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Jean-Dominique Giuliani : "le manque d'enthousiasme est, hélas, une tendance à l'œuvre depuis un certain temps"

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Jean-Dominique Giuliani est président de la Fondation Robert Schuman à Paris.

Jean-Dominique Giuliani

La Tribune : l’abstention risque de sortir la grande gagnante du scrutin du 7 juin. Pourquoi l’Europe ne fait-elle plus envie aux citoyens ?

Jean-Dominique Giuliani : le manque d’enthousiasme est, hélas, une tendance à l’œuvre depuis un certain temps. Les thèmes de politique européenne n’ont pas embrayé dans la campagne, en France comme dans la plupart des pays des Vingt-Sept. Il est assez normal que les enjeux de politique intérieure dominent : c’est souvent le cas. De plus, la crise pousse aussi les électeurs à se replier sur le cadre national. Mais il est aussi certain que la faiblesse des actions des institutions européennes au cours de ces derniers mois explique ces attentes déçues des citoyens.

Tout se passe comme si l’Union européenne n’avait plus de grand projet à offrir, à l’instar de ce que furent la monnaie unique ou l’élargissement aux pays de l’Est.

C’est vrai, comme il est vrai que l’intégration politique s’est enlisée avec la réunification de l’Allemagne, au lendemain de la chute du mur de Berlin. On a eu tort alors de mettre l’accent sur les réponses institutionnelles au moment où les populations attendaient des réponses concrètes. Et l’abstention continue à croître, en particulier dans les pays fondateurs de l’Union, car ce n’est plus le même projet européen qui est proposé aux citoyens. Quant aux autres Etats-membres, qui ont rejoint l’Union, on ne leur a pas expliqué ce qu’est ce projet. Aujourd’hui, nous sommes au milieu du gué. On s’aperçoit que les compétences transférées à l’Union européenne sont faibles et les attentes des citoyens sont, elles, très fortes, en matière de sécurité, de politique étrangère ou même d’économie. Pourtant, les classes politiques et les administrations nationales sont les premières à freiner.

Comment réveiller cette envie d’Europe ?

Par des projets concrets, qui passent par le noyau franco-allemand. Au delà des bisbilles quotidiennes, il est évident qu’à long terme, les intérêts entre Paris et Berlin convergent. Les deux pays partagent de nombreuses analyses, que ce soit sur le modèle de régulation économique et financière ou sur l’approche sociale. Mais je suis assez confiant : les récentes initiatives prises par le président Sarkozy et la chancelière Angela Merkel montrent que le moteur franco-allemand est reparti.

Propos recueillis par Eric Chol

Vos réactions

  • avezvousvu a écrit le 08/06/2009 à 11:32 :

    • Une majorite de Francais n'ont que des inquietudes quant a leur devenir ils voient la situation en France empirer depuis des annees alors leur soucis est loin d'une Europe si nebuleuse, insaisissable. Excusez les mais nous pensons devoir d'abord nettoyer chez nous

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