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Le désir du bien-être électronique est la chose du monde la mieux partagée. Steve Ballmer, le président de Microsoft, Sir Howard Stringer, son homologue de Sony, John Chambers, le patron de Cisco, Yangkyu Kim, Senior vice-président de la branche écrans de Samsung et bien d’autres encore ne cessent d’imaginer un avenir proche où l’utilisation quotidienne de leurs produits vous rendra la journée plus agréable à vivre.
Le futur que décrivent parfois les publicités de ces grandes firmes existe dans certains films de science-fiction. Imaginez un monde où l’ambiance sonore que vous avez choisie vous suit, pas à pas, dans votre maison. Vous quittez le salon, vous rentrez dans la cuisine et le son vous suit. Sans distorsion, sans hoquet. Le phénomène est naturel ; vous ne vous en apercevez même pas.

Imaginez un monde où vous pouvez commander d’un claquement de doigt l’apparition d’un programme de télévision ou d’un film sur un écran. Ce dernier est parfaitement intégré au décor. Selon votre humeur, vous y faites défiler les plus belles peintures des musées, comme l’a fait Samsung au Petit Palais à l’automne 2010. Et si d’aventures vous avez envie de jouer à distance avec un ou plusieurs amis, point n’est besoin de saisir une télécommande. Votre corps se livrera à une chorégraphie saccadée et vous pourrez commander les pérégrinations de votre avatar sur un écran qui sera peut-être devenu un hologramme en trois dimensions. Cela vous semble formidable ? Vous avez peut-être de la chance. « La technologie existe, nous sommes prêts », affirme Yangkyu Kim. Cependant, « être prêt » dans les laboratoires n’est pas forcément synonyme d’installation dans votre salon. La vitesse est un concept très relatif dans l’électronique. Il y a 20 ans, en 1990, quelques visionnaires pensaient que les écrans cathodiques allaient disparaître au bout de 5 ans, en 1995. Quinze ans plus tard, la prédiction s’est réalisée. Avec quinze ans de retard…
Peut-on aller plus vite aujourd’hui et donner raison vice-président de Samsung ?

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Sans doute car les écrans plats, les PC, les tablettes et les systèmes sonores ne sont plus des ensembles isolés. Ils sont reliés entre eux par différents systèmes de réseaux et communiquent avec le monde extérieur par Internet. Et ces réseaux bouleversent tout et notamment nos modes de consommation des loisirs numériques. Avec Internet, point n’est besoin d’utiliser un magnétoscope à disque dur pour enregistrer votre émission favorite. Le diffuseur de programme le fera à votre place et vous proposera un système simple de « catch up tv ». Et, à force de multiplier ce type de fonctionnalité, le Prime Time a volé en éclat. Véritable plébiscite pour les émissions de qualité, la grille de programme se consomme à la demande. Cela remet aussi en cause les « business models » des fournisseurs de contenu. Avec Internet, une série américaine de qualité peut être diffusée le même jour sur l’ensemble de la planète. La demande existe, elle est importante mais les départements juridiques des producteurs freinent des quatre fers. Les droits de diffusion se négocient pays par pays.
Pourtant, à l’écoute de leurs marchés, les fabricants d’électroniques grand public ne raisonnent plus en termes de mono-écran mais de multi-écrans, tous connectés et interdépendants. Les concepteurs de logiciel font la même chose. Lorsqu’il rencontre les développeurs de programme, Steve Ballmer évoque un jeu vidéo disponible sur sa console Xbox, sur l’écran d’un PC traditionnel et sur l’écran d’un Windows Phone. Et si d’aventures vous avez choisi la Xbox, la manette a disparu. Avec le système Kinect, une caméra suit et interprète vos gesticulations devant l’écran. L’effet est magique. C’est l’ultime aboutissement du chemin ouvert par la Wii de Nintendo.

Chez Sony, on prend aussi le jeu très au sérieux. Et Howard Stringer ne le conçoit que connecté à des multiples Playstation et multiples écrans Sony. Quant à John Chambers, le patron de Cisco, il a été l’un des premiers fabricants de produits professionnels à sentir le potentiel des applications grand public. Dans le monde interconnecté pensé par Cisco, la vidéo l’emporte car c’est le moyen le plus facile de communiquer entre personnes de chair et d’os. Cisco commercialise le mini-caméscope Flip, un petit boitier simple comme bonjour à utiliser. Il est devenu leader sur son segment de marché aux Etats-Unis. Les ingénieurs de Cisco travaillent aussi sur l’interconnexion des divers appareils entre eux. Leurs laboratoires fourmillent d’idées. Reste à les faire accepter par l’ensemble des acteurs. Et là, ce n’est pas simple. Disons que la science-fiction est prête à débarquer dans votre salon mais que les bouleversements que cela induit font peur à différents acteurs.
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