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SAP vient de publier des résultats trimestriels qui n’ont pas étonné compte tenu de la pré-annonce de mi-janvier. Sur le quatrième trimestre, le chiffre d’affaire augmente de 27% pour atteindre 4,058 milliards d’euros, dont 35% d’augmentation pour le logiciel (1,507 milliard). Sur l’année entière, le chiffre d’affaires augmente de 17% (12,46 milliards) avec 25% d’augmentation des licences logicielles (3,265 milliards), mais le bénéfice après impôts ne progresse que de 4% (1,816 milliard). De fait, SAP a embauché près de 600 personnes dans l’année pour tirer parti des perspectives de croissance dans les marchés émergents. De plus, il a passé une provision de 980 millions d’euros (59 millions en 2009) pour son litige avec Oracle (affaire TomorrowNow).
Le phénomène de rattrapage des investissements informatiques devrait se poursuivre en 2011. La présentation des résultats et des perspectives de 2011 devrait se traduire par un relèvement des estimations de bénéfice par action. A noter que le titre a bien performé depuis la pré-annonce des résultats.
Cependant, les investisseurs pourraient rester sur leur fin. SAP évoque certes des nouvelles technologies comme le cloud computing ou le SAAS (Software as a Service) mais il y manque d’envergure. SAP est certes un géant dans le progiciel de gestion intégré mais un nain dans le SAAS. Selon une responsable de SAP, l’éditeur aurait évalué, il y a deux ans, la perspective d’un rachat de Salesforce.com mais, visiblement, aucune suite n’a été donnée. Il faut dire que la dynamique de la valorisation est clairement du côté de Salesforce et que ses actionnaires aimeraient être payés cash, soit plus de 16 milliards de dollars selon la dernière valorisation.
L’acquisition type pour SAP est plutôt du genre Sybase, qui apporte plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires, ou une entreprise qui apporte une technologie clef. En ce qui concerne Sybase, le cross-selling n’a pas encore été évoqué.
Reste à savoir si SAP peut devenir une proie tentante pour un grand acteur de l’informatique. Trois peuvent être évoqués : Microsoft, IBM et HP. Microsoft en a les moyens, il a même considéré l’opération par le passé, mais il a aujourd’hui d’autres chats à fouetter. IBM s’est radicalement transformé au cours des dix dernières années et veut aider d’autres entreprises ou des administrations à se transformer. HP a accueilli Léo Apotheker à sa direction générale. C’est un ancien patron de SAP. Comme HP se doit de se développer dans le logiciel, pourrait-on imaginer une tentative de fusion avec SAP ?
La réponse est non car IBM réalise encore énormément d’intégration SAP et ne verrait pas d’un bon œil ce rapprochement. Bref, SAP est condamné à satisfaire ses actionnaires tout seul. Il vient de décider d’augmenter son dividende de 20% (de 50 à 60 cents) mais il n’est pas pour autant devenu une valeur de rendement.
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