux; d'ailleurs , comme le dit le procureur, "il n'est pas certain qu'à ce moment..." Belle construction mais ce ne sont que des hypothèses car d'autres lectures peuvent être faites: le 13 juillet au lieu d'imaginer que Villepin tombe des nues en apprenant que Gergorin est le corbeau donc coupe éventuellement les ponts, le procureur imagine que Villepin décide de sauver sa peau et ne veut plus voir Gergorin...Il manque beaucoup de choses pour évoquer une matérialité des faits...La question de la libération de Lahoud pose problème mais aussi parole contre parole d'autant que parfois le procureur a bafouillé en confondant Ipaq et IB !

  • Le PIEGE a écrit le 20/10/2009 à 18:11 :

    • Et si cette affaire n'était qu'un piège en vue de démolir définitivement Nicolas SARKOZY. Ce Monsieur, élu Président de la République, n'est ni sorti de Sciences PO, ni un énarque. Ces écarts de langage ont choqué plus d'un francais et ses trahisons de vieux amis politiques comme Pasqua, Chirac, Balladur et Lagardère l'ont classé comme instable. Son air condescendant en convoquant les banquiers a fini le retournement. L'hallali est il commencé ?

  • Erka a écrit le 20/10/2009 à 18:04 :

    • Bravo à Pascal Junghans. Il faudra qu'il nous dise un jour comment il fait pour être aussi précis, en direct pratiquement. Vivement la suite. C'est passionnant.

  • pierre044 a écrit le 20/10/2009 à 18:03 :

    • et pendant ce temps là pour nous, encore une longue journée de travail pour 40 euros... grosse envie de gerber...

  • ANDRE SILLAM a écrit le 20/10/2009 à 17:40 :

    • UNE COMPLICITE DE DENONCIATION CALOMNIEUSE PROBABLEMENT REQUISE CONTRE VILLEPIN CE 20 OCTOBRE En faisant la déclaration qui suit, le mardi 20 octobre à 15 h 20, le Substitut au Procureur de la République laisse à penser que la réquisition contre Dominique de Villepin portera sur une complicité de dénonciation calomnieuse : "Gergorin a opéré un tri dans les informations communiquées au juge Van Ruymbeke. Il ne parle pas de Rondot ni des doutes du général. Ni que Villepin a été étroitement associé à la communication des lettres". Vérifions avec la suite du réquisitoire.

  • faux-cul a écrit le 20/10/2009 à 17:34 :

    • Robert, loin d'être l'innocent porteur de nouvelles, s'est employé, s'est démené pour propager le faux, la contrefaçon et la calomnie. Lui journaliste ? vous plaisantez !

  • legal a écrit le 20/10/2009 à 17:33 :

    • politique! pour cela il aurait fallu que de villepin soit candidat à quelquechose, ou mieux un élu . Il n'est ni l'un ni l'autre donc coupable ou pas , le tribunal tranchera et en 2012 quelque soit le verdict ses chances sont aussi fantasmagorique que les comptes au luxembourg.Il ne faut pas confondre politique et mediatique.

  • bsna a écrit le 20/10/2009 à 17:21 :

    • C'est bien la relaxe de Denis Robert mais jamais il n'aurait dû être sur les bancs des accusés. Quel préjudice de temps passé pour rien et d'argent! Pas un mot sur le fond, sur son travail. La Cour aurait dû le remercier car heureusement que son travail était là pour voir ce qui a d'enjeux dans une chambre de compensation.

  • Sarkpin a écrit le 20/10/2009 à 16:37 :

    • Donc si je comprend bien sarko demande qu'il soit mis dans un listing pour être jeté en pâture aux médias. tout ça pour ne pas être président ? Villepin adore sarko au moment des faits et ils ne sont pas en compétition pour la présidence ! Franchement un peu de bon sens. Sarkpin je comprend bien l'envi de systématiquement mystifier Sarko mais autant d'admiration m'étonne !

  • Sarkpin a écrit le 20/10/2009 à 16:36 :

    • la qualite d e journaliste n'est pas reconnue dRObert .Le fait d'avoir detenu les listes falsifiees font de lui un complice de denonciation calomnieuse Par consequent tout ceux qui ont detenu cette meme liste peuvent faire l objet de la meme plainte..D ou dominique de villepin.C 'est fallacieux mais c'etait la seule voie possible pour entrainer devillepin face a la barre

  • mixman76 a écrit le 20/10/2009 à 16:31 :

    • A, les chambres de compensation... les juges d'instructions et autres procureur devraient, au lieu de s'intéresser a de malheureux fichiers bidouillés en oubliant les BASES de l'affaire, jeter un ?il sérieux à l'affaire Karachi qui vois la piste des rétro commissions confortée. Le battage médiatique de l'affaire clearstream et le reste de ces 3 dernières semaines, ce n'est pas pour rien...Ouvrez les yeux les gens ;)

  • erreipg a écrit le 20/10/2009 à 16:20 :

    • Explique-toi longuement et clairement ou tais-toi, sarkpin

  • myrtille a écrit le 20/10/2009 à 16:17 :

    • quel suspens !! Contente pour D Robert, mais impatiente de lire sous quel chef d' accusation ils vont requérir contre DDV- je lui souhaite d'être relaxé pour fautes évidentes de preuves !!

  • clap a écrit le 20/10/2009 à 16:15 :

    • Il n'y a aucun rapport entre les 2....

  • TheVoice a écrit le 20/10/2009 à 16:12 :

    • Il est particulierement irritant de voir certains pseudos vouloir tirer des conclusions d'autant plus hatives que le requisitoire n'est pas termine. Un peu de retenue ne fera de mal a quiconque. Merci.

  • chip a écrit le 20/10/2009 à 16:05 :

    • pourquoi les deux sont-ils liés ? a sarkpin

  • sarkpin a écrit le 20/10/2009 à 15:41 :

    • Le procureur demande la relaxe de Denis robert et pour cause , ca on le savait depuis le depart car mettre en examen celui ci , etait le seul moyen de mettre aussi en examen....dominique de villepin.Si d'aucuns voulaient etre convaincu uen fois de plsu de la manoeuvre de sarko derriere tout ca ..voila une preuve supplementaire

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