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Quatre ans après l'achat du spécialiste des puces graphique ATI pour 5,4 milliards de dollars, AMD a commencé à commercialiser des puces intégrant le processeur traditionnel (CPU, central processing unit) et le processeur graphique (GPU, Graphic Processing Unit) sur un seul et même circuit. La fusion technologique tant attendue est enfin arrivée. A l'occasion du CES 2011, la firme a présenté plusieurs notebook de ses clients équipés de ses premiers « APU » pour « accelerated processing unit ». Sa première plateforme s'appelle Brazos ; elle sera suivie plus tard cette année par Llano.
« Fusion est à la fois l'annonce d'un nouveau produit et le lancement d'une nouvelle technologie, souligne Dirk Meyer, le directeur général d'AMD. Au niveau technologique, je distingue trois tendances qui sont favorables à notre société. La première est que la création et la consommation de contenu numérique multimédia nécessite une puissance de calcul plus importante que par le passé. Avec une bonne puissance de calcul, on peut améliorer sensiblement les relations entre l'homme et la machine. Lier ce qui se passe dans le monde réel et le monde virtuel demande une capacité de traitement des données en parallèle.
Deuxièmement, après être montés en puissance de manière linéaire, les microprocesseurs traditionnels ont atteint une limite liée à leur consommation d'énergie. En revanche, les processeurs graphiques ont pu continuer à monter en puissance. Conçus d'abord pour visualiser du contenu en 3D, ils ont appris au fil du temps à faire d'autres choses, comme la stabilisation d'images vidéo.
La troisième tendance est l'arrivée des technologies grand public dans l'entreprise. Fusion nous permet de nous positionner sur ces trois tendances ».
Brazos et Llano permettent à AMD d'occuper le marché et de séduire un certain nombre de fabricants avant la commercialisation effective de Sandy Bridge, le processeur concurrent d'Intel. Ce dernier embarquera lui aussi graphique et calcul sur une même puce. Dans la foulée, Intel commercialisera Ivy Bridge, un processeur plus puissant.
Cette course à la technologie n'est pas nouvelle entre Intel et AMD mais cette fois, le challenger n'a plus les mêmes contraintes que par le passé. A la suite de plusieurs opérations sur son capital, AMD a transféré ses nombreuses usines à Global Foundries, le fondeur indépendant de silicium financé par Abu Dhabi. AMD n'a plus besoin maintenant de se livrer à diverses contorsions pour financer ses investissements physiques. Il doit seulement financer son effort de recherche. Les onéreuses machines-outils et le plan de charge des usines sont à la charge de Global Foundries. Cependant, AMD possède encore un intérêt de 77% dans Global Foundries et doit consolider par équivalence ou ses pertes, ou ses profits
Par ailleurs, en 2010, AMD a pu diminuer et restructurer sa dette. Grâce à l'amende de 1,25 milliard de dollars payées par Intel et à une partie du cash flow d'AMD, la dette est passée de 3,7 milliards de dollars à 2,3 milliards de dollars. Elle est maintenant constituée de deux tranches d'obligations convertibles et de deux tranches d'emprunts seniors et elle est bien répartie dans le temps.
Si AMD apparait légèrement en retard sur Intel en termes de réduction des pas d'écartement des circuits, sa nouvelle gamme de processeurs accélérés le positionne bien pour regagner des parts de marché sur les notebook et enrayer le déclin des PC de bureaux.
Aujourd'hui, les solutions informatiques représentent 75% de l'activité d'AMD tandis que les puces graphiques pures en représentent 25%. Les pourcentages devraient évoluer au cours de 2011. Ainsi, la partie Notebook (18% des ventes) devrait progresser plus vite que les serveurs (9% des ventes) et les ordinateurs de bureau (33% des ventes). La commercialisation de nouveaux processeurs pour serveurs et ordinateurs de bureau courant 2011 devrait lui permettre de stabiliser ses parts de marché sur ces deux segments.
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