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Technologies

Mark Hurd, un joli coup pour Oracle

Source : La Tribune.fr - 07/09/2010 | 08:33 - 477 mots  | 
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L'ancien patron de HP vient d'être embauché comme co-président d'Oracle. Il remplace Charles Phillips, l'artisan des multiples fusions et acquisitions.

 Il faut reconnaître à Larry Ellison, le fondateur d'Oracle, une qualité remarquable. Il a la tête remarquablement bien faite et il dit toujours ce qu'il pense. Ainsi, la décision du conseil d'administration d'HP de forcer Mark Hurd à la démission a été qualifiée d'aussi stupide que « celle des idiots qui avait licencié Steve Jobs », le co-fondateur d'Apple, il y a longtemps. Depuis Steve Jobs est revenu à la tête d'Apple et a littéralement sauvé l'entreprise. Mark Hurd ne reviendra pas chez HP. Il vient d'être embauché par Oracle pour prendre le poste de co-président aux côté de Safra Catz, l'ancienne banquière d'affaire.
Par la même occasion, Charles Phillips va quitter la société. L'ancien analyste financier de Morgan Stanley a conduit la stratégie de fusion et acquisition d'Oracle au cours des sept dernières années. Son dernier gros coup a été le rachat de Sun Microsystems pour 7,4 milliards de dollars, finalisé en janvier 2010. Or, Sun, c'est un peu de logiciel mais beaucoup de matériel, dont deux lignes de serveurs, ceux qui possèdent leur propre architecture, bâtis avec le processeur Sparc et ceux qui sont construits autour des puces d'Intel (architecture X86). En cela, ils diffèrent des serveurs bâtis avec les puces d'IBM (architecture Power).
Au cours des dix dernières années, Oracle s'est profondément transformée. Parti d'une position dominante dans les bases de données (gagné sur des concurrents comme Informix, Sybase et IBM), le groupe est monté en gamme en rachetant des spécialistes des applications. D'abord PeopleSoft et JD Edwards à la suite d'une bataille boursière épique, puis de nombreux spécialistes verticaux, le dernier étant Phase Forward pour 687 millions de dollars (solutions pour le développement de médicament). Une des acquisitions importantes a été celle de BEA Systems. Cet éditeur de logiciel est spécialiste des serveurs d'application, c'est-à-dire des logiciels qui permettent d'accélérer et de fluidifier le fonctionnement des systèmes d'informations.
Cette foule d'achats a positionné Oracle en concurrence directe avec SAP, le spécialiste mondial des progiciels de gestion. Avec Sun Microsystems, Oracle se retrouve en concurrence avec tout le monde, les acteurs du serveur (IBM, HP, Dell) mais aussi les acteurs du stockage informatique (EMC, NetApp, HP). Dans le stockage, Oracle a mis au point une offre spécifique, baptisée Exadata, qui commence à intéresser quelques grandes entreprises, dont BNP Paribas et Carrefour. Larry Ellison est aussi propriétaire de Pillar Data Systems, un autre spécialiste du stockage. Il ne reste que Cisco, Juniper et quelques autres équipementiers télécoms à rester « amis » avec Oracle.
A la différence de NCR et d'HP, Oracle n'a pas besoin du talent de Mark Hurd pour redresser l'entreprise. Elle tourne parfaitement bien et, dans la branche matériel, elle a réussi à inverser la tendance morose à la perte des parts de marché. L'embauche traduit la volonté de Larry Ellison d'organiser une nouvelle phase de croissance de son entreprise.

latribune.fr - 07/09/2010, 08:33  | 
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