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Le Consumer Electronics Show 2011 de Las Vegas (CES) promet d’être celui des tablettes connectées. Après le succès de l’iPad d’Apple et du Galaxy Tab de Samsung, plusieurs acteurs de l’électronique professionnelle et grand public devraient présenter des produits concurrents. La plupart devrait fonctionner avec le système d’exploitation Android. HP pourrait présenter une version fonctionnant avec le Palm OS.
Et Windows dans tout cela ? Justement, on attend Steve Ballmer au tournant depuis que Bloomberg et le Wall Street Journal ont laissé entendre que Microsoft pourrait présenter une version de Windows fonctionnant sur les puces de Arm Holdings. Cette société britannique est un concepteur de puces qui vend des licences pour l’utilisation de sa propriété intellectuelle. Ses puces sont présentes dans plus de 90% des smartphones ainsi que dans l’iPad et le Galaxy Tab.
Depuis longtemps, Microsoft est associé à l’architecture X86 d’Intel. Cependant, il y a une quinzaine d’années, Windows NT pouvait fonctionner avec des processeurs d’autres constructeurs dont Digital Equipment (Alpha), IBM et Motorola (Power) et Mips Technologies. Microsoft a abandonné ces efforts pour se concentrer sur ses relations avec Intel.
Aujourd’hui, Microsoft commercialise deux types de systèmes d’exploitation, l’un présent sur les micro-ordinateurs et les serveurs (Windows 7 et Windows Server 2008 R 2, dont la filiation remonte à Windows NT) et un système d’exploitation dit enfoui, Windows CE (pour consumer electronics) qui est à la base de Windows Phone 7, le système d’exploitation pour smartphones. Ce Windows CE là fonctionne déjà avec des puces Arm.
Windows 8, le successeur de Windows 7, est prévu pour 2013. Entre temps, le nombre de tablettes vendues va augmenter. Comprenez que Microsoft se retrouve sur ce marché aussi en retard qu’il l’a été sur les smartphones. La meilleure solution possible serait d’utiliser ce qui existe déjà avec Windows Phone 7.

Une telle annonce ne serait pas de nature à provoquer l’engouement des foules. Cependant, si Microsoft resserre les liens avec Arm, on peut aussi imaginer l’entrée des puces du britannique dans le monde du PC et des serveurs. Quelques start-up travaillent sur la possibilité d’utiliser les processeurs d’Arm dans les serveurs, notamment une version produite par STMicroelectronics. La grande qualité des puces d’Arm est leur faible consommation ; celle des puces d’Intel est leur performance. Intel travaille à réduire la consommation de ses processeurs tandis qu’Arm cherche à augmenter la puissance des siens, notamment en proposant des processeurs multi-cœurs. Microsoft se retrouvera-t-il en arbitre entre les deux ?
Au niveau boursier, rien de bien fondamental à attendre. Si ce n’est que le titre Arm a vécu une formidable ascension au cours des deux dernières années et que les commentaires baissiers ont pris de l’ampleur. La Société Générale recommande ainsi de vendre le titre, lui donnant un objectif de cours de 265 pence d’ici à 12 mois. Les plus optimistes, dont Morgan Stanley, imaginent que le passage à des puces multi-cœurs peut doper les perspectives à moyen terme d’Arm. C’est-à-dire fournir un considérable relais de croissance. On aura la réponse au CES.
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