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A bâtons rompus avec Fred Rivard (IS2T)

Source : La Tribune.fr - 01/06/2010 | 21:51 - 851 mots  | 
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A bâtons rompus avec Fred Rivard (IS2T)

Fred Rivard est le fondateur de Industrial Smart Software Technology (IS2T). Il souhaite programmer les milliards de contrôleurs dans le monde.

Fred Rivard a présenté sa société lors des premières éditions de Start West, l’évènement des Pays de l’Ouest qui met en relation les porteurs de projet et les investisseurs en capital. Depuis, il s’est bien développé. Fred Rivard a travaillé pendant 8 ans en Amérique du Nord où il a participé à l’aventure Java d’IBM. Il a su faire un break dans ses études pour être skipper dans les Antilles. Le Blog Initié l'a rencontré lors de l'édition de Nantes des Forums de la Croissance.

Que fait IS2T ?
J’ai créé la société fin 2004. Son but est d’apporter de la valeur logicielle dans les microcontrôleurs. La révolution numérique a commencé en 1999 lorsque le nombre de microcontrôleurs a dépassé le nombre d’êtres humains sur terre. Depuis, on compte 100 milliards de microcontrôleurs en fonction avec une production de 14 milliards d’unités par an ; 60% des produits quotidiens, du téléphone portable au grille-pain, sont pilotés par des puces électroniques. De plus 60% des nouveaux produits utilisent des microcontrôleurs 32 bits. Voilà notre marché.

Qu’est-ce qu’un microcontrôleur 32 bits ?
C’est une puce électronique qui possède des capteurs, qui numérisent ces informations, qui les envoie sous forme numérique à un calculateur qui va prendre des décisions et qui va communiquer avec le monde extérieur par des actionneurs. Autrefois, les grille-pains possédaient un bilame de sécurité qui, en cas de chauffe trop importante, permettait de couper le contact. Aujourd’hui, ce procédé mécanique de sécurité a disparu pour être remplacé par un capteur de température, un relais qui ouvre le contact et entre les deux, une puce électronique.
On s’aperçoit que l’ensemble des appareils possèdent des capteurs et des actionneurs et qu’entre les deux, l’intelligence est portée par des puces électroniques programmables. Dans le monde entier, 98% des capacités de calcul vont dans les objets du quotidien. Le PC ne représente que 2% des capacités de calcul. C’est la partie visible de l’iceberg mais elle est très petite. IS2T est positionnée sur ce marché de la programmation des puces avec une augmentation de la valeur du logiciel. Une poupée sans puce qui la fait pleurer ne se vend plus. Pour une voiture, c'est pareil. Elle a besoin de multiples microcontrôleurs intelligents pour bien fonctionner et séduire la clientèle.

Quelle est la valeur ajoutée d’IS2T ?
Pour programmer, il faut un langage. Un informaticien est un romancier qui écrit dans un langage qui est imprimé sur une livre vierge, à savoir une puce électronique. Tous les langages ne sont pas égaux. Ainsi, il existe le langage structuré C mais il existe aussi un langage massivement utilisé dans les PC et ailleurs. C’est Java. Pour utiliser Java, on besoin d’une plateforme applicative Java qu’on appelle un processeur virtuel. Ces plateformes applicatives sont assez grosses sur les PC. Nous avons pu réduire de 100 leur taille. Elles peuvent maintenant fonctionner sur de petites puces applicatives. Tout en conservant les fonctionnalités des grosses machines sur PC. Nous pouvons faire tourner un programme applicatif sur un smartphone, sur un PC mais aussi un four micro-onde.

Qu’est-ce que cela représente en termes de coûts ?
Le langage java permet des économies importantes. On divise par 4 les coûts logiciels pour faire un applicatif. De plus, nous apportons un process agile. Au lieu de développer un produit électronique dans sa bulle, on peut l’adapter aux évolutions du marché au fur et à mesure de sa conception.

Qui sont vos clients ?
Nous avons travaillé pour Siemens VDO qui a été racheté par Continental, la DGA, Orange et ECA. Aujourd’hui, des entreprises comme NXP, STM, Atmel et Freescale nous présentent à leurs clients. Nous avons inventé un process appelé « Drag ‘Emb Drop » qui simplifie considérablement la programmation d’une puce électronique. Il permet de visualiser sur un PC le comportement d’une puce en simulant sa plateforme applicative. Nous sommes devenus très intéressant pour les applications automobiles, les applications domotiques et les applications tactiles. Nous sommes les premiers au monde à avoir fait un java multitouch. Et nous n’avons pas besoin d’une machine de guerre comme un Arm 9 pour le faire fonctionner. Un microcontrôleur de 3 dollars suffit.

Comment gagnez-vous votre argent ?
Par une licence de développement sur l’atelier, par le développement de la plateforme et en touchant une redevance par produit vendu. Aujourd’hui, nous employons 15 personnes. Après avoir levé 1,25 million d’euros en 2007, nous préparons un second tour de financement. Nous cherchons 3 millions d’euros pour déployer notre réseau commercial. Chacune de nos commandes génère des revenus futurs pendant longtemps.

Qui sont vos concurrents ?
Sun, IBM et Microsoft qui se positionnent avec des produits très lourds en termes de poids mémoires. Même s’ils donnaient leur logiciel, ils imposeraient un coût matériel supplémentaire de 10, 15 à 20 euros. Ils pèsent 2 à 3 mégas alors que nous ne pesons que 50k. Le deuxième axe stratégique de IS2T est tout ce qui est logiciel pour la sécurité des biens et des personnes. Nous avons une solution qui permet de faire du java déterministe. On travaille avec des acteurs comme Grenhills, dont l’OS est très utilisé dans l’aviation. Il a pour concurrent Wind River, racheté par Intel.

Pascal Boulard - 01/06/2010, 21:51  | 
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