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Un bon deal pour les actionnaires de Siemens

Source : La Tribune.fr - 15/12/2010 | 13:45 - 448 mots  | 
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Pour 850 millions d'euros, Atos récupère les services informatiques de Siemens. Cela sera peut-être un bon deal pour les actionnaires d'Atos. Cela l'est déjà pour les actionnaires de Siemens.

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 La direction d’Atos et celle de Siemens ont du se féliciter de la réaction du marché mercredi matin après l’annonce du rachat de Siemens IT Solutions and Services. Le cours d’Atos a en effet gagné plus de 10% dans les premières transactions.
La première impression est qu’il s’agit de l’achat d’un business avec un beau carnet de commande et des marges faibles qui ne peuvent que monter. Pourtant, acheter un business à marge faible n’est pas un exercice où l’on gagne à tous les coups, Atos en sait quelque chose.
Pour 850 millions d’euros, Atos récupère 3,7 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Siemens se fait payer en actions (12,5 millions de nouveaux titres Atos représentant 15% qu’il a promis de garder pendant 5 ans), en obligations convertibles (250 millions d’euros) et en cash (186 millions d’euros). L’obligation convertible a une maturité de 5 ans. Basé sur un prix de référence de l’action Atos à 33,18 euros, elle porte un coupon de 1,50% et la prime de conversion est de 40% (46,452 euros). Elle ne sera pas cotée et Atos se réserve la possibilité de la convertir après deux ans si le cours représente 13% du prix de conversion (60,3876 euros). Si ce cours est atteint, cela représentera le montant que Hewlett-Packard était à débourser lorsque Philippe Germond était président d’Atos. Rendez-vous dans deux ans donc.


Le deal avec Siemens apparait nettement mieux ficelé que les précédents avec Sema et Philips. Il existe un lock-up de 5 ans pour les nouveaux titres Atos ; Siemens finance 250 millions d’euros de restructuration ; Atos récupère un contrat d’externalisation sur 7 ans d’une valeur de 5,5 milliards de dollars.
Il demeure que, sur le papier, c’est une excellente opération pour les actionnaires de Siemens. Ils se débarrassent d’un business qui consomme du cash et se retrouvent avec des titres qui leur donnent droit à l’upside de l’opération. Et s’il n’y a pas d’upside, ils seront de toute façon satisfaits d’avoir cédé un canard boiteux à restructurer. De ce point de vue, la transaction avec Atos est mieux organisée que le joint-venture réalisé avec Nokia dans les télécommunications. NSN (Nokia Siemens Network) pèse encore sur les comptes alors qu’Atos ne pèse que sur le bilan. Et c’est aussi bien pour Atos, qui devient l’opérateur direct de l’entreprise sans avoir à perdre de l’efficacité dans un joint-venture.


Le rêve de Bernard Bourigeaud, l’ancien président historique d’Atos était de réaliser une fusion avec T System. Siemens était le second choix mais Thierry Breton l’a réalisé. A moyen terme, cela limite le potentiel de rachat d’Atos. Il reste cependant à faire ressortir la valeur des services de paiement d’Atos Worldline. Par une introduction en bourse ?

Pascal Boulard - 15/12/2010, 13:45  | 
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