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Bruno Cautrès : "une vraie difficulté des citoyens à décoder le système politique de l'Europe"

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Le point de vue de Bruno Cautrès, chercheur au CNRS et au Cevipof, Centre de recherches politiques de Sciences Po, spécialiste des comportements électoraux à l'échelle européenne.

Bruno Cautrès

La Tribune - A l'approche des élections européennes, pourquoi le débat électoral reste-il autant axé sur des considérations nationale ?

Bruno Cautrès - L'une des raisons que l'on évoque souvent est l'éloignement ressenti du parlement européen vis-à-vis de ses électeurs. Par manque de visibilité et d'information, les citoyens se rabattent sur des questions nationales pour soutenir ou sanctionner une majorité. C'est certainement une partie de l'explication, mais pas la seule. Il y a une vraie difficulté des citoyens pour décoder le système politique de l'Europe. Les clivages et repères habituels comme droite/gauche semblent plus flous sur les questions européennes que nationales, les pouvoirs semblent éclatés. Il n'est donc pas étonnant que les citoyens prennent des raccourcis.

- Faut-il alors blâmer les candidats qui facilitent ces raccourcis ?

- En réalité, si le débat sur les questions nationales continue d'être présent, il l'est de manière sans doute un peu différente aujourd'hui. Malgré la vision répandue d'une "mauvaise" campagne sur les questions françaises contre une "bonne" campagne sur les sujets européens, on voit l'émergence de segments dans l'électorat pour lesquels il existe une connexion entre problèmes nationaux et questions européennes : pour certains l'Europe est une solution, pour d'autres elle est la cause des problèmes.

- Peut-on alors espérer une hausse de la participation ? Le dernier sondage TNS-Sofres dans les vingt-sept pays membres prévoit que 49% des électeurs iront voter, contre seulement 34% en janvier.

- C'est une bonne remontée en théorie, mais les enquêtes préelectorales ont parfois du mal à bien estimer l'abstention. Si d'autres résultats viennent conforter cette estimation, on pourra y déceler une tendance... Sans toutefois oublier que 49%, ce n'est jamais que quelques points de plus qu'en 2004 et que cela resterait un taux assez bas.

latribune.fr

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