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Trois scénarios pour l'euro

Source : La Tribune.fr - 18/05/2010 | 08:13 - 422 mots  | 
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Hier soir, il n'est rien sorti de la réunion, à Bruxelles, des grands argentiers de la zone euro. La cacophonie qui règne en Europe continue d'alimenter les rumeurs les plus folles sur l'avenir de l'euro. « La Tribune » fait la liste, ce matin, des trois scénarios possibles pour l'euro...

Oui, on cogite sec, en ce moment, sur les marchés. On imagine, pour l’euro, trois scénarios possibles: un noir, un gris et un rose.
Le noir d’abord. C’est celui la désintégration de l’euro, de l’explosion de l’union monétaire. C’est clairement le pari des économistes américains – le Nobel Stiglitz, le démocrate Volcker ou le prof Roubini, celui qui avait annoncé la crise. C’est vrai que les Américains n’ont jamais cru à l’euro. C’est vrai aussi que la sortie de l’un de ses membres de la zone, c’est quelque chose de possible. On a vu, dans l’histoire, des unions monétaires éclater. Rappelez vous, l’Urss et le rouble : au moment de la disparition de l’Urss, les pays satellites ont repris leur souveraineté monétaire, ils ont recréé des monnaies nationales. Ce scénario, il est possible. Il aurait des effets catastrophiques pour le pays sortant, obligé de dévaluer et d’augmenter ses taux. Pour les pays restants aussi. Ce scénario noir, à l’anglaise, celui du « chacun pour soi » est possible, il est peu probable, il n’est en tout cas pas souhaitable.

Le scénario gris, le second, c’est quoi ?

C’est celui de la stagnation à la japonaise. Embourbé dans sa dette, dans ses déficits, le Japon végète depuis près de vingt ans – avec une croissance d’à peine 1% l’an. Ce scénario, c’est celui où les pays européens continueraient de lutter, chacun dans leur coin, contre leurs déficits, sans se coordonner. C’est celui qui engagerait le vieux continent dans un cercle vicieux, celui de la rigueur sans vigueur. Ce scénario gris est possible, il est probable aussi. C’est même, on peut le craindre, pour l’instant, le plus probable.

Quand même, il y a un scénario rose…

Oui, c’est la sortie par le haut. C’est celui de l’intégration…à l’allemande. C’est celui où tous les pays de la zone euro accepteraient de mettre en commun non seulement leur monnaie mais aussi leur budget, où il n’y aurait finalement, à terme, plus qu’un seul ministre des finances pour l’ensemble. Un super ministre qui annoncerait, par exemple, une baisse de 5% des salaires de tous les ministres de l’Europe, qui coordonnerait vraiment les politiques économiques des seize pays membres de l’union. Un tel scénario n’est pas exclu. Vendredi, le ministre allemand des finances doit faire des propositions. Elle pourrait aller dans ce sens. Plus de solidarité entre les nations, moins de souveraineté nationale. C’est le prix d’une monnaie commune. C’est dur à faire accepter, c’est sûr. C’est pourtant le seul scénario qui permettrait à l’Europe de s’en sortir !
 

latribune.fr - 18/05/2010, 08:13  | 
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  • Lechoux a écrit le 22/05/2010 à 17:48 :

    • Dissocier monnaie et politique économique fut l'erreur principal lors de la création de l'Euro. Ne soyez pas surpris de cet échec.

  • jumbofreddy a écrit le 22/05/2010 à 16:02 :

    • C'est sans doute la solution rose et idéale, mais hélas totalement utopique!Quand les français eux mêmes n'arrivent pas à se mettre d'accord sur le simple mot de rigueur, comment accepteraient t-ils qu'un superministre des finances leur impose quoiquecesoit?Et le grecs, et les espagnols!le "génial" professeur Roubini, qui avait annoncé le dernier krach de 2009, est sans doute le plus visionnaire!

  • lolo29 a écrit le 22/05/2010 à 09:32 :

    • C'est ça, acceptez l'intégration à l'allemande et sautez dans les roses épineuses ! C'est comme faire grossir la bulle d'emprise de l'économie sur la politique (dont l'un des intérêts est bien de laisser quelques privés aspirer la valeur du travail légalement) à l'échelle de l'europe, à défaut de rendre aux politiciens leurs indépendances. Faut vraiment être maso

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    • Dissocier monnaie et politique économique fut l'erreur principal lors de la création de l'Euro. Ne soyez pas surpris de cet échec.

      par Lechoux le 22/05/2010 à 17:48

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