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http://www.latribune.fr/blogs/le-blog-d-erik-izraelewicz/20100208trib000472819/un-etat-peut-il-faire-faillite-.html
Rappelez vous ! Une grande banque peut-elle faire faillite ? C’était il y a encore dix huit mois. On nous le jurait, oh grands dieux, jamais cela n’arriverait. C’était impossible, dangereux…Eh bien, il y a eu, en septembre 2008, la faillite de l’une des plus grandes banques américaines, Lehman Brothers, d’autres banques américaines ont suivi. Lehman Brothers a disparu, complètement. Cette banque n’existe plus. Alors, aujourd’hui, quand on entend les mêmes dire que jamais un Etat, un grand Etat, ne pourra faire faillite, évidemment, on a le droit de douter, de rester sceptique.
Alors, un Etat peut-il faire faillite ? Non, on répondra quand même non. Un Etat peut se trouver en cessation de paiement, en incapacité à rembourser sa dette, à payer ses fonctionnaires. Mais contrairement à une entreprise, on n’a jamais vu la liquidation d’un Etat, sa disparition pour cause de surendettement.
Qu’est ce qui se passe alors quand un Etat est en défaut de paiement ?
Des Etats en défaut de paiement, on en a connus énormément dans l’histoire. C’est la France post-révolutionnaire, après 1789, incapable de rembourser sa dette. Elle émet alors des assignats qui seront réduits à néant par l’inflation. C’est la Russie pré-révolutionnaire, avec les fameux emprunts russes. C’est plus récemment le Mexique en 1982, l’Argentine en 2001, d’autres encore.
Aucun de ces Etats n’a vraiment fait faillite. Aucun n’a disparu de la carte, aucun n’a été obligé de se faire absorber par un autre, de vendre ses actifs. Le parallèle avec une entreprise n’est donc pas pertinent. Ce que l’on constate, c’est qu’à chaque fois, ce sont d’abord les créanciers, ceux qui avaient prêté à ces Etats laxistes qui sont les dindons de la farce, qui paient l’addition : les porteurs d’assignats, les détenteurs d’emprunts russes avaient prêté, ils auront tout perdu ou presque. D’où aujourd’hui la crise sur les marchés. Prêter à des pays qui risquent de se trouver en défaut de paiement, c’est prendre le risque de perdre son argent !
L’Etat, lui, arrive toujours à s’en sortir, à survivre d’une crise d’endettement…
Disons que pour un Etat plongé dans une crise de la dette, il y a plusieurs pistes possibles.
Un. L’inflation et la dévaluation. C’est la technique classique pour faire fondre de la edtte. Aujourd’hui, les pays membres de l’euro comme la Grèce ou l’Espagne ne peuvent recourir à cette thérapie.
Deux. Le réechelonnement de la dette. Comme pour une famille, comme une entreprise, un Etat peut négocier avec ses créanciers, avec ses prêteurs, un réduction de sa dette, un report de ses échéances. Les prêteurs y posent bien sûr leurs conditions. Trois. Une aide de l’extérieur, mais généralement la mise sous tutelle du pays.
En fait, l’issue, c’est généralement, l’histoire le montre, un mélange de ces trois pistes. Les prêteurs sont les principaux payeurs. Ils imposent alors leurs conditions. Un plan d’austérité, une régression sociale. Conclusion : un Etat en défaut de paiement ne fait pas faillite, il ne reste pas pour autant impuni !
Erik Izraelewicz
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