La Tribune

Mitt Romney reprend la main devant Rick Santorum

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Jérôme Marin, à New York  |   -  599  mots
En s'imposant, sans éclats, dans le Michigan et dans l'Arizona, l'ancien gouverneur du Massachusetts a assuré l'essentiel. Et conserve son statut de favori avant le "Super Tuesday"

Mission accomplie pour Mitt Romney. Le favori pour l'investiture républicaine devait absolument remporter les primaires organisées mardi soir dans le Michigan et dans l'Arizona. C'est chose faite. Mais sans éclats, surtout dans le Michigan, son Etat natal où son père a été gouverneur, alors qu'il y était donné largement favori il y a encore trois semaines. Avec 41% des voix, il ne devance finalement Rick Santorum que de 3 points.

"Nous n'avons pas gagné de beaucoup mais nous avons gagné d'assez, a-t-il reconnu au cours d'un discours prononcé après les résultats dans la banlieue de Detroit. Et c'est tout ce qui importe". En s'imposant ce mardi, Mitt Romney a en effet assuré l'essentiel: conserver son statut de favori. Et aussi préserver son image de candidat présidentiable. Comme souvent d'ailleurs, son discours n'était dirigé qu'à l'encontre de Barack Obama.

Malmené dans les sondages la semaine dernière, l'ancien gouverneur du Massachusetts a su inverser la tendance. Au cours du dernier débat entre les candidats républicains, où il a mis en difficulté son rival Rick Santorum. Mais surtout sur le terrain. Lui, le candidat qui ne parvient pas à créer des liens avec les Américains. Lui, le milliardaire qui semble si déconnecté de la réalité quotidienne. Mais le Michigan était, pour Mitt Romney, les terres idéales pour y parvenir.

Du côté de Rick Santorum, la défaite dans le Michigan est un pari raté. Le candidat de la droite chrétienne espérait bien porter un coup, peut-être fatal, à Mitt Romney. "Il y a un mois, ils ne savaient pas qui nous étions. Maintenant ils le savent", a-t-il bien tenté de minimiser après coup. Il est vrai que son score de 38% pouvait paraître inespéré quelques semaines plus tôt. Mais, il aurait aussi bien pu s'imposer s'il avait mieux gérer les derniers jours de campagne

Après sa piètre performance lors du dernier débat, Rick Santorum avait bien tout tenté, demandant aux démocrates du Michigan de voter pour lui (la primaire était ouverte à tous les résidents de l'Etat, peu importe leur affiliation  politique). En vain: selon les sondages sortis des urnes, moins de 10% des votants étaient des militants démocrates. Et seulement la moitié d'entre eux ont voté pour Santorum. Cet appel à l'aide lui a, en plus, été assez préjudiciable en terme d'image.

Si son plaidoyer pour la défense de l'industrie américaine semble lui avoir profité, ses positions extrêmes sur les questions de société lui ont en revanche porté préjudice dans le Michigan, un Etat plus modéré. Elles ont surtout effrayé une partie des électeurs républicains, bien conscients qu'il sera, dans ces conditions, impossible pour Rick Santorum de convaincre les électeurs indépendants de voter pour lui lors de la présidentielle. 

Loin derrière, Newt Gingrich et Ron Paul n'avaient pas jugé bon de vraiment faire campagne dans ces deux Etats. Les deux candidats attendent patiemment les prochaines échéances. Après avoir remporté l'Etat de Caroline du Sud, l'ancien président républicain de la Chambre des représentants devra absolument s'imposer dans son Etat de Géorgie. Quant au candidat libertarien, il compte sur les prochains caucus, ces rassemblements politiques de militants dans lesquels il estime avoir de meilleures chances, pour décrocher sa première victoire de la campagne.

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