La Tribune

Citroën C3 Picasso : le "microspace" malin

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Alain-Gabriel Verdevoye  |   -  1095  mots
Habitable, fonctionnel, sûr, confortable, le minispace Citroën restylé est une bonne petite routière, surtout avec ce diesel de 115 chevaux. Mais, la boîte de vitesses rugueuse dégrade l'agrément. Et certains plastiques « légers » détonnent.

Fort de son expérience dans les monospaces, Citroën a décliné son concept dans un petit gabarit. Le C3 Picasso, qui vient d'être restylé pour mieux résister aux nouveaux entrants comme le Ford B-Max ou la Fiat 500L, demeure original, avec une bouille rondouillarde sympathique. Une silhouette qui s'accompagne de réelles avancées dans le domaine de la visibilité, avec notamment un pare-brise panoramique bien agréable. L'habitabilité est excellente, avec une vraie sensation d'espace. La modularité, avec des sièges arrière coulissants et rabattables, permet de retrouver la plupart des fonctionnalités de son grand frère C4 Picasso, qui sera renouvelé cet été. Le coffre aux formes géométriques se révèle accueillant pour les bagages. Et on peut l'agrandir à souhait. En prime : une accessibilité très satisfaisante à bord. Bref, ce C3 Picasso est un vrai monospace à échelle réduite. Bravo.

Cocon accueillant

La présentation est plaisante, aérée. Sur notre version de pointe « Exclusive », l'intérieur clair se mariait bien aux surfaces vitrées généreuses - avec  le toit panoramique en option - pour offrir un cocon chaleureux et accueillant, avec des sièges doux, au revêtement agréable. C'est moins lugubre que chez Ford ou Opel. Avec une peinture extérieure bleu nuit, « notre » C3 Picasso faisait même assez chic.

Plastiques légers

Après les louanges, les critiques... Tout d'abord, quelques plastiques légers dénotent, comme les instruments fichés au centre de la planche de bord et moulés dans un matériau de pacotille. Nos remarques se vérifient hélas à l'usage. La finition du C3 Picasso - comme du C4 Picasso - n'a pas la réputation de très bien vieillir. Citroën aurait pu profiter de ce restylage extérieur pour revoir les matériaux intérieurs. Mais non. Autre grief : la position de conduite. On est assis haut perché avec un volant un peu à plat. Il faut aimer. Mais, bon, on s'habitue. En revanche, ce à quoi on ne se résigne pas, c'est ce foutu accoudoir central, qui gêne pour passer les vitesses. Même en le relevant, il entrave l'accès au levier. Par contre, mention bien pour l'instrumentation simple et lisible, mais mauvaise note pour la forêt de boutons (système audio, navigation...) sur la console centrale, mal repérables et obligeant à détourner les yeux de la route. Dans les micro-détails, nous n'aimons pas non plus le diffuseur de parfum d'ambiance, dont la fragrance synthétique rappelle les déodorants de supermarchés ! Bref, si la séduction opère au premier abord, un examen plus détaillé laisse apparaître des points irritants.

Confort

Spécialité Citroën, le confort des suspensions n'est pas oublié. Malgré des grandes roues à pneus à flancs bas en « Exclusive », qui rendent le toucher de route parfois trop sec. Ces roues sont belles, avec leur faux air de 4x4, mais elles sont très exposées aux coups de trottoir et dégradent le confort sur les petites inégalités Heureusement, les suspensions sont tellement prévenantes que, malgré ça, le résultat demeure satisfaisant. Une vraie invitation au voyage. Même si, comme souvent chez Citroën ou Peugeot, les suspensions manquent d'insonorisant. On perçoit trop leurs grincements...

Tenue de route

Le véhicule est sûr, avec une bonne motricité et un bel équilibre. Sur un modèle à petit empattement et plutôt haut, l'équilibre des masses n'est évidemment pas idéal. Résultat : si elle ne pose aucune problème, la conduite n'a toutefois rien d'enthousiasmant. Tout cela est pataud, comme si la carrosserie flottait un peu lâchement sur ses appuis. Mais, la sécurité est fidèlement assurée. C'est le principal. 

Fichu levier de vitesses

Le moteur HDi de 115 chevaux, ici à l'essai, est suffisamment puissant. Il n'est pas très vigoureux au démarrage - le poids est élevé -, mais on ne cale pas en ville comme sur certains rivaux (chez Renault, par exemple). La puissance déboule cependant un peu brutalement vers 1.500 tours, bousculant le train avant, même s'il n'y a pas perte d'adhérence. Mais bon, ce moteur n'est pas critiquable en soi. Malheureusement, il y a un défaut majeur : la boîte de vitesses. Déjà que l'accoudoir perturbe la prise en mains... Mais, en plus, la commande est à la fois caoutchouteuse, imprécise, rêche, accrocheuse. Ca fait beaucoup. Depuis le temps, comment le constructeur n'a-t-il pu retravailler cette fichue transmission ? On avait noté le même défaut sur le C4 Picasso. Agaçant dans la vie de tous les jours.  A quand une solution ?

Assez onéreux

Le C3 Picasso est relativement coûteux à l'achat. Mais, s'il était nettement plus cher que les concurrents au démarrage, ses tarifs ne sont plus si éloignés de ceux des concurrents aujourd'hui. Premier prix : 16.050 euros pour une version de base dépouillée Attraction, avec un moteur à essence limité. A 18.050, on peut accéder à l'intéressant diesel de 90 chevaux. Notre version de test en finition cossue et hospitalière « Exclusive » avec motorisation à gazole de 115 chevaux est... à 23.650 euros. Là, ça fait cher pour un minispace produit en Slovaquie. Et les petits « plus » familiaux sont taxés en supplément. 350 euros pour des tablettes au dos des sièges avant, c'est mesquin. Même somme pour le tiroir de rangement sous le siège passager avant ou pour les trappes de rangement au deuxième rang... Eh, oh !

Bonne conception, mais des défauts

Le C3 Picasso répond indéniablement à sa vocation de petite familiale, mais peut aussi servir de seconde voiture d'un ménage aisé. Sa polyvalence et sa bonhomie plaident pour lui. Mais, en-dehors des tarifs, il est regrettable que le restylage n'ait pas permis de corriger ce levier de vitesses ou l'accoudoir central mal placé, ni d'enrichir les plastiques. Dommage. Car le véhicule est extrêmement bien conçu à la base, dans un si petit gabarit.
Alain-Gabriel Verdevoye

Modèle d'essai : Citroën C3 Picasso HDi 115 Exclusive : 23.650 euros

Puissance du moteur : 115 chevaux (diesel)

Dimensions : 4,08 mètres (long) x 1,73 (large) x 1,62 (haut)

Qualités : esthétique sympathique, habitacle spacieux, pratique et accueillant (« Exclusive »), bonne visibilité, polyvalence, confort

Défauts : boîte de vitesses rêche et imprécise, bruits de suspension, accoudoir central gênant, plastiques « légers », tarif élevé

Concurrents : Kia Venga 1,6 CRDi Premium : 21.900 euros ; Ford B-Max 1,6 TDCi Titanium X : 22.300 euros ; Opel Meriva 1,7 CDTI 110 Cosmo Pack 23.900 euros.

Note : 13,5 sur 20

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Commentaires

Lou_Papet  a écrit le 09/02/2013 à 21:42 :

Le coffre c'est la boite à gants ?

Jeunôt  a écrit le 09/02/2013 à 17:19 :

à 23.650 euros. Là, ça fait cher pour un minispace produit en Slovaquie. A ce prix là, mieux vaut acheter 2 Dacia Sandero.

Sans illusion  a écrit le 09/02/2013 à 11:12 :

Et toujours le diesel mis en avant, à quand un moteur essence intéressant ?

Yves  a répondu le 09/02/2013 à 13:41:

Oui, le diesel, même avec FAP, est toxique !

marc  a répondu le 16/10/2013 à 22:08:

J'ai acheté personnellement le modele essence VTI 120 cv, qui m'a plutot surpris agréablement pour sa souplesse et sa faible consommation (surtout sur route).
Je suis également allergique au diesel depuis toujours, mais surtout depuis 15 ans apres toutes les études sur la pollution des fumée noires et NOX.

issanissa  a écrit le 09/02/2013 à 9:06 :

2 articles concernant une marque française avec des points positifs, à noter sur nos tablettes....tellement rare mais ne boudons pas notre plaisir ! J'espère que votre santé n'est point trop chancelante !