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Source : La Tribune.fr - 04/01/2010 | 10:34 - 356 mots  | 

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L'après-Bocuse sous les grues

Le chef Nicolas Le Bec a ouvert, à Lyon, une extension concept de sa cuisine étoilée. Eloge de la simplicité, du bon goût et des tarifs démocratiques. En plein chantier.

Lyon, ville autoproclamée « capitale de la gastronomie », peine à trouver un successeur au très solaire Paul Bocuse. Mais, en cuisine comme en politique, les « général de Gaulle » ne se reproduisent pas par génération spontanée. Les débats et ébats culinaires ont pris une dimension internationale, ce qui laisse peu d'air aux régionaux de l'étape.

Reste le cas Nicolas Le Bec. Ce chef, biberonné au beurre breton, détonne par son discours aventureux, planétaire, détaché du syndrome « boulet de la mère lyonnaise ». Son adresse gastronomique, Nicolas Le Bec et Tabata, double étoile chez Michelin, vaut le coup de TGV ; son restaurant aéroportuaire, Nicolas Le Bec et Florian (aéroport Saint-Exupéry), et ses verrines pleines de goût se situent dans le haut du style « snack and hub ». Ce qui conduit assez naturellement à fréquenter son dernier établissement, Rue Le Bec, pourtant placé en milieu particulièrement hostile : le quartier de la Confluence, future vitrine de la ville, siège de la Biennale d'art contemporain… mais en plein chantier.

Le concept de cette « néobrasserie-bistrot-Rungis-sur-Saône », on ne sait plus vraiment, est, lui, abouti. Il en impose déjà par ses dimensions : l'idée est celle d'un terrain de football consacré à la gastronomie. Une boulangerie, un poissonnier, une boucherie, un fromager, un bar à vins cernent l'espace restaurant. La carte, large d'esprit, permet d'aligner deux entrées en guise de déjeuner, ou bien un dessert en direct ; ou encore un homard annoncé en plat du jour, de simples bulots ou même… une pizza. Parmi les suggestions d'une carte à géométrie très variable, le choix du tartare de dorade au citron vert et de la hure de cochon aux lentilles vertes était judicieux.

Pas moins malin, l'onglet de bœuf Angus (19,50 euros), tendre et cuit au cordeau, accompagné d'une purée régressive (beurrée, crémée, plus quelques gouttes d'huile d'olive !). Une très jolie et onctueuse crème caramel pour finir. Moins de 30 euros. Simplicité, bonnes idées, coup de pied dans le goût de l'apparat que se donne trop souvent la caste étoilée. Voilà le véritable héritage de l'ombre immense de Bocuse.

Rue Le Bec. 43, quai Rambaud. 69002 Lyon. 04.78.92.87.87.

Sébastien Danet

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