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Moderniser au lieu de tout bousculer

Source : La Tribune.fr - 21/01/2011 | 13:26 - 488 mots  | 
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Laurent Charreyron, responsable de la zone Europe de l'éditeur Micro Focus, juge que la modernisation des systèmes d'information permet d'éviter des effets de rupture.

 Lorsqu'un système d'information arrive à bout de souffle, trois solutions s'offrent à l'entreprise. On peut soit tout le réécrire, soit choisir une application packagée d'un grand vendeur de logiciel, soit essayer de le moderniser. Selon le cabinet d'étude The Standish Group, la modernisation est la seule bonne pratique disponible. The Standish Group observe les systèmes d'information depuis plus de quinze ans et possède une base de données impressionnante de 70.000 cas d'entreprises.
Selon ses calculs, la récriture d'applications critiques avec des outils modernes demandera au moins trois ans d'effort. Seuls 4% de ces projets aboutissent dans les temps. L'achat de l'application d'un éditeur prend moins de temps à mettre en œuvre (2 ans) mais il faut toujours « customiser » la solution et cela coûte cher. Reste la modernisation des applications avec une légère transformation du système d'information par des outils modernes. Pour The Standish Group, c'est la meilleure solution. Elle demande moins de temps (1,5 an en moyenne) et coûte nettement moins cher. Sur la base d'un projet réel de traitement de commandes d'achat, la réécriture coûterait 10 millions de dollars, l'achat d'une nouvelle application 5 millions de dollars, avec un risque de dérapage tandis que la modernisation ne coûterait que 3,5 millions de dollars.
« Le quatrième choix peut être de ne rien faire mais cela ne dure pas longtemps », souligne Laurent Charreyron, responsable de la zone Europe de l'éditeur Micro Focus. Pour moderniser une application, deux volets sont possible. On peut d'abord porter de vieilles applications fonctionnant sur de gros ordinateurs (mainframe) vers des systèmes dits ouverts, à base de serveurs Intel.
« C'est une manière pragmatique de capitaliser sur son acquis et d'éviter les effets de rupture », note Laurent Charreyron.
Cette technique est vivement recommandée dans certains secteurs comme le monde de l'assurance. « On s'aperçoit que le taux de cotation par rapport aux contrats souscrits explose, explique Laurent Charreyron. On laisse les gens faire des simulations sur le web. Or, cela sollicite en permanence le mainframe. Donc, cela se traduit par un coût insupportable avec une consommation de MIPS de plus en plus important ». Pour ce type de simulation, des organismes bancaires peuvent enregistrer une augmentation des sollicitations du système de l'ordre de 20% par an. La première année, on peut trouver un moyen ad hoc. Par la suite, il faut changer de méthode. Il faut déporter des applications vers des environnements ouverts et moins chers. Les gains de fonctionnement sont de l'ordre de 77%.
Le deuxième volet consiste à utiliser des outils de programmation modernes qui permettent de nettoyer les anciens codes tout en installant de nouvelles fonctionnalités. Au lieu de développer, de tester et de compiler sur le mainframe, sur des écrans verts avec des interfaces préhistoriques, on choisit de retrouver de l'agilité en s'affranchissant du mainframe. « Micro Focus a développé une couche logiciel qui permet de ne compiler qu'en final sur le mainframe », note Laurent Charreyron.

Pascal Boulard - 21/01/2011, 13:26  | 
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