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Comme tout éditeur de logiciel important, SAP compte plusieurs clubs d’utilisateurs dans le monde. En France, il s’agit de l’USF pour Utilisateurs de SAP Francophone. Il est lié, par un réseau informel, au SUGEN (SAP User Group Executive Network), qui regroupe les clubs utilisateurs du monde entier.
L’idée est de susciter un dialogue constructif permanent entre les parties. L’intensité des échanges varie. Si les propos restent raisonnables, des éclats de voix peuvent parfois les colorer. Dans les cas extrêmes, l’incompréhension occulte totalement les canaux de communications habituels. Ainsi, il y a deux ans, lorsque SAP a décidé unilatéralement d’augmenter la maintenance de ses logiciels, une fronde mondiale s’est manifestée. La maintenance est un prix, calculé en pourcentage du prix d’achat, que les entreprises versent chaque année à l’éditeur de logiciel. Cela leur assure l’accès aux mises à jour du logiciel et un service de conseil et de support à différents niveaux de contraintes de services. Or, que s’est-il passé en 2008 ?
« Pour faire simple, SAP nous a proposé de passer d’un prix de maintenance de 17% à 22%, avec des paliers, explique Claude Molly-Mitton, le nouveau président de l’USF. En contrepartie, nous n’avions pas la garantie d’obtenir un service supérieur et mesurable ». Après de nombreux tumultes, les deux parties ont réussi à jeter les bases d’un accord. « Nous voulions avoir le choix entre un service de base au même prix et un service plus cher mais à plus forte valeur ajoutée, poursuit Claude Molly-Mitton. Nous l’avons obtenu et aujourd’hui, la plupart de nos membres ont accepté de payer plus pour avoir plus, mais pas tous ».
Ces membres sont au nombre de 450 aujourd’hui, dont une trentaine d’administrations représentées par 2500 personnes physiques. On y compte surtout pas mal de grands groupes. Claude Molly-Mitton ne l’a jamais calculé mais l’USF doit représenter entre 25% et le tiers du PIB français. Il compte accueillir un peu plus de PME au sein de son organisation.
Aujourd’hui, les relations entre l’USF et SAP sont apaisées. « Nicolas Sekkaki, le nouveau directeur général de SAP France, m’a invité le 30 août lors de son université interne pour tenir un discours franc sur les zones de progrès de l’éditeur », confie Claude Molly-Mitton. Le nouveau président a entamé plusieurs travaux. Avec le CIGREF, le Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises, l’USF a monté un groupe de travail pour rédiger un livre blanc sur les pratiques commerciales avec SAP. Cette initiative est une vieille idée mais elle avait été mise en veille pendant la période de tension. Elle permettra de clarifier ce qu’est exactement une licence d’exploitation et suggérera, éventuellement des évolutions. « J’essaierai de reconduire ce type de travail en synergie avec de grandes associations », souligne Claude Molly-Mitton. Et il entend créer un groupe de travail sur le développement durable pour aller plus loin que le seul Green IT, qui ne concerne que les centres de données. L’idée est d’accompagner les entreprises dans leur démarche de développement durable en utilisant leur système d’information. Une telle démarche ne pourra que plaire à SAP qui a déjà élaborer de tels modules pour ses clients.
Quand il n’endosse pas les habits de président de l’USF, Claude Molly-Mitton est responsable de la veille et des relations extérieures au sein de l’AIFE, l’Agence pour l’Informatique Financière de l’Etat. Ce n’est donc pas un hasard s’il a lancé la rédaction d’un autre livre blanc sur les « facteurs clefs de succès de la mise en œuvre de SAP au sein du service public ». Et là, tout n’est pas rose car il faut souvent ajouter des programmes spécifiques pour que SAP remplisse sa mission. En exergue, Claude Molly-Mitton confie qu’il aimerait s’associer au club des utilisateurs de Business Objects, le spécialiste de la Business Intelligence racheté par SAP.
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