Rexel est un groupe mondial de distribution de matériel électrique qui s’est développé par croissance externe. En 2004, les facturations du groupe s’élevaient à 6 milliards d’euros. Elles étaient de 14,3 milliards d’euros en 2008. Dans ses 2400 points de vente, Rexel commercialise des produits pour l’habitat, le tertiaire, et l’industrie. Le marché est encore fragmenté et les matériels distribués sont spécifiques à chaque pays. Seul l’éclairage commence à se standardiser.
Le groupe conçoit son système d’information comme un élément stratégique capable de lui apporter de la différentiation. Cependant, une conséquence de sa croissance par acquisition est que l’intégration a été effectuée à l’échelle de chaque pays. D’où une forte hétérogénéité du système d’information qui reste cohérent au niveau de chaque pays.
Au fil du temps, Rexel s’est retrouvé avec 42 systèmes de messagerie utilisant 5 technologies différentes et quasiment incapable de se parler entre eux. A l’intérieur du groupe, les échanges de messagerie à messagerie se faisaient par Internet.
Le point de départ d’Olivier Baldassari, DSI du groupe, a été de chercher les opportunités de réduction des coûts, tout en respectant la culture décentralisée de Rexel. « Nous avons lancé cette initiative au bon moment et l’exercice de réduction de coûts est devenu un exercice de transformation, note Olivier Baldassari. Le besoin d’échange d’expériences et de collaboration est devenu plus important et notre choix s’est justifié à postériori ». Compte tenu de l’hétérogénéité du système, le levier d’homogénéisation était fort important. D’où un appel d’offre qui s’est traduit par l’évaluation de plusieurs solutions du marché : Google, AT&T, Orange, Telus (Canada) et Microsoft qui venait de lancer son offre BPOS (Business Productivity Online Services). Finalement, BPOS a été choisi en avril 2009, à la fois pour ses fonctionnalités mais aussi pour la réponse fort active des équipes commerciales de Microsoft. La concurrence de Google fut sans doute un aiguillon salutaire. A l’époque, le géant du logiciel venait d’investir trois années de recherche dans sa messagerie.
La migration a été conduite par Rexel Etats-Unis qui s’est fait accompagné par la SSII indienne Patni. Les Etats-Unis devraient être bouclés fin janvier 2010 (7000 à 8000 utilisateurs) et les migrations se poursuivront au fil de l’eau. L’Espagne, la Finlande, l’Angleterre et l’Australie devraient suivre. Le but est de parvenir à la migration de 80% des 30.000 postes de messagerie sous BPOS fin 2010. Les seuls points délicats ont été l’intégration des terminaux Blackberry et la version du client Outlook 2003 qu’il fallait adapter pour BPOS.
En termes de fonctionnalité, le DSI de Rexel juge que l’offre de Google et que celle de Microsoft sont assez similaires. Mais il crédite la rapidité et l’efficacité de la réponse commerciale de Microsoft pour emporter l’appel d’offre. Et de souligner qu’il vaut mieux investir ses compétences ailleurs que dans de la messagerie. Le prochain projet sera sans doute de mettre en œuvre un outil de réseau social, notamment pour aider les échanges entre clients.
« Si nous avons un gros chantiers dans un endroit de la planète, nous allons créer une agence temporaire, confie Olivier Baldassari. La flexibilité du système d’information est primordiale ». Les offres de type SAAS (Software as a Service) sont particulièrement bien adaptées à ce type de problématique. En effet, le modèle SAAS consiste à utiliser des licences sous forme d’abonnement annuel. En fonction des besoins de l’entreprise, il permet de monter en puissance ou de réduire la voile. Ce sont là des dépenses opérationnelles et non des dépenses d’investissement. Un tel modèle est parfait pour les PME car il permet d’utiliser une infrastructure moderne sans avoir nécessairement les ressources en interne.