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http://www.latribune.fr/blogs/blog-initie-de-pascal-boulard/20100302trib000483074/a-batons-rompus-avec-peter-graf-et-daniel-schmid.html
L’année dernière vous avez présenté votre stratégie pour vous imposer dans les solutions de développement durable. Où en êtes-vous ?
Peter Graf : Nous avons voulu servir d’exemple à nos clients en utilisant nos propres solutions. Dès le 10 janvier 2010, elles nous ont permis de connaître notre empreinte carbone sur l’année 2009 et de constater qu’elle avait diminué de 15% par rapport à 2008. Grâce à cet ensemble de solutions, nous avons pu économiser 19 millions d’euros sur l’année. Cela passe par l’analyse de nos pratiques d’impression, de nos économies d’énergie et de nos choix de déplacement. Il vaut mieux pendre le train que l’avion sur de courtes distances.

Daniel Schmid : Nous avons lancé une étude interne au sein de SAP et nous avons pu constater que 75% de nos employés jugent que notre positionnement sur le développement durable est important. De plus 50% d’entre eux se disent capable de le présenter et de l’expliquer à nos clients. C’est assez remarquable car nous avons commencé ce positionnement en mars 2009. Pour convaincre les autres 50%, nous avons choisi des champions du développement durable qui portent la bonne parole au sein de nos employés.
Peter Graf : Nous avons mis notre rapport annuel sur le développement durable sur le web et nous intégré notre technologie de Business Intelligence. Avec la technologie Xcelsius de Business Objects, on peut connaître l’empreinte carbone par région, par employés ou par secteur. Pour le rapport 2007, qui était disponible sous forme de PDF, nous avons compté 200.000 téléchargements. Pour le rapport 2008 interactif, nous avons compté 10 fois plus de visites sur notre site Web. Et nous pensons faire mieux lorsque le rapport 2009 sera en ligne.
Que doit faire une entreprise pour entreprendre une démarche de développement durable ?
D’abord, parler aux parties prenantes. Cela peut être difficile d’engager un dialogue avec une organisation non-gouvernementale qui avait l’habitude de manifester devant vos usines, mais il faut le faire. Ensuite, il faut pouvoir analyser finement vos données pour savoir ce que vous faites. C’est avec de telles solutions que vous pourrez construire une stratégie de développement durable qui pourra être portée par la direction générale. Enfin, il faudra impliquer le management intermédiaire dont les objectifs à court terme peuvent parfois entrer en conflit avec la stratégie à long terme de développement durable. Et il ne faut pas oublier l’impact sur le système d’information.
Qu’en pensent vos clients ?
Peter Graf : Ce n’est pas à cause du réchauffement de la planète qu’ils développent ce type de stratégie mais parce qu’elles ont du sens en termes de rentabilité. Du reste, la communication de SAP sera focalisée sur le retour sur la stratégie de développement durable. Nos industries ont connu deux grandes vagues de transformation sous l’impact de la mondialisation et de l’Internet. Nous pensons que le développement durable est la troisième vague de transformation. Cela change notre niveau de conversation avec nos clients. Nous sommes passés de la phase de concept –le développement durable est important- à une phase plus réaliste –voici la rentabilité que vous pouvez espérer et voici l’impact que cela aura sur votre système d’information.
Avec qui parlez-vous pour vendre votre solution de développement durable ?
Avec le conseil d’administration de notre client car cela permet de garantir le succès à long terme d’une entreprise. Par la suite, nous atteignons la direction générale et cela cascade vers les responsables des usines. Par ailleurs, de nombreux directeurs des systèmes d’information sont chargés du développement durable. C’est normal car ils doivent connaitre tous les rouages de l’entreprise.
Daniel Schmid : De plus, certains DSI adorent être considérés comme des champions de l’innovation. La conduite du développement durable leur va comme un gant. Mais ils doivent travailler intimement avec le directeur des opérations.

Tout simple tourner autour de votre offre de Business Intelligence dans le développement durable…
Peter Graf : C’est le cœur du métier et c’est l’inverse de ce que nous faisions autrefois. Avant, on vendait un système transactionnel puis on mettait de la Business Intelligence dessus. Pour le développement durable, il faut avoir une ligne de départ, donc de la Business Intelligence pour la dessiner. Depuis décembre, nous avons une solution complète, SAP Business Objects Sustainability Performance Management. Elle permet d’avoir une vue à 360 degré de votre business. Nous l’utilisons en interne pour déterminer les empreintes carbone de nos vendeurs et de nos chercheurs et pour les diminuer. On fait la même pour les ressources humaines et d’autres secteurs de l’entreprise. On en tire des indicateurs clefs que nous pouvons améliorer en permanence.
Qu’utilisez-vous pour porter la bonne parole auprès de vos employés ?
Daniel Schmid : Nous utilisons une forme de réseau social appelé Jive qui s’intègre avec notre infrastructure NetWeaver. Nous y avons une soixantaine de champions responsable de communautés. C’est un outil transparent. On peut y découvrir les résultats d’une action par rapport aux objectifs, mois après mois. Si nous avons un objectif de réduction de 20% des pages imprimées et si nous réalisons 25%, tout le monde connecté à Jive le sait.
Le développement durable est-il la plus forte opportunité de croissance pour SAP au cours des cinq prochaines années ?
Dans cinq ans, nous ne pourrons pas vendre nos solutions sans module de développement durable. Aujourd’hui, c’est un différentiateur. Demain, cela sera obligatoire.
Propos recueillis par Pascal Boulard
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