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Source : La Tribune.fr - 08/02/2010 | 10:18 - 334 mots  | 

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Kinugawa : l'empereur est-il déchu ?

Au classement Interbrand des restaurants japonais parisiens, il sort toujours numéro un. Sur l'échelle des vanités des invitations « exotiques chics », il est placé au top. Depuis vingt-six ans, Kinugawa est « bankable ».

On ne soupire jamais d'y traiter contrats et autres conversations discrètes entre happy few du même club : banquiers du quartier, un soupçon de médias, les trois people de service, les copines quinqua brushées qui font attention à leur ligne (les épouses des premiers, les maîtresses des seconds). Cela semble débonnaire, c'est extrêmement étudié.

En un quart de siècle, le navire amiral de la rue du Mont-Thabor a laissé en chemin son petit frère de Saint-Philippe-du-Roule ; en revanche, il n'a rien perdu de son aspect « Nautilus », le vaisseau du capitaine Nemo : tons beiges-gris-verts un peu tristes, salle du bas bizarrement agencée. Même si l'on n'est pas là pour manger les rideaux, ici, c'est l'escalier que vous avalez en entrant ! La carte est splendide, chère, dense, dans la grande tradition du « kaiseki », la haute cuisine japonaise.

La véritable bonne affaire ce sont les « bento », les menus-plateau du déjeuner. Ils sont très complets : amuse-bouche, « miso » (excellent), riz... accompagnent des « sashimis », des « tempura », du « yakizakana » (poisson grillé), ou du « gyuteri » (filet de boeuf sauce salé-sucré). Belle vaisselle et, surtout, un thé vert ample et profond, qui bat celui trop souvent bâclé des challengers. Et ils sont nombreux à rivaliser avec la puissante citadelle qu'est Kinugawa : Kai (Louvre), Bizan (Opéra), Issé (Richelieu), Isami (île Saint-Louis), Youlin (Panthéon), Guilo Guilo (Montmartre)... L'offre nippone de qualité a explosé. Autant de raisons de tenter d'autres aventures gustatives, plus excitantes, et de laisser en paix l'empereur. Il n'est pas mort, il dort.

Kinugawa : 9, rue du Mont-Thabor, 75001 Paris. Tél. : 01.42.60.65.07.

Circonstances : avec une gloire passée, un curieux des années 1990, un malin qui connaît le bon plan du déjeuner.

Tables : l'un des petits salons, parfait.

Prix : formidables menus au déjeuner entre 32 et 36 euros. Le soir, la barre des 100 euros est atteinte (sans forcer).

Réserver : préférable

Voiturier : oui !

Si c'est complet : Ferdi, au 32 de la même rue.
 

Eric Matha

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