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Château bas en Espagne

Source : La Tribune.fr - 25/05/2010 | 08:54 - 442 mots  | 
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Après la Grèce, l'Espagne ? Notre voisin ibérique n'est pas encore en risque de défaut de paiement. Mais ce week-end, une caisse d'épargne espagnole a dû, pour la première fois, être sauvée d'urgence par la banque centrale. Un signal inquiétant ?

Oui, l’Espagne, un château qui s’effondre, un château de cartes en réalité… Samedi, une caisse d’épargne locale, en Andalousie, « la caisse des curés », comme on l’appelle là-bas, elle est possédée et dirigée par l’Eglise, a dû être reprise, in extremis, par la Banque centrale d’Espagne. Hier, lundi, le FMI a exhorté Madrid à se réformer, de toute urgence – à réformer l’Etat, les banques et le marché du travail, tout simplement !

L’Espagne, c’était, au début des années 2000, l’une des belles histoires de l’Europe. Le pays s’était reconstruit – c’est le cas de le dire. La construction immobilière avait joué un rôle majeur dans son développement. Il est vrai que le pays avait dans ce domaine beaucoup de retard. La construction, une bulle immobilière, en réalité. Alors, au début de la crise, on s’était émerveillé de l’extraordinaire résistance du système financier espagnol. On avait loué l’efficacité du contrôle des banques. Eh bien, la crise financière a fini par rattraper les banques espagnoles elles-mêmes, les caisses d’épargne en particulier, véritable talon d’Achille du pays.

La chute des banques, ce n’est que l’une des faces de ce château qui s’effondre…

Oui, l’une des formes de la crise, l’un des symptômes. Cette crise, elle est plus générale. L’Espagne, c’est aujourd’hui 4,6 millions de chômeurs, un taux de chômage de 20% donc – une personne sur 5. un record en Europe. C’est un million de logements neufs invendus. C’est un déficit budgétaire énorme – 11% du produit intérieur brut. C’est une compétitivité en panne, un potentiel de croissance affaibli…L’Espagne peut encore rembourser ses dettes. C’est néanmoins une économie profondément malade. La crise internationale ne fait que révéler cette maladie.

Le gouvernement s’attaque à la soigner. Avec difficulté ?

Oui, avec un plan d’austérité massif. Exemple : une baisse de 5% des salaires des fonctionnaires dès cette année, un gel des pensions aussi. Avec des réformes violentes. Un vaste chantier de reconstruction. Et là, on retrouve les mêmes problèmes qu’ailleurs en Europe, un peu plus exacerbés. Un. L’austérité, est ce que ça ne risque pas de tuer le malade ? Deux. Les réformes, l’opinion est elle prête à les accepter ? En Espagne, sur ces questions, les syndicats sont pris entre deux feux. Ils comprennent bien que si on veut de l’argent pour soutenir l’emploi des jeunes, il faut le trouver quelque part, faire des économies donc. En même temps, les économies proposées – la baisse des salaires par exemple, ils ne sont pas prêts à les accepter. Alors, grève générale en Espagne le 8 juin ? Voir. Quand un château s’effondre, on a du mal à savoir où et comment se protéger ?
 

Erik Izraelewicz - 25/05/2010, 08:54  | 
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