Transition énergétique : un casse-tête financier ? Pas tant que cela !

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Pour Pierre Ducret, la dépense publique doit venir en aide aux entreprises et aux particuliers les plus impactés par la transition énergétique. | DR
Pour Pierre Ducret, la dépense publique doit venir en aide aux entreprises et aux particuliers les plus impactés par la transition énergétique. | DR (Crédits : DR)
Les Journées de l'économie organisées chaque année à Lyon, dont Acteurs de l'Economie et La Tribune sont partenaires, se déroulent cette année du 14 au 16 novembre. Pierre Ducret, Pdg de CDC Climat, filiale de la Caisse des Dépôts, s'y fera le défenseur de la transition énergétique...

Le débat national sur la transition énergétique nous a fait peur en annonçant les masses financières nécessaires à la transition : 20 milliards d'euros par an sont évoqués. Comment et où mobiliser ces ressources rapidement, en période de crise ?

"Réveiller le système européen d'échange de quotas"

L'essentiel sera de dérouter les flux financiers actuels et de persuader chaque acteur de l'économie qu'il doit placer l'investissement de transition sur le haut de la pile de ses priorités. Même sous contrainte budgétaire, les pouvoirs publics ne manquent pas de leviers pour y parvenir.

D'abord, ils peuvent activer le signal-prix. C'est surtout le prix du carbone qui pourrait orienter l'économie vers les sources moins émettrices de carbone. La contribution énergie-climat va progressivement l'introduire dans l'économie. Il y a également urgence à réveiller le système européen d'échange de quotas pour remettre les industries et le secteur énergétique sur le chemin de la transition.

"Affecter la dépense publique aux perdants de la transition énergétique"

Deuxième outil public : le signal norme. Conçu comme une réglementation qui s'appliquera à terme, il délivre un double message : "Vous devrez avoir investi dans des équipements moins consommateurs d'énergie, mais vous avez le temps de choisir votre chemin". Dès lors la sanction choisie n'a pas besoin d'être très forte.

Elle permet juste de faire des choix économiques plus rationnels. Par exemple, une obligation de travaux bien formatée aurait des vertus pour accélérer la rénovation thermique du bâti. L'argent public devra tout de même être mobilisé. Il est si rare et précieux qu'il faudra choisir avec soin à quoi l'affecter. La transition énergétique fera immanquablement des perdants et c'est sur eux que devrait se concentrer la dépense publique.


"Il est crucial de faire preuve d'innovation financière"

D'abord en facilitant l'adaptation des secteurs industriels exposés à la concurrence internationale. L'allocation gratuite de quotas de carbone est prévue pour cela : rendre la baisse des émissions moins coûteuse, sans pour autant en supprimer l'obligation. Et bien sûr en concentrant les subventions publiques vers les plus démunis, notamment pour la rénovation thermique de leurs logements.

L'investissement public devra également chercher un effet de levier maximum pour attirer à rythme soutenu et régulier les capitaux privés vers le financement de la transition. Financer les éco-entreprises, c'est le rôle de Bpifrance. Mais il sera crucial aussi de faire preuve d'innovation financière pour sécuriser les investissements, réduire leurs coûts et les hisser au rang de dette "investment grade" dont sont friands les investisseurs de long terme : la Caisse des Dépôts peut y contribuer.

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