La Tribune

Grande-Bretagne: des coupes budgétaires historiques

David Cameron et George Osborne. Et vous trouvez ça drôle?
David Cameron et George Osborne. Et vous trouvez ça drôle? (Crédits : AFP)
Eric Albert, à Londres  |   -  336  mots
Si les annonces budgétaires de ce mercredi contenaient peu de vraies surprises, elles n'en restent pas moins historiques.

Les économistes ne sont jamais contents. Leur principale réaction à l'annonce des coupes budgétaires de la Grande-Bretagne pour les quatre prochaines années? Bof.

"Pas de surprise", estiment les économistes de Goldman Sachs. "Pas une réduction de l'Etat aussi radicale que prévu, finalement", soupire le Center for Economic and Business Research. "D'un point de vue macro-économique, la principale information est que le gouvernement maintient ses objectifs de dépenses publiques", ajoute sans excès aucun Howard Archer, de Global Insight.

Stricto sensu, ils ont raison. Le gouvernement avait laissé filtré beaucoup d'informations ces derniers jours, et il n'y a pas de grande surprise dans les annonces formelles.

Mais tout de même, un peu de recul. Ces baisses sont historiques. Quelques chiffres: les dépenses courantes des ministères vont baisser en moyenne de 8,3% d'ici 2015. En chiffres absolus, cela signifie que le budget de l'ensemble des ministères est gelé pour les quatre prochaines années. Du jamais vu.

Dans les dépenses d'investissement, c'est carrément du carnage. L'éducation (pourtant relativement épargnée): -60% d'ici quatre ans. Autant dire qu'il ne va pas y avoir beaucoup d'écoles construites. Les collectivités locales? -100%. Vous avez bien lu. Le gouvernement supprime tout budget pour des dépenses d'investissement destinées aux collectivités locales. Celles-ci ont d'autres sources de revenus (les impôts locaux), mais on ne voit pas bien comment elles pourraient investir dans quoi que ce soit dans les années à venir.

Pour l'instant, ces chiffres sont difficiles à traduire en réalité concrète sur le terrain. On sait que 500000 emplois seront supprimés dans la fonction publique d'ici 2015 (soit un fonctionnaire sur douze), mais on ne sait pas combien de policiers, de juges, d'instituteurs cela concernera. Les détails vont filtrer dans les semaines et les mois à venir. Sur le terrain, le tour de vis se fera sentir fin 2011, début 2012. Mais que personne ne se trompe: le 20 octobre 2010 restera dans les annales de l'économie britannique.

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