2015, année de l'hyperconnexion massive

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Les consommateurs consultent de manière de plus en plus systématique des applications de leurs smartphones en magasin pour comparer qualité et prix des produits.
Les consommateurs consultent de manière de plus en plus systématique des applications de leurs smartphones en magasin pour comparer qualité et prix des produits. (Crédits : Reuters)
Cap Digital, le pôle de compétitivité francilien, observe désormais en temps réel les changements dans la vie des entreprises liées au numérique et à l'hyperconnexion. Les changements de consommation sont au cœur des tendances 2015.

« On observe un changement vraiment radical dans le comportement du consommateur. Il n'y a pas que le développement du e-commerce, il y a, c'est en train d'apparaître, la transformation même de l'acte d'achat, une transformation incroyable du commerce physique, explique Françoise Colaitis, la déléguée adjointe de Cap Digtal.

Les gens viennent voir l'objet qu'ils ont vu sur le web, ils utilisent de plus en plus les applis de leurs téléphones dans les magasins mêmes pour aller ailleurs acheter moins cher ou mieux. Ils retrouvent avec le numérique du plaisir à être dans une surface de vente, à l'expérience client. Une sorte de shopping numérique qui a d'ailleurs l'avantage de permettre d'analyser les parcours des consommateurs »

Cette tendance n'est pas pour le futur, elle est déjà constatée dans les magasins parisiens et elle l'une des tendances majeures automne hiver 2014- 2015 du tout nouveau Cahier de Tendances du pôle de compétitivité du digital. Un cahier de tendances assez novateur puisqu'il ne recense pas des études ou des idées, mais reflète en temps réel l'activité des 800 entreprises adhérentes et 3.000 entreprises proches de Cap Digital. Des entreprises numériquement innovantes qui disent ce qu'elles constatent. La vraie vie 2014, l'état actuel du marché.

Un changement radical des modes d'achat

« L'hyperconnexion est le phénomène massif actuel, continue Françoise Colaitis. Il y a un basculement d'un modèle d'organisation structuré, de la production vers le consommateur, vers un modèle où c'est l'usage qui, dans une certaine mesure, conditionne et oriente la production, grâce aux données »

Mais l'une des conséquences négatives immédiates à Paris de ce que les spécialistes appellent déjà le "crowdshipping" concerne les enjeux autour du "dernier kilomètre" qui sont de plus en plus essentiels pour les acteurs du commerce et de la distribution et qui nécessitent une très grande agilité.

En clair la déstabilisation encore plus rapide que prévu des acteurs de la livraison. Les entreprises du commerce adhérentes de Cap Digital ont donc bel et bien constaté que les consommateurs qui effectuent un achat en magasin l'ont préparé en consultant un site internet en amont. Ce qui conforte une étude récente montrant que le showrooming se développe : un tiers des consommateurs, selon Mediamétrie, se sont rendus dans un magasin pour se renseigner avant de terminer leur processus d'achat en ligne.

 Trop peu de salariés utilisent les Mooc pour leur propre formation

Si les évolutions sur les actes d'achat sont un des points forts du cahier de tendances 2014-2015, Cap Digital épluche les huit secteurs d'activité relevant de son plan stratégique (médias, commerce, santé, éducation, entreprise, communication, tourisme, maison). Et l'une des tendances balbutiantes concerne l'éducation et les Mooc. Le pôle de compétitivité est bien obligé de constater que, comme le dit Françoise Colaitis, « les drivers du changement ne sont pas dans l'institution ».

L'exemple le plus probant est celui de la formation :

« Nous avons un peu l'impression que seul le bottom up fait bouger les choses pour l'instant. Le Mooc ne viendra jamais de l'entreprise mais des salariés eux-mêmes. Mais le salarié n'a pas le réflexe de se former tout seul. On commence seulement à en voir apparaitre quelques uns qui se forment seuls, qui comprennent que, s'ils ne travaillent pas eux mêmes sur leur employabilité, personne ne le fera à leur place ».

Pour l'instant c'est timide.

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Commentaires
a écrit le 12/11/2014 à 19:25 :
Les salariés payent des cotisations pour leur formation, et ils devront en plus se former eux-même sur leur temps libre et à leurs frais. Beau progrès !
Réponse de le 13/11/2014 à 12:58 :
C'est malheureusement dans l'air du temps : regardez en grande surface, le grand amusement des pige... pardon, des clients, c'est de faire le boulot des caissières à leur place en scannant eux-mêmes les articles et gratuitement en plus ! Et quel est le seul vrai gagnant dans l'histoire ? Ni la caissière qu'on finira par virer, ni le clie... nigaud qui n'y gagne rien, mais la grande surface bien sûr !
a écrit le 12/11/2014 à 12:40 :
hyperCONNEction serait plus adéquat; surtout si elle est massive...

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