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Orange recrute

Source : La Tribune.fr - 06/07/2010 | 08:43 - 422 mots  | 
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Après la vague de suicides qu'a connue France Télécom, le nouveau patron du groupe, Stéphane Richard, a annoncé hier un plan à 5 ans : son nom, « Conquêtes 2015 ». Le groupe reprend les embauches, massivement ?

Oui, dès cette année, en 2010, et pour la première fois depuis quinze ans, les effectifs de France Télécom ne vont pas baisser. Sur les trois ans à venir, l’ex-monopole va recruter 10.000 personnes. C’est beaucoup. Il en fait travailler 200.000 dans le monde dont 100.000 en France. C’est une rupture.

Alors, ces recrutements massifs, ce ne sont que l’un des signaux, forts, adressés aux équipes du groupe par le nouveau patron. Depuis qu’il est arrivé, Stéphane Richard s’est mis à l’écoute des salariés. Il a multiplié les accords avec les syndicats. Il a imposé une nouvelle charte pour le management. Il amorcé une réorganisation, massive, du travail, de la manière de travailler. Il veut remettre « l’humain au cœur de son action », dit-il. Et il est prêt à y consacrer de l’argent – 900 millions d’euros. Pour des primes supplémentaires, pour des locaux plus agréables, pour une informatique moins stressante…

Tout cela, ce sont des coûts en plus qui vont peser sur les performances de l’entreprise ?

Non. Ce n’est pas l’analyse qu’il fait et il a raison. Ce sont des investissements qui visent à améliorer ces performances. Pour deux raisons. Un. Ces recrutements, c’est l’occasion de rajeunir, de régénérer l’entreprise, de lui redonner dynamisme et espoir. De toutes façons, ils s’imposent. France Télécom est une entreprise où la moyenne d’âge est élevée – 47 ans en moyenne en France. D’ici à 2018, un salarié sur deux sera parti à la retraite. Il y a donc nécessité de recruter. Deux. Le nouveau patron veut remettre France Télécom sur la chemin de la croissance, d’une croissance forte. Le groupe a aujourd’hui 200 millions de clients dans le monde. L’objectif, c’est 300 millions en 2015, avec un renforcement des réseaux en France, un déploiement de la fibre optique, un développement rapide à l’international…

Ce plan « Conquêtes 2015 », ça va suffire pour soigner le malade ?

Il n’y a pas, face à une vague de suicides, de potion magique. Le traitement ne peut être que de longue haleine. Le groupe vit une profonde mutation. Il est dans un monde hyperconcurrentiel. Reste que ce qui marque, avec Stéphane Richard, c’est qu’il a, moins que ses prédécesseurs, une culture d’ingénieurs. Il s’intéresse, certes, à la technologie. C’est important dans son métier. Il se préoccupe aussi, et ça occupe beaucoup de son temps, de ses équipes, de ses salariés, de la base au sommet. C’est là la principale rupture. Pour l’entreprise, ce ne peut qu’être bénéfique, ce ne peut qu’être une bonne nouvelle.
 

Erik Izraelewicz - 06/07/2010, 08:43  | 
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