Barack Obama s'attaque à nouveau aux subventions de l'industrie pétrolière

 |   |  579  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Alors que les prix de l'essence flambe, les candidats républicains attaquent l'inaction du président américain et plaident pour une véritable politique énergétique. Obama milite lui pour la suppression de tous les avantages fiscaux des grandes compagnies pétrolières et gazières.

Ces derniers jours, la campagne électorale américaine a gagné un nouveau terrain. A l'initiative des candidats à la primaire républicaine, elle se focalise désormais sur le prix du carburant, alors même que l'économie et le chômage s'améliorent et que l'accent mis sur les questions de société - notamment la contraception - n'a pas produit, dans l'opinion, les effets escomptés. Dans le sillage des cours du pétrole, le gallon de carburant (3,79 litres) a progressé de 14% depuis le début de l'année, pour atteindre 3,74 dollars.

Et cela devrait continuer. Jeudi soir, le baril de brut est repassé au-dessus de la barre des 110 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), pour la première fois depuis mai 2011. A la pompe, le gallon devrait très vite dépasser le seuil psychologique de 4 dollars, voire même le record de 4,11 dollars touché en juillet 2008. A ce prix là, les économistes estiment que les ménages américains vont commencer à réduire leurs autres dépenses de consommation, ce qui pourrait handicaper la croissance économique.

Cette question est rapidement devenue un enjeu de campagne. Les candidats républicains imputent la flambée des prix à l'inaction de Barack Obama. Et ils y trouvent un argument de poids pour justifier la mise en place d'une politique énergétique ambitieuse, passant par une accélération des forages (le fameux "Drill, baby, drill", si cher à Sarah Palin), par un assouplissement des règlementaires environnementales et par la construction rapide du pipeline Keystone XL, aujourd'hui bloquée par l'administration Obama.

"Je sais qu'il est difficile de le croire, mais certains politiciens voient la hausse des prix du carburant comme une opportunité politique, a réagi jeudi le président américain lors d'un déplacement dans le New Hampshire. Il n'y a qu'en politique où des personnes peuvent accueillir une si mauvaise nouvelle avec autant d'enthousiasme". Selon un sondage réalisé par le Pew Research Center, selon 18% des Américains estiment que Barack Obama est responsable de cette hausse.

80 milliards de profits en 2011

Pour autant, l'hôte de la Maison Blanche souhaite également occuper le terrain. Il est donc repassé à l?offensive, en réclamant la suppression immédiate de tous les avantages fiscaux "injustifiés" accordés aux grands groupes pétroliers et gaziers. Plus de 4 milliards de dollars par an qu'il préfèrerait dépenser dans le développement des énergies alternatives. Mais comme en avril 2011, cette volonté sera contrariée par les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, qui estiment que cette décision déboucherait in fine sur une nouvelle hausse des prix.

L?an passé, les trois principales compagnies pétrolières américaines (Exxon Mobil, Chevron et Conoco Phillips) ont engrangé plus de 80 milliards de dollars de profits, un tiers de plus que l'année précédente. "Vous ne pouvez pas à la fois être du côté des compagnies pétrolières et du côté du peuple américain", estime Barack Obama alors que la lutte contre les déficits publics va se traduire par des coupes dans les dépenses publiques. Mais ces trois sociétés s'apprêtent également à payer plus de 62 milliards d'impôts. Un bond 45% par rapport à 2010, qui profitera aussi aux contribuables américains.

Actualités, petites phrases, sondages et analyses... Suivez au jour le jour les primaires républicaines et la présidentielle sur notre blog consacré aux élections américaines.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :