Contenu :
| Top articles : |
![]() | Les plus commentés |
![]() | Les plus envoyés |
| Les plus lus |
Lien permanent vers cet article :
http://www.latribune.fr/blogs/le-blog-d-erik-izraelewicz/20091120trib000445241/l-argent-responsable-.html
Oui, Gérard Mulliez, c’est l’un des grands entrepreneurs français, l’une des grandes fortunes aussi. Ce patron nordiste, catholique pratiquant, très près de ses sous, connu pour cela en tout cas, a fondé, en 1961, il y a presque 50 ans, Auchan. Le groupe Auchan, c’est aujourd’hui le numéro trois de la distribution alimentaire en France. C’est 500 hypermarchés, plus de 2200 supermarchés, 50.000 salariés, une dynastie familiale présente d’autres métiers aussi.
Alors, la parole de Gérard Mulliez est rare. Mulliez ne s’exprime presque jamais. Sa devise, celle du patronat d’antan, c’était : « Pour vivre heureux, vivons cachés » Parole rare, parole chère donc. Le patriarche a accepté, à l’occasion de ce Forum organisé par Philippe Vasseur, l’ancien ministre de l’agriculture d’Alain Juppé, de parler. Et ce qu’il dit est passionnant. Il plaide pour un retour de l’éthique dans l’économie. Face aux excès de l’argent fou, à la spéculation, à tout ce qui a conduit à la crise d’aujourd’hui, il plaide pour une réhabilitation d’une certaine morale dans le business. L’argent, dit il, ne doit pas être un but en soi. C’est le message qu’il adresse aux entrepreneurs qui entreprennent, aux investisseurs qui investissent, à vous et moi en réalité.
Facile à dire quand on est devenu l’une des plus grosses fortunes de France !
Certes. Cela étant, Gérard Mulliez s’explique. Chez Auchan, depuis 50 ans, il a cherché à mettre en application ce principe, à respecter une certaine éthique. Trois exemples. Un. Les salaires dans son entreprise. Ils ne sont certes pas mirobolants, c’est vrai. On est dans la grande distribution. Cela étant, Mulliez a toujours veillé à ce que les écarts entre les salaires les plus bas et les salaires les plus hauts restent raisonnables. L’écart, il était de 1 à 20 il y a cinquante ans. Il est toujours de 1 à 20 aujourd’hui. On n’est pas dans les banques. « Gagner de l’argent sans apporter de valeur ajoutée, comme un trader, j’appelle ça du vol », dit Mulliez.
Autre exemple, l’actionnariat salarié. Les salariés sont aussi, chez Auchan, un peu propriétaires de leur entreprise. Ils en possèdent aujourd’hui 15%
Auchan n’est pas cotée en Bourse…
Oui, Gérard Mulliez fait partie de cette génération d’entrepreneurs toujours restés très méfiants à l’égard de la Bourse, des marchés financiers, de ce lieu où on peut s’enrichir sans vraiment apporter de valeur ajoutée. La Bourse, un endroit mal famé, dangereux, qui évalue mal, injustement, la valeur des entreprises. C’est une vieille conviction de Mulliez. Il y est resté attaché. On dira que les dix huit derniers mois n’ont dû sans doute que renforcer sa conviction.
A 78 ans, Mulliez appelle à changer nos références sur ce qui est bien et ce qui est mal. Ce qu’il dit, c’est simple : « on devrait mettre les traders sous le boisseau et les gens qui travaillent en vitrine ». Toute une philosophie !
Erik Izraelewicz
Publicité
|
Les plus commentés |
|
Les plus envoyés |
| Les plus lus |
Pied de page :