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Kyyple réutilise efficacement les excédents de béton

Source : La Tribune.fr - 04/10/2010 | 12:31 - 590 mots  | 
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Kyyple réutilise efficacement les excédents de béton

Rencontré lors du Forum Serv'Innov du pôle de compétitivité Nekoé (Innovation par les services) , cette start-up de la région lilloise a trouvé un moyen de limiter les déchets des chantiers et des centrales à béton.

 Le déchet d’une industrie est souvent la matière première d’une autre. Ce principe bien connu des industries parapétrolières peut-il s’appliquer aux industries du bâtiment ?
Samuel Masson, le co-fondateur de Kyyple, en est persuadé. L’homme a passé 20 ans de sa vie comme cadre chez Skako-Couvrot, un spécialiste danois de la centrale à béton. Ce matériau a une durée d’emploi fort limitée dans le temps. Il faut compter 2 à 3 heures en moyenne à la suite du malaxage. Après, le béton devient dur. C’est bien là sa finalité mais sur un chantier, on essaye toujours de compter large pour obtenir une marge de sécurité. On commande donc toujours un peu plus de volume que nécessaire pour s’assurer de la bonne conduite des travaux : il vaut mieux avoir deux mètres cubes de béton supplémentaire pour monter un mur que 0,5 mètres cubes de moins. Le béton excédentaire coûte 200 à 350 euros. Un mur non terminé doit être abattu et cela coûte beaucoup plus cher.
Cependant, le béton une fois devenu dur et non utilisé s’appelle un « déchet ». Jusqu’à un passé récent, les chantiers pouvaient effectuer un « enterrement civil » : creuser un trou, y placer le béton excédentaire, le recouvrir de terre et faire pousser du gazon. Avec les normes HQE (Haute Qualité Environnementale), on ne peut plus le faire aujourd’hui. Il est certes possible de rapatrier et de concasser le béton dur mais cela coûte cher.
D’où l’idée de Kyyple, de trouver rapidement un emploi dans la zone périphérique d’un chantier pour les quelques mètre cubes de béton encore utilisables. Cela pourrait être une course contre la montre et ça l’est effectivement puisque plus on attend, plus le béton durci. Mais la proposition de Kyyple permet de constituer un carnet de commande flexible. « En France, de nombreux particuliers, bricoleurs ou agriculteurs, ont parfois besoin de béton pour refaire la sortie d’un garage, ou l’accès à une étable, explique Samuel Masson. Le même problème existe pour les petites collectivités. Elles ont besoin d’un peu de béton pour améliorer l’entrée dans les vestiaires d’un stade ». L’idée de Kyyple est donc de proposer à ces particuliers, voire à ces collectivités, un effet d’aubaine. « Nous leur disons : si vous voulez du béton d’ici à six mois, inscrivez-vous sur notre site », poursuite Samuel Masson.
Kyyple existe depuis un an et sa méthode a déjà séduit une dizaine de professionnels du bâtiment, prêts à payer un abonnement de 250 euros par mois pour avoir accès à ses services. « Le professionnel dispose d’une demi-heure à trois quart d’heure pour re-router sa bétonneuse quasi-vide vers le domicile du particulier. Ce dernier a préalablement indiqué sur le site de Kyyple le prix qu’il est prêt à payer (20, 30 ou 50 euros le mètre cube). Généralement, le prix du béton ainsi livré n’intéresse pas les professionnels. Kyyple leur recommande de verser l’argent éventuellement récolté à une organisation caritative. On pourrait la nommer « le béton du cœur ».
Il faut savoir que les volumes en jeu sont considérables, puisqu’ils correspondent à 2% du béton commandé en France. « En moyenne, on compte 8% de béton excédentaire dont 6% peuvent être recyclés par un professionnel », explique Samuel Masson. Les 2% à recycler représentent 1,5 million de mètre cubes par an. Le marché existe, non seulement en France mais aussi à l’étranger. Et Kyyple songe aussi à recycler d’autres déchets qui existent sur les chantiers comme les parpaings ou les bois de coffrage.

Pascal Boulard - 04/10/2010, 12:31  | 
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