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La Tribune.fr - 04/06/2009 Ã 15:05 - 402 mots

La Tribune : la campagne électorale italienne se cantonne jusqu’ici aux thèmes nationaux habituels…
Jean-Pierre Darnis : en effet, mais il s’agit de l’instrumentalisation nationale classique de la campagne des européennes. Ce scrutin coïncidera d’ailleurs avec des élections locales. Le leader du centre-gauche, Dario Franceschini, doit mobiliser ses troupes dans le contexte des luttes internes de son parti à la peine dans les sondages. Et pour Berlusconi, cette élection est surtout un référendum sur sa personne : contesté pour ses affaires personnelles, notamment judiciaires, son bon score prévu doit fonctionner comme une confirmation de sa légitimité au pouvoir.
Le peu de débat en Italie sur l’Europe est-il similaire à celui enregistré dans l’Hexagone ?
Non. Il y a toujours un acquis européaniste pour les Italiens dissimulé sous cette absence de débat. Certes Silvio Berlusconi a un discours plus nationaliste que ses prédécesseurs à la présidence du Conseil mais cela ne remet pas en cause l’intégration de l’Italie en Europe. Alors qu’en Italie, les partis et les administrations au pouvoir ont une sorte de "code génétique" pro-européen, il me semble que quasiment aucun parti français n’a un discours positif sur l’Europe, le thème récurrent est celui de protection, à l’instar de l’UMP et son opposition à l’entrée de la Turquie dans l’UE. A l’inverse en Italie, il y a un large consensus favorable à l’entrée de la Turquie, même chez les catholiques conservateurs, depuis une intervention du Vatican. En France, même les plus pro-européens ont peur de dire que la nation française puisse être relativisée par plus d’Europe.
Mais le partenaire de Silvio Berlusconi au gouvernement, la Ligue du Nord, a un discours assez négatif sur l’UE et elle est farouchement contre l’entrée de la Turquie…
Certes, le discours populiste initial de la Ligue contre les Italiens du Sud, qualifiés de "cul terreux", s’est aujourd’hui élargi à une hostilité aux musulmans, et notamment à l’opposition à l’entrée de la Turquie. Mais leur vrai fonds de commerce est de clouer au pilori les gaspillages du pouvoir central à Rome. La droite italienne, issue du fascisme notamment, a en fait eu une évolution vers la modération sur l’Europe. Le président de la Chambre des députés, Gianfranco Fini, issu du MSI postfasciste, se fait désormais le garant des acquis européens. D’ailleurs l’an dernier, Silvio Berlusconi, partisan de l’entrée de la Turquie dans l’UE, a immédiatement tué dans l’œuf la requête de la Ligue d’organiser un référendum sur le traité de Lisbonne.
Propos recueillis par Frank Paul Weber, correspondant de La Tribune à Milan
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