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http://www.latribune.fr/actualites/politique/affaire-clearstream/le-proces-clearstream/20091023trib000436356/revivez-le-proces-clearstream-minute-par-minute.html

C'était ce vendredi le dernier jour du procès Clearstream.
13 h 17
Il y a comme une atmosphère de dernier jour d'école avant des vacances bien méritées. Ce vendredi 23 octobre est le dernier jour du procès Clearstream. C'est aussi le jour de Jean-Louis Gergorin. Les avocats de l'ancien vice-président exécutif ont en effet le redoutable honneur de plaider en dernier. Avant que le tribunal ne se retire pour délibérer. Ils ont obtenu ce droit car, pour le procureur, qui a requis la peine la plus lourde, soit 3 ans de prison dont 18 mois avec sursis, plus une amende de 45.000 euros, Gergorin est tout simplement l'artisan ultime de l'ensemble de la manipulation Clearstream. A ses trois conseils, maitre Aline Bourcereau, maitre Thierry Dalmasso et le bâtonnier Paul-Albert Iweins, de démontrer le contraire. Ils ont promis des révélations. Nous attendons ...
13 h 32
Le président arrive. Il lit une demande de jugement immédiat déposée par une partie civile sans lien direct avec le dossier, l'ancien juge Bidalou.
Maitre Dalmasso : je prend la parole pour la relaxe de Gergorin. Comme tout le monde, j'ai apprécié les conclusions du procureur. L'anonymat restait la meilleure garantie des délateurs d'autres fois. Gergroin, lui, est allé voir les autorités à visage découvert. Comme nous le connaissons maintenant. Il a présenté les documents qui l'accusaient présentant les noms de ses ennemis les plus farouches : Delmas, Gomez, Martinez. C'est la fin du corbeau mais c'est aussi la fin du stratège : il ne pouvait ignorer qu'à partir du moment où il allait voir le juge, sa tête serait mise à prix. Notre éminent stratège a perdu de vue son ennemi Delmas, à l'issu d'une éphémère garde-à-vue douloureuse. Tout cela n'est pas très rationnel.
13 h 38
Ce stratagème était le pire pour tuer Delmas. Forgeard l'emporte. Delmas est viré. Gergorin reste. Acte désespéré de notre stratège. Il a 57 ans lorsqu'il rencontre Rondot. Tout lui sourit à ce moment. Il part aujourd'hui sous les crachats. Toutes ces anomalies M. le procureur, vous ne voulez pas les voir. Vous distribuez les rôles en fonction des profils. Gergorin est X, Ena, Stanford, c'est l'organisateur. Dans le rôle de la petite main informatique Lahoud, il n'a que deux diplômes de troisième cycle. Et il sort de prison. Et Villepin, l'homme politique, c'est le bénéficiaire. Casting d'apparence. Une fois que l'on a dit cela, il faut poser la question de la preuve. Vous n'avez pas de preuve. Il aime les coups tordus. C'est lui. C'est l'amalgame. Le défaut de la preuve c'est vous qui le soulignez, messieurs les procureurs, dans vos écrits. Vous parlez de l'affaire « coupez l'aile de l'oiseau ». Cette affaire « coupez les ailes de l'oiseau ». De quoi s'agit-il ? Ce sera très court. Lagardère a porté plainte contre Thomson pour actes de nuisance. La DST présente à Gergorin un informateur susceptible de le renseigner sur les actions du groupe Thomson. La valise de billets est remise à l'informateur sous les yeux de la DST. Ce sont des circonstances totalement différentes de l'affaire présente.
13 h 47
Maitre Dalmasso : je vais d'abord reprendre les successions de soupçons. Concernant Lahoud, deux idées fausses. Lahoud n'est pas rentré directement chez EADS mais après un travail de consultant. Surtout, l'embauche de Lahoud n'est pas à l'initiative de Gergorin mais de Rondot. C'est logique car la DGSE ne peut rémunérer Lahoud. Elle et Rondot demandent un emploi de couverture à Gergorin, son contact chez EADS, pour Lahoud, sa source. Lahoud est demandeur. C'est Marwan Lahoud qui a présenté son frère à Gergorin. Lahoud va quand même travailler dans cet emploi de couverture. Mais ce n'est pas Gergorin qui lui confie une mission de recherche en informatique. Ce sont les spécialistes du Centre commun de recherche d'EADS. Un d'entre eux dit : « le soutien de Gergoirn a compté mais pas seulement». Alain Juillet, Haut responsable à l'intelligence économique, félicite Lahoud pour son travail d'expertise sur les failles du Blackberry.
L'avocat lit les témoignages. La belle voix grave de Maitre Dalamasso s'entend à peine dans la salle. Pas d'effet d'audience. Le ton reste monocorde. Est-ce volontaire ?
14 h 04
Maitre Dalmasso : ensuite, les envois caractérisés par une volonté de nuire. Les pièces remises à Van Ruymbeke passent dans le dossier. C'est un exercice de style assez curieux. Et voilà comment on devient un corbeau. Pour évoquer cette lessiveuse, on donne dans l'imaginaire de la lessiveuse. Ce qui intéresse, c'est Clearstream en lien avec les frégates. Le nom de Gomez n'a pas été donné par Gergorin. On veiut savoir si ce nom n'a pas été mis pour appâter Gergorin et de mettre sur la piste de Gergorin. Il y a aussi des noms d'amis de Gergorin.
L'avocat passe en revue les noms des personnes citées dans les listings pour démontrer que Gergorin n'a pu les introduire dans les listings
Maitre Dalmasso : On a dit qu'il y aurait eu un conflit entre Kiejman et Gergorin car Kiejman n'aurait pas retenu l'hyopthèse de l'assassinat de Lagardère par la mafia Russe. A l'époque des listings, Kiejman avait, au contraire, demandé une expertise sur la mort de Lagardère. Ce n'est que bien plus tard, alors que l'affaire Clearstream était bien lancée, que Maitre Kiejman est revenu sur cette hypothèse.
14 h 20
Maire Dalmasso : restent les Russes. Mais là, je vais en dire un mot avec Lahoud. Lahoud a un vrai relationnel dans tous les domaines. Il dépend en partie de son épouse. Ca veut dire que Lahoud en sait pas mal sur les uns et les autres. On oublie les ennemis de Lahoud cités dans les listings : Gontier (NDLR : qui a témoigné contre Lahoud au procès), Lasteyrie, je ne veux pas accuser j'émet des hypothèses, Lasteyrie était le principal client de Gontier. Un autre qui a refusé un emploi à la femme de Lahoud. Hypothèse ... mais si l'on veut rêver de quelques motifs de vengeance, nous en avons quelques uns. Jevakhoff, c'est typiquement la sphère de Gergorin, dit-on. Mais il connaît aussi Lahoud. Il a dîné chez eux. Et Flam et Chouet, les agents de la DGSE ? Rondot dit que Lahoud les connaît. Et il y a un échange permanent entre Gergorin et Lahoud, un échange de confiance. Il connaît des noms comme cela.
14 h 33
Maitre Dalmasso : Lahoud fréquente le gratin des RG : la directrice départementale des RG de l'Isère, proche de Bertrand (NDLR : directeur pendant 12 ans des RG, proche de Chirac). Lahoud connait Casanova, un proche de Squarcini (NDLR : aujourd'hui patron de la DCRI, proche de Sarkozy). Je n'ai pas le scellé en tête. Bertrand est venu nous faire un sketch. Une paille lorsque Bertrand note que Lahoud pourrait travailler contre Jospin. Lahoud lit les blancs des RG. Et on retrouve dans les carnets de Bertrand tous les noms qui vont figurer dans les listings.
Sur son banc, maitre Temime, avocat de Robert (NDLR : et de Polanski dont la justice américaine demande aujourd'hui l'extradition de Suisse), la tête dans les mains, dort. Ses voisins ont des attitudes mitigées. Lantourne se bidonne ouvertement. Très smart, maitre Poynard se gausse. On ne voit pas ce que fait maitre Herzog. Si ! Il file des coups de coude à son confrère Temime - un ami ! - pour le réveiller. Maitre Dalmasso fait recette auprès de ses confrères !
14 h 41
Maitre Dalmasso : le piège s'est refermé sur Gergorin. Pour revoir les portraits, je note que Lahoud en sortant de prison a conservé un tel relationnel. Ensuite, Lahoud va rencontrer Robert. Ce voyage à Metz est prémédité par Lahoud. Et par lui seul. On va y trouver toute la genèse de l'affaire. Lahoud dit qu'il le fait au nom de la DGSE. Faux, dit le patron du service secret. Ainsi, la DGSE devient une couverture de Lahoud.
Le téléphone de Robert sonne. Juste au moment où l'on parle de la visite de Lahoud chez le journaliste.
Maitre Dalmasso : c'est l'émotion !!
L'avocat poursuit : les CD Rom remis par Lahoud à la DGSE sont falsifiés par rapport à ceux remis par Robert à Lahoud. Ce ne peut être que préalablement à la remise à la DGSE et à son insu. C'est peut être pour nous compromettre, dit le patron de la DGSE. Alors, comment puis-je être l'instigateur d'une manipulation qui a eu lieu avant moi et sans moi ? La manipulation est toujours la même. Il s'agit de séduire, de se faire adopter. Et on a des révélations. Mais on est bien en peine de les prouver. Lahoud est un escroc d'élite qui a escroqué l'élite. Il parle de Ben Laden à Rondot. Il y a un dîner avec le gratin de la DGSE avec le seul Lahoud. Des gens payés pour être méfiants ! Et ces gens croient Lahoud. Ils seront victimes de l'extraordinaire capacité de séduction de Lahoud. Ça marche. Rondot vendra Lahoud à sa ministre : c'est un spécialiste extraordinaire de la haute finance. Notre général en perdra de sa raideur. Avec du vent qui se pare de la technique, Rondot s'est fait avoir. Alors sur quel registre a-t-on abusé Gergorin. Il été facile à ce menteur invétéré d'alimenter la paranoïa de Gergorin. Lahoud est poursuivi pour avoir escroqué des banques.
14 h 57
Maitre Témime sort boire un café. Il en a besoin ! Maitre Herzog le suit. Le procureur et son substitut restent stoïques, raides dans leurs fauteuils. Ces meubles sont plus confortables que les bancs des avocats !
15 h 01
Maitre Dalamasso : Une question se posera sur la bonne ou mauvaise foi. Je prétends que Gergorin a été abusé, comme d'autres. Comme Rondot. Je reviens sur cette scène de pseudo vérification de hacking dans le bois de Meudon. Alain Juillet le dit : la lecture de cette scène relève d'un film de série B, d'une mise en scène destinée à abuser Rondot. Et pourtant Rondot le met dans une opération avec la CIA. Depuis 2003, Gergorin a tenté de vérifier. En missionnant des agences de renseignement. C'est la preuve de sa bonne foi. Soyons cohérent, si Gergorin était à l'origine de la manipulation, aurait-il demandé ces vérifications ? Rondot n'a pas vérifié. Gergorin l'a fait.
15 h 08
La plaidoirie de Maître Dalmasso est finie. Le président propose une courte suspension de séance. En se levant aussitôt, la salle montre son acceptation unanime.
15 h 29
L'audience reprend. Le président donne aussitôt la parole à Maître Aline Bourcereau.
L'avocate tente de régler le micro.
Maitre Bourcereau : Je n'ai pas l'intention de crier. Je vais examiner les charges sous l'angle du droit. Enfin ! Dites-vous. Enfin. On ne s'est pas posé si l'élément matériel existait, on s'est intéressé à l'élément intentionnel. Je dirai : on a joué le bonhomme. On condamne à trois ans, 18 mois ferme et on oublie l'élément intentionnel nous n'avons eu que 7 mots : la réalité de la manipulation est établie. J'ai repris l'ordonnance de renvoi. J'ai repris les notes d'audience. Je n'ai trouvé que l'élément intentionnel. C'est-à-dire le mobile. Dont on vous a montré l'innanité. Je ne vais pas être drôle Trois infractions.
Le recel. Les données sont un bien immatériel c'est un bien qyi doit rester identique quel que soit le support on est accusé de détenir de fausses informations. Il manque l'élément matériel. A part des trames, il ne manque que l'information initiale. Pour ce premier motif, je demande la relaxe pure et simple de Gergorin.
La falsification. Mais où a-t-on retrouvé les listings ? Sur l'ordinateur de Lahoud. Le procureur l'a dit : Lahoud est le point d'entrée et de sortie des listings. Cela me va bien. Et l'élément intentionnel : dès qu'il sait les listings falsifiés, Gergorin dit : c'est grave et il prévient. L'infraction vient-elle de Gergorin ? Je ne le crois pas. La charge principale pour le faux, ce sont les noms. On a vu ce qu'il fallait en penser. L'élément de preuve c'est que Gergorin a fourni un emploi à Lahoud. Oui, c'était un emploi. Gergorin ne s'en est jamais caché. Mais si Lahoud était cette petite mains, l'aurait on fait venir chez EADS ? Il suffisait de lui payer un local. Pour l'instant je n'ai rien.
L'histoire du sauf-conduit donné à Lahoud par Gergorin ? Rondot réagit non pas pour dire ce n'est pas admissible mais pour dire cela ne se dit pas. Gergorin est accusé d'avoir effacé massivement les fichiers. Mais l'expert le dit : ce ne sont que des effacements de fichiers temporaires, et les effacements sont automatiques. Les fichiers ne portent pas le nom de Gergorin. Mais vous trouvez le nom de Lahoud parmi les utilisateurs de l'ordinateur de Gergorin. Rondot, interrogé par MAM sur la possibilité de falsifier les listings. Il répond : ce n'est pas possible. Sur l'usage de faux, les infractions se confondent : usage de faux et dénonciation calomnieuse. Et c'est la relaxe.
La salle s'est endormie par le ton monocorde de l'avocate. Est-ce une stratégie des avocats de Gergorin de « faire chiant » ?
Maitre Poynard, avocat de Gomez (aux journalistes) : c'est Gomez qui a payé les avocats de Gergorin !
Maitre Bourcereau : La dénonciation calomnieuse c'est une infraction instantanée. C'est le mobile qui est constitué. Or, Gergorin a toujours alerté les autorités. Je ne pinaille pas ! La note WSP n'a pas été remise spontanément, mais à la demande de Rondot. Ainsi, la dénonciation calomnieuse à l'égard de Rondot n'est pas constituée. La dénonciation à l'égard de Van Ruymbeke n'est pas non plus spontanée ? Il y a eu une incitation : c'est l'instruction donnée par Villepin. Et je fais la démonstration par A plus B que cette instruction existe. Mais cela n'a aucune utilité car vous n'en êtes pas saisi des entretiens entre Gergorin et le juge. La saisine de votre tribunal. Pour toutes ses raisons, Gergorin doit être relaxé de toutes ces infractions. Nous devons le faire bénéficier du doute.
L'aimable maitre Brossolet, avocat de Villepin, quitte sa chaise auprès de son illustre client pour aller dormir au fond de la salle. La question court : ressemble-t-il à Sean Penn ou à Bernard Arnault ? Héloïse (Doc en stock) en tient pour l'acteur américain. Dorothée (AFP) et Anne (Backchich) aussi. Pascale (Le Monde) souligne le mimétisme de l'avocat avec Villepin. Stéphane (le Figaro) relance la piste Wang Shung poo. Comme tous les jours. Le banc des journalistes s'amuse comme il le peut.
16 h 27 Le président accorde une très courte pause de cinq minutes avant la plaidoirie du bâtonnier Iweins.
16 h 37
Le président revient et donne la parole au batonnier Iweins.
Le bâtonnier Iweins : j'aime bien Gergorin, je ne le prends pas pour un fou, ni pour un paranoïaque. Il crée le CAP, il porte EADS sur les fonds baptismaux. Octobre 2009 : trois ans d'emprisonnement dont 18 mois ferme. Quel homme avez-vous à juger : celui des premiers faits, homme unanimement admiré qui s'est fait piéger par un escroc ou ce machiavel décrit par maitre Herzog (NDLR : l'avocat de Sarkozy) qui a besoin de la culpabilité de Gergorin pour atteindre Villepin, et maitre Pardo (NDLR : avocat de Lahoud). Je vais lire le livre de Lahoud. Tout le monde s'est frotté les mains lorsque le corbeau a parlé. Et puis il y a moi, Lahoud, au milieu. Je suis le seul a ne pas avoir d'intérêt dans ces listings. Lahoud est un escroc. Gergorin, tout le monde s'est moqué : de sa voix de sa coiffure de son attitude. On le présente comme un stratège à tendance paranoïaque. On lui demande de faire des analyses et des prévisions, au Centre d'analyse et de prévision, où l'on s'intéresse au dessous des cartes. Avec l'aide des services de renseignement. Au CAP, il y a Delmas, Cousseran (NDLR : ancien patron de la DGSE) qui reste un ami de Delmas. Cette époque du CAP, c'est l'époque de la guerre froide. Gergorin a rendu des grands services à l'Etats dans l'affaire Farewell (NDLR : un agent russe qui a donné des informations capitales à la DST). Quand on est dans ce monde, on a une vision un peu particulière du monde. Ensuite Gergorin rejoint Lagardère. Il va être directeur de la stratégie du groupe Lagardère. Il va falloir des personnes à fort QI pour imaginer la création d'EADS. Gergorin est l'un des trois ou quatre qui a réussi cela. En parallèle, il va travailer avec les services. Dans les industries de la défense, on n'est pas dans le monde de Oui-Oui. Il y a de l'espionnage, des combats. Le monde de la réalité. Est-ce de la paranoïa ? Reprenons le combat Lagardère-Thomson, que chacun nous ressort. On est dans la réalité aussi. Je lis le jugement : il y a conflit entre Thomson et Lagardère. Mais il dit aussi que Gomez (NDLR : ancien patron de Thomson) a payé un avocat en employant « des méthodes dignes d'un délinquant d'habitude ». Alors, nous sommes dans le monde de Oui-Oui, et Gergorin est un affreux !!???
Il y a plus grave l'affaire des frégates. Il y a eu 500 millions de dollars versés. On n'a pas retrouvé 240 millions de dollars. Ce sont des rétro-commissions. Et c'est le contribuable qui va payer. Ce pactole qui est caché dans les documents de Thomson, la BAS2, ce n'est pas le monde de Oui-Oui !! et oui, refaites cette tête, M. le Procureur, qui avez requis un non lieu !
Le procureur agite la tête vivement
Maitre Iweins fait la revue des affaires et des vastes réseaux de corruption de ces dernières années : est-ce paranoïaque que d'imaginer de vastes réseaux de corruption. Jamais le groupe Lagardère n'a été compromis dans une affaire de corruption. J'en arrive au dossier rassurez vous. Je ne laisserai pas traiter de paranoïaque. Car son monde, c'est celui du dessous des cartes. Alors comment cet homme a été licencié d'EADS sans indemnité, avec une réputation perdue ? Il faut du courage aux témoins de moralité pour venir à cette barre dire leur admiration de Gergorin. Comment il en est arrivé à cette barre ? Car il a été victime d'un escroc au renseignement. Tout le monde dit qu'il a été déstabilisé par la mort de Lagardère, tout le monde sauf un, Delmas. Le parquet ouvre une enquête. Il est mort d'une maladie auto-immune rare frappant des hommes de moins de 30 ans présentant des signes précurseurs. Lagardère a 75 ans. Et un témoignage du Pr Montagnier écrit que c'est bizarre. On a oublié les parapluies bulgares, le leader ukrainien empoisonné. Et l'ancien du KGB empoisonné au polonium en Grande-Bretagne, au polonium ? Quant on lui dit bulgare, Gergorin ne pense pas au yaourt. Est-ce de la paranoïa ? Dans cet état de vulnérabilité, Gergorin voit la main des mafieux. Le malheur veut qu'il rencontre Lahoud. Pourquoi il lui parle de ses problèmes, cet imbécile de Gergorin ? On lui présente celui qu'on dit être un brillant trader, Lahoud. Aussitôt, Lahoud sent la vulnérabilité de Gergorin. Gergorin va demander si dans les titres Lagardère il y a des mouvements. Le compte rendu d' « Antoine » (NDLR : l'officier traitant de Lahoud à la DGSE) le 3 juin 2003 : Lahoud trouve des changements de titres. Les mouvements de titres ont doublé avec la mort de Lagardère. A l'occasion de ses recherches, Lahoud dit à « Antoine », le 16 mai 2003, qu'il a trouvé en Suisse des comptes secrets de Gomez et de Martinez. Et Delmas. Il refuse de les donner à Gergorin. Il va les lui donner, il va les lui donner. Plus tard. Gergorin refuse de croire sur Delmas. Que va dire Lahoud ? En septembre 2003, il va pouvoir tirer les comptes. C'est pour cela que Lahoud rencontre Bourges, pour avoir la transaction Delmas dans les listings Clearstream. Bourges est le seul à avoir les transactions.
Lahoud transmet 8200 transactions à 4 colonnes modifiées. Elles ne sont pas modifiées par un algorithme. Et là, je sais. Elles ont été modifiées ligne à ligne et Gergorin va y croire. Il va commettre l'erreur de croire sa source qui lui apporte des documents. Il n'est pas le seul. 27 mai 2004, Rondot note : une de mes sources, Lahoud, m'indique que le fils de Saddam a transféré 30 millions de Bagdad à Beyrouth C'est cela l'affaire Franklin. Et Rondot veut faire rentrer la CIA dans la boucle. Et Rondot fait rencontrer Lahoud, dont on doute tant, à la CIA. Les doutes, les doutes. Mais la CIA est méfiante. Merci la CIA. Mais Rondot, Marland, MAM y croient. C'est dans le dossier. Il y a une note pour le président Chirac pour lui permettre d'informer le président Bush de cette affaire. C'est extraordinaire !!
Je suis sûr que vous allez relaxer Gergorin, mais je voudrais être sûr que vous sachiez que Lahoud a bidouillé les fichiers avant de connaître Gergorin. 2 avril 2003 Lahoud est contacté pour réintroduire 80 millions de dollars en liquide dans le circuit bancaire avec une commission de 15 %. La DGSE demande la méfiance. Cela prouve la capacité de cet homme à convaincre avec des chimères. Quand Gergorin reçoit les fichiers, il est affolé. Il voit son groupe déstabilisé. Lahoud lui remet une liste de 895 comptes fermés. Ce crétin de Gergorin se précipite chez Villepin en disant : voilà la preuve.
Je sais que vous avez des questions. Comment un homme aussi remarquable a-t-il été trompé par une affaire aussi minable ? Un exemple : l'affaire des colliers de la Reine. Un homme remarquable, a été trompé, le cardinal de Rohan. Il a été jugé dans cette salle. D'ailleurs, il a été relaxé. Le cardinal de Rohan est passionné. Gergorin est aussi passionné.
Lahoud en attend une protection. La DGSE, Rondot, Gergorin. Moi, je m'intéresse aux écoutes téléphoniques. Une conversation entre Lahoud et sa femme, au moment d'une perquisition chez les Lahoud. Il ne faut pas que cela nuise à Mme Lahoud, ni au ministre Woerth, dont elle est collaboratrice. Il ne faut pas que cela nuise au ministre alors qu'il va y avoir remaniement. Il faut en parler au ministre. On utilise le nom de Villepin. On sait qu'un coup de fil sera passé au ministre. Ce « Petit chose » de Lahoud se préoccupe des remaniements ministériels.
18 h 07
La plaidoirie se poursuit. Malgré tout son talent, Maitre Iweins sent bien que le tribunal attend la fin.
Maitre Iweins : Delmas a fait une description terrible de mon client que cela demande des mises aux points. Car Delmas ne parle pas de ce qui s'est passé avant avril 2004. Pourquoi cette colère de Delmas pour Gergorin ? Il y a eu la lutte Camus-Forgeard. C'est vrai. Gergorin était proche de Camus. Delmas de Forgeard. Delmas dit : j'ai subi un immense préjudice. Je dis oui. Mais il est vengé. Gergorin en a subi aussi. Il dit qu'il a quitté l'entreprise à cause de cela. Ce n'est pas vrai. Et c'est Forgeard qui le dit. Forgeard gagne. Et curieusement Delmas s'en va. Car les Allemands et les Anglais ne l'ont pas voulu. L'avocat d'EADS le dit. Il dit que deux personnes ont quitté le groupe à cause de l'affaire Clearstream, Lahoud et Gergorin.
Les éléments de bonne foi : Gergorin harcelait Rondot pour avoir des vérifications sur les listings. Gergorin ne savait pas que Rondot ne le ferait pas. Rondot gardait en lui-même, il le dit, qu'il ne saisirait pas la DGSE. Il y a eu instruction présidentielle, j'en suis convaincu. Mais Villepin protège le président de la République.
18 h 23
Maitre Iweins promet d'aller vite. Villepin est attendu sur les plateaux de télévision.
MAM n'a pas informé le président. Plusieurs hypothèses : elle laisse faire dans un silence assourdissant. Je ne le dirai que pour mépoire car c'est insultant : MAM aurait voulu que ses deux rivaux (NDLR : Villepin et Sarkozy) s'entretuent. Il y a une escroquerie qui a touché Gergorin et a atteint Villepin. Je dirai un mot des RG. Il y a l'explication de la petite main qui a eu de l'aide. Je ne veux pas, je ne veux pas croire qu'il n'y ait rien dans les dossiers des RG sur l'affaire Clearstream sinon des articles de presse. Chacun connaît Bertrand et son amitié pour Sarkozy. Dans ses carnets, il y a tous les noms qui figurent dans les listings, les noms qui n'intéressent pas Gergorin. J'en viens à ma conclusion. Gergorin a exprimé des regrets. Gergorin voudrait bien reprendre une relation avec Delmas. J'ai été très méchant avec Lahoud, je le regrette car comme tous les escrocs, il est admirable. La vérité est que Gergorin est innocent, il est une dupe, ce procès n'a pas été qualifié comme il doit être. Il aurait du être qualifié d'escroquerie et Gergorin en est une victime.
Il est 18 h 31 : le président demande aux prévenus de se lever.
Le président : avez-vous quelque chose à dire ? M. Bourges ?
Bourges ne dit rien.
Villepin : j'ai assisté à ce procès de la première à la dernière minute. Certains ont dit qu'il serait humiliant pour un ancien Premier ministre d'être dans ce tribunal. A aucun moment, je n'ai eu le sentiment d'être humilié.
Le président : M. Robert ?
Robert : je suis ni content ni soulagé, ma présence est profondément injuste. En tant que témoin, j'ai des choses à dire. Bourges m'a remis les listings en tant que citoyen.
Le président : M. Lahoud ?
Lahoud ne dit rien.
Le président : M. Gergorin ?
Gergorin : tout ce que j'aurais souhaité exprimer a été compris dans les plaidoiries de mes conseils.
Le président : L'affaire est mise en délibéré. Le jugement sera rendu le 28 janvier à 10 h 30 ici même.
Il est 18 h 36. Le procès Clearstream est (provisoirement) terminé après 112 heures de débats, quatre ans quatre mois et 16 jours d'instruction et un volume de 399 pages de notes d'audiences publiées sur latribune.fr.
Dehors une haie de caméra attendent Villepin. Et aussi ses partisans qui applaudissent.
"Les Français savent maintenant que j'ai été accusé à tort", a-t-il lancé. "Pendant quatre ans, j'ai souffert, ainsi que ma famille d'un acharnement mais je veux tourner la page et je veux regarder vers l'avenir". Il dit "garder la main ouverte vis-à-vis de Nicolas Sarkozy". "Je n'ai pas de rancoeur au fond de moi et je veux servir les Français à la place qui est la mienne". Il a souligné avoir "assisté à ce procès de la première à la dernière minute. Certains ont cru que c'était infamant qu'un ancien Premier ministre soit devant vous. A aucun moment je n'ai eu le sentiment d'être humilié devant vous".
latribune.fr
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natashasomerset-Aia a écrit le 06/12/2009 à 01:10 :
Priorité: 17 ans à la limite.Spiritualité au fem. non-garantie.N'est-il pas?
Le Pétoncle a écrit le 25/10/2009 à 17:26 :
Depuis ma connaissance des transcriptions de ce procès par P. Junghans, tous les autres compte-rendus de presse me paraissent affligeants. Enfin pouvoir se forger un jugement sur pièce, sans filtre ! Cela me paraît étonnant, dans un monde de l'info soi-disant transparent, qu'un seul journal ose aller aussi prés du réel. Tous le pouvaient, La Tribune l'a fait ! ! ! Je n'étais pas un de vos lecteurs auparavant, je le deviens !
baroque a écrit le 25/10/2009 à 14:32 :
Tout cela est bien une mascarade. Je frôle les 75 ans j?en ai vu et entendu !?Dans tous les gouvernements quel qu?ils soient et en réponse à KIKI je confirme que le premier ministre et les autres (de gauche ou de droite) sont bien des potiches exploitées par le président, je suis aussi un Français moyen plutôt de gauche mais pour moi, Mr de Devillepin à son poste de premier ministre est soumis à des réserves, encore une fois « chapeau » il garde son sang froid et couvre effectivement des personnalités bien à l?abri des tribunaux. C?est une analyse très personnelle. Bravo la Tribune ! Chaque matin vous êtes mon favori sur l?ordinateur, merci.
kiki le 24/10/2009 à 14h11 a écrit le 24/10/2009 à 14:42 :
J'ai déja ecrit deux réactions sur villepin .Maintenant,c'est en délibéré avec trois juges.J'èspère que ces juges lisent les éccrits des internautes surr la tribune.Les avis du peuple qui vote peuvent influencer leur décision.Je sais que ces magistrats sont indépendants,et qu'ilis ont de grandes compétences d'anayse.Mais je suis un Français moyen qui a une grande confiance auprès des juges qui délibèrent sur cette affaire. Ma conclusion,est qu' il n'est pas pensable que Villepin ne soit pas sanctionné.Cela laisserait à penser à tous les élélecteurs,qu'un premier Ministre n'est qu'une potiche et que mème s'il est au courant d'un trafic mensonger ,pour conserver son poste, il se tait,pour couvrir son supérieur éventuel.Je suis impatient,de connaitre le verdict.
Jn'y crois pas a écrit le 24/10/2009 à 07:33 :
Dans cette affaire Clearstream, je pense que tous ces acteurs ont créé une embrouille pour couvrir des personnalités à l?abri de toutes poursuites. Toutefois je tire mon chapeau à Mr de Villepin qui n?a pas lâché le morceau malgré les multiples attaques menées contre lui, celui-ci n?étant pas blanc de blanc non plus j?imagine ! « Jolie mise en scène et belle pièce de théâtre en perspective pour les scénaristes ?»
Ordonez a écrit le 24/10/2009 à 07:19 :
Félicitations à La Tribune pour la couverture du procès. Essayez de couvrir le procès de J.Kerviel et nous découvrirons peut être d'étranges similitudes dans le style "tout le monde savait" mais "nul ne disait" ..........
Marlo a écrit le 23/10/2009 à 22:29 :
Je tiens juste à remercier toute l'équipe de la tribune pour ce travail formidable. Vous avez fait dans esprit professionnel. L'info rien que l'info. Vous êtes le modèle d'une presse libre...
RVA a écrit le 23/10/2009 à 22:28 :
Bravo au professionnalisme du journaliste Pascal Junghans. Pour la première fois, j'ai suivi en "direct" un procès. En espérant que ce mode se répand pour les autres affaires les plus importants à venir ! Les citoyens ne seront plus ignorants du "haut monde" ! Je pense en tout cas que la vérité n'est pas tout dit dans ce procès. Chacun ont reçu des instructions ou scellés par le secret défense....(CIA? FSB? Mafia russe? EADS ? seules eux en savent plus...)
ANDRE SILLAM a écrit le 23/10/2009 à 22:07 :
Pour avoir assister à une audience de l'affaire Clearstream, je peux dire que les débats qui nous sont retracés par le journaliste de La Tribune sont REMARQUABLES : qualité d'écoute (malgré une très mauvaise sonorisation), réactivité entre la déclaration et la transcription, intelligence dans la compréhension des faits (multiples et espacés dans le temps), excellente connaissance des différentes parties civiles et de leurs avocats. Les greffières du Tribunal pourraient se servir des 399 pages de Notes (notamment lorsque la sonorisation était mauvaise), tant la rédaction est claire. Ce verbatim devrait même être édité comme modèle aux Ecoles de journalisme ou aux Magistrats. Depuis que j'ai eu connaissance des Comptes-rendus de la Tribune, je ne me suis plus rendu au Palais de Justice. Une chose à prévoir : une possibilité d'actualiser le compte-rendu avec l'avancement des débats. FELICITATIONS A LA TRIBUNE. FELICITATIONS
paulhermin a écrit le 23/10/2009 à 21:08 :
Je pense que peu de gens ont suivi cette affaire,d'autres n'ont strictement rien compris,mais donnent leur avis à tout bout de champ,et d'autres encore n'y croient pas!etc...d'autres et d'autres encore!Nous vivons cependant dans ce monde là,on ne le voit pas,mais il est là!Ce monde nous "protege"...mais il y a des regles à respecter,et les "éxécutants"doivent etre de parfaits James Bond,ce n'était pas le cas pour Gergorin,ni pour Lahoud!Moralité?Il ne faut pas un "petit"chez les grands!Bonsoir à tous,et merci à Latribune.fr
alias a écrit le 23/10/2009 à 20:57 :
DDV2012 !!!!
Luther a écrit le 23/10/2009 à 20:55 :
Félicitations à la tribune. Meri d'avoir couvert ce procès, mrci de votre transprence. Pauvre France!!! Où sont tes principes???
cdne a écrit le 23/10/2009 à 20:35 :
Formidable travail de journaliste. Un suivi digne et et intelligent Merci de votre investissement de qualité.
Veritas a écrit le 23/10/2009 à 20:27 :
Bravo a La Tribune ! La plaidoirie de Metzner restera un grand moment. Villepin sort vainqueur, sarko a encore perdu en credibilite.
ZOZO a écrit le 23/10/2009 à 20:21 :
Merdi la Tribune. Les autres journaux font leurs commentaires suivant leur tendance, là c'est du brut, et bien frappé. L'allusion au collier de la Reine, est-ce un hasard ?
legal a écrit le 23/10/2009 à 18:41 :
et voilà, confirmation qu'il s'agit des pieds nickelés, si ce n'est qu'EADS et le gouvernement francais ont étés dirigés par des pieds nickelés donc je peux imaginer (je ne suis pas juge) : tout est completement débile mais pour autant tout a fait constitué donc petite peine avec sursis car circonstance attenuante de faiblesse d'esprit pour tous , mais grosse indemnité pour les parties civiles qui en ont beaucoup souffert (je pense à Delmas) le tout à répartir entre les pieds nickelés..
Salaire_DeMisère a écrit le 23/10/2009 à 17:08 :
DERNIER JOUR DE MASCARADE QUI VA COUTER DES MILLIONS AUX FRANCAIS ! DERNIER JOUR DE MASCARADE QUI VA COUTER DES MILLIONS AUX FRANCAIS ! DERNIER JOUR DE MASCARADE QUI VA COUTER DES MILLIONS AUX FRANCAIS ! DERNIER JOUR DE MASCARADE QUI VA COUTER DES MILLIONS AUX FRANCAIS !
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