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http://www.latribune.fr/actualites/politique/affaire-clearstream/le-proces-clearstream/20091022trib000436073/proces-clearstream-minute-par-minute-pardon-pour-les-mensonges-de-lahoud.html
La Tribune.fr - 22/10/2009 | 17:49 - 3578 mots
13 h 25
Ce sera aujourd'hui une audience assez particulière dans ce procès au long cours. Maitre Témime va plaider pour Robert, relaxé d'avance, puis maître Pardo va défendre Lahoud, condamné d'avance. On suppose que le premier ne va pas contredire l'idée de départ. En revanche, toute la question est de savoir comment le second va pouvoir renverser la vapeur. La réponse sera donnée vers 18 heures.
13 h 31
L'audience est ouverte. Rapidement, le président donne la parole à la défense du journaliste Denis Robert, accusé de recel, et dont le procureur a demandé la relaxe.
Maitre Julia Minkowski, l'une des avocats de Robert : j'entre moi-même dans ma trentième année demain. Je suis un peu plus vieille que maitre Leclerc. Je plaide à un mauvais moment alors que la relaxe a été requise. Je viens plaider parce que le parquet ne fixe pas la conduite du tribunal. Je vais recentrer le rôle de Robert dans ce dossier. Je parle de Clearstream. La société s'est offerte ce procès comme elle s'est offerte des tribunes dans la presse. Notre affaire a été une aubaine pour cette société. Il était complice d'une manipulation. En fait, c'est son travail, qui est une victime de cette manipulation. Robert a été aussi manipulé.
L'avocate démontre que Lahoud a manipulé Robert. Le procureur Marin est présent. Les 14 citoyens assis sur les bancs du public dont un fidèle barbu écoutent sagement. Le président et l'une de ses assesseurs prennent des notes. L'autre assesseur se ronge les ongles.
14 h 02
C'est au tour de Maitre Temime, autre avocat de Robert : Julia, je vous le dis, je suis fier que vous ayez choisi ce métier d'avocat et je suis fier que vous travailliez avec moi. On me demande pourquoi je plaide alors que le procureur a demandé la relaxe. Je plaide parce que, M. Le Président, mesdames du tribunal, seule votre décision compte. Alors, je vais démontrer que le procureur a raison. Rapidement. En montrant que Robert doit bénéficier de l'article 10 de la convention européenne des droits de l'homme.
J'ai reçu des conclusions remplies de méchanceté de mes confrères défenseurs de Clearstream. Et je m'attendais à l'audience à quelque chose de fort. Et je constate que mes confrères affirment que je suis démagogique, que Clearstream est transparent. Et maitre Malka, qui va être au service du Grand duché, où il n'y a eu, comme chacun le sait, aucune affaire financière, a raison : il faut être sacrément abruti pour voir de l'opacité dans Clearstream !
Le talent de Témime réveille la salle. Un vrai électrochoc.
Maitre Témime : Comment peut on croire que des pannes informatiques, des fichiers cachés cachent quelque chose ? On est plus blanc que blanc. Et d'ailleurs, d'ailleurs, Clearstream a pris la mesure de l'horrible livre de Robert. Et là il faut réviser nos honoraires face à un audit qui a coûté 16 millions d'euros. Et Clearstream s'est bien évidement précipité à le communiquer, c'est la moindre des choses, et ben non ! L'audit n'est jamais apparu. Le patron de Clearstream est venu montrer son immense souffrance. Question du président : Pouvez vous produire ce rapport d'audit ? Réponse : oui, mais pas aujourd'hui. Le président demande communication du rapport d'audit. J'en ai demandé communication. Voilà ce que m'écrit mon confrère avocat de Clearstream : « la société Clearstream s'étonne que Robert puisse demander la communication de ce document protégé par le secret bancaire luxembourgeois ». Ce n'est pas Robert qui a demandé la communication, c'est le président de ce tribunal ! Pourquoi ne saisissez vous pas ce procès pour fournir le rapport et mettre un terme aux allégations de Robert ? Ce n'est pas digne. C'est injurieux ! Il y a eu 8 procédures contre Robert. Alors c'est vrai Clearstream en a gagné 5. Les tribunaux lui ont accordé 6001 euros au total. La société en réclamait plusieurs centaines de milliers. Et on parle d'un fond de commerce pour Robert ? Assez de démagogie, assez d'amalgame !
La salle est pliée de rire. Rien de mieux pour amuser que de taper sur des banquiers !
Maitre Témime en arrive au fond : Robert doit bénéficier de la protection reconnue par le Parquet de journaliste indépendant. Il était évidement dans son devoir de recevoir les listings de la part de Bourges. Quant à la transmission de listings à Lahoud, comme l'a dit le procureur, bien d'autres personnes ont aussi reçu les listings, d'autres journalistes, des hommes politiques aussi. Il serait dangereux pour la démocratie que Robert soit condamné. La condamnation est inenvisageable. Car la détention et l'usage étaient nécessaires pour sa défense dans les procès engagé par Clearstream. La jurisprudence a évolué. Elle a admis la production de document en défense de journaliste. Mais on pouvait être poursuivi pour leur détention. C'est absurde. Depuis 2002, la jurisprudence a admis qu'il n'y avait pas recel lorsque un journaliste produisait un document. D'ailleurs, jamais, jamais, jamais Clearstream n'a reproché à Robert le recel de document. Jusqu'en 2006. Lors de l'affaire Clearstream. Je crois qu'il est clair que Robert est périphérique dans ce procès et je demande avec beaucoup de confiance la relaxe de mon client.
Le président : je propose 15 minutes de relaxation.
15 h 03
L'audience reprend. Le président donne de suite la parole à Maitre Pardo, l'avocat de Lahoud.
Maitre Pardo : Pardon pour les mensonges de Lahoud. Pardon pour ses tombereaux de mensonges. Les mensonges de Lahoud ont ajouté des douleurs inutiles aux parties civiles. Qui ont eu leurs noms cités parce qu'elles appartenait au complexe militaro-industriel français au renseignement français parce que elles appartenez à la vie politique française. Pardon à elle pour les mensonges de Lahoud et pardon à vous, au-delà de ce tribunal, je m'adresse à l'institution judiciaire : les mensonges de Lahoud ont entravé la bonne marche de l'instruction. Ca été un calvaire pour nous tous. Je le dis simplement : mon principal adversaire, ce n'est pas le parquet, ce sont d'abord les mensonges de Lahoud. C'est une montagne qu'il m'oblige à franchir. Mon rôle est de les expliquer. Pourquoi Lahoud a tant menti ? Il a menti parce qu'il était tenu, tenu par des protecteurs puissants, des parrains de hauts vols.
Ce qui le montre, c'est la chronologie depuis la sortie de la prison de la Santé le 7 octobre 2002 jusqu'au jour ou il est placé sous contrôle judiciaire et licencié d'EADS. Il a été place en prison 108 jours pour faux, usage de faux et escroquerie. Le lendemain, le 8 octobre, il y a un déjeuner chez EADS avec Marwan Lahoud et au café Gergoin arrive. Le vice-président d'EADS a ferré un pion. Il a ferré un pion pour Rondot. Moins d'un mois après, Lahoud se retrouve dans un dîner avec Champtiaux (NDR : numéro deux de la DGSE), Juillet (numéro trois de la DGSE) et Rondot. Cinq mois après il devient consultant pour EADS, la première entreprise de défense européenne. Le financier va devenir informaticien de génie. Il va devenir directeur du centre de recherche de la sécurité de tous les armements français, de l'A380, lui qui n'a qu'un DEA de physique ! Puis il a été placé en garde à vue dans une autre affaire. Cela n'existe pas. Cela ne peut exister dans le fonctionnement de société comme EADS. Cela ne peut exister. On ne place pas quelque un qui sort de détention, qui à une double mise en examen, on ne le place pas à la tête d'un centre de recherche, on ne le place pas au cœur de l'appareil d'Etat. Cela n'existe pas. Il est fier. C'est magique ! Il sort de prison. Des généraux lui parlent. Il se dit : Enfin, je suis protégé. Mais ce n'est rien. Et le 25 mars une main plus puissante va le protéger : c'est le ministre des affaires étrangère. Il a un protecteur et quel protecteur ! L'homme fort de la République. Il est tenu. On va le prendre en charge. C'est une chose traditionnelle dans les services de renseignement : on prend quelqu'un de faible de fragile. On le monte. On lui dit : si tu ne fait pas ce que je te dis et on te lâche. Et c'est pour cela qu'il va mentir et mentir encore. Ces mensonges qui font rire tout le monde, ces mensonges qui permettent à chacun de faire des bons mots.
Mais vous avez des mensonges bien plus lourd, bien plus forts. Les mensonges de Gergorin, ce sont des mensonges prestigieux. Quant il ment, on le croit. On le croit parce qu'il est. Parce qu'il est polytechnicien énarque, parce que ces gens, cela ne ment pas. Il mentira lorsqu'il ne dira pas le chemin de sa clé USB. Il dit qu'il veut protéger sa source ? Il est le premier à balancer Lahoud ! Ce sont des mensonges documentés, organisés.
Maitre Pardo : Et puis vous avez d'autres mensonges. Les mensonges de Villepin, d'un mot car tout a été dit. Comment soutenir que le 25 mars il n'est pas intervenu pour faire sortir Lahoud de prison ? Il ment parce que cela révélait une chose : que Villepin connaissait Lahoud. Et cela c'est le second mensonge de Villepin. Il y avait un secret partagé entre Lahoud et Villepin. Le bavard, le vantard de Lahoud, il y a une chose qu'il n'a jamais dit : il connaissait Mme Pilloquet, la belle sœur de Villepin. Pourtant, quelle gloire ! et voilà que Médiapart (NDR : un site d'infomation), devenu le canal historique de Villepin pour faire passer ses messages, et on va apprendre que Lahoud connaissait la femme de Pilloquet, la veille de l'audience. Quel affolement il y a du y avoir dans la défense de Villepin ! C'est le secret partagé. Et lorsque Mme Pilloquet vient, il y a une part de vérité. Oui, dit-elle, j'ai parlé de Lahoud à ma sœur (nDR : la femme de Villepin). Moi, cela ne me fait rien. Ce lien est né en 1998. Ils sont amis. Ce phénomène majeur, on ne viendra pas le dire à l'instruction. Et Villepin dit : je ne connais pas Lahoud, je ne connais pas son nom. Bien sûr qu'il connaît son nom ! et c'est la faille.
Et on dit qu'on la vu trafiquer, pendant l'heure du repas, l'ordinateur de Pilloquet avec la fille de Casanova (NDR : un agent des RG poche de Squarcini). Mais il était à Suresnes. Ses notes de cartes bleue prouvent qu'il paye à15 h 06 !
Les mensonges de Lahoud vont peser lourd. Très lourds. Mais nous sommes des juristes. La morale ce n'est pas notre affaire. Cela ne suffit pas à faire une condamnation. Lahoud est ici non pas pour ses mensonges mais pour être un falsificateur, un dénonciateur calomnieux.
M. Le procureur, j'ai trouvé votre réquisitoire solide, mais il y a une faille la preuve absolue, intangible n'existe pas. Vous dites : nous allons proposer une démonstration fondée sur note intime conviction. Vous êtes tombé dans le piège du dossier Clearsteram. Vous dites démonstration. Je dis construction. La construction, c'est le vice du dossier Clearstream. La loi dit intime conviction, oui, mais fondée sur des preuves apportées au cours des débats. Je vais participer à la déconstruction de votre démonstration. Nous sommes dans un temps nouveau.
Maitre Pardo s'attaque maintenant au coeur juridique de sa démonstration : Quatre infractions sont reprochées à mon client. En examinant point par point, vous verrez si oui ou non si il y a des preuves pour condamner mon client.
D'abord la dénonciation calomnieuse auprès de Rondot et auprès de Van Ruymbeke. Selon l'article 228 bis, la dénonciation calomnieuse l'est lorsqu'elle est adressée à une autorité de poursuite. La question se pose si Rondot est une autorité de poursuite. Il est membre d'un cabinet ministériel. S'il est nommé par décret, il est délégataire de signature. Et il est une autorité. Le décret qui nomme Rondot dit : il est mis à la disposition du ministre. Il n'a pas délégation de signature. Il n'est donc pas une autorité. C'est Marland, l'autorité. Ce n'est pas Rondot. Il dit lui-même je ne suis pas un fonctionnaire d'autorité, je suis un conseiller. Rondot n'est pas une autorité de poursuite.
Deuxième question : Lahoud lui a-t-il remis des document dénonçant des personnes ? En octobre 2003, Rondot écrit : j'ai reçu une information de Gergorin. Donc, il reçoit une information, il ne reçoit pas de documents et c'est Gergoin qui est l'informe. Il ne peut donc y avoir de dénonciation calomnieuse. Ensuite, les documents lui sont remis par Gergorin. Donc Lahoud ne peut être accusé de dénonciation calomnieuse.
La falsification. On arrive au coeur dur de ce qui est reproché à Lahoud. Il y a deux motifs : l'expertise et les témoignages. On va enfin avoir des preuves. Les expertises. Il y a eu deux expertises des ordinateurs de Lahoud. On a retrouvé à l'état de trace dans les clusters alloués dans ses ordinateurs. On a trouvé 48 noms dans un des ordinateurs, dans un autre on retrouve un nom. La messe est dite. Tout est dit. Lahoud est coupable. Mais non, rien n'est dit. Ces expertises disent que Lahoud a détenu les fichiers, des éléments ; elles ne prouvent pas qu'il les a falsifié. Ni que c'est sur cette machine que les listings ont été falsifiés. Ni à quel date les listings ont été falsifiés. Il reste un point, c'est l'aveu de Lahoud disant qu'il a introduit les noms de Bocsa et de Nagy dans les listings dans le bureau de Bertrand. Je ne peux rien faire devant cet aveu, sinon dire que c'est un aveu de Lahoud.
Maitre Pardo : Il y a la défense de Gergorin qui dit je suis de bonne foi. J'ai été manipulé par Lahoud. Mais rien ne tient. Marwan Lahoud interdit à Gergorin d'embaucher son frère. Et il l'embauche. Les collaborateurs de Lahoud disent qu'il n'avait aucune connaissance informatique. Gergorin le présente comme un génie de l'informatique. Il n'a travaillé 3 mois à la DGSE qui l'a viré parce qu'il n'est pas crédible. Et Gergorin a travaillé quatre ans avec lui et il ne s'en rend pas compte que Lahoud est un menteur. Cela ne vaut rien.
Je vais vous dire une chose. On a parlé des principes. Très bien. Mais dans l'état du droit, il y a quelque chose de plus important. Le doute, le doute doit profiter au prévenu, le doute doit profiter à l'accusé. C'est cela l'honneur de notre droit. Et parler de doute dans ce dossier, c'est assez à propos. Et je vais vous proposer six points qui permettent de douter.
Premier point : les déclarations de Gérard Willing. C'est un homme respecté dans l'intelligence économique que Willing. Il est consultant de Gergorin. Il dit : j'ai communiqué des noms mal orthographiés qui se sont retrouvés dans les listings pour les voir circuler pour les tracer. C'est pas Lahoud qui a introduit ces noms, c'est Gergorin.
Deuxième point de doute : Mme Joulin, on ne va pas retrouver le nom de Mme Joulin dans les listings. On va retrouver le nom de Homa K Zand, c'est le surnom de Mme Joulin que connaissent très peu de personnes. Pas Lahoud. Mais Gergorin.
Troisième point de doute : Hakluyt, un cabinet d'intelligence économique anglais. Les honoraires versés : 4 millions deux cent mille euros par Gergorin. Que dit Gergorin à propos d'Hakluyt ? J'avais besoin de faire vérifier des points. On le croit. Pourquoi pas ? Mais il y a quelque chose que ne colle pas du tout. Gergorin dit : j'ai été lié par un secret d'Etat. C'est pour cela que je ne pouvais pas parler des listings. Et à qui il fait faire des vérifications ? A un cabinet composé pour l'essentiel d'agents des services de renseignement anglais, de l'Intelligence service, c'est intenable !!
Quatrième point : est-ce que Lahoud est le point de sortie des fichiers ? On a retrouvé les fichiers intégralement dans la clé USB de Gergorin qui contient tous les fichiers falsifiés et même d'autres qui seront remis le 14 juin 2004 à Van Ruymbeke. Gergorin n'a jamais voulu dire où était cette clé. Cela veut dire qu'au-delà de Gergorin, il y a quelqu'un, peut être en Angleterre, puisque Gergorin y va souvent, qui a détenu les listings. Il y a donc deux autres points de sorties.
Cinquième point : est-ce que tout seul Lahoud pouvait constituer des listings soit 9000 transactions soit 330.000 cellules informatiques à intégrer, à rendre cohérentes ? Ne peut-on avoir le doute qu'une seule personne ait pu faire cela ?
Sixième point : un témoignage de Bourges. Il lui a remis les fichiers et, à la sortie, le juge Van Ruymbeke détient les fichiers falsifiés. Bourges dit : je ne sais pas ce que j'ai remis à Lahoud. Ce que je pense lui avoir remis était aussi sur l'ordinateur de Arthur Andersen qui emploie 90 000 personnes. Ca fait beaucoup de personnes qui ont pu se procurer les fichiers ! Et Van Ruymbeke dit : je n'ai jamais fait de vérifications sur les 4 colonnes des listings que l'on m'a remis.
L'autre doute, enfin, ne provient pas de la défense de Lahoud mais des parties civiles. Elles ont toutes dit que Lahoud ne pouvait pas connaître tous les cercles de connaissance de Gergorin. Je ne vais pas développer. Leurs avocats l'ont fait mieux que moi. Qu'ajouter sinon cette thèse : Lahoud connaît plein de gens. Mais ces gens, il les connaît par sa femme, sa femme est inspectrice des finances, elle connaît d'autres inspecteurs des finances. Des gens importants. C'est normal.
Il y a eu un dernier argument : sans Lahoud, pas d'affaire Clearstream, a dit le procureur. Vous vous trompez, M. Le procureur : il y a eu une affaire « coupez les ailes de l'oiseau ». On y retrouve beaucoup de monde : Gomez, Martinez, la DST, Van Ruymbeke. C'est la même technique, les mêmes personnes. Le même tribunal, même, qui va rendre un jugement de non-lieu. Tout le monde y est. Sauf Lahoud. Le dossier Clearstream aurait pu avoir lieu sans Lahoud. Des Lahoud, on en trouve toujours. C'est un cave, Lahoud, comme on disait dans les années 50. C'est une mule, Lahoud, comme on dit des passeurs de drogues que l'on sacrifie. Gergorin a flairé sa proie. Il l'a instrumentalisée.
Lahoud, c'est une face triste qui fait rire tout le monde. Tout le monde a ri de Lahoud. Mais moi, je ne crois pas que l'on puisse réduire un homme à sa face sombre. Je n'ai pas entendu ces mots. Lahoud avait 37 ans lorsqu'il a rencontré Gergorin. Puis est arrivée l'affaire. Puis, lui, il est allé passé un concours à 41 ans, en concurrence avec des gens qui en ont 25. Il a quitté ce monde Clearstream. C'est une autre personne que l'on va remettre en prison. Il y est allé 108 jours et il y a l'opération Clearstream. A quoi ça sert de le remettre en prison ? C'est quelqu'un qui a quatre enfants. C'est pour eux, plus encore que pour lui, que je vous demande de faire la plus juste application de la loi pénale.
Maitre Pardo conclut ainsi sa plaidoirie. Il n'a pas demandé la relaxe de son client. Mais il a soulevé un point central : il n'y a pas de preuve que Lahoud ait falsifié les listings.
16 h 44
Le président commence une phrase pour clore l'audience de ce jour, mais Maitre Iweins, l'un des avocats de Gergorin, se lève pour un incident de procédure.
Maitre Iweins : je n'aborderai pas le fond. Je voudrai aborder un seul problème : la nullité que j'ai abordée dans mes écritures, qui n'a reçu aucune réponse. Cette nullité vise à déclarer nulle toute la procédure de ce tribunal pour violation des droits de la défense. Ce n'est pas pour écarter la partie civile du président de la République. C'est l'impartialité du tribunal et l'impartialité objective, celle de la convention européenne des droits de l'homme, qui est en cause. Cette impartialité doit être abordée objectivement. Tout le monde à le droit de se poser la question de l'impartialité d'un tribunal, dit la convention. Gergorin peut se poser la question à l'écoute des déclarations de Sarkozy s'exprimant au titre de sa fonction pour dire qu' « au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont jugé que les coupables devaient être traduits devant le tribunal ». Certains ont dit : c'est un lapsus. Ce n'est pas un lapsus. C'est un avocat, Sarkozy et pas de fraîche date. Le président s'exprimait en différé. La chose pouvait être corrigée. Elle ne l'a pas été. Elle a été aggravée. Le président ne s'est pas rétracté. Devant les dirigeants de l'UMP, il a dit : il y a deux coupables qui ont avoué. Je rappelle la constitution : le président est garant de l'indépendance de la magistrature. Comment voulez vous que mon client ne puisse pas s'interroger alors que le garant de l'indépendance le déclare coupable ? Le président n'a pas présenté des excuses. Il a dit : j'aurais été mieux inspiré de ne pas l'avoir dit. Il regrette de l'avoir dit. Il ne regrette pas le fond de sa déclaration. Vous, tribunal, êtes gardien des libertés, de l'impartialité objective. Vous avez l'article 802 du code de procédure pénale qui vous permet de faire respecter cette impartialité objective et d'annuler la procédure. Je vous demande de l'appliquer. Pas plus, pas moins.
Le tribunal va réfléchir. Entre temps, il est 16 H 55 et le président lève l'audience. Le procès Clearstream reprend demain à 13 h 30, pour sa dernière journée. Celle de la défense de Jean-Louis Gergorin.
latribune.fr
paulhermin a écrit le 23/10/2009 à 10:10 :
Ce qui est gènantdans cette longue histoire se sont les mensonges,les revirements,les contradictions etc...C'est un "BOUCAN"cette affaire!Mais en droit le doute doit profiter à l'accusé!Mais là encore est-ce bien la VERITE qui est dite?Bravo tout de meme à cet avocat qui défend presque l'indéfendable,il y a tout de meme de la logique pure et dure dans son raisonnement!Un MENTEUR peut etre aussi un CON,dommage pour lui!
hotpoodle a écrit le 22/10/2009 à 22:45 :
Merci infiniment Pascal Junghans, c'est mieux qu'un roman
RP38 a écrit le 22/10/2009 à 18:27 :
Merci pour la transmission des plaidoiries. Cette fois-ci sans faute de frappe et autres erreurs...
KIDITOU a écrit le 22/10/2009 à 18:05 :
AVEC LES ABSENTS DE MARQUE MAM, PERBEN...QUI PASSENT ENTRE LES GOUTTES AVEC UNE GRANDE DISTINCTION, IL EST INTERESSANT DE RAPPELER..POUR LES "FOUINEURS IMPENITENTS" UN AUTRE "FANTOME" : MAITRE THIBAULT DE MONTBRIAL, (FILS DE THIERRY DE MONTBRIAL ANCIEN PATRON DE L'IFRI, ATLANTISTE PATENTE IL ME SEMBLE),C'EST LUI QUI AURAIT FAIT RENCONTRER A SON DOMICILE LE JUGE VAN RUYMBEKE ET GERGORIN A DEUX REPRISES FIN AVRIL 2004..ETRANGE, BIZARRE, LOGIQUE,LOUFOQUE, A VOUS DE CHOISIR...
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